26 mars, 2014

Les méthodes substitutives à l'expérimentation animale

André Ménache, directeur exécutif d'Antidote-Europe propose une conférence à Marseille le 2 avril au soir à Marseille sur les méthodes substitutives à l'expérimentation animale puis une conférence à Toulon au lycée Bonaparte le 2 avril au matin sur l'expérimentation en 3 D:




"Mercredi 2 avril à 18h, à la Faculté des sciences (site St Charles) à Marseille, Antidote Europe donne une conférence gratuite et ouverte à tous (dont étudiants, enseignants et chercheurs). Elle vous est proposée avec la collaboration de l'Université Aix-Marseille et de l'association ESCAPE."

23 mars, 2014

Recension: le bien naturel

Voici un ouvrage de Philippa Foot qui vient d'être traduit en février 2014 - Le bien naturel. Je propose une  recension  qui n'épuise pas le sujet mais qui je l'espère donnera envie de se procurer cet ouvrage:
"Natural Goodness" (2001):



Quel sens peut-on donner à l’adjectif « bien » ? Il suffit de comparer le comportement d’une abeille à celle d’un homme qui agit comme « il devrait agir » selon une nécessité propre. C’est pourquoi, le « bien naturel » est ce qui est nécessaire ou favorable à une forme de vie. De ce fait, on peut caractériser le bien des êtres vivants comme « une excellence intrinsèque ou autonome en ce qu’elle dépend directement de la relation d’un individu à la forme de vie de son espèce. » Il faut donc bien rendre compte, lors d’une évaluation morale, d’un cycle vital : quelle est la fonction d’un organisme ? Quel est le bien que cela apporte ? De là, il est possible d’extrapoler cette excellence des êtres vivants aux actions humaines :

« La manière dont un individu devrait être est déterminée par ce qui est nécessaire à son développement, à son autoconservation et sa reproduction. » Si l’on suit ce raisonnement, il est facile d’évaluer un être vivant en fonction de lui-même sans tenir compte de nos intérêts et de nos désirs.

Si l’excellence des êtres vivants dépend de la « forme de vie de l’espèce », on est en droit de s’interroger sur la nature de la forme de vie humaine. Or, le bien humain est un bien « sui generis » ; l’excellence pour les êtres humains est la vertu ; d’où la nécessité  d’agir « tout bien considéré. » Il est intéressant de noter toutefois que l’adéquation d’un être à la forme de vie de son espèce concerne aussi bien les plantes, que les animaux que les hommes. Mais le bien lié à la survie est quelque chose de plus complexe chez l’homme que chez l’animal reconnaît l’auteure. L’action morale chez l’homme est partie intégrante de la rationalité pratique. C’est pourquoi, les êtres humains ont la capacité de « voir des raisons » ; autrement dit d’agir selon une raison « tout bien considéré. » En revanche, les animaux sont dans l’incapacité d’agir rationnellement ou irrationnellement, puisque le choix ne concerne que les êtres humains. En s’inspirant de l’analyse de Saint Thomas d’Aquin, Philippa Foot refuse d’admettre une compréhension des fins de l’action chez les animaux. Il faut en effet apprendre des jeux de langage pour donner un sens à son action. Il semble donc que les êtres vivants  dans leur propre accomplissement ou développement réalisent une excellence spécifique sans réflexion, sans peser des raisons. On peut donc en déduire que l’homme est un être vivant d’un genre spécifique. L’être humain possède une capacité à accepter « des bonnes choses pour soi-même ».

 Il est intéressant à notre sens d’établir une comparaison entre l’excellence d’un être vivant – réalisation de la vie de son espèce » et l’excellence d’un être humain – l’accomplissement d’une bonne vie. Il est vrai que l’effort de Foot consiste à bannir l’antinaturalisme de Moore : le bien n’est pas une propriété non-naturelle, mystérieuse (même critique que l’on trouve chez I Murdoch).
La richesse de cet ouvrage tient à ses nombreuses sources : Aristote, Anscombe, Wittgenstein, Davidson, Thompson (des références repensées). Il s’agit de défendre une thèse assez discutable, celle du lien nécessaire entre le jugement moral et l’action. Il reste à savoir si l’objectivité du bien constitue une force motivationnelle ; question complexe qui ne peut faire l’économie ni des raisons d’agir,  ni de l’ignorance, ni de la faiblesse de la volonté.