04 décembre, 2016

Présentation du Café Philo du 09 décembre 2016, « La souffrance animale » Présentation du Café Philo du 09 décembre 2016, « La souffrance animale »
Dans le livre devenu une référence pour la question de l’éthique animale, La libération animale, le philosophe australien Peter Singer affirme qu’il n’existe aucune justification morale pour refuser de tenir compte de la souffrance animale.
Autrement dit, l’animal, en vertu de sa sensibilité, mérite notre considération morale. En conséquence, le fait qu’un animal puisse éprouver de la douleur ou du plaisir témoigne de sa capacité à avoir des intérêts… contrairement à une pierre.
Pour le sens commun, il est évident que l’animal possède une sensibilité, des émotions et une certaine intelligence. Pourtant jusqu’en janvier 2015 en France, le statut de l’animal apparaît dans son ambiguïté puisqu’il est « bien meuble » dans le Code civil et « être sensible » dans le Code pénal. Il est évident qu’il existe des raisons à ce manque de considération de l’animal dans la tradition philosophique.
Il serait intéressant de se demander comment la question de la souffrance et de la sensibilité animale a pris de l’importance dans nos sociétés démocratiques : il suffit de constater comment un reportage sur les conditions de vie des animaux d’abattoir suscite le dégoût et la colère. En tant qu’être humain, nous refusons de voir souffrir des êtres sensibles parce que nous avons la possibilité de nous identifier à cette douleur.
Face à la souffrance animale, sommes-nous prêts pour autant à accorder aux êtres sensibles une considération morale voire, pour reprendre l’expression de Peter Singer, « une égalité de considération » ?
Les philosophes de la tradition utilitariste sont d’accord pour dire que les humains et les animaux sont égaux face à la souffrance ; mais du point de vue de la vie, Singer reconnaît que celle des humains a plus de valeur que celle des animaux.
Or, c’est en vertu d’une préférence spéciste, discrimination selon l’espèce, que la supériorité de l’humain est défendue. Mais dans quelle mesure, nos sociétés sont-elles disposées à accorder des droits aux animaux ?
La question est de savoir, si c’est au nom de la souffrance et de la sensibilité, que l’animal a le droit à notre considération. Ne faut-il donc pas évoquer « la valeur inhérente de l’animal » comme condition du respect de sa dignité ?"
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