30 octobre, 2010

Droit et éthique médicale !

Samia Hurst, bioéthicienne à Genève évoque la question de l'éthique médicale à propos d'une grève de la faim: le droit doit-il intervenir sur la décision de l'équipe médicale ?
"En admettant le recours à l’alimentation de force du gréviste de la faim Bernard Rappaz, le Tribunal fédéral écarte la déontologie des médecins, mais invoque le respect des règles de l’art médical. Une position paradoxale, et révélatrice. Par Samia Hurst"
Avec un étudiant en Master, nous sommes en train d'affiner notre plan sur la question de l'autonomie du médecin et du patient: un bel article de 21 pages (pour une revue juridique) qui a demandé beaucoup de travail quant au problème de la responsabilité du médecin et du patient !





28 octobre, 2010

L'idéal d'impartialité !











Quelle joie: je viens d'apprendre que ma contribution sur l'idéal d'impartialité vient d'être acceptée par la revue du Centre Bentham ! Il faut dire que la question de l'impartialité/partialité constitue le chapitre IV de mon futur livre: Hume, Bentham, Railton, Williams sont convoqués.




En attendant, je bute sur le problème du "sophisme naturaliste" de GE Moore pour le prochain chapitre; mais je devrais bientôt comprendre sa position à propos de l'intuitionnisme; ce n'est pas une mince affaire...

24 octobre, 2010

Shooting an elephant !



Dans le récit Shooting an elephant" ("abattre un éléphant"), George Orwell, alors jeune officier en Birmanie, raconte son horreur de l'impérialisme: prévenu de la férocité d'un éléphant qui vient de piétiner un indien, George Orwell se rend sur les lieux: prenant conscience que cet animal ne présente plus de danger immédiat, il est prêt à renoncer à l'abattre. Mais suivi par la foule, et par peur du ridicule, il décide de tirer sur l'animal. Constatant que l'éléphant souffre de ses blessures, il tire à nouveau. Finalement, il décide de partir, ne supportant pas l'agonie de la bête. Par la suite, l'auteur apprend que l'animal a agonisé un certain temps et que la foule n'a pas hésité à le consommer alors qu'il était vivant.

George Orwell en déduit que l'impérialisme anglais impose aux peuples opprimés sa propre logique de la domination. Peut-être ce fait n'est-il qu'une fiction; mais il justifie le dégoût qu'éprouve George Orwell de tout pouvoir autoritaire.

Voici un extrait:
"Afterwards, of course, there were endless discussions about the shooting of the elephant. The owner was furious, but he was only an Indian and could do nothing. Besides, legally I had done the right thing, for a mad elephant has to be killed, like a mad dog, if its owner fails to control it. Among the Europeans opinion was divided. The older men said I was right, the younger men said it was a damn shame to shoot an elephant for killing a coolie, because an elephant was worth more than any damn Coringhee coolie. And afterwards I was very glad that the coolie had been killed; it put me legally in the right and it gave me a sufficient pretext for shooting the elephant. I often wondered whether any of the others grasped that I had done it solely to avoid looking a fool. "

http://orwell.ru/library/articles/elephant/english/e_eleph



20 octobre, 2010

Le bien-être animal

Sur Radio Canada, dans le cadre de la semaine verte , une série de reportages est consacrée à la question du bien-être animal: on peut voir comment des individus, écoeurés par la manière dont sont traités les animaux d'élevage, s'engagent pour une prise de conscience collective. Evidemment, en accordant des soins aux animaux, en respectant leurs conditions de vie (porcs, poules, veaux...), on augmente les coûts de production...Un reportage vraiment très intéressant (le premier reportage est très dur à supporter mais décrit une réalité quotidienne).
Attention à l'accent canadien !

http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#urlMedia=http://www.radio-canada.ca/Medianet/2010/CBFT/LaSemaineVerte201010161700_3.asx

19 octobre, 2010

Polémique sur la Corrida

J.B Jeangène Vilmer défend avec beaucoup de cohérence l'interdiction de la Corrida. Or, il se heurte à F. Wolff qui ne prend pas en compte ses arguments. La réponse du 18 octobre dans le journal Libération ne s'est pas faite attendre. Jugez donc de la pertinence des propos de J. B Jeangème Vilmer:

"En dénonçant «la vaine rhétorique des avocats des taureaux» (Libération du 7 septembre), Francis Wolff s’en prend davantage à ma personne qu’à mes arguments et tente de me décrédibiliser dans un texte qui relève de l’injure et qui, pour cette raison, ne doit pas rester sans réponse. L’attaque contre la personne est un sophisme supplémentaire (argumentum ad hominem) - le latin n’est pas rappelé pour «faire juriste» mais pour montrer que cette stratégie est d’autant plus grossière qu’elle est ancienne. Comme je ne m’intéresse pas à la personne de monsieur Wolff, c’est à ses arguments seulement que je réagis.

L’une des manières de ridiculiser quelqu’un est de l’associer à une personne ridicule (sophisme de la mauvaise compagnie). Wolff commence donc par dire que mon «maître» Peter Singer est une sorte d’hurluberlu qui exige que l’on traite les animaux comme les hommes. C’est faux. Si Wolff avait lu son livre la Libération animale, traduit en français depuis 1993, il ne confondrait pas l’égalité de considération et l’égalité de traitement. Singer défend un «principe d’égale considération des intérêts» qui «n’exige pas que nous traitions les animaux non humains comme nous traitons les humains». Considérer également les intérêts de la poule et de l’homme ne commande pas d’apprendre à lire à la poule, mais de la laisser avec d’autres poules dans un espace suffisant où elle peut exprimer des comportements naturels (ce qui condamne de fait l’élevage industriel).

En affirmant que «ce n’est pas parce qu’il y a une tradition que la corrida est autorisée, mais là où il y a tradition», Wolff opère un glissement sémantique qui ne change strictement rien au sophisme de l’appel à la tradition, et je maintiens que cette excuse ne vaut rien. En affirmant que la corrida serait «perçue» différemment à Nîmes et considérée comme «inséparable d’une identité régionale», il présuppose en outre quelque chose qu’il serait bien en peine de devoir prouver. Il existe un moyen simple d’en avoir le cœur net : organisons des référendums locaux dans ces régions. Pourquoi n’avons-nous pas le courage démocratique des Catalans ? On découvrirait que 71% des habitants du Gard, par exemple, déclarent n’être pas attachés à la corrida (sondage Ipsos, juillet 2010). A l’échelle nationale, 66% des Français sont favorables à son abolition (Ifop, mai 2010).

En proposant ironiquement d’interdire «toutes les activités humaines qui peuvent avoir pour effet la souffrance d’un animal», comme la pêche à la ligne ou l’alimentation carnée, Wolff utilise l’argument de la pente glissante. Son but est d’inquiéter le lecteur : aujourd’hui, le «censeur» que je suis veut vous ôter la corrida, demain il s’en prendra à votre steak (sous-entendu : ne le laissez pas s’en prendre à la corrida, même si ce débat vous laisse froid, faites-le pour défendre votre steak). Rhétorique mise à part, Wolff a raison sur un point : je considère que la pêche à la ligne et l’alimentation carnée, comme toutes les activités impliquant de la souffrance, sont moralement problématiques. Et je n’ai pas besoin de guillemets pour dire que les poissons souffrent car, contrairement à lui, je ne considère pas que la seule souffrance qui mérite considération est celle de l’espèce homo sapiens.

D’un point de vue seulement quantitatif, la corrida est même un microproblème puisqu’elle tue des milliards de fois moins que la boucherie. Je défends avec autant de force l’abolition de l’élevage industriel que celle de la corrida. C’est cohérent. Mais la question n’est pas seulement celle du nombre d’individus tués : c’est aussi celle des raisons et de la manière de le faire. La corrida est un spectacle, gratuit pour les enfants de moins de 10 ans, dont la finalité n’est pas de manger, mais de tuer. A ceux qui disent que la violence de nos sociétés pose des problèmes plus graves, on demandera : que pouvons-nous raisonnablement attendre de ces enfants qui, dans les écoles de tauromachie (subventionnées par les contribuables), s’entraînent à l’arme blanche sur des veaux ? Quant aux adversaires de la corrida, ils ne souhaitent pas, contrairement à ce que prétend Wolff, envoyer les taureaux à l’abattoir. Cette race créée de toutes pièces pour nous divertir disparaîtra progressivement et l’on pourra, pour le «patrimoine», conserver quelques individus dans un musée vivant pour montrer à nos petits-enfants contre quoi se déchaînait «l’intelligence humaine».

C’est bien l’humanisme cartésien qui est ici en cause, celui qui commande à l’homme de «se rendre comme maître et possesseur de la nature». Le dualisme culture-nature, vécu comme un affrontement, a des racines chez Descartes et il n’est effectivement pas sans rapport avec le dualisme pensée-étendue. En affirmant que c’est l’âme qui sent et que les animaux en sont dénués, Descartes a permis le développement de la théorie de l’animal-machine. Celle-là même qui faisait dire à Nicolas Malebranche frappant un chien que «cela ne sent point». Les aficionados qui, aujourd’hui, affirment que le taureau «ne souffre pas», en sont les héritiers. "


17 octobre, 2010

Le serin et la serinette !

J'ai relu avec un plaisir évident l'Entretien entre d'Alembert et Diderot. Au cours de ce dialogue, la question est de s'interroger sur un modèle plausible de la nature. A ce titre, il est intéressant d'analyser la manière dont Diderot repense le mécanisme cartésien.

http://www.youtube.com/watch?v=bTGQ5oiKrhI


Je vous laisse savourer le dialogue:

"Il n'y a plus qu'une substance dans l'univers, dans l'homme, dans l'animal. La serinette est de bois, l'homme est de chair. Le serin est de chair, le musicien est d'une chair diversement organisée; mais l'un et l'autre ont une même origine, une même formation, les mêmes fonctions et la même fin." ( P278).


Diderot,Oeuvres Philosophiques, Garnier, 1964 (P257).

15 octobre, 2010

Pop Philosophie !

A Marseille se tient un festival de la Pop Philosophie du 18 octobre au 23 octobre. Ne pas manquer "Buffy", présentation par Sandra Laugier !
Voici le programme:

"Cette année, philosophes, sociologues, journalistes et musiciens seront réunis à Marseille dans divers lieux de la culture et de la nuit, afin d’interroger notamment le rock des années 70’s, le téléphone portable, l’amour, l’humour, les tubes de l’été, le fait divers.
Parmi les moments forts de cet événement conçu par Jacques Serrano, le Palais de la Bourse accueillera le débat « L'amour est-il en danger ? », avec Aude Lancelin, Anne Dufourmantelle et Alain Badiou. Au Centre de la vieille charité, Buffy contre les vampires fera l’objet d’une intervention de Sandra Laugier, tandis que Michel Maffesoli interrogera Plus belle la vie, au Forum de la Fnac. Une discussion sur le rock philosophique entre Éric Aeschimann, Stéphane Legrand et Pacôme Thiellement se tiendra au bar rock La Maison Hantée, et le philosophe et pionnier du rock électronique Richard Pinhas donnera un concert à L’Embobineuse.
Le quotidien La Marseillaise accueillera dans ses locaux Françoise Gaillard qui traitera du fait divers, et c’est au Théâtre de La Criée que Pierre Musso et de Maurizio Ferraris parleront du téléphone mobile, et que Peter Szendy fera une conférence/performance sur le thème « philosophie dans le juke-box ».
PROGRAMME COMPLET : http://www.lesrencontresplacepublique.fr/

RÉSERVATIONS (conseillé)
contact@lesrencontresplacepublique.fr 04 91 90 08 55

14 octobre, 2010

Quelle éthique pour la chasse à courre ?


En France, la chasse à courre se pratique: c'est cruel et barbare d'autant que 75% des français y sont opposés. A quand une interdiction comme c'est le cas en Angleterre, en Ecosse, en Allemagne et en Belgique ?
http://www.one-voice.fr/fr/article/enquete-sur-la-chasse-courre-33-une-belle-ethique



10 octobre, 2010

Famine, affluence and morality


j'ai travaillé un texte de Peter Singer à propos de nos obligations morales: lors de la famine en 1971 au Bengale, le philosophe s'interroge sur le contenu de nos devoir moraux: que devons-nous exiger des individus ? A quel prix ? Le texte est disponible sur son site; voici un extrait:


"As I write this, in November 1971, people are dying in East Bengal from lack of food, shelter, and medical care. The suffering and death that are occurring there now are not inevitable, not unavoidable in any fatalistic sense of the term. Constant poverty, a cyclone, and a civil war have turned at least nine million people into destitute refugees; nevertheless, it is not beyond the capacity of the richer nations to give enough assistance to reduce any further suffering to very small proportions. The decisions and actions of human beings can prevent this kind of suffering. Unfortunately, human beings have not made the necessary decisions. At the individual level, people have, with very few exceptions, not responded to the situation in any significant way. Generally speaking, people have not given large sums to relief funds; they have not written to their parliamentary representatives demanding increased government assistance; they have not demonstrated in the streets, held symbolic fasts, or done anything else directed toward providing the refugees with the means to satisfy their essential needs. At the government level, no government has given the sort of massive aid that would enable the refugees to survive for more than a few days. Britain, for instance, has given rather more than most countries. It has, to date, given £14,750,000. For comparative purposes, Britain's share of the nonrecoverable development costs of the Anglo-French Concorde project is already in excess of £275,000,000, and on present estimates will reach £440,000,000. The implication is that the British government values a supersonic transport more than thirty times as highly as it values the lives of the nine million refugees. Australia is another country which, on a per capita basis, is well up in the "aid to Bengal" table. Australia's aid, however, amounts to less than one-twelfth of the cost of Sydney's new opera house. The total amount given, from all sources, now stands at about £65,000,000. The estimated cost of keeping the refugees alive for one year is £464,000,000. Most of the refugees have now been in the camps for more than six months. The World Bank has said that India needs a minimum of £300,000,000 in assistance from other countries before the end of the year. It seems obvious that assistance on this scale will not be forthcoming. India will be forced to choose between letting the refugees starve or diverting funds from her own development program, which will mean that more of her own people will starve in the future. [1]
These are the essential facts about the present situation in Bengal. So far as it concerns us here, there is nothing unique about this situation except its magnitude. The Bengal emergency is just the latest and most acute of a series of major emergencies in various parts of the world, arising both from natural and from manmade causes. There are also many parts of the world in which people die from malnutrition and lack of food independent of any special emergency. I take Bengal as my example only because it is the present concern, and because the size of the problem has ensured that it has been given adequate publicity. Neither individuals nor governments can claim to be unaware of what is happening there.

What are the moral implications of a situation like this? In what follows, I shall argue that the way people in relatively affluent countries react to a situation like that in Bengal cannot be justified; indeed, the whole way we look at moral issues - our moral conceptual scheme - needs to be altered, and with it, the way of life that has come to be taken for granted in our society."


04 octobre, 2010

Les 30 ans d'Alternatives économiques !


A découvrir sans tarder: les 30 ans du magazine Alternatives Economiques toujours bien informé et critique. Le dossier 1980 2010, ce qui a changé est très juste.
http://www.alternatives-economiques.fr/