28 décembre, 2012

Philosophie des sites de rencontre

J'ai reçu le livre de Marc Parmentier en décembre, et j'en propose une recension:
 
"Il est toujours possible de s’émerveiller de la puissance du virtuel tout en manifestant des signes d’inquiétude quant à son pouvoir. C’est ainsi que Marc Parmentier, maître de conférences à Lille, se livre à une analyse des « sites de rencontre ».  Pourquoi les individus éprouvent-ils le besoin de nouer des relations lointaines, virtuelles ? Est-ce parce que le lien social est rompu, brisé ou bien est-ce que l’attrait des nouvelles technologies offre de nouvelles possibilités de se « connecter » avec autrui ?
  Marc Parmentier se propose de faire de « Meetic » un objet théorique par excellence. Que cherche précisément celui qui s’affiche devant son écran d’ordinateur ? Est-il vraiment à la recherche d’une « âme-sœur » ou bien sa quête est-elle autre ? Car il faut le rappeler ; l’intrusion des nouvelles technologies dans nos vies modifie en profondeur nos repères initiaux : perte de la notion de temps, retrait du corps, jeux d’identité…
 Le philosophe structure son discours en trois grandes parties :
a)      Le désir de l’internaute est « un désir en mal d’objet »
b)      Ensuite, il n’est pas évident qu’existe une adéquation entre ce que dit la personne d’elle-même et le message qui lui est adressé
c)      Enfin, il est possible de jouer avec son identité, puisque sous couvert d’anonymat, les internautes peuvent mentir sur eux-mêmes ou bien se plier à ce qu’on attend d’eux en matière de séduction.
Tentons de résumer l’univers de « Meetic », site de rencontre par excellence, par les abrégés à chaque chapitre :
-         Mais que cherche-t-elle ? Elle cherche ce qui lui plaira
-         Lui ou lui ou lui, toi peut-être                           
-          Recherche amitié et plus si infinité               
-          Recherche personne sincère
-         Profils sans photos, passez votre chemin
-         Recherche avant tout le feeling
-         Aventuriers d’un soir, passez votre chemin
-         40 ans, le bel âge pour écrire une nouvelle page
-         Le respect, l’écoute, la confiance, le dialogue sont indispensables
-         J’ai l’impression de me vendre
 
Il me semble qu’on retrouve les caractéristiques précédentes décrites  dans les phénomènes de séduction. Mais au sein des réseaux sociaux, ces relations sont exacerbées ; et l’auteur décrit avec beaucoup de finesse les « jeux » de l’identité : suis-je la personne que je prétends être ou ne suis-je qu’un simple avatar ? Suis-je un « moi » ou bien un flux de « perceptions » à l’aune de mes interactions avec l’image d’autrui ? Mais sans doute mon identité n’est-elle pas fixe et déterminée : elle se construit comme une histoire à faire, à raconter. Il serait absurde de penser que notre identité est figée comme une « chose ». Forcément, notre identité repose sur une structure narrative et temporelle puisque toute relation virtuelle s’élabore à partir d’un récit celui que nous nouons avec notre partenaire au cours d’un échange :
« Qui est ou qui fut quelqu’un, nous ne le saurons qu’en connaissant l’histoire dont il est lui-même le héros- autrement dit sa biographie ; tout le reste de ce que nous savons de lui, y compris l’œuvre qu’il peut avoir laissées, nous dit seulement ce qu’il est ou ce  qu’il est ou ce qu’il était. » (H .Arendt, Condition de l’homme moderne).
 
Nous ne pouvons donc pas échapper à la manière dont nous  nous « présentons » à autrui. Il reste à savoir si l’internaute ou l’individu ordinaire a conscience de la façon dont il s’appréhende lui-même dans ses relations avec autrui. "
 
                             
 

20 décembre, 2012

Orwell: la vérité ou la servitude

Je vous conseille ce très bon article de "Philarête", du blog "L'esprit de l'escalier" à propos du dernier livre de James Conant sur George Orwell:
http://atheles.org/agone/bancdessais/orwelloulepouvoirdelaverite/index.html#article3084

09 décembre, 2012

Un philosophe végétalien contre l'élevage industriel

Thomas Lepeltier est un chercheur indépendant qui a écrit récemment un article  très clair dans la magazine "Sciences Humaines" sur la possibilité de manger ou non de la viande. Pour lui, être végétalien c'est vivre en accord avec ses convictions notamment le fait de ne pas imposer d'inutiles souffrances aux animaux. Pour autant, les "carnivores" accepteraient-ils de s'abstenir de manger de la viande s'ils connaissaient les conditions inhumaines dans lesquelles sont abattues ces pauvres bêtes?On peut espérer du moins que les hommes devraient au moins refuser de faire souffir les animaux. Ce ne sont pas bien-sûr les éleveurs qui sont responsables, mais la société qui ne cesse de défendre l'élevage intensif, le rendement.
Je suis d'accord avec l'auteur que c'est en dévoilant les pratiques odieuses de l'abattage que des consciences peuvent se réveiller !

http://www.vegeshopper.com/2012/12/thomas-lepeltier-un-philosophe.html?showComment=1355043663779#c2402256262512817975