06 mai, 2017

La violence à la télévision

Effectivement, Emmanuel Macron, lors de ce débat le 3 mai d'une rare violence, a fait preuve d'un grand calme et d'une grande intelligence. Il était nécessaire d'une part,  de ne pas céder à la haine et à la provocation; et d'autre part rétorquer, faire preuve d'ironie car il ne fallait pas passer pour un "faible". Et là chapeau !

Ce qui reste inquiétant, c'est de diffuser des fausses informations sur Internet, de mentir, de diffamer, de manipuler: c'est le propre des régimes totalitaires ! Il est vraiment urgent d'œuvrer pour la vérité...En philosophie, j'avais l'année dernière fait un cours sur la théorie du complot...Mais là dans mes dernières séquences, je vais me demander comment résister à "l'intoxication numérique", à "la manipulation par internet"?

 

Isabelle Veyrat-Masson : « Un débat télé d’une violence inouïe »

"Dans un entretien au « Monde », l’historienne des médias, décrypte le spectacle télévisuel inédit qu’a été cette campagne présidentielle.

                             
Directrice de recherche au CNRS, Isabelle Veyrat-Masson dirige le Laboratoire communication et politique (Irisso-Dauphine/PSL). Elle analyse la violence du débat télévisé de l’entre-deux-tours et le rôle central qu’a joué la télévision dans la campagne électorale.
La nature de la confrontation télévisuelle entre ces deux ­candidats est-elle inédite ?
C’est un débat d’une violence inouïe sous la Ve République. ­Devant des millions de téléspectateurs, la télévision a révélé la brutalité de Marine Le Pen, la sauvagerie de l’extrême droite française. De la « schlague » aux « vautours » en passant par la « soumission », terme qui pouvait parler autant à tout le monde qu’aux lecteurs du roman éponyme de Michel Houellebecq, la violence lexicale de Marine Le Pen rappelait celle des années 1930. Comment comprendre le choix clair, assumé dès la première minute, de ce registre de la part de la candidate du FN ?
« Contrairement à ceux qui prédisaient sa disparition, la télévision n’a pas perdu son magistère. Elle demeure le média dominant. »
Donnée perdante par les sondages, sachant que les débats traditionnels n’ont jamais fait bouger les lignes, elle tente, d’entrée de jeu, son va-tout, usant du ricanement permanent, de la chicane ou du chipotage, bafouant les règles minimales de la bienséance lors d’une discussion entre deux égaux. Parler aux tripes des électeurs et montrer la froideur du technocrate. Il lui fallait conjurer le débat classique, c’était sa seule chance. Si la brutalité de Trump lui a permis de gagner, pourquoi ne pas jouer cette carte ?
M. Macron a-t-il bien résisté ?
Ceux qui pensaient encore qu’il n’était qu’une bulle médiatique ont eu la preuve qu’il savait garder son calme, qu’il connaissait ses sujets et, aussi, qu’il était capable de rendre coup pour coup. Ça aussi, c’est du jamais-vu sous la Ve République ...

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/05/04/isabelle-veyrat-masson-un-debat-tele-d-une-violence-inouie_5122142_3232.html#dVr4V3yFCK0HiwK1.99"

Enregistrer un commentaire