30 avril, 2016

Le spectre du chien

 Le spectre ou l'esprit du père d'Hamlet s'adresse à lui. Notons que les spectres ou les fantômes peuvent être bienveillants ou malveillants.
 Pour mon livre, je peux imaginer le retour du spectre du chien bien-aimé. Il s'adresse à Elle:
"Ecoute bien ton intuition: j'aime bien ce chat intrépide et courageux qui sait te répondre quand il le faut et au moment où il le faut. Il est parfois dur sans être méchant comme tu peux être injuste avec lui. Le moment venu, à la pleine lune, il viendra à toi."
 

Uke et Tori en aïkido

En aïkido "Uke" et "Tori" sont dans une logique de la coopération: je peux chuter et faire chuter dans une attitude de non-violence; quand deux partenaires intelligents et bienveillants sont dans une logique de la découverte, alors ils apprennent, par leurs coups portés de manière virtuelle, à progresser ensemble.
 

29 avril, 2016

Coup de coeur: Marie et le bac !

Super: Marie ma nièce et filleule vient d'obtenir le bac (Inde) en TES : la délivrance. Quelle joie !
 
 


27 avril, 2016

Courir pour se motiver

Petite course avec Litchi sans trop forcer; de quoi être sereine pour la course avec l'AVF le 29 mai à Vanves: c'est toujours un grand bonheur de courir, de se motiver...
Tout à l'heure, je dois préparer un cours sur la superstition, la croyance (il faut voir les fantômes !) pour mes séries technologiques et puis il faut répondre à des propositions d'emploi dans le domaine éducatif "spécifique": je retrouve ma joie de vivre et je ne suis plus désespérée si j'ai un avenir loin de mon lycée, j'espère !
 

Correspondance: Wittgenstein Russell


Pour moi, Wittgenstein et Russell sont sans aucun de très grands philosophes-logiciens: l'un est autrichien, l'autre britannique. Il faut découvrir leurs correspondances, leurs exigences hors du commun dans le domaine de la philosophie, de la logique et de la vie:
 
Wittgenstein ( né le 26 avril 1889):
 
"Nous avons tous les deux nos faiblesses, surtout moi, dont la vie est remplie de pensées et d'actions détestables et dérisoires (je n'exagère pas). Mais pour qu'une relation ne se dégrade pas, il faut que les faiblesses de chacun ne se conjuguent pas. Deux hommes ne doivent entretenir une relation que là où ils sont purs - c'est-à-dire où ils peuvent être totalement ouverts l'un à l'autre, sans se blesser mutuellement."


26 avril, 2016

Les animaux au Faron

Le dossier Faron est terminé; il faut attendre les résultats de notre enquête sur les conditions de vie des animaux sauvages. Nous allons distribuer des tracts le samedi 14 mai, quai de Sinse de 10h30 à 12h30 à Toulon.
 Lors de notre visite au Faron un dimanche, Marie a réalisé une étrange photo !
 Le chat communique aussi en pensée avec le chien...

Maintenant il faut agir pour l'intérêt des animaux !


                    

24 avril, 2016

AVF à Puget

Nous avons tenu le stand de l'AVF (association végétarienne de France) au salon du bien-être à Puget ce dimanche: un échange riche avec mes camarades - Samia, Dominique et Marie - et le public : de quoi encourager les personnes à s'informer sur la question de l'alimentation végétalienne ! Ces moments sont très importants et  nous permettent de partager nos convictions.
 
 



23 avril, 2016

Alzheimer: le mal et la fidélité

J'ai lu avec beaucoup d'intérêt et d'émotion le dernier livre de M Malhberbe en octobre: cet ouvrage raconte la maladie de son épouse et l'attitude adoptée par son mari. Ce qui nous lie avec les êtres est-il de l'ordre du devoir ou de la bienveillance ? Il s'agit d'autre chose; l'auteur évoque la fidélité et le refus d'abandonner ce que nous avons aimé. Mais comment renouer avec ce qui ne cesse de nous fuir? Comment est-il possible de retrouver notre part d'humanité?
  En connaissance de cause, je dirai qu'il faut abandonner notre désir de voir un être rongé par le mal (par cette terrible maladie) retrouver sa solidité - parce qu'au fond de nous, nous aimerions que les choses redeviennent solides alors que la maladie échappe au patient, à nous-même.
Voici cette très bonne recension sur le site "Œil de Minerve"

"La fidélité à celui qui est notre proche est fidélité à ce qui est depuis toujours vrai, juste et bon. Cette fidélité est une forme de justice et de reconnaissance, celle de l’élection qui préfère mais qui peut s’étendre de proche en proche, et celle du jugement qui modestement dit ce qu’il est bon de faire en juste proportion, en bonne convenance. Reconnaître, c’est con-venir. Non pas se contenter de reconnaître son prochain comme son semblable, mais le faire meilleur que soi et attendre qu’il nous traite de même, et qu’ainsi nous convenions ensemble dans une confiance mutuelle et qu’ainsi, au plus proche, nous formions un nœud d’humanité."

 

"Michel Malherbe, Alzheimer. La vie, la mort, la reconnaissance, sept. 2015, Vrin, 300 p., lu par François Godeluck

  
 La philosophie impose de questionner et de prendre son temps. Un temps qui va bien au-delà de l’événement et au-delà de l’existence individuelle d’un homme. Elle sert la vie en la rendant moins étrange. Mais la vie est parfois si singulière qu’elle heurte la philosophie et la laisse sans voix ni raison. En particulier face au mal et à la violence. La maladie d’Alzheimer est dans notre société contemporaine une des manifestations du mal. Elle nous impose le devoir d’assister notre prochain. Mais il s’avère que nous sommes impuissants à aider, à enrayer le déclin ou à remédier à la décomposition de l’autre. Annie, l’épouse de Michel Malherbe, fut atteinte de la maladie d’Alzheimer à l’âge de soixante ans passés. Le mal qui touche son épouse est aussi son affaire. Une affaire d’expérience. Une expérience qui ne se partage pas car c’est chaque fois l’expérience d’un seul. Néanmoins, dans son livre, intitulé Alzheimer, M. Malherbe philosophe à la première personne et entend tirer un enseignement qui se tient dans les limites de son expérience. Présence de la mort au sein de la vie, la maladie d’Alzheimer est un mal qui défait et touche l’homme jusque dans son intégrité d’individu et sa dignité de personne responsable, de sorte qu’il est nécessaire de poser la question de la reconnaissance.
Il s’agit moins de savoir si le malade nous reconnaît que de savoir si nous le reconnaissons dans son humanité. Comment reconnaît-on un être humain ? Telle est la question que pose le livre de Michel Malherbe. Le patient devenu Alzheimer, on peut douter qu’il y ait encore quelqu’un dont on puisse dire qu’il souffre et qu’il meurt. Le risque est grand de se raconter bien des histoires. Mais là est la question. Il n’est pas difficile de se donner quelque chose pour objet de discours. Mais quelqu’un ce n’est pas quelque chose car chaque être humain est par lui-même la source de sa vie et le ressort du monde qui est le sien. Cependant, avec le patient Alzheimer cette différence s’estompe. Le patient devient objet, objet d’étude, objet de soin, objet de devoir, etc. Et la tentation est grande de l’abandonner à sa condition d’objet tant la relation avec lui ne cesse de se défaire. Mais pour ne pas se résoudre à un pareil forfait, il faut faire un peu de philosophie.
Dans le premier chapitre, l’auteur montre qu’il y a deux manières de traiter la question : à quoi reconnaît-on qu’un être humain est un être humain ? Ce peut être sur le mode spéculatif : qu’est-ce que l’homme ? Quels sont les critères par lesquels on reconnaît un être humain ? La maladie d’Alzheimer atteint-elle la personne jusque dans son humanité ? Ce peut être aussi sur un mode éthique. L’éthique se place dans le registre de la pratique, un registre où la vérité de l’énoncé est suspendue à sa force d’influence : tout être humain doit être considéré comme une personne, quoiqu’il lui arrive dans sa vie. Il s’agit d’un mot d’ordre qui est une manière de récuser la question. Or, l’éthique coupée de la spéculation est une rhétorique qui fait du rapport à l’autre une mystique. Entrer dans une démarche éthique, celle des politiques d’assistance et de soin qui ont cours dans nos sociétés, serait renoncer à savoir ce qu’il reste d’humanité dans celui qui dégénère, l’accueillir comme étranger et l’accompagner dans son déclin. L’aidant est impuissant mais on lui demande d’accompagner le malade, de continuer à tenir autant qu’il le peut. Mais, observe M. Malherbe, pour continuer de tenir, il n’est pas inutile de raisonner. Si on ne peut rien faire, on ne peut échapper à la question que penser ? Comment identifier un individu comme un être humain ?
Le naturalisme et l’humanisme sont deux manières de répondre à cette question, mais chacune de ces deux approches se heurte à un paradoxe : le naturalisme déterminant l’individu par genre et différence spécifique n’exprime pas la singularité de l’individu au sein de l’espèce. L’objet de l’humanisme c’est l’humanité en tant que communauté morale. L’humanisme remplace l’individu par le sujet ou la personne. Or la relation à l’autre n’est pas relation avec une abstraction, mais bien avec un être de chair et de sang. L’humanisme méconnaît ce sol ontologique qu’est l’individu vivant ; sol qui permet de penser le moi comme pôle de référence et source de la relation à autrui pensé comme mon semblable. Mais le risque surgit alors de traiter l’autre à la ressemblance de soi et dans ce mode de reconnaissance de dissoudre son altérité. Peut-on renverser le rapport en allant désormais de l’autre à soi et non plus de soi à l‘autre, en vue de changer la relation morale de l’interpersonnalité en une relation éthique ? Le patient Alzheimer semble être une figure exemplaire de la détresse de l’autre que Levinas nomme visage. Cependant, dans le cas des patients Alzheimer, la reconnaissance éthique, sous la forme de la responsabilité pour l’autre, semble impossible car l’aliénation du patient fait sa différence, mais la maladie instille aussi le non-rapport. Ceux qui se nourrissent de la mystique de l’Autre diront qu’il faut avoir foi en l’autre et continuer à le reconnaitre comme individu humain. Mais que faire du mal qui empêche de nouer une relation ? Le discours éthique des soignants qui continuent à faire de l’autre mon semblable, au sens d’un individu vivant, d’un humain, se heurte non seulement à l’analyse philosophique, mais aussi au problème concret de la relation vécue avec un autre qui s’absente de la relation. En effet, pour qu’il y ait relation, il faut être deux.
Dans le deuxième chapitre l’auteur quitte l’analyse des conditions transcendantales de toute éthique pour envisager la relation à l’autre empiriquement. D’un point de vue empirique, la relation à l’autre se noue dans une vie commune qui se confond avec la vie quotidienne. La vie propre à chacun est une vie liée à celle des autres qui font comme nous. Elle est un ciment de la vie sociale. Mais cette vie quotidienne donne plus, elle donne la vie normale, c’est-à-dire une valeur à tout ce que l’on vit. Avec le placement de l’autre en établissement, la vie commune cesse. Pourtant la maladie d’Alzheimer produit de la normalité. Elle fait et demande que soient maintenues les apparences d’une vie normale. Mais privée de cette vie, elle ne devient qu’une injonction, un simple artifice. Que reste-t-il quand il n’y a plus de vie normale ? En vérité, il ne reste qu’une seule chose : le devoir, le devoir de tenir encore et toujours l’autre pour son semblable, quoi qu’il en soit, quoi qu’il advienne. La morale kantienne oppose au fait le devoir, un devoir qu’il faut accomplir mais qui est sans pouvoir sur le fait lui-même. La représentation morale ne donnant pas un pouvoir réel d’action n’est-elle pas trop idéale ? Ne faut-il pas alors renoncer à la morale du devoir et agir selon le principe de bienfaisance, ordonné à des fins empiriques : la guérison, le soin, le confort, la sécurité, etc. ? Sous la personne morale, le principe de bienfaisance glisse la personne concrète définie comme objet de soin. Ainsi les éthiques de la personne se livrent à une naturalisation cachée, mais problématique.  Dire ce qu’est l’homme, c’est dire ce qu’il doit être et ce pour quoi on doit le tenir – et inversement. La morale kantienne est abstraite, mais les éthiques empiriques de la personne retrouvent cette abstraction. L’humanité du patient Alzheimer tient par le devoir car il est mon semblable de droit. Mais si remplir son devoir c’est faire comme si nous reconnaissions l’autre, alors tout le travail de la reconnaissance reste à faire car elle est reconnaissance d’une personne en particulier.  
Le troisième chapitre reprend la critique de Kant par Max Scheler visant à montrer que la personne morale est coupée de la personne individuelle. Appliquer la lecture schélérienne à Alzheimer permet d’éliminer le problème de la reconnaissance quand on le traite comme un problème d’identification car la personne n’est pas seulement une personne individuelle, elle est aussi une personne commune. Dans l’établissement il y a une communauté réelle et pas simplement une association d’individus. Cependant, l’analyse de Scheler ne résiste pas car la maladie est la cause d’une séparation entre les individus qui redeviennent premiers et le lien se réduit au lien clinicien du soin, au lien compassionnel de l’accompagnement, et/ou au lien moral du devoir. Ainsi le « nous » se change-t-il en un « on ».
Le quatrième chapitre montre que l’accompagnement du patient se fait sur le mode de la troisième personne. Comme on ne sait plus ce que l’autre pense, on s’empare de sa gouverne, on pense pour lui, on est sensible pour lui. Le sujet dont on parle est absent puisqu’on en parle, mais on ne laisse pas d’en parler comme d’un sujet ou d’une personne. Dans la maladie d’Alzheimer, l’autre est présent et absent : présent puisqu’il est ici devant moi en cette partie-ci du monde ; absent puisque la communication et l’échange ne se font pas. La maladie désagrège l’âme et ne laisse que l’individu corporel. Mais comment une cause physique peut-elle produire un effet mental ? Ne peut-on expliquer, au moins pour partie, les troubles cognitifs par un état de dépression, un état pour lequel les psychologues invoquent le principe d’une causalité proprement mentale ? Ce problème de la causalité mentale n’a pas pour objet de décider s’il faut être métaphysiquement moniste ou dualiste mais l’objet est : comment reconnaître l’autre comme un être humain, dans sa dégénérescence même ? Les soins à la personne relèvent-ils du corps ou de l’esprit ? Reconnaître est ici savoir quel soin donner. L’accompagnement moral n’est pas dissocié des soins du corps. Certes, il faut reconnaître le patient Alzheimer dans sa personne : qui s’y refuserait ? Mais cette évidence si claire, si éloquente qu’elle soit, s’enveloppe de beaucoup de confusion. Ne s’y représente qu’une injonction morale, qu’un devoir de reconnaissance et non une reconnaissance. Sous peine de rester confus, ce devoir doit s’inscrire dans la possibilité réelle du monde. La reconnaissance morale de la personne passe par la connaissance qu’il faut acquérir de sa réalité physique.
Le cinquième chapitre distingue le travail de reconnaissance et l’identification : l’identification concerne le jeu des apparences, mais la reconnaissance concerne l’être même de la personne. Les deux opérations ne coïncident pas. Comment en vient-on à reconnaître un être dans son identité, c’est-à-dire, dans son être ? L’amour est un acte de reconnaissance, acte inaugural qui précède la connaissance des qualités que j’attribue à l’aimé. Mais le sujet n’est pas réductible au sujet logique auquel on attribue des prédicats. L’identité de la personne s’actualise dans le rapport à établir entre son identité principielle et son identité composée. Mais la question est de savoir ce qui peut nous porter à la reconnaissance de l’identité principielle – la connaissance de l’identité composée ne présentant pas de difficulté propre, étant une connaissance empirique. Ni la localisation spatio-temporelle ni le critère sortal, ni leur rapport (rapport de la matière et de la forme chez Aristote) n’y suffisent. La cause en est que, et Leibniz le démontre, la reconnaissance de cette identité principielle doit posséder une force ontologique qui n’appartient qu’à Dieu. Mais nous ne sommes pas Dieu (peut-être l’amour fou renferme-t-il quelque chose de divin !) : on ne saurait reconnaître l’autre dans le principe de son identité qu’en le créant. Il ne nous reste que de le connaître dans son identité composée par la description empirique que nous pouvons en donner ou par le récit que nous pouvons faire de sa vie. Mais nous ne saisirons jamais la personne à sa racine, dans sa singularité active, dans son identité propre. Il faut tenter une autre voie si on ne veut pas céder au scepticisme. Il faut passer du sujet logico-ontologique au sujet réfléchissant et trouver ainsi un autre moyen d’appréhender l’autre : embrasser sa personne comme une première personne en même temps qu’on s’appréhende soi-même comme première personne.
Après avoir cherché le fondement de la reconnaissance dans les philosophies de la réflexion comme celle de Nabert ou de Ricœur, l’auteur montre que nous sommes pris dans le dilemme suivant : ou bien, en suivant les philosophies de la réflexion, réduire la reconnaissance à un procès d’identification ou bien tomber dans le scepticisme le plus noir. Mais pareil dilemme va contre le sens commun. Le sens commun, lui, est réaliste. Etre, c’est être un être humain et on ne peut être un être humain qu’en étant identique à soi. Dans chacune de nos perceptions nous reconnaissons l’autre, nous le reconnaissons instantanément, à la fois dans son humanité et dans sa singularité ; et nous le reconnaissons à cette manière d’être et de se comporter qui n’appartient qu’à lui. Cette croyance est première et certaine. En douter, c’est ne pas avoir le sens commun. Toutefois une croyance même première doit faire valoir en sa faveur de bonnes raisons. D’où la question : le sens commun résiste-t-il à Alzheimer ? Le premier principe du sens commun dit : être un être humain, c’est avoir vie et pensée. Vivre et exister par la pensée ne sont pas la même chose : le vivant vit dans son corps, il fait ainsi un individu ; le sujet existe par son activité pensante, il fait ainsi une personne. Mais la personne qui existe et l’individu ne font qu’un seul et même être. L’identité individuelle du corps ne serait rien qu’un attachement à la vie, un effort de survie, si elle ne prenait valeur en incarnant l’identité personnelle, une identité à construire par la pensée et la volonté. Il n’y a pas lieu de remettre en cause le premier principe de la reconnaissance cher au sens commun : le patient Alzheimer est vie et pensée, individu et personne. Mais c’est le second principe qui s’avère défaillant. La maladie dé-spiritualise l’âme. Le patient existe mais, il ne continue pas d’exister : il dure, ce qui est autre chose. Son identité individuelle ne fait pas de doute. En revanche, son identité personnelle est devenue une énigme insoluble. C’est la mémoire qui manque au patient Alzheimer. La suite de ses vécus est lacunaire. Sa conscience se défait : elle s’est arrêtée à l’acte présent. Aussi la reconnaissance sera-t-elle fragmentée ou plutôt, à chaque visite, à chaque rencontre nouvelle, tout sera à reprendre.
Le sixième chapitre intitulé « mon parent, mon prochain » montre que la reconnaissance est avant tout pour un être unique et singulier. Elle se pense dans le registre de l’amour ou selon une logique de l‘élection et de l’estime qui rend le procès de son universalisation problématique. Si on considère le soin lui-même, il maintient une relation avec le patient qui est personnelle et qui ne se réduit pas au rapport à la maladie. Dès lors, cette relation ne peut être qu’une relation d’estime. Mais le soin ne saurait se masquer la dégénérescence du patient où se perd ce que nous avons appelé son mérite. Et le mal, qui est cette perte d’être dans l’être de son prochain, se marque aussi dans l’impuissance où l’on est à soutenir l’acte d’estime où il faudrait le tenir. La question n’est pas ici de savoir si l’on retrouve dans le patient les propriétés de la nature humaine. Elle n’est pas non plus celle du devoir. La question est de tous les instants : comment combattre le mal en l’autre et en soi-même ? Comment entretenir la flamme de la reconnaissance sans s’épuiser, sans renoncer ? La relation au prochain, prise en elle-même, a deux faiblesses. D’une part, elle introduit un ordre de préférence : l’élection est une sélection qui marque la distance entre le proche et le lointain. Et c’est une question de savoir si cette relation peut s’étendre au genre humain : ne doit-on pas lui reprocher d’être partiale ? D’autre part, la passion est dans la nécessité de se renouveler, de se réanimer sans cesse. L’infidélité n’est-elle pas alors un risque inexorablement encouru ?
Quelles raisons fortes ai-je d’être fidèle à l’affection que j’ai pour elle ? Cela ne se fait pas d’être infidèle en pareille circonstance, ce serait inconvenant, ce serait contre la justice, contre l’ordre légitime des choses. Mais on ne saurait être fidèle par devoir ; la fidélité relève de la passion. Reconnaître, c’est élire et préférer, être fidèle c’est encore cela, c’est être fidèle à son prochain, à celui ou à celle dont on reste proche envers et contre tout. La fidélité à celui qui est notre proche est fidélité à ce qui est depuis toujours vrai, juste et bon. Cette fidélité est une forme de justice et de reconnaissance, celle de l’élection qui préfère mais qui peut s’étendre de proche en proche, et celle du jugement qui modestement dit ce qu’il est bon de faire en juste proportion, en bonne convenance. Reconnaître, c’est con-venir. Non pas se contenter de reconnaître son prochain comme son semblable, mais le faire meilleur que soi et attendre qu’il nous traite de même, et qu’ainsi nous convenions ensemble dans une confiance mutuelle et qu’ainsi, au plus proche, nous formions un nœud d’humanité. S’il faut rester fidèle et exiger de l’autre la même fidélité ce n’est pas au nom du savoir de ce qu’est l’humanité, mais parce qu’il est vrai, juste et bon de convenir ensemble. L’abandon signifierait qu’on admet le non-rapport, qu’on s’accommode d’avoir perdu courage et qu’on prend son parti de la victoire du mal. Imiter une action familière. C’est une manière de continuer. Ultime résistance, celle d’une vie qui se reprend dans l’adversité ; voilà la victoire décisive, celle de l’humanité des hommes surmontant en chacun le déclin de chacun. Faire plus que durer : continuer, cette action n’appartient qu’au genre humain.
Le livre de M. Malherbe a le mérite d’envisager la question de l’identité, de la conscience ou encore de l’humanité à partir de son expérience singulière de la maladie d’Alzheimer. Son intérêt est de montrer que même dans les approches les plus concrètes, les plus pratiques, celles du soin par exemple, se cache une tendance à objectiver l’autre. La philosophie, par le questionnement et le recul qu’elle impose, permet de rester vigilant face à cette objectivation qui est une forme d’abandon."

20 avril, 2016

Recension: pour une communauté humaine et animale

Audrey Jougla, auteure d'une remarquable enquête sur les animaux de laboratoire, vient de réaliser une recension de mon ouvrage "Pour une communauté humaine et animale". Je vais présenter mon ouvrage le 14 mai à Toulon, librairie "le carré des mots" (16h). Continuons notre combat par des actions militantes et par l'écriture de livres et d'articles !
 

18 avril, 2016

Bac Pondichéry 2016 !

Ma nièce Marie à Pondichéry vient de me communiquer les sujets de philosophie en TES; bien-sûr (comme beaucoup de candidats), elle a choisi le sujet sur le bonheur ! Mais le texte de J Stuart Mill est vraiment très intéressant: c'est un philosophe utilitariste, libéral qui de son temps a défendu la liberté des femmes, le droit de vote ! Le critère "ne pas nuire à autrui" est un critère minimal (utilitariste) de la morale; c'est à l'opposé de la morale du devoir de Kant.
 Je suis allée à Pondichéry il y a 4 ans et le lycée est magnifique. Enfin, une chanson de Philippe Chatel (je l'adore) "Ma lycéenne".

https://www.youtube.com/watch?v=-jT9YvriALA


Le candidat traitera, au choix, l’un des trois sujets suivants : 
 1 Y a-t-il des vérités indiscutables ? 
 2 Le bonheur est-il le but de l’existence ? 
  

 "La seule raison légitime que puisse avoir une communauté pour user de la force contre un de ses membres est de l’empêcher de nuire aux autres. Contraindre quiconque pour son propre bien, physique ou moral, ne constitue pas une justification suffisante. Un homme ne peut pas être légitimement contraint d’agir ou de s’abstenir sous prétexte que ce serait meilleur pour lui, que cela le rendrait plus heureux ou que, dans l’opinion des autres, agir ainsi serait sage ou même juste. Ce sont certes de bonnes raisons pour lui faire des remontrances, le raisonner, le persuader ou le supplier, mais non pour le contraindre ou lui causer du tort s’il agit autrement. La contrainte ne se justifie que lorsque la conduite dont on désire détourner cet homme risque de nuire à quelqu’un d’autre. Le seul aspect de la conduite d’un individu qui soit du ressort de la société est celui qui concerne les autres. Mais pour ce qui ne concerne que lui, son indépendance est, de droit, absolue. Sur lui-même, sur son corps et son esprit, l’individu est souverain."
MILL, De la liberté, 1859.

17 avril, 2016

Préparation course: donner le meilleur de soi-même !

Belle course au Faron avec Litchi la labrador (6 mois et demi) dont je dois ménager les articulations: vraiment un pur moment de bonheur de courir ! Je veux être au top le 29 mai pour la "Vanvéenne"!
La prochaine fois, une autre recette pour être en forme !
 

16 avril, 2016

Le droit animalier à Limoges

Un diplôme de droit animalier vient d'être créé à Limoges (après Strasbourg): quel bonheur de pouvoir enseigner à des étudiant(e)s le souci de l'animal. Et je me dis encore qu'il faut que je parte de mon lycée, de ma prison et l'angoisse augmente de peur de n'y parvenir !
 Il faut que je fasse des recherches dans d'autres secteurs!
 

15 avril, 2016

Essai de dialogue dans le livre

Lou: tu sais la montagne je la fréquente depuis l'âge de 11ans et je n'ai rien fait de mal cet été; j'ai défendu une grande cause
Faraon: il ne fallait pas me laisser seul, je pouvais imaginer le pire
Lou: je regrette de n'avoir pas senti ce désespoir, mais maintenant tu dois te libérer car je ne veux pas te voir en esclave
Faraon:  et toi, n'attend pas de moi ma reconnaissance ! Tu sembles si forte aussi et on dirait que tu ne fais pas d'erreur alors je me sens si faible !
Lou: je le reconnais, j'ai toujours le désir d'un contrôle des choses mais cela cache bien des choses... Mais je vais te dire quelque chose de vrai: tu devrais arrêter de chercher une mère, je t'en prie, tu ne vois pas que tu as des richesses en toi, des richesses immenses !
Faraon: tu veux me punir si je suis un enfant ?
Lou: non, j'aimerais que tu me fasses confiance et j'aimerais que tu t'exprimes clairement; mais cela va prendre encore du temps.
Faraon: je te ferai signe; il faut que je parvienne à me réconcilier avec moi-même
 


L'écume des jours

"J'ai le sentiment que toute ma vie dépend de cet instant précis. Si je le rate...
- Moi je pense le contraire. Si on rate ce moment, on essaie celui d'après, et si on échoue on recommence l'instant suivant. On a toute la vie pour réussir. "
        L'écume des jours, Boris Vian

13 avril, 2016

Un roman à écrire !

Je crois que je suis en mesure d'écrire un excellent livre cet été durant trois semaines si je suis en montagne en Haute-Savoie ou dans la région du Puy-de-Dôme (5h par jour). Je partirai des éléments de mon doctorat, puis j'essaierai de les relier à des éléments de "ma" réalité.
Partons des analyses de ma thèse:
 
- "Nul ne fait le mal de son plein gré" (Socrate)
Aristote distingue alors deux formes d'ignorance, celle dont on est responsable et celle dont on n'est pas responsable
Le philosophe américain Davidson répond avec pertinence au problème de la faiblesse de la volonté": doit-on faire ressortir la présence d'un conflit moral? Le faible de la volonté agit intentionnellement contre son meilleur jugement. La réponse du philosophe américain sera l'idée d'une division de l'esprit; une partie ignorant l'autre. D'où l'idée de "duperie de soi", de "mensonge à soi-même"; à approfondir car c'est un sujet complexe.
 
- Analyse de la réalité et du vécu:
 
- la chute d'un homme bon qui se révolte et se montre cruel et injuste. Montrer comment il perd le contrôle des choses et s'enfonce dans une attitude perverse
- la question est de savoir si cet homme est un manipulateur par "nature",  violent par "nature" ou s'il se considère comme une éternelle victime
- Face à lui, une femme qu'il estime un certain temps et qu'il déteste ensuite parce qu'elle n'est pas soumise et n'accepte pas d'être dupée; elle-même ne sait plus si cet homme est digne d'être aimé ou d'être estimé. Pourtant, l'erreur de cette femme est d'exprimer de grands sentiments alors que cet homme est en proie à un conflit moral
 
 Ce livre pourrait être bon si je parviens à a) ne pas être moralisatrice, b) être plausible quant au devenir de cet homme, soit il s'enfonce dans une attitude violente, dominatrice et perverse, soit il retrouve sa nature généreuse et ouverte. J'avoue que je ne peux savoir à l'avance; ni de l'avenir de la femme.


11 avril, 2016

Terrine d'algues !

Pour être en forme en vue de la course du 29 mai à Vanves, j'ai réalisé une terrine d'algues. Voici la recette:
 
 - Tofu fumé 
- Algues en paillette
- spiruline (une cuillère)
- crème de soja, sel de mer
 
- Aïl, huile d'olive et je rajoute un peu de semoule
 
 On mixe et ensuite on regarde la consistance !

10 avril, 2016

Peut-on tuer sans violence ?

J'ai regardé sur Arte cette émission consacrée à la souffrance animale suite au travail de l'association L214. Il m'arrive parfois d'être agacée par le cynisme des journalistes. L'un d'entre eux se souvenait du cri des cochons à proximité d'un abattoir. Quand on lui demande, s'il est prêt à cesser de manger de la viande, il répond par la négative: incohérence morale ou intérêt gustatif?
 Cette histoire a fait écho à un souvenir lointain: à 20 ans, j'étais partie avec des amis réviser mes partiels dans les Hautes-Alpes: l'après-midi, j'avais entendu des cris intolérables et j'avais demandé d'où cela venait. L'un de "mes " camarades avait répondu "ce sont les cris des cochons à l'approche de l'abattoir" , et les autres "pauvres abrutis" s'étaient mis à ricaner !

09 avril, 2016

Les bonnes et les mauvaises passions

Il me semble à l'évidence que la colère, la jalousie, la tristesse sont de mauvaises passions. En revanche, la bienveillance, et la générosité sont de bonnes passions: elles permettent à chacun de faire preuve d'indulgence car l'homme n'est pas "un empire dans un empire" (Spinoza).  Tenter de comprendre les raisons de la colère, c'est permettre à l'autre d'y voir plus clair. Refuser de rendre l'autre coupable, c'est aller vers une meilleure compréhension, aussi complexe soit-elle.



07 avril, 2016

Qui a le droit ?

Je me propose un grand défi: je voudrais travailler dans un autre environnement l'année prochaine et exercer d'autres compétences; je vais me renseigner mais cela va être très dur. Ensuite, mon rêve l'année d'après serait de vivre en Haute- Savoie ! J'ai besoin de travailler avec des personnes saines pour donner le meilleur de moi-même ! Quel défi mais quelle motivation aussi ! 
 " Qui a le droit?" Les audacieuses !
 

Course le 29 mai à Vanves

Je viens de m'inscrire à la course de Vanves le 29 mai avec l'AVF (association végétarienne de France) et un WE très sympa avec des gens sains de corps et d'esprit: je vais m'entraîner très sérieusement et je vais me procurer une montre pour évaluer mes progrès:
 

05 avril, 2016

estime de soi, magnanimité et franchise

Il me semble qu'il existe chez le magnanime une grande force contrairement à celui qui a peu d'estime de lui. Donnons une définition de ce terme dans le livre IV de L'éthique à Nicomaque (Aristote)
:
"Est magnanime celui qui se juge digne de grandes choses et qui en est réellement digne".

 Evidemment, la magnanimité, si elle est en accord avec les actes vertueux n'est pas de l'orgueil: elle traduit une haute estime de soi, parce que celui (ou celle) qui dit la vérité, se moque bien des convenances et des hypocrisies sociales; il (elle) veut provoquer pour susciter une prise de conscience sans être atteint par la moquerie:

"Il trouve par ailleurs nécessaire d'afficher ce qu'il déteste et ce qu'il aime, car le secret trahit un timoré, de cultiver la vérité plutôt que l'opinion et de parler et d'agir au grand jour. Il possède en effet la liberté de langage que lui donne son mépris des conséquences."

 Au fond, l'homme (ou la femme) généreuse se moque bien du ridicule: elle sait que pour un être ayant une faible estime de soi le prestige social n'est que parure; et qu'en conséquence, on ne peut estimer un être qui est à la fois esclave et dominateur.

Mensonge et hypocrisie

Dans un texte remarquable, extrait des Pensées, Pascal fait le constat que les hommes en général préfèrent le mensonge et l'hypocrisie: c'est ainsi qu'un prince appréciera la flatterie. L'hypocrisie et le mensonge sont donc des vertus sociales parce que celui qui dit la vérité se fait haïr. Pourtant, il me semble essentiel d'affirmer que la vérité est une exigence sans quoi aucune vie n'a de sens (à certaines exceptions; si je dois pousser une personne à se battre pour vivre, je ne lui dirai pas forcément la vérité sur son état, mais tenterai d'engendrer des croyances positives).
 Les hypocrites et les menteurs sont donc des êtres faibles sans scrupules et sans haute estime d'eux-mêmes.
 Voyons dans le prochain billet en qui consiste la magnanimité chez Aristote:
 
 
"Chaque degré de bonne fortune qui nous élève dans le monde nous
éloigne davantage de la vérité, parce qu’on appréhende plus de blesser ceux dont
l’affection est plus utile et l’aversion plus dangereuse. Un prince sera la fable de toute
l’Europe, et lui seul n’en saura rien. Je ne m’en étonne pas : dire la vérité est utile à
celui à qui on la dit, mais désavantageux à ceux qui la disent, parce qu’ils se font haïr.
Or, ceux qui vivent avec les princes aiment mieux leurs intérêts que celui du prince
qu’ils servent ; et ainsi, ils n’ont garde de lui procurer un avantage en se nuisant à
eux-mêmes.
Ce malheur est sans doute plus grand et plus ordinaire dans les plus grandes
fortunes ; mais les moindres n’en sont pas exemptes, parce qu’il y a toujours quelque
intérêt à se faire aimer des hommes. Ainsi la vie humaine n’est qu’une illusion
perpétuelle ; on ne fait que s’entre-tromper et s’entre-flatter. Personne ne parle de
nous en notre présence comme il en parle en notre absence. L’union qui est entre les
hommes n’est fondée que sur cette mutuelle tromperie ; et peu d’amitiés
subsisteraient, si chacun savait ce que son ami dit de lui lorsqu’il n’y est pas,
quoiqu’il en parle alors sincèrement et sans passion.
L’homme n’est donc que déguisement, que mensonge et hypocrisie, et en soimême
et à l’égard des autres. Il ne veut donc pas qu’on lui dise la vérité. Il évite de la
dire aux autres
; et toutes ces dispositions, si éloignées de la justice et de la raison,
ont une racine naturelle dans son coeur."
PASCAL, Pensées

03 avril, 2016

Maître du monde: album Audrey Jungle

J'ai soutenu également l'album d'Audrey Jungle (Audrey Jougla, militante de la cause animale); dans le dernier CD, "Maître du monde" est un chef d'œuvre:

"Si c’est une danse, que tu m’avances
Ou autre chose que tu me proposes
Fais-moi goûter alors au danger
Ce n’est pas moi qui vais te manger

Si c’est le temps qui nous limite
Mieux vaut brûler la chandelle vite
Je m’ennuierais d’une vie rangée
N’est-ce pas plus drôle d’être dérangée ?

Vous n’êtes pas maître du monde
Pour nous faire rentrer dans la ronde
La vie qu’on vous vend est la ruine de l’âme,"
 


Projet à soutenir !

Maléna, cinéaste, membre active de la PEA (pour l'égalité animale) en Suisse soutient le projet de sa maman qui a décidé de devenir nonne. Vous pouvez bien-sûr y contribuer; Malena est une personne de grande valeur. Ce serait pour ma part un rêve de changer d'existence; voici:
 
 

01 avril, 2016

Répandre les cendres

Le 1 avril 2015, je répandais les cendres de Bill sur la plage, car rien ne se perd !
 Une vie qui se perpétue mon cher épagneul; un espoir qui se termine pour moi et une nouvelle vie qui commence, une ouverture vers les autres  sans "intransigeance", sans tromperie et sans temps perdu.


Communication humaine et animale

Ce qui me fascine, c'est la communication humaine et animale. Je dois préparer un cours à ce propos pendant les vacances pour les élèves. J'ai toujours adoré les problématiques relatives au langage . La réussite d'une communication repose sur la compréhension des intentions; sinon, c'est la fin... Bon, je vais en profiter pour lire et courir, préparer le dossier de la fauverie de Faron.