31 janvier, 2010

La morale sportive !

C'est une bonne chose: l'entretien réalisé avec Thierry Long à propos de la morale sportive a été accepté pour la revue "Philosophoire" de mars.
Et là je viens de travailler ce Week-end sur l'éthique médicale et l'evidence based medicine !
A suivre...

24 janvier, 2010

Essai sur Camus


Je me suis souvent demandée, dans l'élaboration d'une oeuvre, quelle part revient à l'expérience vécue de l'écrivain.Je crois pourtant q'une oeuvre se suffit à elle-même; l'expérience de l'écrivain, du dramaturge est à comprendre comme un tableau de correspondance.

J'ai beaucoup apprécié l'essai de José Lenzini, Les derniers jours de la vie d'Albert Camus. Il s'agit de reconstituer les étapes de la vie de l'écrivain en citant les extraits de ses oeuvres sans jamais interrompre le flot de la pensée par des notes. En quelque sorte, c'est une manière originale d'entrer dans le monde mental de Camus.

Il y a ce fait évident qui hante la vie de l'écrivain: le silence; le silence lourd de sens ! Il y a d'abord sa mère:

"Ses mains, déformées par les rhumatismes, s'attachaient au petit cadre; Elle aurait voulu parler; Elle ne savait pas. Elle n'avait jamais su. Elle avait toujours vécu dans cet immuable silence de ceux qui ignorent les mots au point de les craindre et de se résigner à n'en plus dire, faute d'avoir su les apprivoiser." (P13).

Il devient nécessaire de "faire parler" la parole des siens, de ceux qui sont privés de mots:"Dire les mots des autres pour ne pas taire les siens" (P24). Et c'est souvent dans le monde des "parlants", des intellectuels que Camus aura "le sentiment d'avoir quelque chose à se faire pardonner".

Puis le silence est présent après son prix Nobel; c'est le théâtre qui domine sa vie et non plus ses créations littéraires: faut-il y voir de la lassitude ou les effets de sa maladie, la tuberculose ? Là encore, je ne sais pas en quoi la maladie peut être tout à la fois un stimulant et un frein. A cet égard, certains titres sont révélateurs (mais dans quelles limites ?) - La peste, La chute.

Et puis encore le silence quand Albert Camus ne se hâte pas de conclure sur la situation en Algérie: de part et d'autre les critiques pleuvent alors que l'enfant pauvre souhaiterait voir les deux "peuples" vivre ensemble. A Assiz Kessous, il écrira:

"J'ai mal à l'Algérie comme d'autres ont mal aux poumons". (P62)

Viennent les" malentendus" (encore lourds de sens) qui jalonnent sa vie: la condamnation du totalitarisme stalinien et de l'existentialisme lui valent les foudres de Sartre:

"Un mélange de suffisance sombre et de vulnérabilité a toujours découragé de vous dire des vérités entières...Il se peut que vous ayez été pauvre, mais vous ne l'êtes plus." (P98).

Enfin "Le premier homme" encore dans une forme inachevée...


José Lenzini, Les derniers jours de la vie d'Albert Camus, Actes Sud 2009.

18 janvier, 2010

La bonne distance

Ce mercredi je vais encore approfondir la question de la relation soigné/soignant à partir d'une réflexion sur la "bonne distance". J'avais travaillé cette notion en art martial ! Là je vais essayer de montrer en quoi cette exigence est à la fois évidente et complexe !
De même, une forte émotion comme la colère fait corps avec celui qui l'éprouve;les grandes colères font peur: comme on aimerait les apaiser !

14 janvier, 2010

Du travail sur la planche !

Outre les copies, "promenades philosophiques" est un peu débordée: ce Week-end, il faut faire le corrigé à propos de l'éthique animale et ajouter des notes à un entretien pour une revue. Donc il faut puiser dans ses propres ressources !

07 janvier, 2010

Si j'avais à choisir: la justice ou ma mère !

A ne pas manquer ce soir sur la Cinq; un hommage à Camus. On le sait: Camus n'est pas un homme à système et refuse la violence pour justifier les fins politiques. Et si la justice est l'arme du terrorisme, alors autant préférer sa mère, celle qui vit dans les quartiers populaires d'Alger !

"Entretien avec François Busnel

Qui recevrez-vous sur le plateau de cette émission spéciale ?

François Busnel : Nous évoquerons la vie d'Albert Camus avec plusieurs invités et notamment avec Catherine, sa fille. Elle qui n'a pas connu l'écrivain, le philosophe, le journaliste, le résistant apportera un éclairage précieux sur le père qu'il a été, mais aussi sur l'homme, finalement peu connu. A ses côtés se trouveront plusieurs philosophes. Leur regard, leur point de vue permettront, en contrepoint de ce témoignage personnel, de brosser le portrait de l'intellectuel.


Comment construirez-vous cette Grande Librairie ?


François-Busnel : A travers plusieurs thématiques, tant l'existence de Camus est riche. Ce qui me frappe surtout chez lui, c'est son destin exceptionnel. Comment le fils d'une femme de ménage analphabète est-il devenu l'intellectuel que l'on sait, Prix Nobel de littérature ? Sa trajectoire, jalonnée de rencontres, est un miracle. Sa vie prouve à elle seule qu'il n'y a pas de déterminisme social.
Camus était également un homme éclectique, dramaturge de talent qui connaît tout d'abord le succès grâce à ses romans, puis grâce à ses essais philosophiques. Il est également apprécié pour les articles qu'il signe et respecté pour son engagement dans la Résistance. A sa mort, à 47 ans, il a accompli tant de choses… Sa rivalité avec Jean-Paul Sartre m'intéresse également. Hommes de gauche tous les deux, ils se sont distingués par leur approche de l'existence et de la philosophie. L'un était d'origine bourgeoise, l'autre était né pauvre ; l'un refusait les prix, l'autre les acceptait ; l'un était un homme entouré, l'autre était un franc-tireur solitaire. Et puis, il y a aussi les derniers jours de Camus, mort dans un accident de voiture, un billet de train dans la poche… On retrouve à ses côtés le manuscrit du Premier Homme, qui aurait certainement inauguré une nouvelle période dans le travail de l'écrivain.


Comment le documentaire s'intégrera-t-il à cette soirée ?

F. B. : Le film de Joël Calmettes s'intéresse à la carrière de journaliste d'Albert Camus et, sur notre plateau, nous évoquerons les autres facettes de l'homme. Ces deux moments de la soirée se complètent. Mais, en réalité, plusieurs émissions seraient nécessaires pour parler de Camus ! "

03 janvier, 2010

Hommage Albert Camus

Hommage à Albert Camus-disparu le 4 janvier 1960- cette semaine à la radio et à la télévision.
On peut écouter Les nouveaux chemins de la connaissance sur France-Culture dès le 4 janvier:



«Camus a non seulement lutté contre la paresse de l’intelligence (son œuvre est comme l’ivresse de la lucidité), il s’est encore plus opposé à la paresse du cœur» écrivait Jean Grenier.
Pour Albert Camus (1913-1960), la beauté du monde s’appréhende sur fond de vide, de néant. Écrivain d’un humanisme lucide, dramaturge et journaliste engagé qui a mis au service de ses idées son sens de la formule et le pouvoir de son langage, il a exploré, sous la triple forme du théâtre, du roman et de l’essai, ce qu’il a lui-même appelé le «cycle de l’absurde», et s’est s’interrogé sur la grandeur et la misère de l’homme contemporain. Parce que les genres littéraires traditionnels (romans, récits, théâtre, essais, etc.) paraissent ne plus pouvoir régir l’organisation de cette nouvelle édition (la précédente, placée sous la direction de Roger Quillot et en deux tomes, a vu le jour en 1962 et 1965), c’est la chronologie de publication des œuvres, tous genres confondus, qui a été retenue, et, à défaut de publication, la chronologie de rédaction.
Le tome I couvre ainsi la période qui s’étend de 1931 à 1944, le tome II va de 1945 à 1948.
Les tomes III et IV, à venir, couvriront respectivement les périodes allant de 1949 à 1954 et de 1955 à 1959.

Chaque ouvrage propose des appendices comprenant, selon les cas, un choix d’ébauches tirées des manuscrits ou des dactylogrammes ; des textes que Camus n’a pas fait paraître en tant que tels mais qui ont joué un rôle dans la genèse du livre publié ; des préfaces écrites par Camus à l’occasion d’éditions particulières ; ou encore des documents (lettres, entretiens, déclarations) dans lesquels il parle du livre concerné. "
"