19 août, 2013

Lectures d'été !

 A la montagne, j'ai découvert quelques ouvrages intéressants; notamment de Pierre Bayard "Aurais-je été résistant ou bourreau?". Ce livre est sorti en Janvier 2013 comme le mien et j'ai vraiment trouvé l'ouvrage très original,  proche de ma réflexion.
 

La question du sens de notre vie repose sur la manière dont nous la conduisons : sommes-nous le résultat d’événements fortuits, imprévisibles ou sommes-nous acteurs de notre existence ?
Dans un essai original Pierre Bayard – aurais-je été résistant ou héros ? – se demande comment il se serait comporté lors de la Seconde Guerre mondiale. Certes, il a été souvent montré comment les gens devenaient résistants ou bourreaux ; mais la question intéressante est de savoir comment eux-mêmes se seraient comportés s’ils avaient été dans telle situation.
 De ce fait, la fiction est utile parce qu’elle permet de se transporter dans un autre contexte. Il faut donc imaginer un personnage proche de celui que l’on est afin de mesurer ses propres choix à l’aune des circonstances. En même temps, la personnalité n’est pas figée ; elle peut se révéler : l’auteur la nomme « personnalité potentielle ». Elle peut se deviner mais parfois elle surgit d’une manière surprenante. Ainsi, Daniel Cordier, militant d’extrême droite deviendra le secrétaire de Jean Moulin ! Mais comment savoir véritablement comment ce personnage que nous sommes se serait comporté dans d’autres situations ? Pierre Bayard avance deux « lois » du comportement : certaines lois nous contraignent parce qu’elles viennent de l’intérieur ; c’est ainsi que des Résistants ne peuvent s’empêcher d’agir comme ils le font. Romain Gary illustre ce personnage qui ne pouvait « faire autrement ». Mais il faut se pencher aussi sur l’organisation psychique du personnage : le moi de la personne qui s’engage reflète une certaine image de soi idéalisée qui peut plus moins résister aux circonstances. A ce titre, il est intéressant de montrer comment l’individu a toujours la possibilité de bifurquer. En d’autres termes, des soldats prêts à tuer peuvent toujours renoncer et suivre un autre chemin :
« A l’image de la situation dans laquelle ces hommes se sont trouvés, chaque vie est aussi une succession de bifurcations, plus ou moins nettement visibles, qui dessinent devant nous une multitude d’itinéraires virtuels conduisant à des existences parallèles que nous ne connaîtrons pas, où nous aurions vécu d’autres expériences, fait d’autres rencontres, aimé ou haï d’autres gens. » (P 49)
 Ensuite, il existe des « situations comparables » : on peut pressentir en fonction de notre propre comportement, ce que nous aurions fait en certaines circonstances.
 C’est dire que si certaines trajectoires semblent fixées, il faut avoir un certain courage et une certaine créativité « pour inventer un nouveau cadre pour sa réflexion et son action » à l’image de Sousa Mendes qui délivrera  30 000 visas à des réfugiés et parmi eux des juifs
En guise de conclusion :
 Faut-il évoquer une variabilité de la personne ? Il faut toutefois souligner chez les héros et les Justes la capacité à sortir du cadre « imposé par l’ensemble de la société. »


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