31 mai, 2010

Les papillons ont de jolies couleurs !

Il est possible d'écouter sur France-Culture : Est-ce gratuitement que les papillons ont d’aussi jolies couleurs : critique de l’utilitarisme, avec notamment une participation de Malik Bozzo-Rey, un camarade spécialiste de la philosophie de Bentham.
17.05.2010 - 18:20

"Quel est le sens des formes vivantes ? demandait le naturaliste-philosophe suisse Adolf Portmann ? Face à l’extraordinaire foisonnement de formes et de couleurs, de dessins et d’ornements que déploie le monde animal, les explications darwiniennes en termes d’adaptation, de conservation, de reproduction épuisent-elles le sujet ? Dire que les ailes du papillon constituent une stratégie de camouflage et qu’elles lui permettent d’échapper à ses prédateurs ne suffit pas à rendre compte de l’extraordinaire variété des couleurs et des dessins arborés par les différentes espèces.

Si on peut reprocher ses insuffisances à une morphogénèse utilitariste, que dire des réductions contemporaines de tous les comportements humains, cette fois, à de purs calculs de rentabilité ? Est-il bien vrai, comme le présuppose l’économie contemporaine que tous nos actes soient explicables, en dernière instance, par la recherche rationnelle, par chacun, de son plus grand plaisir et de son plus grand intérêt ? L’individu contemporain s’est progressivement réduit à sa dimension unique d’homo oeconomicus ; que peut-il comprendre des comportements de ses ancêtres, qui croyaient davantage aux dieux qu’à la science économique, au don gratuit qu’à l’échange ?

Les animaux ne poursuivent rien d’autre que leur propre conservation, ou mieux encore, selon Dawkins, le « gène égoïste » ne poursuit rien d’autre, au travers de la survie de l’individu qui en est porteur, que sa propre conservation. Les hommes ne poursuivent rien d’autre que leur propre intérêt. C’est contre ce type de raisonnement que s’est constitué, il y a bientôt 30 ans, le MAUSS. Mouvement Anti-Utilitariste dans les Sciences Sociales. "

27 mai, 2010

Colloque: rationalité, vérité et démocratie




A ne pas manquer: demain vendredi 28 mai, colloque au Collège de France: rationalité, vérité et démocratie

Rationalité, vérité et démocratie : Bertrand Russell, George Orwell, Noam Chomsky
Vendredi 28 mai 2010, de 9 heures à 18 heures
Collège de France
Amphithéâtre Marguerite de Navarre
11 place Marcelin-Berthelot, Paris 5ème

Accès libre sans réservation dans la limite des places disponibles. Attention ! le nombre de places dans cet amphithéâtre est limité à 420.

Ce colloque sera intégralement retransmis en direct (vidéo) sur le site web du Collège de France. Les interventions de John Newsinger et Noam Chomsky seront diffusées en version française.

Des vidéos intégrales en français et en anglais seront téléchargeables une semaine plus tard sur la page de la chaire de Philosophie du langage et de la connaissance.

Programme

9 heures : Jean-Jacques ROSAT, maître de conférences au Collège de France
Russell, Orwell, Chomsky : une famille de pensée et d’action

10 heures : Pascal ENGEL, professeur à l’université de Genève
La vérité peut-elle survivre à la démocratie ?

11 heures : Pause

11h15 : Thierry DISCEPOLO, directeur de la revue et des éditions AGONE
Tout ça n'est pas seulement théorique. Notes sur la pratique d'une ligne éditoriale

14 heures : Jacques BOUVERESSE, professeur au Collège de France
Bertrand Russell, la science, la démocratie et la poursuite de la vérité

15 heures : John NEWSINGER, professeur à Bath Spa University
George Orwell and Democratic Socialism (conférence en anglais)

16 heures : Noam CHOMSKY, professeur au MIT
'Power-hunger tempered by self-deception' (conférence en anglais)

17 heures : Discussion générale

18 heures : Fin du colloque


19 mai, 2010

Résultats IFSI

Travail sur notre formation IFSI en équipe aujourd'hui. Il s'agit de repenser les objectifs de notre formation. Les résultats sont un peu décevants donc le responsable de la formation vient de nous donner d'autres consignes. Du travail en perspective.

16 mai, 2010

Discours de la servitude volontaire !


Une explication de texte à corriger en TSTG ce dimanche: Le discours de la servitude volontaire de La Boétie (16ème siècle). Est-il possible d'expliquer le mécanisme de la domination, de l'obéissance aveugle? On le sait bien: le tyran est puissant parce que le peuple est à genou. Les hypothèses défendues par les élèves sont intéressantes à un mois du bac !

10 mai, 2010

In the mood for love !

Ne manquez pas ce soir sur Arte le film "in the mood for love" (2000): Mr Chow (Tony Leung) fait la connaissance de Mme Chan (Maggie Cheung). Ils s'apprécient et se savent trompés par mari/femme; mais eux refuseront cette situation. La fin du film est belle, tragique au Cambodge. Laissez-vous charmer par cette ambiance "asiatique" !

06 mai, 2010

Clinique du travail

Voici le résumé d'un livre à propos des enjeux de la clinique du travail:

Travail et santé
Sous la direction de Yves Clot, Dominique Lhuillier
Erès, janvier 2010

La clinique du travail a pour ambition de penser l’engagement de l’homme au cœur de son activité sociale. Elle reprend « le problème de la signification des liaisons entre subjectivité, santé et travail ». Dès lors, il s’agit de construire cette subjectivité humaine au sein des transformations sociales engendrées par le travail.
L’ouvrage Travail et santé sous la direction de Yves Clot et de Dominique Lhuillier provient d’un colloque organisé par la chaire de psychologie du travail du CNAM en mai 2008. La clinique est « une clinique des vies vulnérabilisées » (P16). L’exigence qui apparaît nécessaire selon Guillaume Le Blanc est le soin dont l’urgence consiste à « changer la scène de souffrance ». C’est pourquoi le soin entend répondre à une détresse sociale dont les effets ne cessent de se faire entendre : stress, harcèlement, précarité. La clinique devient donc « clinique des activités du travail ». En ce sens, il faut redonner sens à l’idée démocratique qui implique la reconnaissance des vies ordinaires. Et d’ailleurs l’absence de soin, d’attention constitue bien une disqualification de la vie humaine. Mais le clinicien porte en lui ses propres limites :
« Le clinicien ne peut donc simplement remettre une vie au travail qui en a par ailleurs été écartée et souffre pour cette raison. Il ne peut, non plus, considérer que l’absence de travail ou le travail précaire est sans signification pour une vie » (P 21). L’écoute est toujours critique et mise à jour des normes sociales à l’œuvre.
Allons plus loin : Bernard Doray, dans la deuxième communication évoque « la névrose de marchandisation ». Il y a des vies brisées qui subissent le contrôle permanent de leurs activités, des cadres licenciés sans ménagement. On assiste à un « brouillage de l’horizon éthique » (P 29). La souffrance liée à la névrose de marchandisation résulte en grande partie d’un sentiment de perte de dignité que vivent les hommes et les femmes dans la logique de l’exploitation et de la subordination. Est-ce à dire que le salut réside dans le contrôle de ses émotions ?
Marc Loriol analyse dans la troisième communication les qualités requises d’un diplomate : neutralité affective, sérénité sont considérées comme des atouts. Mais il est permis de s’interroger sur le bien-fondé des relations instrumentalisées par le travail. La question est bien de savoir s’il est possible de trouver un équilibre quand les sentiments sont « aliénés ».Certes, il faut un grand ego pour devenir diplomate mais à juste titre on peut s’interroger sur « l’usure émotionnelle (P47) qui résulte de telles obligations.
Il est évident que la clinique du travail affronte sans cesse les situations liées au stress, symptômes d’une époque à la recherche de la performance. Thomas Perilleux l’affirme clairement :
« Une clinique du travail vise d’abord à lutter contre tout ce qui suscite l’anesthésie de la pensée et la perte du sentiment d’être vivant dans le travail » (P52). C’est ainsi que les travailleurs se désengagent de leurs activités , broyés par le caractère répétitif de leur tâches. Il est vrai que la « psychodynamique » du travail s’efforce de lutter contre la souffrance. Mais le rapport qu’entretient le sujet est celui des échecs. En revanche la clinique de l’activité tente d’aider le sujet à développer son pouvoir d’agir. Il existe donc bien un conflit au sein des approches du travail : faut-il « soigner le travail » comme le préconise Yves Clot ou bien faut-il concevoir selon Christophe Dejours les travailleurs dans un collectif ? C’est donc le sens du travail qui suscite de nouvelles interrogations : si travailler c’est faire l’épreuve de l’échec et de son dépassement » (P62), alors il importe d’en analyser les difficultés propres.
Précisément, le précaire est face au « mur de l’indifférence » : ainsi en est-il de ces travailleurs pauvres de la poste qui sont confrontés à « l’incommunicabilité » (P85). Le travail, pour reprendre le propos de Daniel Faïta est « le sacrifice nécessaire sans lequel les conditions minimales de la vie familiale et sociale ne peuvent être remplies ». Autrement dit, il faut « évacuer » le travail pour qu’il ne contamine pas la vie familiale. Il est difficile de rationaliser le discours des précaires tant la vulnérabilité sociale renvoie à une « vulnérabilité linguistique sans réponse ».
L’individu précarisé est comme privé d’une ouverture au monde par le travail. En ce sens, tout sujet est soumis à une norme sociale : quand la soumission est volontaire, elle est « constitutive d’un sentiment d’appartenance ». Il est certain alors que la construction de la subjectivité dans le travail repose sur une logique de la dépossession de soi (Linhart cité par Eric Hamraoui).Osons le mot : « on peut analyser la modernisation managériale sous l’angle d’une volonté de désincarcération du travail » (P120). Danièle Linhart décrit les processus qui privent le travail de sa dimension émancipatrice :
« Les salariés se sentent plus vulnérables que jamais. N’ayant guère la possibilité de négocier leurs objectifs, leurs missions, ni les moyens à leur disposition pour les atteindre, ils vivent de plus en plus dans la peur de ne pas y arriver, de n’être plus à la hauteur. Ils craignent pour leur avenir, ils s’autodévalorisent. » (P123).
Pire encore, la clinique du travail identifie avec beaucoup de précision le mal dont souffrent les individus : le sujet qui travaille, qui s’use attend au moins un signe de reconnaissance. Dès l’enfance, l’être humain cherche par ses efforts une récompense, un dédommagement. Or, la privation de ce signe de reconnaissance ne peut lui permettre de s’accomplir pleinement. Christophe Dejours dans sa communication a raison d’affirmer que « la santé individuelle ne dépend pas que de soi. Elle dépend de la dynamique de la coopération et de la reconnaissance » (P139). Il faut donc le répéter : sans une possibilité de sublimation, l’individu se trouve dans une situation de déséquilibre. La décompensation et l’aliénation sont-elles les nouvelles pathologies du XXIe siècle ? Il faudrait être aveugle aujourd’hui pour occulter toutes les formes de stress, de surcharge du travail, de plus grande fragilité sociale. Ce serait oublier que les travailleurs sont « des êtres vulnérables qui doivent constamment faire des efforts pour conjurer le risque de décompensation psychopathologique » (C. Dejours , P 144).


Travail et santé

Durant mon séjour forcé à Saïgon, j'avais retiré de l'argent à la banque, histoire de régler les nuits à l'hôtel puis le reste. Or, cela a nécessité beaucoup de vérifications de la part de la banque au Vietnam. Mais la somme de "200" euros, c'est une somme importante quand on sait qu'un enseignant gagne " 240" euros par mois (je ne traduis pas en "dong")! Le luxe finalement, c'est de pouvoir par son travail vivre "correctement". Mais le travail, dans une logique de la rentabilité, c'est aussi ce qui use la santé.
Je viens de tomber sur l'éditorial de Philosophie magazine de ce mois-ci. Voilà ce qu'écrit Alexandre Lacroix, le rédacteur en chef de la revue; à méditer:
" Jusqu'à 30 ans, je n'ai pas travaillé. Je veux dire, pas à plein-
temps, ni avec un vrai contrat de travail. Je ne gagnais pas de salaire mensuel, j'avais des heures de cours dispersées (jamais plus de 6 par semaine), des à-valoir pour mes livres, parfois des piges pour des articles. J'habitais dans le Sud ou en Bourgogne, dans des maisons prêtées ou louées pour des sommes modiques. Évidemment, je tirais le diable par la queue, compte tenu qu'une fois les charges payées, il nous restait à peu près 500 euros pour vivre à trois. Pour garder la forme, je faisais une à deux heures de vélo tous les jours. Parfois, je levais la tête du guidon, je regardais les perspectives sableuses et ensoleillées de l'île de la Barthelasse ou les collines du Clunysois, et j'interrogeais le ciel. Quel gâchis ! J'étais jeune, et je ne savais pas quoi faire de mon temps ni de mon énergie. Pourquoi un type comme moi, un diplômé, à 25 ans, n'avait trouvé aucune profession régulière à embrasser ? J'avais essayé la publicité, quatre mois, le cynisme du milieu m'avait dégoûté. Comme tout le monde, j'avais envoyé quelques dizaines de curriculum ici et là, mais n'avais pas trouvé d'autres positions stables. Ma situation n'était pas insupportable ni héroïque, d'ailleurs je l'avais choisie et n'avais pas à me plaindre. Mais pourquoi s'enfermer dans ce statut d'intello précaire étriqué ?
Aujourd'hui, c'est le contraire. Je travaille tout le temps, sans même reprendre mon souffle. J'ai un contrat de travail à durée indéterminée, un journal à nourrir en articles et en idées (la « mine de plomb », c'est ainsi que le poète Robert Desnos baptisait le journalisme), qui me prend au moins dix heures par jour. J'enseigne toujours, je publie encore régulièrement des livres. Journaliste la journée, j'écris de nuit pour moi, quand la maison est calme, en buvant du côtes-du-rhône (un souvenir du Sud). Quand j'écris la nuit, je n'ai pas l'impression de travailler, bien que formellement je me trouve toujours dans la même position, courbé au-dessus du clavier de l'ordinateur. J'ai aussi des enfants en bas âge ; il y a donc les biberons, les articles à commander, les couches, les articles à relire, les bains, les cours à préparer, les courses au supermarché, les recherches bibliographiques à effectuer… Je cours après le temps qui s'échappe de toutes parts. Bien sûr, les fins de mois ne sont plus des moments difficiles et je ne décachette plus avec anxiété les enveloppes de la banque ou du Trésor public. Pour m'aérer, je me déplace toujours à bicyclette. Parfois, dans une rue de Paris, entre chez moi et le travail, ou l'inverse, il m'arrive de lever le nez du guidon et d'interroger le ciel. Quel gâchis ! J'ai 34 ans, tout va bien, mais je ne profite même pas de la vie. Pourquoi s'enfermer dans une logique de surmenage qui ne laisse plus aucune place au carpe diem ?

Alexandre Lacroix

05 mai, 2010

Saigon l'exubérante !






Huit millions d'habitants à Saigon (le nom français) et quatre millions de deux roues: blessée à la jambe par une "mob", j'ai survécu ! Notre guide nous disait que les vietnamiens travaillent encore et encore. Heureusement la gym douce (le matin à 5h à Hanoi) réveille le corps !

Voyager! Le Vietnam
















Voyager pour fuir la routine; voyage pour éviter les pensées toutes faites: un vrai bonheur ! La baie d'Halong, Hoi An , Hué...des petites merveilles !