21 janvier, 2012

Le juste et l'injuste!

On peut toujours s'étonner des réactions de ceux qui identifient la justice à la vengeance. Par esprit de justice, on peut s'opposer à toute forme de tricherie, de mensonges; mais par "esprit de justice", devrait-on aller jusqu'au bout de ses principes et mettre en difficulté financière une personne avec une famille - aussi malhonnête soit-elle ? D'autre part, on peut bien évidemment s'interroger sur la rationalité d'une punition: est-il possible de réparer par la sanction? J'avais écrit en 2007 un article avec un camarade sur la question des peines à partir de l'analyse de BECCARIA et de BENTHAM. En relisant La République de Platon, je rédécouvre des arguments assez fins. Jugez plutôt:

-" Est-ce donc, repris-je, le fait d'un homme juste de faire du mal à un homme, quel qu'il soit ?
- Mais certainement, dit-il, il faut faire du mal aux gens malhonnêtes et qui sont des ennemis.
- Mais si l'on maltraite les chevaux, deviennent-ils meilleurs ou pires ?
- Ils deviennent pires.
- Est-ce par rapport à l'excellence propre aux chiens, ou par rapport à celle des chevaux ?
- Par rapport à celle des chevaux.
- Et si on maltraite les chiens, deviennent pires par rapport à l'excellence propre aux chiens, et non à celle des chevaux ?
- Nécessairement.
- Et pour les êtres humains, camarade, ne faut-il pas affirmer que lorsqu'on leur fait du mal, ils deviennent pires par rapport à leur excellence humaine propre ?
- Oui, certes.
- Mais la justice n'est-elle pas l'excellence humaine ?"
                                                                                 La République, Livre I, 335a-335c

 Dans Le Criton (49d) on peut lire de la bouche de Socrate:
"Il ne faut donc pas répondre à l'injustice par l'injustice ni faire du mal à aucun homme, quoi qu'il nous ait fait..."
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