24 novembre, 2010

Droit à l'autodétermination!?

j'ai ,dans le cadre de ma préparation IFSI, abordé la question de l'autonomie, capacité de discernement du patient, durant 4 heures. L'actualité récente à Genève à propos de l'affaire B. Rappaz a été pour moi l'occasion de constituer un dossier de presse: doit-on alimenter de force un individu qui a décidé de faire la grève de la faim ? Le Tribunal fédéral peut-il faire preuve d'autoritarisme en la matière? A. Mauron et S. Hurst abordent cette question délicate:
http://www.tdg.ch/actu/suisse/ethique-medicale-mise-epreuve-cas-rappaz-2010-11-05

http://forumethix-ch.blogspot.com/search?updated-max=2010-11-12T10%3A00%300%2B01%3A00&max-results=3

Un entretien avec B. Kiefer

http://www.tsr.ch/video/emissions/mise-au-point/2686675-les-rives-du-lac-en-votation.html#id=2686673;nav=info/


21 novembre, 2010

Ethique et sens de la vie


Il me semble évident qu'il existe une cohérence entre Le Tractatus et Les Recherches philosophiques. A mon sens, l'idée d'une seule alternative exprimée par la nécessité logique dans Le Tractatus subit un changement. Je cite un extrait:


6.41: Le sens du monde doit se trouver en dehors du monde. Dans le monde toutes choses sont comme elles sont et se produisent comme elles se produisent: il n'y a pas en lui de valeur - et s'il y en avait une, elle n'aurait pas de valeur.


6. 421: Il est clair que l'éthique ne se peut exprimer.

L'éthique est transcendantale

18 novembre, 2010

Quand les éléphants pleurent !

Il est sans doute difficile d'identifier rationnellement les émotions des animaux par rapport aux nôtres. Mais cela ne signifie pas que les animaux n'on pas une vie affective; bien plutôt, s'agit-il de dire que nous ne le savons pas. Pourtant, il serait réducteur d'affirmer que les comportements animaux n'ont de sens que par la thèse de l'évolutionnisme; comme si l'amour d'une mère pour son enfant pouvait se justifier uniquement par des transformations hormonales.
A découvrir Quand les éléphants pleurent de J. Moussaief et S. Maccarthy.
On peut lire un extrait de l'analyse sur le site des Cahiers antispécistes:
"Les auteurs nous font ainsi remarquer que, si les humains ont chacun leur personnalité, il en est de même pour les autres animaux. Certains seront timides, d'autres audacieux, etc. Il nous reste à regretter que trop peu d'ouvrages de recherche existent qui nous permettent de découvrir la vie d'un animal en particulier en tenant compte de ses émotions. Imaginez qu'un groupe d'explorateurs extra-terrestres ayant découvert les humains écrivent tout un tas de thèses sur leur comportement sans prendre en compte l'amour, la haine, la peur, la tristesse, etc, qui pourtant font partie intégrante de notre vie et gouvernent une grande partie de nos agissements. Leurs thèses auraient-elles un sens ?"


16 novembre, 2010

Quelle alternative pour l'éthique ?

Le désir d'éthique peut avoir un sens selon Wittgenstein: désir de donner une signification à la vie, de définir un bien absolu. Mais il faut être clair: "Aucun énoncé de faits ne peut être ou impliquer un jugement de valeur absolue."
Certes, on peut bien reconnaître avec Moore qu'il y a une tension entre ce que l'on dit et ce que l'on ne peut atteindre; un énoncé de valeur absolue est dépourvu de sens:
"Si je dis "alors les angles doivent être égaux", il n'y a pas d'alternative; ce qui revient à dire: l'alternative ne signifie rien."( P162)
Mais les questions éthiques peuvent-elles être formulées comme les énoncés de logique ? Il faut se demander si après Le Tractatus, les circonstances sont à prendre en compte dans les problèmes de la vie.

15 novembre, 2010

Les faits ou les valeurs


Dans Conférence sur l'éthique (Leçons et conversation), Wittgenstein évoque la difficulté de faire de l'éthique une science. Est-elle au-delà des limites du monde? L'éthique est comme cette route qu'on devrait prendre. Mais cette route existe-t-elle ?

Je cite:

"Taille de policeIl me semble évident que rien de ce que nous pourrions jamais penser ou dire ne pourrait être cette chose, l'éthique; que nous ne pourrions pas écrire un livre scientifique qui traiterait d'un sujet intrinsèquement sublime et d'un niveau supérieur à tous autres sujets...L'éthique, si elle existe, est surnaturelle, alors que nos mots ne veulent exprimer que des faits...Voyons maintenant ce que nous pourrions entendre par l'expression: "la route absolument correcte." Je pense que ce serait la route que chacun devrait prendre, mû par une nécessité logique, dès qu'il la verrait, ou sinon il devrait avoir honte." (P 147)

Mais on ne peut pas décrire une route correcte. Est-il possible de dire: "montre - toi éthique et je te suivrai" !


Leçons et conversations; Gallimard 1971 ( trad française)

11 novembre, 2010

L'éthique à Nicomaque


Il me semble intéressant de commencer à étudier en début d'année une oeuvre d'Aristote: la méthode d'interrogation du philosophe grec me semble adaptée à une certaine démarche philosophique. Aussi, j'ai commencé avec une classe, quelques lectures des Livres I, VIII, X de l'Ethique à Nicomaque. Il est question du bonheur et du plaisir, de l'amitié, du choix préférentiel. C'est ainsi qu'on peut apprendre à maîtriser l'art des distinctions conceptuelles ! Un devoir est prévu cette semaine.

Pour une autre classe, j'ai choisi d'étudier le rapport à la culture par une analyse d'un film de Truffaut - L'enfant Sauvage. Je viens de lire leurs réponses et je poursuivrais bien ces analyses à partir d'une réflexion de l'anthropologue P. Descola à propos des frontières entre la nature et la société selon des schèmes conceptuels (totémisme, analogisme, naturalisme). Et enfin, un autre paquet de copies m'attend sur l'imagination; et c'est comme ça jusqu'à fin novembre !

07 novembre, 2010

Moore et Murdoch




J'ai enfin vaincu le "sophisme naturaliste" chez Moore! On peut lire dans La souveraineté du bien de I. Murdoch:




" Si le bien est indéfinissable, c'est parce que les jugements de valeur dépendent de la volonté et du choix individuels. Mais (continuaient ses critiques) Moore se trompait en employant, pour concevoir le bien, une imagerie quasi esthétique empruntée à la vision."


Je viens de terminer mon chapitre et je vais commencer une confrontation Kant/Hume; ça devrait aller. Je suis à plus de la moitié de mon livre; j'espère pouvoir le faire lire fin janvier pour recueillir des critiques et j'envoie le tout en mars. Mais en novembre, j'ai beaucoup de copies, de corrigés et de conseils de classe !


G.E Moore: Principia Ethica, Cambridge University Press (2002 pour l'édition de 1903)


I. Murdoch : La souveraineté du bien,éditions del'éclat, (1994 pour l'édition de 1970).

05 novembre, 2010

Sophisme de la Corrida II

J-.B Jeangène Vilmer, dans sa deuxième réponse à F. Wolff, montre à quel point la défense de la corrida est fondée sur un sophisme; cette fois-ci, il s'agit de dénoncer un faux anthropomorphisme:
On peut suivre une partie de la discussion sur le site Philotropes



Les sophismes de la corrida (II)

"La défense habituelle de la corrida, d’autant plus faible qu’elle est criblée de sophismes, est renforcée depuis quelques années par le développement d’une argumentation philosophique [5] , plus subtile, mais non moins fallacieuse. La corrida est présentée comme un symbole. Pour Alain Renaut, elle symbolise «le combat de l’homme avec la nature», pour exprimer «la soumission de la nature brute (c’est-à-dire de la violence) au libre arbitre humain, victoire de la liberté sur la nature». C’est à la fois un art et l’expression de l’humanisme, «c’est-à-dire la désignation de la culture comme la tâche propre de l’homme», la culture étant définie comme arrachement à la nature [6] . Francis Wolff renchérit : «L’humanité contre la tauréité. Homo sapiens vulnérable mais serein face à la force vaine de bos taurus ibericus. Nature lucide contre nature aveugle» [7] .
L’explication est simpliste, pour au moins deux raisons. D’une part, parce que si tout ce que montre la corrida est ce vieux dualisme que tous les philosophes depuis Descartes ont dépassé, alors elle décrit un monde et un système de pensée qui ne sont plus les nôtres depuis trois siècles. D’autre part, parce que si le taureau symbolise la nature, il est bien loin dans les faits d’être la nature, c’est-à-dire d’être naturel, comme le reconnaît Renaut lui-même [8] . Le taureau de combat est un produit extrêmement calibré, contrôlé, maîtrisé, un chef-d’œuvre de l’élevage, donc de la culture. La «naturalité brute» qu’il dégage malgré tout n’est rien d’autre que l’interprétation que nous avons de son comportement. Elle n’est pas tant en lui que dans notre regard, qui trouve ce qu’il cherche.
Mais le problème essentiel est ailleurs. Il y a une confusion générale, un glissement sémantique de l’explication à la justification. Lorsque Renaut et Wolff mettent au jour ce que symbolise la corrida, ils ne le font pas pour enrichir de manière neutre les catalogues anthropologiques. Ils le font pour la défendre ! Ils passent donc du fait à la valeur, d’une explication à une justification. Or, ce n’est pas parce qu’une pratique peut être expliquée qu’elle est juste. Il serait aisé de réunir une trentaine d’intellectuels internationaux pour trouver à l’excision, l’infibulation ou à n’importe quelle torture, scarification ou violence traditionnelle une importante dimension symbolique, rituelle, esthétique, sociologique, psychanalytique et tout ce que l’on voudra. La rencontre peut être passionnante sur le plan intellectuel mais cela ne change rien au fait que ces pratiques sont condamnables et doivent être abolies.
Ces philosophes qui défendent la corrida soulignent son rôle éducatif: «Comme le dressage, elle humanise la bête, mais elle met à mort l’animal sitôt instruit» [9] . De là, deux questions. D’une part, à quoi éduque-t-on exactement? Qu’apprend-on au taureau? On parle d’une bête instruite, sans jamais préciser de quoi. Je demande de quoi on instruit la bête en lui plantant des lames dans le corps. D’autre part, en admettant qu’il y ait instruction de quelque chose, à quoi cela sert-il d’instruire pour tuer? Quelle est cette pédagogie qui ne permet pas à l’élève de vivre suffisamment longtemps pour jouir de son instruction?
 Curieusement, la bête qui tout à l’heure était l’incarnation de la nature brute, l’antithèse de la culture humaine, est maintenant instruite comme un enfant. L’anthropomorphisme est même la base de la philosophie de la corrida de Wolff, qui repose entièrement sur l’attribution au taureau d’un certain nombre de qualités : la bravoure, le courage, la noblesse, l’héroïsme, l’excellence [10] . Il y a d’ailleurs une contradiction, puisqu’en même temps qu’il lui attribue ces qualités sophistiquées, il refuse au taureau la simple capacité de vouloir qui, selon lui, serait «contraire à sa nature» [11] . Comment un taureau qui ne veut pas, qui n’est donc qu’une machine, pourrait-il faire preuve d’héroïsme?
Mais ce qui frappe est que ces qualités sont évidemment humaines. Ce n’est pas le taureau qui voit ce que les hommes appellent un combat comme un «combat». Ce n’est pas lui qui fait preuve de noblesse dans un coup de corne, d’héroïsme ou de bravoure lorsqu’il continue de se défendre tout en se vidant de son sang. Ce sont les hommes qui lui attribuent ces qualités humaines, pour rendre la comparaison possible. La philosophie de la corrida repose sur une négation de l’altérité. Le taureau est «humanisé» pour pouvoir être mis sur la même échelle de valeurs que l’homme qui le combat – et permettre ainsi la comparaison, dans le seul but de pouvoir affirmer la supériorité humaine, qui n’aurait aucun mérite si l’adversaire ne partageait pas les mêmes «vertus cardinales» [12] .
Pourquoi faut-il, en fin de compte, tuer le taureau? Wolff parle d’«une vérité aveuglante», d’un impératif catégorique: «il faut que le taureau meure!» [13] . Mais pourquoi? La raison n’en est énoncée clairement nulle part. L’auteur explique que la manière de le faire justifie le fait de le faire. La mise à mort est codifiée, ritualisée, elle est une cérémonie. Cela suffit à la défendre: «Dans toutes les civilisations où le taureau a été combattu et mis à mort de façon formalisée, il a été admiré, loué, célébré et plutôt chanté comme un dieu que traité comme une bête» [14] . «Après la mort, enfin, la dépouille du taureau combatif est souvent acclamée. Parfois même, elle recueille un tour d’honneur au pas lent des mules, et la foule se lève et se découvre à son passage» [15] .
Le raisonnement sous-jacent est celui-ci: la corrida formalise la mise à mort. Or, toutes les civilisations qui ont fait de même ont traité le taureau comme un dieu. Donc, la corrida traite le taureau comme un dieu. Donc, elle le respecte. Donc, elle est légitime. Raisonnement typiquement anthropocentrique: le taureau se moque bien d’être respecté comme un dieu s’il souffre et meurt dans l’arène. De la même manière, je ne peux pas justifier l’enlèvement et le meurtre sacrificiel d’une jeune vierge par le fait que la codification de la pratique manifesterait mon respect à son égard. Le fait d’avoir des règles, des rites, un déguisement et, éventuellement, un grand respect pour sa victime, n’excuse ni ne justifie en rien ce qu’on lui fait subir.
Quant aux hommages rendus à une dépouille, ils n’ont de sens que pour les survivants. Celui qu’on enterre dans un cimetière se moque bien d’avoir des fleurs fraîches sur sa tombe. De la même manière, le tour d’honneur de la dépouille du taureau n’a strictement aucun sens pour le bovin mort ou pour ceux qui sont encore aux champs: c’est l’homme encore et toujours qui se fait plaisir. Si l’on pense que la corrida se justifie par ce plaisir que peuvent éprouver certains hommes à y assister, qu’on le dise franchement. Mais qu’on cesse de dissimuler derrière un écran de fumée métaphysique des raisons qui sont en réalité beaucoup plus brutes."
Jean-Baptiste Jeangène Vilmer
revue semestrielle de droit animalier:
• http://www.jbjv.com/Les-sophismes-de-la-corrida.html

[5] Voir Alain Renaut, «L’esprit de la corrida», La règle du jeu, 7, 1992, p.84-109 et « L’humanisme de la corrida », Critique, 723-724, 2007, p.552-560; et Francis Wolff, «Le statut éthique de l’animal dans la corrida», Cahiers philosophiques, 101, 2005, p.62-91 et Philosophie de la corrida, Paris, Fayard, 2007.
[6] Alain Renaut, «L’esprit de la corrida», op. cit., p.94 et «L’humanisme de la corrida», op. cit., p.557.
[7] Francis Wolff, Philosophie de la corrida, op. cit., p.76.
[8] Alain Renaut, « L’humanisme de la corrida », op. cit., p.558.
[9] Pedro Cordoba et Francis Wolff, Critique, 723-724, 2007, p.550. Voir aussi Renaut, «L’humanisme de la corrida», op. cit., p.557.
[10] Francis Wolff, Philosophie de la corrida, op. cit., p.78.
[11] Ibid., p.74.
[12] Ibid., p.82. Voir Elisabeth Hardouin-Fugier, «Surhomme et sous-bête, le toro de corrida», in Boris Cyrulnik (dir.), Si les lions pouvaient parler. Essais sur la condition animale, Paris, Gallimard, 1998, p.1286-1295.
[13] Francis Wolff, op.cit., p.97.
[14] Ibid., p.66-67.
[15] Ibid., p.69.


• À LIRE dans « Les Puces » du journal (Charlie Hebdo du 3 novembre). • La Fondation 30 Millions d’Amis présente une pétition capitale pour les animaux : déjà 70000 signatures, en seulement un mois et demi. On vise le million, aidez-nous ! • Le conseil général des Pyrénées-Atlantiques, qui affirmait ne pas subventionner la corrida, pris en flagrant délit de mensonge par le CRAC Europe, Comité Radicalement Anti Corrida pour la protection de l’enfance.

• IMPORTANT. Faites connaître le site de Charlie, diffusez autour de vous ! S’il existe, c’est grâce au journal. « Les Puces », c’est dans le journal, « La Puce », c’est sur le site. Achetez le journal (tous les mercredis, en kiosques, 2,50 euros), allez sur le site !





01 novembre, 2010

Revue Klesis !



La très sérieuse revue Klesis (!!) vient de publier son numéro consacré à Humanité et animalité. L'ensemble est coordonné par JB Jeangène Vilmer, défenseur de la cause animale (mais pas seulement):
http://www.revue-klesis.org/