27 novembre, 2011

Pour une politique de l'environnement

J'avais déjà fait un résumé en juin du livre excellent (La France d'après) de Guillaume Duval, rédacteur en chef d'Alternatives économiques. Voici un extrait du résumé de son livre (12 pages). Je suis tout à fait d'accord avec son analyse depuis mon engagement d'écolo en Normandie à 16ans:

Pour une politique environnementale

L’auteur fait un pari audacieux en démontrant que l’écologie tant en Europe qu’en France est une chance et un défi. On peut avancer trois arguments :

a) La politique environnementale est une nécessité pour les sociétés industrialisées du XXIème siècle car elles sont de plus en plus soumises aux risques du nucléaire et de la pollution. On peut affirmer que la prise de conscience écologique date depuis les années 80.

b) On peut espérer un effet distributif des politiques environnementales : certains territoires pauvres en France pourraient développer des énergies douces en utilisant leurs propres ressources. De même des pays riches soucieux d’éviter des catastrophes nucléaires aideraient les pays du Sud à financer les énergies renouvelables. Pour reprendre l’idée du philosophe J.-P Dupuy , la peur d’un désastre écologique peut être constructive puisqu’elle oblige les Etats à se montrer inventifs

c) Enfin l’écologie peut véhiculer une valeur morale essentielle ; celle de faire de nous des êtres humains à part entière ayant le désir de vivre en paix avec l’environnement. Citons l’auteur :

« Bref, à l’échelle européenne comme mondiale, l’écologie peut être un puissant vecteur d’intégration, de régulation et de redistribution qui nous permette de sortir de l’anomie marchande et libérale. » (P130).

Le constat en Europe s’impose de lui-même : elle est privée de ressources minières et doit donc trouver d’autres sources d’énergie. Notons que l’exploitation des gaz de schiste - comme cela se pratique aux Etats-Unis - ne va pas sans conséquences graves pour l’environnement. L’Europe semble consciente depuis les années 80-90 des enjeux d’une politique environnementale soucieuse de l’intérêt d’autrui. En toute logique, ce n’est pas dans l’intérêt des pays que de subir la pollution des autres ! Certes, la morale sans un certain nombre de règles contraignantes ne peut inciter les « gros » pollueurs à mieux se comporter. En ce sens, les quotas d’émission de sources polluantes constituent un progrès en la matière : il est équitable que des pays « pollueurs » payent un certain prix et que d’autres puissent bénéficier de certains droits en matière de gaz à effet de serre. Mais on peut s’interroger sur le caractère moral de cette procédure : il semblerait qu’on justifie un certain droit à polluer dans certaines limites comme on pourrait justifier tel crime ! On sait que la taxe carbone, pour être adoptée, suppose certaines habitudes culturelles. En France, elle a été remise en cause parce qu’elle semblait inégalitaire ; en effet, un individu disposant d’un salaire moyen pouvait se sentir lésé par cette taxe. Toutefois, il semble nécessaire de réfléchir à la possibilité d’une taxe carbone qui pourrait engager chaque citoyen dans l’exigence de protéger l’environnement (et cela passe par une diminution des nuisances). Il est sans doute vain – tant que les habitudes culturelles ne sont pas ancrées dans les comportements – d’exiger des citoyens et des Etats des conduites morales exemplaires ! Mais on peut sans se tromper affirmer que les conséquences écologiques dramatiques accélèrent les décisions politiques en matière d’environnement. Le Grenelle de l’environnement en France en 2007 est déjà une avancée ; même si des projets ambitieux doivent voir le jour.

La question écologique peut sans aucun doute faire l’objet d’un consensus parce que chaque citoyen est concerné par la dégradation de son environnement : les hausses de prix de l’énergie, les catastrophes climatiques, les incidents nucléaires ne font que renforcer ce sentiment de révolte : il est possible d’éviter l’inéluctable si l’on se donne les moyens de passer à une conversion écologique. Certes, l’Europe a beaucoup à faire pour envisager une politique écologique commune : là encore, il s’agit de parvenir à mettre son savoir, ses technologies, ses richesses en commun.

Mais l’avenir de la planète n’appartient pas seulement à l’Europe : elle doit inclure en son sein des pays comme les Etats-Unis, l’Inde, la Chine. Il est nécessaire selon Guillaume Duval de protéger le marché européen si l’on veut des politiques environnementales conséquentes. A ce titre, Olivier Godard entend bien défendre « une taxe carbone aux frontières » : il est logique d’étendre les mesures prises en Europe sur d’autres pays afin de ne pas déséquilibrer le marché. On se doute bien que sans ce type de contraintes, les résolutions européennes en matière de pollution des industries risquent de ne pas aboutir. Le problème est évidemment de savoir si les intérêts économiques des différents acteurs peuvent être compatibles avec les enjeux écologiques. Pour Guillaume Duval, la détermination de l’Europe en matière environnementale est sans appel :
« Il est urgent, tant sur le plan strictement industriel que sur le plan écologique, de doter l’Europe de politiques plus actives vis-à-vis de ses partenaires commerciaux et plus protectrices de son marché intérieur.» (P156).

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