30 décembre, 2016

Le rendez-vous des dieux !

Aujourd'hui 30 décembre, jour du souvenir pour moi , pour Elle, j'imagine Hadès, Dieu des morts, Thémis, déesse de la justice (titan) et Kairos, la fée de l'occasion.







29 décembre, 2016

Nouvelle lune !

Le 29 décembre 2016 à 8h20, ce sera la nouvelle lune du sud au nord, à admirer au bord de la mer ! Réalisons nos projets !

28 décembre, 2016

La télépathie

Puisse cette nouvelle  lune apporter de la sérénité et de la solidité
Vraiment besoin loin des êtres chers !

27 décembre, 2016

Colloque Victor Cousin à Cannes et à Paris janvier 2017 !


Une occasion de réfléchir à l'avenir de la philosophie en "atelier" avec les collègues de l'académie:
http://www-artweb.univ-paris8.fr/?Colloque-international-Mort-de-l

23 décembre, 2016

Le défi: classe relais et philomobile !

Ma décision est prise. J'aimerais m'investir dans la classe-relais et aussi dans la prise de responsabilité et de création. Cela  a été très dur les premières semaines avec des jeunes en situation de décrochage..Mais maintenant, je veux relever des défis avec une équipe...Et je souhaite quitter la routine du lycée. Le chat  m'aura montré la voie; à lui de poursuivre son chemin; à moi de réaliser mon rêve et celui d'une "philomobile" (bus philosophique itinérant) à mi-temps avec les collèges.


Souvenir: pour ma mère et mon épagneul !

L'heure est au souvenir: pour l'anniversaire de mes chers disparus: ma mère (le 30 décembre) et mon épagneul (le 1 janvier). Renaître ou mourir en 2017 ? Les astres vont sans doute m'apporter une réponse claire !  J'accepterai toute réponse.


21 décembre, 2016

C'est l'hiver !

 
Premier jour de l'hiver, et je vous laisse découvrir un chant de Noël "Végan" ! Protégeons bien le chat du froid; et qu'il puisse s'exprimer enfin comme il le sent sans retenue, sans s'enfermer dans l'ère du souvenir.
Joyeux Noël:
 
 https://www.youtube.com/watch?v=p60woFCU3HM
 
 


16 décembre, 2016

Du courage et de la hardiesse

 "Le courage, lorsque c'est une passion, et non point une habitude ou inclination naturelle, est une certaine chaleur ou agitation qui dispose l'âme à se porter puissamment à l'exécution des choses qu'elle veut faire, de quelque nature qu'elles soient; et la hardiesse est une espèce de courage, qui dispose l'âme à l'exécution des choses qui sont les plus dangereuses. » Les passions de l'âme,  Art 171 Descartes
 Vertu pas excellence cartésienne, le courage.  Il est évident que le courage est une qualité qui nous fait estimer les êtres. Il est vrai que l'irrésolution nous détourne d'aimer et nous fait préférer ceux qui ne vivent pas dans le remords mais dans le partage.
"Le remords de conscience est une espèce de tristesse qui vient du doute qu'on a qu'une chose qu'on fait ou qu'on a faite n'est pas bonne, et il présuppose nécessairement le doute..." Les passions de l'âme, Art 177 

La conscience et le vivant

J'ai travaillé hier avec ma collègue de SVT au labo de sciences dans mon lycée: nous préparons un stage sur la conscience et le vivant. C'est très motivant car nous avons pas mal d'inscrits. En soi, c'est une révolution. Ma collègue exposera la conception du monde physique et insistera sur l'interaction entre le vivant et l'organisme. Les trois domaines - physique, Svt et philosophie - devraient se compléter notamment sur la question  de l'information, du signal lumineux et de l'écholocalisation . D'un point de vue scientifique, il conviendra de réfléchir à la possibilité d'une théorie de la conscience. Quant à moi, lors de la 2ème journée, je m'interrogerai sur l'attribution d'états mentaux, d'une théorie de l'esprit.  Car la question est bien de nous entendre sur la sensibilité animale, l'intelligence animale. Sans doute, ma fascination se porte depuis toujours pour Hume celui qui voulait être le" Newton" de la philosophie.

14 décembre, 2016

Comment fêter Noël sans cruauté animale ?

Le Veg (AVF) vient de sortir: de magnifiques plats à préparer sans souffrance animale:
 
 
 Je reste à Toulon pendant les fêtes de Noël et je compte bien m'entraîner dès dimanche à partir du téléphérique (à 9h c'est les vacances) jusqu'au sommet du Faron et puis la plage de la Mitre  et pour le jour de l'an je ne sais pas encore... Si le Père Noël pouvait me conduire en Finlande en m'envoyant un texto!!
 


12 décembre, 2016

L214: une voix !

Brigitte Gothière membre de L214 vient de recevoir le prix des "grandes gueules" pour cette année 2016 ! De quoi encourager la force des convictions et le combat pour les animaux.
http://rmc.bfmtv.com/mediaplayer/video/la-gg-de-l-annee-2016-a-joue-la-grande-gueule-894083.html


De la manière d'évaluer la conscience !

"C'est à trop voir les êtres sous leur vraie lumière qu'un jour ou l'autre nous prend l'envie de les larguer. La lucidité est un exil construit, une porte de secours, le vestiaire de l'intelligence. C'en est aussi une maladie qui nous mène à la solitude."  Léo Ferré
   La question est difficile de savoir si la conscience est par nature morale (sens du juste et du bien). Il reste à s'interroger sur cette "conscience intellectuelle" dont parle Nietzsche: nous pouvons bien admettre une conscience morale mais nous n'entendons pas la même chose ! Nous pouvons bien nous trouver des excuses; alors que nous pourrions, par une sorte d'instinct devenir... Ainsi, en est-il de ceux qui nient la souffrance animale au nom du plaisir; de celui qui au nom de sa virilité collectionne les aventures; de celui qui garde le silence, au lieu d'agir et de prendre ses responsabilités. Le préjugé commun à ces trois attitudes est de se montrer faible et pas viril au sens noble du terme. Il reste à savoir si l'affirmation d'une force de la volonté ne dérive pas aussi de notre désir de puissance: à trop vouloir la force et la fidélité dans les actions, nous devenons nous aussi infidèles pour nous protéger de nos idéaux.

10 décembre, 2016

La sensibilité animale !

Hier soir, à l'auberge de la Pauline,  dans le cadre du café philo de la Garde, j'ai évoqué la question de la souffrance animale. J'ai voulu aussi montrer par trois figures majeures de l'histoire comment trois écrivains ont défendu la cause animale sans la dissocier de la cause humaine (lutte pour l'égalité et la justice) - Victor Hugo, Emile Zola et Louise Michel. Mais j'ai rappelé l'épisode de Nietzsche à Turin en janvier 1889: ce philosophe d'une rare sensibilité ne peut s'empêcher de serrer dans ses bras un cheval qui est battu à mort par un cocher. Le philosophe  enlace le cheval et s'effondre en larme.
 
 Pour le débat, ce fut difficile: j'ai pourtant utilisé l'ironie pour remettre en cause l'idée que la corrida serait un art !!
 Pour se défouler, petite course avec Litchi ce matin; et la labrador s'est jetée

 à l'eau - plage de la Mitre. Demain, j'attaque le Faron à partir du téléphérique, et je vais courir en direction du sommet pendant 1h30 top chrono.
 


07 décembre, 2016

La légende du roi lézard: Jim Morrison !

Un morceau mythique et ce chanteur en transe; comme ceux de sa génération, il ne dépassa pas les 27 ans !

https://www.youtube.com/watch?v=g7dTPkdiYq4

Not to touch the earth
Pour ne pas toucher la terre
Not to see the sun
Pour ne pas voir soleil
Nothing left to do, but
Rien n'est parti pour le faire, mais
Run, run, run
Courez, courez, courez
Let's run !
Allez courons !
House upon the hill
Maison sur la colline
Moon is lying still
La lune reste un mensonge
Shadows of the trees
Les ombres des arbres
Witnessing the wild breeze
Témoignant de la brise sauvage
C'mon baby run with me
Allez vient bébé court avec moi
Let's run !
Allez courons !
Run with me
Courir avec moi
Run with me
Courir avec moi
Run with me
Courir avec moi
Let's run !
Allez courons !
The mansion is warm, at the top of the hill
Le manoir est chaud, sur le sommet de la colline
Rich are the rooms and the comforts there
Riche sont les salles et le confort là
Red are the arms of luxuriant chairs
Rouges sont les bras des chaises luxuriantes
And you won't know a thing till you get inside
Et vous ne saurez pas une chose jusqu'à ce que vous y entriez

En savoir plus sur http://www.lacoccinelle.net/272547.html#DZk4VFOby95Z3waf.99

Anniversaire Jim Morrison: 8 décembre 1943

Anniversaire de Jim Morrison, chanteur des Doors le 8 décembre 1943; un grand morceau - The End:

https://www.youtube.com/watch?v=e9TmQQQGddQ


This is the end
Voici la fin
Beautiful friend
Mon bel ami
This is the end
Voici la fin
My only friend, the end
Mon seul ami, la fin
Of our elaborate plans, the end
De nos plans élaborés, la fin
Of everything that stands, the end
De tout ce qui a un sens, la fin
No safety no surprise, the end
Ni salut ni surprise, la fin
I'll never look into your eyes... again
Je ne te regarderai plus dans les yeux... jamais
Can you picture what will be
Peux-tu peindre ce que nous deviendrons
So limitless and free
Sans limites et sans entraves
Desperately in need... of some... stranger's hand
Désespérément avides... de quelque... ... main étrangère
In a... desperate land
Dans une... . contrée désespérée
Lost in a Roman... wilderness of pain
Perdus dans un désert Romain... . de douleurs égarés
And all the children are insane
Et tous les enfants sont (devenus) fous
All the children are insane
Tous les enfants sont fous
Waiting for the summer rain
Dans l'attente de la pluie d'été
There's danger on the edge of town
Les abords de la ville sont dangereux
Ride the King's highway
Chevauche l'autoroute du Roi
Weird scenes inside the gold mine
Scènes étranges au fond de la mine d'or
Ride the highway west, baby...
Chevauche l'autoroute vers l'ouest, bébé

Beautiful friend
Mon bel ami
This is the end
Voici la fin
My only friend, the end
Mon seul ami, la fin
It hurts to set you free
Çela me peine de te laisser partir
But you'll never follow me
Mais tu ne me suivras jamais
The end of laughter and soft lies
La fin du rire et des doux mensonges
The end of nights we tried to die
La fin des nuits où nous avons voulu mourir
This is the end
Voici la fin
 

Repas à la pause bio et séance maquillage !

Un repas original à la pause bio ce midi à 5 mn du lycée Langevin avec mes deux amies de la cause animale Dom et Marie - des betteraves en soupe et du choux rouge avec un délicieux dessert à la noix de coco!
 Ensuite, une séance maquillage avec des produits naturels; un régal !
 De quoi reprendre des forces avec mes nouveaux élèves de la classe-relais (en 3ème) et ce mardi, nous avons pu faire un cours de philosophie sur la liberté, l'éducation et la discipline ! Je reste optimiste !

 


 
 


04 décembre, 2016

Classe-relais: une semaine décisive !

Cette semaine est une semaine décisive pour la classe-relais: je vais rencontrer très rapidement les nouveaux élèves de ce dispositif ce lundi matin. Je suis certaine que "nul n'est tenu à l'impossible". Pour moi, l'enseignement, c'est à la fois de la fermeté  de la bienveillance et de la communication. Il reste à trouver un sens pour ces jeunes.
 Sinon, je réfléchis au projet d'une "philomobile"; L Boucher dans le Jura exerce dans un lycée 9 h par semaine et le reste du temps avec sa grande voiture (une sorte de 307) organise des débats en philosophie. J'y songe sérieusement pour l'année prochaine (reste à faire des économies et à voir comment s'organiser).
 
 
Présentation du Café Philo du 09 décembre 2016, « La souffrance animale » Présentation du Café Philo du 09 décembre 2016, « La souffrance animale »
Dans le livre devenu une référence pour la question de l’éthique animale, La libération animale, le philosophe australien Peter Singer affirme qu’il n’existe aucune justification morale pour refuser de tenir compte de la souffrance animale.
Autrement dit, l’animal, en vertu de sa sensibilité, mérite notre considération morale. En conséquence, le fait qu’un animal puisse éprouver de la douleur ou du plaisir témoigne de sa capacité à avoir des intérêts… contrairement à une pierre.
Pour le sens commun, il est évident que l’animal possède une sensibilité, des émotions et une certaine intelligence. Pourtant jusqu’en janvier 2015 en France, le statut de l’animal apparaît dans son ambiguïté puisqu’il est « bien meuble » dans le Code civil et « être sensible » dans le Code pénal. Il est évident qu’il existe des raisons à ce manque de considération de l’animal dans la tradition philosophique.
Il serait intéressant de se demander comment la question de la souffrance et de la sensibilité animale a pris de l’importance dans nos sociétés démocratiques : il suffit de constater comment un reportage sur les conditions de vie des animaux d’abattoir suscite le dégoût et la colère. En tant qu’être humain, nous refusons de voir souffrir des êtres sensibles parce que nous avons la possibilité de nous identifier à cette douleur.
Face à la souffrance animale, sommes-nous prêts pour autant à accorder aux êtres sensibles une considération morale voire, pour reprendre l’expression de Peter Singer, « une égalité de considération » ?
Les philosophes de la tradition utilitariste sont d’accord pour dire que les humains et les animaux sont égaux face à la souffrance ; mais du point de vue de la vie, Singer reconnaît que celle des humains a plus de valeur que celle des animaux.
Or, c’est en vertu d’une préférence spéciste, discrimination selon l’espèce, que la supériorité de l’humain est défendue. Mais dans quelle mesure, nos sociétés sont-elles disposées à accorder des droits aux animaux ?
La question est de savoir, si c’est au nom de la souffrance et de la sensibilité, que l’animal a le droit à notre considération. Ne faut-il donc pas évoquer « la valeur inhérente de l’animal » comme condition du respect de sa dignité ?"

01 décembre, 2016

Confiance et prix de l'effort

Dans un article, Benjamin Syvland décrit avec beaucoup de pertinence la logique de la confiance et ce qu'elle implique le prix de l'effort: renoncer à faire confiance, c'est tout simplement, refuser toute forme de coopération. J'avais lors de mon doctorat beaucoup appris des analyses de Kahneman et Tversky dans le domaine de la psychologie des risques et des biais cognitifs:
 
 

"La confiance est une condition de la croissance. 

La confiance permet la coopération qui est nécessaire à la création d’un équilibre (non nécessairement égalitaire) dans le jeu des relations. Si la confiance n’est pas établie, alors l’un des participants refusera de jouer le jeu de la relation de manière authentique (fair play)
  • soit en n’entrant pas dans la relation (en refusant le jeu) 
  • soit en la biaisant (en refusant les règles du jeu).
La croissance est ici entendue comme une création de valeur, quelle qu’elle soit (économique, artistique, thérapeutique ou pédagogique par exemple).

La confiance n’est pas rationnelle, elle est dirigée par les émotions.

La confiance est mue par les émotion, ce qui explique pourquoi on peut facilement tomber dans le panneau. Pascal dans le Fragment Vanité n° 31/38, souligne combien l’apparence de l’orateur détermine l’attention et la crédence qu’on lui porte. Ce biais cognitif subjectif est confirmé par les études sur le choix rationnel de Tversky et Kahneman. Nos décisions ne sont pas rationnelles, mais basées sur nos croyances, sur nos convictions qui les biaisent, ce qui se manifeste par les discriminations telles que le sexisme ou le racisme par exemple, et détermine la confiance et la crédence que nous accordons à l’autre.
Le problème est que les émotions crééent des habitudes, des comportements fortement et profondément ancrés, difficiles à déraciner. Ces préjugés sont très efficaces puisqu’ils permettent une réponse d’action immédiate — une ré-action — avant même de devoir juger — pré-jugé — en se basant sur un stock de jugement pré-établis, des raisonnements tout faits qui soulagent l’effort cognitif en réaction à un stimulus perceptif— é-motion. D’habitude cela se passe ainsi alors au lieu de falsifier l’hypothèse, je tire directement la conclusion habituelle au risque d’en payer les frais si elle ne s’applique pas dans le cas présent. C’est l’histoire du cygne noir de Taleb.
Lorsque l’habitude n’est plus appropriée, parce que les conditions de situations ont changées, si cette habitude perdure, elle entraîne un résultat qui n’est plus le plus pertinent, n’est plus le plus efficace, n’est plus le plus efficient, et devient contre-productif. Le schéma comportemental et le cadre de référence ne correspondent plus à la situation, plus le décalage est grand avec la réalité, plus le risque est de renforcer la méfiance, jusqu’à la crise. La coopération devient de plus en plus difficile jusqu’à devenir impossible. Les positions se figent, mais la réalité continue son cours, et finalement les gains s’étiolent de plus en plus, pour péricliter. Des civilisations ont disparu ainsi.
Il faut parfois passer de l’émotion à la raison. Du système 1 au système, 2 dirait Kahneman. Ne serait-ce que pour identifier ce pouvoir personnel de la force de l’apparence et du biais cognitif dans l’interaction.

Le risque est double : se faire berner ou croire que l’on berne l’autre.

Une fois le biais subjectif identifié, on peut se rendre compte ou avoir l’impression d’être tombé dans le panneau, de s’être fait berné, roulé dans la farine ou manipulé. Nous avons baissé la garde de l’attention et sommes tombés sur plus malin que soi, soit.
Mais le risque de se croire plus malin que l’autre est plus dangereux encore. Le risque de la sur-confiance, être trop sûr de soi, créé un biais de minimisation des risques par fait prendre des risques inconsidérés.
Nous ne pouvons jamais savoir avec certitude si nous sommes meilleurs ou moins bons que la moyenne sur une compétence particulière. Nous pouvons avoir des indications de nos capacités par l’expérience, mais pas de preuves. L’induction ou l’abduction ne sont pas des formes de raisonnement monotones, elles ne permettent pas d’aboutir à des certitudes, mais tout juste des probabilités. Généraliser sur la base de nos simples expériences est très risqué, la dinde de Russell en a payé de sa tête.
L’expérience nous forge et renforce notre image cognitive de nous-mêmes. Le problème est que nous révisons plutôt bien nos croyances tant que nous ne nous évaluons pas nous-mêmes. Dès que nous nous auto-évaluons pour nous améliorer nous avons une tendance cognitive à sur-évaluer les expériences positives, parce que nos expériences positives ont un poids cognitif supérieur aux expériences négatives (cf. le coût de l’effort). Ce biais nous permet de nous relever de nos échecs et d’aller de l’avant, à être optimiste.

La sur-confiance en soi est subjective. 

La sur-confiance s’évapore dès qu’on doit prendre une décision comparée à celles des autres. Par exemple le choix du plat au restaurant : en lisant le menu, vous avez choisi quelque chose et en écoutant les autres énoncer leur commande au serveur, soudainement vous changez radicalement de décision. Vous considérez maintenant votre choix non plus pour vous-mêmes, mais par rapport aux autres, dans une dimension sociale et collective. Vous rentrez dans le troupeau, vous devenez conformistes… même si c’est pour prendre une décision en décalage avec les autres.
Ce biais est observable dans le recrutement ou la constitution d’équipe (vous avez votre choix, mais vous exprimez une autre opinion en fonction de celle des autres). Bien souvent la décision qui en résulte ne satisfait personne, si elle n'est pas basée sur un objectif commun partagé. C’est le pouvoir des foules : emporter l’individu dans des comportements qu’il ne ferait pas de lui-même (supporters sportifs, politiques) avec tous les débordements que cela peut entraîner.
La perte des certitudes individuelles dans le contexte collectif pourrait être pensée comme négative. Après tout vous aviez fait votre choix et voici qu’il est remis en cause parce que vous tenez compte du choix des autres. Vous cherchez maintenant le compromis et c’est un résultat mitigé que vous obtenez.
Pourquoi ne pas rester sur votre choix initial ? Vous pouvez le faire si celui-ci reste privé. Mais à partir du moment où autrui entre en jeu, vous entrez en relation avec lui. Soit en refusant cette relation, en l’ignorant, en ne voulant pas interagir avec lui. Mais cette non-interaction en est déjà une. Soit vous reconnaissez l’autre et alors commencer à jouer au jeu des relations. Bref, quoiqu’il arrive vous ne pouvez pas ne pas tenir compte de l’autre comme dirait Levinas. Donc autant faire avec.
En restant sur votre position — positionnisme — vous avez intérêt à être plus fort que l’autre et à le faire céder — concessionisme. Si vous voulez reconnaître l’autre, mieux vaut jouer la coopération ou la coopétition.
La qualité de la relation à l’autre détermine sa performance dans le jeu de la relation. Favoriser la coopération, implique de minimiser le biais de la sur-confiance de l’enjeu individuel pour créer un climat de relation productive et constructive autour d’un objectif commun partagé.

Motiver la coopération en favorisant le gain collectif.

Motiver individuellement est moins efficace qu’une récompense collective : favoriser l’entraide favorise la collaboration, là où l’individualisme la freine. D’où la contre-productivité des primes individuelles.
Parce que la valeur de la récompense est subjective, émotionnelle, et non rationnelle, si vous donnez une prime sur la motivation, sur l’engagement sans pouvoir la quantifier sur des résultats individuels factuels, alors vous engagez une compétition entre les participants sur la manière dont eux-mêmes considèrent que les autres s’impliquent et produisent, et à ce petit jeu il est préférable de se dire qu’il vaut mieux manœuvrer individuellement pour l’image de soi que pour le résultat lui-même :
  1. ce qui entraîne de déporter le point de focal sur le prétendre plutôt que sur le faire (coopération simulée); 
  2. encourager à savonner la planche de l’autre pour qu’il n’ait pas sa prime plutôt que d’essayer de se surpasser avec le risque que l’autre fasse mieux quand même (donc de se confronter à ses propres limites) (compétition hostile).
Quoi qu’il en soit, vous venez de briser votre équipe et de faire porter le point d’attention sur la différence entre le salaire et la valeur de soi (vous venez de leur démontrer que vous les payez mal) plutôt que sur la performance du résultat. Vous mettez l'accent sur l'enjeu individuel au lieu de le mettre sur l'objectif commun partagé. Sachant que vous ne connaissez jamais l'enjeu de l'autre. Le risque est considérable. La productivité et la qualité de production devraient s’en ressentir fortement et rapidement, mais pas dans le sens où vous l'espériez.
Valorisez le résultat collectif comme valeur additionnée liée au contrat social, donc une valeur qu’aucun individu seul ne pourra jamais produire, ainsi vous renforcez le groupe et monterez le point d’équilibre médian (tout le monde gagne). La récompense sociale, se sentir valorisé dans et par le groupe, est plus important que toute autre récompense. La plus grande des valorisations est le sentiment authentique de responsabilité individuelle dans le résultat collectif. Le fait que j’ai authentiquement participé au résultat collectif prouve que je suis indispensable au groupe, donc que j’ai une responsabilité et un pouvoir sur le résultat. Cette valeur égoïste, personnelle, d’estime de soi est plus importante que la récompense externe. Cela ne signifie pas qu’elle est suffisante (il ne suffit pas de dire merci au collaborateur pour le valoriser), mais elle est nécessaire au sens ou une récompense purement matérielle sans la reconnaissance existentielle de la valeur intrinsèque ne sera même pas nécessaire. L’équilibre entre la valeur ressentie (l’auto-évaluation) et la valeur reçue garantit une condition de motivation et de performance. Que la balance penche d’un côté ou de l’autre et l’une des parties se sent bernée… ou croit avoir berné l’autre. L’équilibre est rompu. La confiance est partie. La coopération n’est plus possible.
Un collaborateur est moins concerné par le fait de perdre son bonus parce qu’il est fainéant que par la responsabilité que sa fainéantise pourrait entraîner la perte du bonus des membres de son équipe. L’équipe est ici importante, non pas parce qu’il faut que les collaborateurs se connaissent personnellement, mais parce qu’il faut ce sentiment d’appartenir à une culture commune. L’espace de responsabilité est commun avec un objectif commun partagé.
Si je pense et je sais que j’ai contribué à un résultat collectif que je n’aurais pu atteindre seul, mais surtout que les autres n’auraient pu atteindre sans moi, alors je prends conscience de ma vraie valeur dans l’entreprise. Je me réalise dans mon action et me valorise dans ma création de valeur.

La morale de l’histoire.

Ce qui rend les choses particulièrement compliquées est qu’elles ne sont jamais simples. S’il paraît plus facile de considérer qu’elles le sont, c’est hélas simpliste.
Nous sommes bourrés de contradictions, de tendances contraires et c’est ce qui fait notre richesse. Nous pouvons éprouver de la peur et de la joie en même temps. de l’attraction et du dégoût, du respect et de la crainte, etc. Nous sommes un équilibre précaire toujours à trouver. C’est un effort constant et permanent. Rien n’est définitivement acquis.
Cette confusion crée la richesse et la possibilité de création de valeurs. Prendre en considération la dimension subjective, émotionnelle et irrationnelle du choix rationnel et du comportement permet d’être plus efficace, plus pertinent plus en adéquation avec la réalité. Cela demande un effort, cela demande de faire confiance et de se faire confiance.
Pourquoi ne pas essayer ?"