12 août, 2014

L'animal n'est pas le modèle biologique de l'humain

Pour répondre aux questions des militants, le blog d'Alarm ( "Marseille contre la vivisection"). Voici un nouvel article à propos de la critique de la vivisection:


 L'animal est-il le modèle biologique de l'humain-e ?
(n'en déplaise à la doctrine utilitariste)




A la question de savoir si les animaux peuvent être des modèles biologiques de l'humain-e, il faut se demander si   les recherches effectuées sur les animaux sont « des données pertinentes pour comprendre et guérir les maladies humaines. » Bref, le modèle biologique  de l’animal permet-il de comprendre et de prédire les réactions d’un organisme humain ?
 "D’abord, il faut expliquer l’utilité d’un modèle en science : il s’agit de se représenter une situation afin d’en déduire des conséquences. En ce sens, le modèle est proche de la fiction dont la finalité est de constituer une carte du monde. Les expériences de pensée en philosophie et en science ont justement pour but d’explorer les possibilités du monde : par exemple, l’expérience du chat de Schrödinger (mi-vivant et mi-mort) en physique ou bien l’hypothèse d’un malin génie dans la philosophie cartésienne. Le but de ces expériences de pensée est d’analyser des conséquences possibles qui ne sont pas réalisables (d’où leur richesse). Sans doute Descartes parvient-il par quelques fictions à mieux comprendre la nature de l’âme. Mais l’utilité d’un modèle repose aussi sur son caractère prédictif : s’il est possible de déduire d’un modèle des hypothèses, alors une simulation des phénomènes est envisageable ; par exemple, des modèles informatiques  permettent de prédire si un bâtiment est capable de résister à un tremblement de terre…Il suffit d’imaginer une grande variété de situations. Or, il est absurde de prétendre faire de l’animal le modèle biologique de l’homme car les expérimentations produites ne conduisent ni à une meilleure compréhension de l’homme ni à une prédiction des maladies humaines.
A)     Les limites du modèle du vivant
Un modèle peut être considéré comme une représentation schématique de la réalité sans constituer une description fidèle de cette réalité. A ce titre, on pourrait faire du vol de l’oiseau  le modèle de l’avion sans pour autant que les propriétés de l’animal soient comparables à celles de l’avion.
Il serait  donc hasardeux de prétendre à une parfaite similarité entre les réactions physiologiques de l’homme et de l’animal. L’erreur de Bernard et des vivisecteurs au XIXe siècle est d’isoler une partie de l’organisme afin de parvenir à une connaissance secrète d’une fonction biologique. Or, c’est oublier que l’organisme est un Tout et qu’il ne peut par conséquent être analysé par l’ensemble de ses parties. Or, l’expérimentation animale se fonde sur l’idée d’une similarité des réactions physiologiques, psychologiques entre l’homme et l’animal. Toutefois, un modèle a pour fonction de représenter un phénomène, d’explorer des possibilités (par exemple dans la simulation informatique) et non d’identifier des propriétés communes.
B) La spécificité du vivant
L’association scientifique « Antidote-Europe » entend dénoncer les excès de la vivisection par une meilleure compréhension des phénomènes biologiques. En premier lieu, il faut bien reconnaître qu’une espèce ne peut être définie exclusivement par ses fonctions biologiques mais qu’elle se caractérise par ses habitudes, son rythme d’activité et de repos ; bref une espèce est définie par une niche écologique particulière. En second lieu, les spécificités de chaque espèce – la réaction d’un rat, d’un singe – sont singulières : c’est pourquoi, il n’y a aucune certitude quant à l’identité de réaction face à un stress, face à l’absorption d’une substance chimique. Or, l’erreur de CL Bernard et des vivisecteurs de son temps était de généraliser la fonction biologique d’un organe à celui d’une autre espèce. Le scandale de la médecine s’accompagne donc de la croyance selon laquelle les tests effectués  sur les animaux protègent l’homme de toute maladie, de tout effet secondaire. Or, les connaissances acquises aujourd’hui permettent de démentir cette croyance. En effet, selon une étude révélée par le journal Le Monde (13 novembre 1997), vingt mille patients succombent en France des effets secondaires des médicaments. Evidemment, les scientifiques d’Antidote Europe, preuve à l’appui, montrent bien que les effets secondaires des médicaments n’étaient pas connus ! On sait bien, suite à des observations, que le cancer ne se développe pas de la même manière chez l’homme que chez l’animal. Or, les instituts de recherche encouragent ce type d’expérimentation sur les animaux pour des résultats quasi nuls ! Car, les fonctions biologiques sont avant tout déterminées par des protéines, lesquelles vont conduire à la digestion, à la transformation des aliments.
C) L’animal n’est pas un modèle prédictif pour l’homme
 On peut donc en déduire que les espèces différentes auront des protéines différentes. Si les réactions physiologiques sont différentes d’une espèce à l’autre, il n’est pas possible d’espérer un modèle prédictif pour l’homme. A titre d’exemple, il suffit de rappeler que certaines substances sont toxiques pour les humains alors qu’elles sont inoffensives pour certains animaux ; ensuite le virus comme le sida ne se développe pas chez le chimpanzé alors qu’il est efficient chez l’homme ; enfin, certains produits sont plus cancérigènes pour certaines espèces que pour d’autres. Il est en un sens absurde de déclencher des cancers chez des souris sachant que le développement d’une telle maladie n’obéit pas aux mêmes mécanismes que chez l’homme. A juste titre, les scientifiques d’Antidote Europe préconisent de faire des recherches dans le domaine de la biologie moléculaire, lors des dérèglements cellulaires à l’origine des cancers.

Il est donc évident que l’expérimentation animale reste inutile et  indubitablement contestable sur le plan éthique . Elle semble satisfaire les chercheurs soucieux de gloire et de renommée comme au XIXe siècle. Pourtant, des méthodes substitutives existent. Ainsi Antidote Europe a mis en place un programme de toxicologie scientifique (PTS) fondé sur la culture de cellules humaines et la technologie des puces à ADN. Il est possible à partir de ces tests effectués de comprendre par quels mécanismes sont affectées nos cellules par des substances toxiques. Dans le domaine de la biologie biomédicale, des tests sur les tissus humains et les cellules humaines font l’objet d’expérimentation. A cela, on peut ajouter la modélisation informatique : les différentes parties du corps sont ainsi représentées ce qui permet de mieux saisir la complexité du système vivant. Les modèles informatiques seront certainement en mesure de prédire le développement de certains cancers.
Conclusion 
 Il est absurde de  penser le modèle du vivant par une identification des propriétés des êtres ; mais il faut le concevoir comme une représentation de phénomènes. Les observations démontrent l’inefficacité des tests sur les animaux pour garantir  la santé humaine."
Enregistrer un commentaire