27 décembre, 2010

Barbarie et sacrifices d'animaux

Il serait temps de mettre fin aux barbaries et aux sacrifices des animaux. Que veut-on prouver ? Ainsi, les fêtes religieuses de Dashain et de Gadhimai en Inde sont odieuses:

"Au nom de la tradition et de la religion, des centaines de milliers d’animaux sont cruellement sacrifiés chaque année au Népal. One Voice s’engage aux côtés d’Animal Welfare Network Nepal pour mettre fin à ces rites indignes d’une société aspirant à plus de « démocratie et d’égalité ». "



http://www.one-voice.fr/fr/article/mettre-fin-aux-carnages-au-nepal


http://awnnepal.blogspot.com/2010/12/awnn-remembers-250000-slaughtered.html

21 décembre, 2010

Les vacances !


Bon, j'ai été très sage: j'ai corrigé 4 paquets de copies TL plus les préparations orales, 3 paquets de copies de TES, 5 paquets de copies de TSTG (2 classes); il me reste 1 paquet pour les vacances; et les TPE en SVT/Philosophie se passent bien!

Je voudrais donc bien envoyer ma première ébauche de travail de mon livre sur l'éthique; je voudrais avoir plus de temps !!

Mais il va falloir s'arrêter: Noël chez moi en famille à partir du 23 décembre !

14 décembre, 2010

Les restos du coeur


Ne restez pas indifférent à l'action des restos du coeur: vous pouvez être bénévole ou faire des dons. Voici le site:
http://www.restosducoeur.org/


Souscription AGONE

Chaque année, les éditions AGONE proposent un bon de souscription pour favoriser les publications: il ne faut pas hésiter; 10 euros comme lecteurs/lectrices puis trois livres au choix avec des réductions. C'est vraiment du bon boulot!

"Pour la sixième année consécutive, nous
proposons, avec l’envoi de notre catalogue, une
souscription sur l’ensemble de nos livres à paraître,
ouverte à toute personne qui a rejoint la « Société des
lecteurs et des lectrices d’Agone » – voir les modalités
en bas de page.
Cette proposition répondait à l’origine au déficit
chronique de trésorerie d’une structure sans
capitaux, qui a fait le choix d’une production réduite
(une quinzaine de livres par an) qui privilégie le
maintien d’un fonds.
La fidélité de notre lectorat et l’attention de
nombreux libraires nous permettent aujourd’hui de
concrétiser notre autonomie financière – prouvant
par là qu’une politique éditoriale exigeante pouvait
être économiquement viable. Mais la poursuite de
cette formule répond aussi à notre volonté d’offrir à
un groupe modeste de lecteurs et de lectrices, en
retour de leur soutien et de leur confiance, nos livres
à prix remisés.
Toutefois, cette offre sur nos livres à paraître
– valable seulement du 10 décembre 2010 au
14 janvier 2011 – ne remplace pas l’indispensable
travail de fond que constitue, tout au long de
l’année, la vente de livres chez des libraires
indépendants, vers lesquels nous renvoyons les
lecteurs et lectrices (voir la rubrique « Librairies »
sur notre site ).
Merci de votre confiance et de votre soutien.
En échange d’une adhésion annuelle d’un montant de
10 euros, les membres ont accès, une fois par an, entre le
10 décembre et le 14 janvier, à une souscription sur
l’ensemble des titres à paraître : remise de 30 % sur le
prix public, livraison franco de port dans les jours qui
précèdent la parution en librairie.
2011
Société des lecteurs et des lectrices d’Agone •
SOUSCRIPTION 2011 SOCIÉTÉ DES LECTEURS ET DES LECTRICES D’AGONE [2011]
Renvoyez avant le 14 janvier 2011 ce bon accompagné d’un règlement par chèque
à l’ordre de « Agone » : Agone, BP 70 072, F-13192 Marseille cedex 20
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❏ Engagements (Accardo) – janvier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11,00 € 16 €
catalogue : page 2 • Coll. « Contre-feux », 312 p., 11 ¥ 18 cm
❏ Les Trois Bonds de Wang Lun (Döblin) – janvier . . . . . . . . 22,50 € 32 €
catalogue : page 12 • Coll. « Manufacture de proses », 512 p., 14 ¥ 21 cm
❏ Que peut-on faire de la religion ? (Bouveresse) – février . . . . 13,50 € 19 €
catalogue : page 5 • Coll. « Banc d’essais », 192 p., 12 ¥ 21 cm
❏ La Cité à travers l’histoire (Mumford) – mars . . . . . . . . . . 22,50 € 32 €
catalogue : page 15 • Coll. « Mémoires sociales », 928 p., 14 ¥ 21 cm
❏ Résister à la chaîne (Corouge, Pialoux) – mars . . . . . . . . . . 16,00 € 23 €
catalogue : page 14 • Coll. « Mémoires sociales », 416 p., 12 ¥ 21 cm
❏ L’Héritage d’Arn le templier (Guillou) – mars . . . . . . . . . . . 17,50 € 25 €
catalogue : page 10 • Coll. « Manufacture de proses », 480 p., 12 ¥ 21 cm
❏ Sur la nature et le langage (Chomsky) – avril . . . . . . . . . . . 15,50 € 22 €
catalogue : page 6 • Coll. « Banc d’essais », 240 p., 12 ¥ 21 cm
❏ À gauche à la place du coeur (Frank) – août . . . . . . . . . . . . 15,50 € 22 €
catalogue : page 11 • Coll. « Manufacture de proses », 288 p., 14 ¥ 21 cm
❏ La Prodigieuse Procession (Twain) – automne . . . . . . . . . . 16,00 € 23 €
catalogue : page 9 • Coll. « Manufacture de proses », 288 p., 14 ¥ 21 cm
❏ De mémoire 3 (Rouillan) – automne . . . . . . . . . . . . . . . . . 14,00 € 20 €
catalogue : page 16 • Coll. « Mémoires sociales », 320 p., 12 ¥ 21 cm
❏ Orwell ou le Pouvoir de la vérité (Conant) – automne . . . . . 11,00 € 16 €
catalogue : page 7 • Coll. « Banc d’essais », 160 p., 12 ¥ 21 cm
❏ Le Nouveau Vieux Monde (Anderson) – automne . . . . . . . . 19,50 € 28 €
catalogue : page 3 • Coll. « Contre-feux », 656 p., 12 ¥ 21 cm
❏ L’École des ouvriers (Willis) – automne . . . . . . . . . . . . . . . 17,50 € 25 €
catalogue : page 1 • Coll. « L’ordre des choses », 480 p., 12 ¥ 21 cm
❏ Recommencer le socialisme (Prudhommeaux) – automne . . . 12,50 € 18 €
catalogue : page 17 • Coll. « Mémoires sociales », 272 p., 12 ¥ 21 cm
❏ Adhésion pour l’année 2011 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10,00 €
total . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

11 décembre, 2010

société et violence

Le 6 janvier 2011, l'université de Toulon reçoit Laurent Mucchielli. Je vais sans doute m'y rendre avec des élèves (puisque je ne prends pas de vacances avant février à Paris ou ailleurs)

Faculté de droit de Toulon
Amphitéatre 200
(proximité porte d’Italie)
Mail: sophie.vincelot@free.fr
http://reliancelelien.free.fr/
Conférence-Débat
6 Janvier 2011
Association Reliance
Pourquoi nos sociétés sont-elles violentes?
Laurent Mucchielli travaille sur les violences interpersonnelles: homicides, viols, violences en milieu scolaire, violences dans les relations entre jeunes et policiers,
etc... Depuis une dizaine d’années. Dans cette conférence, il proposera un modèle d’interprétation socio-historique pour penser l’évolution de ces comportements
depuis les années 1970, dans le cas français. Le modèle articule 5 processus traversant la société française: un processus sociétal de pacification des moeurs, un processus politico-juridique de criminalisation, un processus de judiciarisation des conflits de la vie sociale ordinaire, un processus socio-économique de compétition
pour les biens de consommation, un processus de ségrégation économico-socio-spatial.
Tel est le thème abordé par Laurent Mucchielli sociologue, directeur de recherches
au Centre National de la Recherche Scientifique C.N.R.S. Laboratoire méditerranéen de sociologie Aix en Provence
Discutant:
Jean Michel Permingeat Magistrat
Modératrice:
Véronique Wilhem, Avocate
18h00-20h00 entrée libre
Faculté de droit de toulon





09 décembre, 2010

Traités de législation civile et pénale !



Je tiens à signaler la parution du livre Traités de législation civile et pénale, Dalloz décembre 2010; J. Bentham par les spécialistes de l'utilitarisme; A. Brunon-Ernst, E de Champs, M. Bozzo-Rey


Félicitations !


Présentation par l'éditeur

"Si dans cet ouvrage on trouve de la science, et même une science épineuse et abstraite que j'avois à combattre une multitude d'erreurs créées par une fausse science ; à établir des principes si anciens et si nouveaux, qu'aux yeux des uns ils ne paroîtroient pas même des découvertes, tandis qu'aux yeux des autres ils auront tout le tort des paradoxes ; à débrouiller le chaos des nomenclatures à l'égard des droits, des délits, des contrats, des obligations ; à substituer à un jargon incohérent et confus une langue très-imparfaite encore, mais cependant plus claire, plus vraie, plus conforme à l'analogie. En un mot, je ne crains pas de le dire, j'ai trouvé que dans la partie scientifique du Droit on avoit tout à désapprendre et tout à refaire. Qui oseroit être satisfait de soi-même en se comparant à une tâche si difficile et si neuve ? [...].


Autant ce projet abonde en formes scientifiques, autant le texte des lois en seroit épuré. Il ne faudra point d'écoles de Droit pour l'expliquer, point de professeurs pour le commenter, point de glossaires pour l'entendre, point de casuistes pour en dénouer les subtilités. Il parlera la langue familière à tout le monde. Chacun pourroit le consulter au besoin. Ce qui le distinguera des autres livres, c'est une plus grande simplicité et une plus grande clarté."

Foucault et l'utilitarisme


A mon avis, vous ne devez pas rater le colloque consacré à Foucault et l'utilitarisme qu'on vient de me communiquer:


Le vendredi 21 janvier 2011, le Centre Bentham organisera une journée d’étude sur le thème :
« Foucault est-il utilitariste ? »

Lieu :
Bibliothèque de l’Institut Michel Villey
5e étage
Université Paris 2
1 rue d’Ulm
75005 Paris

Horaire : 9h30 à 18h

Contact :
Anne Brunon-Ernst, Maître de conférences à Université Panthéon-Assas
annebrunon@gmail.com


05 décembre, 2010

Quand la nature nous parle un langage secret








J'ai préparé la semaine dernière un diaporama destiné à ma classe de TSTG. Je cherchais à rendre compte du rapport entre la nature et la technique. Voci ma découverte, PENONE, artiste italien:
http://www.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-penone/penone.html

Durant mon voyage au Cambodge en avril 2010, j'ai été émerveillée par le spectacle de la nature:





03 décembre, 2010

Le mariage d'amour !


Dans son dernier livre - Le mariage d'amour a -t-il échoué ? -, Pascal Bruckner tente de comprendre la faillite des couples modernes. La formule est frappante:

"Nos couples ne meurent pas d'égoïsme ou de matérialisme, ils meurent d'un héroïsme fatal, d'une trop vaste idée d'eux-mêmes. Ils s'écorchent à cette vision grandiose comme des prisonniers aux pointes des fils de fer barbelé. (P63).

Ce n'est donc pas l'ennui qui brise les couples mais "la démesure des ambitions" ! A lire Bruckner, on a l'impression que la passion dévore les couples sans pour autant être la garante de la sérénité et de la paix des coeurs. Les hommes et les femmes désirent la perfection; les hommes et les femmes semblent refuser l'ordinaire. A cela, je m'interroge: pourquoi le mariage devrait-il contrarier les flammes du commencement ou au contraire pourquoi le mariage devrait-il se fonder sur la passion ? Cette opposition me semble discutable. On pourrait tout simplement affirmer que le caractère symbolique du mariage n'annule en rien les sentiments; mais que les liens du coeur ne suffisent pas pour assurer à cet engagement une durée. Les enfants, pour une part, semblent renforcer la stabilité des couples. Mais pourquoi faudrait-il toujours vivre de passion ? On peut aimer de manière différente au cours du temps.

La vision du mariage de l'auteur se fonde sur une opposition évidente: d'un côté, c'est le mariage de raison vécu comme un enfer au XVIIIe-XIXe siècle, dénoncé par Maupassant, Flaubert : souvenons -nous de cette pauvre Jeanne dans le roman "Une vie" de Maupassant": on sait dès les premières pages du livre que cette femme, en raison des convenances de l'époque, ne pourra jamais être heureuse:
"L'histoire du mariage classique, c'était la résignation au cachot conjugal ou la répulsion qu'il inspirait." (P 14)

D'un autre côté, le mariage moderne d'amour (puisqu'il ne repose ni sur les convenances, ni sur l'intérêt) veut une chose et son contraire:

"Tel est le pari des sociétés modernes: mettre la loi au service des passions au lieu d'encadrer les passions par la loi. Fonder le durable sur le transitoire, épouser la moindre inflexion des moeurs en convulsant a besoin les institutions pour mieux les adapter."(P 26)

Le mariage d'amour a échoué selon l'auteur parce que les rêves, les ambitions des uns et des autres ont la vie dure. Et l'auteur renchérit: il suffit de constater la baisse des mariages en Europe et l'augmentation des divorces (50% en 2007)... Triste tableau ! Ajoutons à cela que l'indépendance financière des femmes a accentué les ruptures puisque la gente féminine est moins dépendante des hommes qu'il y a un siècle. Il est vrai qu'il faut être assez riche pour divorcer.

Mais je reste sur ma réserve quant à la justesse de ce livre:

- je trouve l'opposition mariage de raison/mariage d'amour assez caricaturale

- je trouve le propos assez moralisateur: laissons les passions et revenons à "la douceur de vivre" (dernière page). Mais dans ce cas c'est une trivialité: on ne peut se consumer dans la passion si l'on veut vivre longtemps !

A cela , je réponds par une formule de Saint Augustin: Aime et fais ce que tu veux !

Dans le mariage ou sans le mariage !

02 décembre, 2010

Communication politique et journalisme







A propos de l'intelligence et du journalisme, George Orwell écrit en novembre 1946:


"Quand je parle d'intelligence, il ne s'agit pas d'accord avec mes propres opinions. Je veux dire l'empressement à présenter les opinions objectivement, à donner de l'importance à e qui compte vraiment, à débattre des questions sérieuses même lorsqu'elles sont ennuyeuses, et à proposer des politiques qui sont au moins cohérentes et intelligibles."


Orwell continue ensuite en présentant la liste des journeaux anglais par un rapport entre l'intelligence et la popularité.

La semaine prochaine ma collègue documentaliste et moi-même, dans le cadre du projet média de notre lycée, allons aborder la question de la communication politique, presse/radio avec un journaliste. Le projet final étant de créer un journal lycéen .

La question de la communication journalistique est bien évidemment passionnante.

24 novembre, 2010

Droit à l'autodétermination!?

j'ai ,dans le cadre de ma préparation IFSI, abordé la question de l'autonomie, capacité de discernement du patient, durant 4 heures. L'actualité récente à Genève à propos de l'affaire B. Rappaz a été pour moi l'occasion de constituer un dossier de presse: doit-on alimenter de force un individu qui a décidé de faire la grève de la faim ? Le Tribunal fédéral peut-il faire preuve d'autoritarisme en la matière? A. Mauron et S. Hurst abordent cette question délicate:
http://www.tdg.ch/actu/suisse/ethique-medicale-mise-epreuve-cas-rappaz-2010-11-05

http://forumethix-ch.blogspot.com/search?updated-max=2010-11-12T10%3A00%300%2B01%3A00&max-results=3

Un entretien avec B. Kiefer

http://www.tsr.ch/video/emissions/mise-au-point/2686675-les-rives-du-lac-en-votation.html#id=2686673;nav=info/


21 novembre, 2010

Ethique et sens de la vie


Il me semble évident qu'il existe une cohérence entre Le Tractatus et Les Recherches philosophiques. A mon sens, l'idée d'une seule alternative exprimée par la nécessité logique dans Le Tractatus subit un changement. Je cite un extrait:


6.41: Le sens du monde doit se trouver en dehors du monde. Dans le monde toutes choses sont comme elles sont et se produisent comme elles se produisent: il n'y a pas en lui de valeur - et s'il y en avait une, elle n'aurait pas de valeur.


6. 421: Il est clair que l'éthique ne se peut exprimer.

L'éthique est transcendantale

18 novembre, 2010

Quand les éléphants pleurent !

Il est sans doute difficile d'identifier rationnellement les émotions des animaux par rapport aux nôtres. Mais cela ne signifie pas que les animaux n'on pas une vie affective; bien plutôt, s'agit-il de dire que nous ne le savons pas. Pourtant, il serait réducteur d'affirmer que les comportements animaux n'ont de sens que par la thèse de l'évolutionnisme; comme si l'amour d'une mère pour son enfant pouvait se justifier uniquement par des transformations hormonales.
A découvrir Quand les éléphants pleurent de J. Moussaief et S. Maccarthy.
On peut lire un extrait de l'analyse sur le site des Cahiers antispécistes:
"Les auteurs nous font ainsi remarquer que, si les humains ont chacun leur personnalité, il en est de même pour les autres animaux. Certains seront timides, d'autres audacieux, etc. Il nous reste à regretter que trop peu d'ouvrages de recherche existent qui nous permettent de découvrir la vie d'un animal en particulier en tenant compte de ses émotions. Imaginez qu'un groupe d'explorateurs extra-terrestres ayant découvert les humains écrivent tout un tas de thèses sur leur comportement sans prendre en compte l'amour, la haine, la peur, la tristesse, etc, qui pourtant font partie intégrante de notre vie et gouvernent une grande partie de nos agissements. Leurs thèses auraient-elles un sens ?"


16 novembre, 2010

Quelle alternative pour l'éthique ?

Le désir d'éthique peut avoir un sens selon Wittgenstein: désir de donner une signification à la vie, de définir un bien absolu. Mais il faut être clair: "Aucun énoncé de faits ne peut être ou impliquer un jugement de valeur absolue."
Certes, on peut bien reconnaître avec Moore qu'il y a une tension entre ce que l'on dit et ce que l'on ne peut atteindre; un énoncé de valeur absolue est dépourvu de sens:
"Si je dis "alors les angles doivent être égaux", il n'y a pas d'alternative; ce qui revient à dire: l'alternative ne signifie rien."( P162)
Mais les questions éthiques peuvent-elles être formulées comme les énoncés de logique ? Il faut se demander si après Le Tractatus, les circonstances sont à prendre en compte dans les problèmes de la vie.

15 novembre, 2010

Les faits ou les valeurs


Dans Conférence sur l'éthique (Leçons et conversation), Wittgenstein évoque la difficulté de faire de l'éthique une science. Est-elle au-delà des limites du monde? L'éthique est comme cette route qu'on devrait prendre. Mais cette route existe-t-elle ?

Je cite:

"Taille de policeIl me semble évident que rien de ce que nous pourrions jamais penser ou dire ne pourrait être cette chose, l'éthique; que nous ne pourrions pas écrire un livre scientifique qui traiterait d'un sujet intrinsèquement sublime et d'un niveau supérieur à tous autres sujets...L'éthique, si elle existe, est surnaturelle, alors que nos mots ne veulent exprimer que des faits...Voyons maintenant ce que nous pourrions entendre par l'expression: "la route absolument correcte." Je pense que ce serait la route que chacun devrait prendre, mû par une nécessité logique, dès qu'il la verrait, ou sinon il devrait avoir honte." (P 147)

Mais on ne peut pas décrire une route correcte. Est-il possible de dire: "montre - toi éthique et je te suivrai" !


Leçons et conversations; Gallimard 1971 ( trad française)

11 novembre, 2010

L'éthique à Nicomaque


Il me semble intéressant de commencer à étudier en début d'année une oeuvre d'Aristote: la méthode d'interrogation du philosophe grec me semble adaptée à une certaine démarche philosophique. Aussi, j'ai commencé avec une classe, quelques lectures des Livres I, VIII, X de l'Ethique à Nicomaque. Il est question du bonheur et du plaisir, de l'amitié, du choix préférentiel. C'est ainsi qu'on peut apprendre à maîtriser l'art des distinctions conceptuelles ! Un devoir est prévu cette semaine.

Pour une autre classe, j'ai choisi d'étudier le rapport à la culture par une analyse d'un film de Truffaut - L'enfant Sauvage. Je viens de lire leurs réponses et je poursuivrais bien ces analyses à partir d'une réflexion de l'anthropologue P. Descola à propos des frontières entre la nature et la société selon des schèmes conceptuels (totémisme, analogisme, naturalisme). Et enfin, un autre paquet de copies m'attend sur l'imagination; et c'est comme ça jusqu'à fin novembre !

07 novembre, 2010

Moore et Murdoch




J'ai enfin vaincu le "sophisme naturaliste" chez Moore! On peut lire dans La souveraineté du bien de I. Murdoch:




" Si le bien est indéfinissable, c'est parce que les jugements de valeur dépendent de la volonté et du choix individuels. Mais (continuaient ses critiques) Moore se trompait en employant, pour concevoir le bien, une imagerie quasi esthétique empruntée à la vision."


Je viens de terminer mon chapitre et je vais commencer une confrontation Kant/Hume; ça devrait aller. Je suis à plus de la moitié de mon livre; j'espère pouvoir le faire lire fin janvier pour recueillir des critiques et j'envoie le tout en mars. Mais en novembre, j'ai beaucoup de copies, de corrigés et de conseils de classe !


G.E Moore: Principia Ethica, Cambridge University Press (2002 pour l'édition de 1903)


I. Murdoch : La souveraineté du bien,éditions del'éclat, (1994 pour l'édition de 1970).

05 novembre, 2010

Sophisme de la Corrida II

J-.B Jeangène Vilmer, dans sa deuxième réponse à F. Wolff, montre à quel point la défense de la corrida est fondée sur un sophisme; cette fois-ci, il s'agit de dénoncer un faux anthropomorphisme:
On peut suivre une partie de la discussion sur le site Philotropes



Les sophismes de la corrida (II)

"La défense habituelle de la corrida, d’autant plus faible qu’elle est criblée de sophismes, est renforcée depuis quelques années par le développement d’une argumentation philosophique [5] , plus subtile, mais non moins fallacieuse. La corrida est présentée comme un symbole. Pour Alain Renaut, elle symbolise «le combat de l’homme avec la nature», pour exprimer «la soumission de la nature brute (c’est-à-dire de la violence) au libre arbitre humain, victoire de la liberté sur la nature». C’est à la fois un art et l’expression de l’humanisme, «c’est-à-dire la désignation de la culture comme la tâche propre de l’homme», la culture étant définie comme arrachement à la nature [6] . Francis Wolff renchérit : «L’humanité contre la tauréité. Homo sapiens vulnérable mais serein face à la force vaine de bos taurus ibericus. Nature lucide contre nature aveugle» [7] .
L’explication est simpliste, pour au moins deux raisons. D’une part, parce que si tout ce que montre la corrida est ce vieux dualisme que tous les philosophes depuis Descartes ont dépassé, alors elle décrit un monde et un système de pensée qui ne sont plus les nôtres depuis trois siècles. D’autre part, parce que si le taureau symbolise la nature, il est bien loin dans les faits d’être la nature, c’est-à-dire d’être naturel, comme le reconnaît Renaut lui-même [8] . Le taureau de combat est un produit extrêmement calibré, contrôlé, maîtrisé, un chef-d’œuvre de l’élevage, donc de la culture. La «naturalité brute» qu’il dégage malgré tout n’est rien d’autre que l’interprétation que nous avons de son comportement. Elle n’est pas tant en lui que dans notre regard, qui trouve ce qu’il cherche.
Mais le problème essentiel est ailleurs. Il y a une confusion générale, un glissement sémantique de l’explication à la justification. Lorsque Renaut et Wolff mettent au jour ce que symbolise la corrida, ils ne le font pas pour enrichir de manière neutre les catalogues anthropologiques. Ils le font pour la défendre ! Ils passent donc du fait à la valeur, d’une explication à une justification. Or, ce n’est pas parce qu’une pratique peut être expliquée qu’elle est juste. Il serait aisé de réunir une trentaine d’intellectuels internationaux pour trouver à l’excision, l’infibulation ou à n’importe quelle torture, scarification ou violence traditionnelle une importante dimension symbolique, rituelle, esthétique, sociologique, psychanalytique et tout ce que l’on voudra. La rencontre peut être passionnante sur le plan intellectuel mais cela ne change rien au fait que ces pratiques sont condamnables et doivent être abolies.
Ces philosophes qui défendent la corrida soulignent son rôle éducatif: «Comme le dressage, elle humanise la bête, mais elle met à mort l’animal sitôt instruit» [9] . De là, deux questions. D’une part, à quoi éduque-t-on exactement? Qu’apprend-on au taureau? On parle d’une bête instruite, sans jamais préciser de quoi. Je demande de quoi on instruit la bête en lui plantant des lames dans le corps. D’autre part, en admettant qu’il y ait instruction de quelque chose, à quoi cela sert-il d’instruire pour tuer? Quelle est cette pédagogie qui ne permet pas à l’élève de vivre suffisamment longtemps pour jouir de son instruction?
 Curieusement, la bête qui tout à l’heure était l’incarnation de la nature brute, l’antithèse de la culture humaine, est maintenant instruite comme un enfant. L’anthropomorphisme est même la base de la philosophie de la corrida de Wolff, qui repose entièrement sur l’attribution au taureau d’un certain nombre de qualités : la bravoure, le courage, la noblesse, l’héroïsme, l’excellence [10] . Il y a d’ailleurs une contradiction, puisqu’en même temps qu’il lui attribue ces qualités sophistiquées, il refuse au taureau la simple capacité de vouloir qui, selon lui, serait «contraire à sa nature» [11] . Comment un taureau qui ne veut pas, qui n’est donc qu’une machine, pourrait-il faire preuve d’héroïsme?
Mais ce qui frappe est que ces qualités sont évidemment humaines. Ce n’est pas le taureau qui voit ce que les hommes appellent un combat comme un «combat». Ce n’est pas lui qui fait preuve de noblesse dans un coup de corne, d’héroïsme ou de bravoure lorsqu’il continue de se défendre tout en se vidant de son sang. Ce sont les hommes qui lui attribuent ces qualités humaines, pour rendre la comparaison possible. La philosophie de la corrida repose sur une négation de l’altérité. Le taureau est «humanisé» pour pouvoir être mis sur la même échelle de valeurs que l’homme qui le combat – et permettre ainsi la comparaison, dans le seul but de pouvoir affirmer la supériorité humaine, qui n’aurait aucun mérite si l’adversaire ne partageait pas les mêmes «vertus cardinales» [12] .
Pourquoi faut-il, en fin de compte, tuer le taureau? Wolff parle d’«une vérité aveuglante», d’un impératif catégorique: «il faut que le taureau meure!» [13] . Mais pourquoi? La raison n’en est énoncée clairement nulle part. L’auteur explique que la manière de le faire justifie le fait de le faire. La mise à mort est codifiée, ritualisée, elle est une cérémonie. Cela suffit à la défendre: «Dans toutes les civilisations où le taureau a été combattu et mis à mort de façon formalisée, il a été admiré, loué, célébré et plutôt chanté comme un dieu que traité comme une bête» [14] . «Après la mort, enfin, la dépouille du taureau combatif est souvent acclamée. Parfois même, elle recueille un tour d’honneur au pas lent des mules, et la foule se lève et se découvre à son passage» [15] .
Le raisonnement sous-jacent est celui-ci: la corrida formalise la mise à mort. Or, toutes les civilisations qui ont fait de même ont traité le taureau comme un dieu. Donc, la corrida traite le taureau comme un dieu. Donc, elle le respecte. Donc, elle est légitime. Raisonnement typiquement anthropocentrique: le taureau se moque bien d’être respecté comme un dieu s’il souffre et meurt dans l’arène. De la même manière, je ne peux pas justifier l’enlèvement et le meurtre sacrificiel d’une jeune vierge par le fait que la codification de la pratique manifesterait mon respect à son égard. Le fait d’avoir des règles, des rites, un déguisement et, éventuellement, un grand respect pour sa victime, n’excuse ni ne justifie en rien ce qu’on lui fait subir.
Quant aux hommages rendus à une dépouille, ils n’ont de sens que pour les survivants. Celui qu’on enterre dans un cimetière se moque bien d’avoir des fleurs fraîches sur sa tombe. De la même manière, le tour d’honneur de la dépouille du taureau n’a strictement aucun sens pour le bovin mort ou pour ceux qui sont encore aux champs: c’est l’homme encore et toujours qui se fait plaisir. Si l’on pense que la corrida se justifie par ce plaisir que peuvent éprouver certains hommes à y assister, qu’on le dise franchement. Mais qu’on cesse de dissimuler derrière un écran de fumée métaphysique des raisons qui sont en réalité beaucoup plus brutes."
Jean-Baptiste Jeangène Vilmer
revue semestrielle de droit animalier:
• http://www.jbjv.com/Les-sophismes-de-la-corrida.html

[5] Voir Alain Renaut, «L’esprit de la corrida», La règle du jeu, 7, 1992, p.84-109 et « L’humanisme de la corrida », Critique, 723-724, 2007, p.552-560; et Francis Wolff, «Le statut éthique de l’animal dans la corrida», Cahiers philosophiques, 101, 2005, p.62-91 et Philosophie de la corrida, Paris, Fayard, 2007.
[6] Alain Renaut, «L’esprit de la corrida», op. cit., p.94 et «L’humanisme de la corrida», op. cit., p.557.
[7] Francis Wolff, Philosophie de la corrida, op. cit., p.76.
[8] Alain Renaut, « L’humanisme de la corrida », op. cit., p.558.
[9] Pedro Cordoba et Francis Wolff, Critique, 723-724, 2007, p.550. Voir aussi Renaut, «L’humanisme de la corrida», op. cit., p.557.
[10] Francis Wolff, Philosophie de la corrida, op. cit., p.78.
[11] Ibid., p.74.
[12] Ibid., p.82. Voir Elisabeth Hardouin-Fugier, «Surhomme et sous-bête, le toro de corrida», in Boris Cyrulnik (dir.), Si les lions pouvaient parler. Essais sur la condition animale, Paris, Gallimard, 1998, p.1286-1295.
[13] Francis Wolff, op.cit., p.97.
[14] Ibid., p.66-67.
[15] Ibid., p.69.


• À LIRE dans « Les Puces » du journal (Charlie Hebdo du 3 novembre). • La Fondation 30 Millions d’Amis présente une pétition capitale pour les animaux : déjà 70000 signatures, en seulement un mois et demi. On vise le million, aidez-nous ! • Le conseil général des Pyrénées-Atlantiques, qui affirmait ne pas subventionner la corrida, pris en flagrant délit de mensonge par le CRAC Europe, Comité Radicalement Anti Corrida pour la protection de l’enfance.

• IMPORTANT. Faites connaître le site de Charlie, diffusez autour de vous ! S’il existe, c’est grâce au journal. « Les Puces », c’est dans le journal, « La Puce », c’est sur le site. Achetez le journal (tous les mercredis, en kiosques, 2,50 euros), allez sur le site !





01 novembre, 2010

Revue Klesis !



La très sérieuse revue Klesis (!!) vient de publier son numéro consacré à Humanité et animalité. L'ensemble est coordonné par JB Jeangène Vilmer, défenseur de la cause animale (mais pas seulement):
http://www.revue-klesis.org/



30 octobre, 2010

Droit et éthique médicale !

Samia Hurst, bioéthicienne à Genève évoque la question de l'éthique médicale à propos d'une grève de la faim: le droit doit-il intervenir sur la décision de l'équipe médicale ?
"En admettant le recours à l’alimentation de force du gréviste de la faim Bernard Rappaz, le Tribunal fédéral écarte la déontologie des médecins, mais invoque le respect des règles de l’art médical. Une position paradoxale, et révélatrice. Par Samia Hurst"
Avec un étudiant en Master, nous sommes en train d'affiner notre plan sur la question de l'autonomie du médecin et du patient: un bel article de 21 pages (pour une revue juridique) qui a demandé beaucoup de travail quant au problème de la responsabilité du médecin et du patient !





28 octobre, 2010

L'idéal d'impartialité !











Quelle joie: je viens d'apprendre que ma contribution sur l'idéal d'impartialité vient d'être acceptée par la revue du Centre Bentham ! Il faut dire que la question de l'impartialité/partialité constitue le chapitre IV de mon futur livre: Hume, Bentham, Railton, Williams sont convoqués.




En attendant, je bute sur le problème du "sophisme naturaliste" de GE Moore pour le prochain chapitre; mais je devrais bientôt comprendre sa position à propos de l'intuitionnisme; ce n'est pas une mince affaire...

24 octobre, 2010

Shooting an elephant !



Dans le récit Shooting an elephant" ("abattre un éléphant"), George Orwell, alors jeune officier en Birmanie, raconte son horreur de l'impérialisme: prévenu de la férocité d'un éléphant qui vient de piétiner un indien, George Orwell se rend sur les lieux: prenant conscience que cet animal ne présente plus de danger immédiat, il est prêt à renoncer à l'abattre. Mais suivi par la foule, et par peur du ridicule, il décide de tirer sur l'animal. Constatant que l'éléphant souffre de ses blessures, il tire à nouveau. Finalement, il décide de partir, ne supportant pas l'agonie de la bête. Par la suite, l'auteur apprend que l'animal a agonisé un certain temps et que la foule n'a pas hésité à le consommer alors qu'il était vivant.

George Orwell en déduit que l'impérialisme anglais impose aux peuples opprimés sa propre logique de la domination. Peut-être ce fait n'est-il qu'une fiction; mais il justifie le dégoût qu'éprouve George Orwell de tout pouvoir autoritaire.

Voici un extrait:
"Afterwards, of course, there were endless discussions about the shooting of the elephant. The owner was furious, but he was only an Indian and could do nothing. Besides, legally I had done the right thing, for a mad elephant has to be killed, like a mad dog, if its owner fails to control it. Among the Europeans opinion was divided. The older men said I was right, the younger men said it was a damn shame to shoot an elephant for killing a coolie, because an elephant was worth more than any damn Coringhee coolie. And afterwards I was very glad that the coolie had been killed; it put me legally in the right and it gave me a sufficient pretext for shooting the elephant. I often wondered whether any of the others grasped that I had done it solely to avoid looking a fool. "

http://orwell.ru/library/articles/elephant/english/e_eleph



20 octobre, 2010

Le bien-être animal

Sur Radio Canada, dans le cadre de la semaine verte , une série de reportages est consacrée à la question du bien-être animal: on peut voir comment des individus, écoeurés par la manière dont sont traités les animaux d'élevage, s'engagent pour une prise de conscience collective. Evidemment, en accordant des soins aux animaux, en respectant leurs conditions de vie (porcs, poules, veaux...), on augmente les coûts de production...Un reportage vraiment très intéressant (le premier reportage est très dur à supporter mais décrit une réalité quotidienne).
Attention à l'accent canadien !

http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#urlMedia=http://www.radio-canada.ca/Medianet/2010/CBFT/LaSemaineVerte201010161700_3.asx

19 octobre, 2010

Polémique sur la Corrida

J.B Jeangène Vilmer défend avec beaucoup de cohérence l'interdiction de la Corrida. Or, il se heurte à F. Wolff qui ne prend pas en compte ses arguments. La réponse du 18 octobre dans le journal Libération ne s'est pas faite attendre. Jugez donc de la pertinence des propos de J. B Jeangème Vilmer:

"En dénonçant «la vaine rhétorique des avocats des taureaux» (Libération du 7 septembre), Francis Wolff s’en prend davantage à ma personne qu’à mes arguments et tente de me décrédibiliser dans un texte qui relève de l’injure et qui, pour cette raison, ne doit pas rester sans réponse. L’attaque contre la personne est un sophisme supplémentaire (argumentum ad hominem) - le latin n’est pas rappelé pour «faire juriste» mais pour montrer que cette stratégie est d’autant plus grossière qu’elle est ancienne. Comme je ne m’intéresse pas à la personne de monsieur Wolff, c’est à ses arguments seulement que je réagis.

L’une des manières de ridiculiser quelqu’un est de l’associer à une personne ridicule (sophisme de la mauvaise compagnie). Wolff commence donc par dire que mon «maître» Peter Singer est une sorte d’hurluberlu qui exige que l’on traite les animaux comme les hommes. C’est faux. Si Wolff avait lu son livre la Libération animale, traduit en français depuis 1993, il ne confondrait pas l’égalité de considération et l’égalité de traitement. Singer défend un «principe d’égale considération des intérêts» qui «n’exige pas que nous traitions les animaux non humains comme nous traitons les humains». Considérer également les intérêts de la poule et de l’homme ne commande pas d’apprendre à lire à la poule, mais de la laisser avec d’autres poules dans un espace suffisant où elle peut exprimer des comportements naturels (ce qui condamne de fait l’élevage industriel).

En affirmant que «ce n’est pas parce qu’il y a une tradition que la corrida est autorisée, mais là où il y a tradition», Wolff opère un glissement sémantique qui ne change strictement rien au sophisme de l’appel à la tradition, et je maintiens que cette excuse ne vaut rien. En affirmant que la corrida serait «perçue» différemment à Nîmes et considérée comme «inséparable d’une identité régionale», il présuppose en outre quelque chose qu’il serait bien en peine de devoir prouver. Il existe un moyen simple d’en avoir le cœur net : organisons des référendums locaux dans ces régions. Pourquoi n’avons-nous pas le courage démocratique des Catalans ? On découvrirait que 71% des habitants du Gard, par exemple, déclarent n’être pas attachés à la corrida (sondage Ipsos, juillet 2010). A l’échelle nationale, 66% des Français sont favorables à son abolition (Ifop, mai 2010).

En proposant ironiquement d’interdire «toutes les activités humaines qui peuvent avoir pour effet la souffrance d’un animal», comme la pêche à la ligne ou l’alimentation carnée, Wolff utilise l’argument de la pente glissante. Son but est d’inquiéter le lecteur : aujourd’hui, le «censeur» que je suis veut vous ôter la corrida, demain il s’en prendra à votre steak (sous-entendu : ne le laissez pas s’en prendre à la corrida, même si ce débat vous laisse froid, faites-le pour défendre votre steak). Rhétorique mise à part, Wolff a raison sur un point : je considère que la pêche à la ligne et l’alimentation carnée, comme toutes les activités impliquant de la souffrance, sont moralement problématiques. Et je n’ai pas besoin de guillemets pour dire que les poissons souffrent car, contrairement à lui, je ne considère pas que la seule souffrance qui mérite considération est celle de l’espèce homo sapiens.

D’un point de vue seulement quantitatif, la corrida est même un microproblème puisqu’elle tue des milliards de fois moins que la boucherie. Je défends avec autant de force l’abolition de l’élevage industriel que celle de la corrida. C’est cohérent. Mais la question n’est pas seulement celle du nombre d’individus tués : c’est aussi celle des raisons et de la manière de le faire. La corrida est un spectacle, gratuit pour les enfants de moins de 10 ans, dont la finalité n’est pas de manger, mais de tuer. A ceux qui disent que la violence de nos sociétés pose des problèmes plus graves, on demandera : que pouvons-nous raisonnablement attendre de ces enfants qui, dans les écoles de tauromachie (subventionnées par les contribuables), s’entraînent à l’arme blanche sur des veaux ? Quant aux adversaires de la corrida, ils ne souhaitent pas, contrairement à ce que prétend Wolff, envoyer les taureaux à l’abattoir. Cette race créée de toutes pièces pour nous divertir disparaîtra progressivement et l’on pourra, pour le «patrimoine», conserver quelques individus dans un musée vivant pour montrer à nos petits-enfants contre quoi se déchaînait «l’intelligence humaine».

C’est bien l’humanisme cartésien qui est ici en cause, celui qui commande à l’homme de «se rendre comme maître et possesseur de la nature». Le dualisme culture-nature, vécu comme un affrontement, a des racines chez Descartes et il n’est effectivement pas sans rapport avec le dualisme pensée-étendue. En affirmant que c’est l’âme qui sent et que les animaux en sont dénués, Descartes a permis le développement de la théorie de l’animal-machine. Celle-là même qui faisait dire à Nicolas Malebranche frappant un chien que «cela ne sent point». Les aficionados qui, aujourd’hui, affirment que le taureau «ne souffre pas», en sont les héritiers. "


17 octobre, 2010

Le serin et la serinette !

J'ai relu avec un plaisir évident l'Entretien entre d'Alembert et Diderot. Au cours de ce dialogue, la question est de s'interroger sur un modèle plausible de la nature. A ce titre, il est intéressant d'analyser la manière dont Diderot repense le mécanisme cartésien.

http://www.youtube.com/watch?v=bTGQ5oiKrhI


Je vous laisse savourer le dialogue:

"Il n'y a plus qu'une substance dans l'univers, dans l'homme, dans l'animal. La serinette est de bois, l'homme est de chair. Le serin est de chair, le musicien est d'une chair diversement organisée; mais l'un et l'autre ont une même origine, une même formation, les mêmes fonctions et la même fin." ( P278).


Diderot,Oeuvres Philosophiques, Garnier, 1964 (P257).

15 octobre, 2010

Pop Philosophie !

A Marseille se tient un festival de la Pop Philosophie du 18 octobre au 23 octobre. Ne pas manquer "Buffy", présentation par Sandra Laugier !
Voici le programme:

"Cette année, philosophes, sociologues, journalistes et musiciens seront réunis à Marseille dans divers lieux de la culture et de la nuit, afin d’interroger notamment le rock des années 70’s, le téléphone portable, l’amour, l’humour, les tubes de l’été, le fait divers.
Parmi les moments forts de cet événement conçu par Jacques Serrano, le Palais de la Bourse accueillera le débat « L'amour est-il en danger ? », avec Aude Lancelin, Anne Dufourmantelle et Alain Badiou. Au Centre de la vieille charité, Buffy contre les vampires fera l’objet d’une intervention de Sandra Laugier, tandis que Michel Maffesoli interrogera Plus belle la vie, au Forum de la Fnac. Une discussion sur le rock philosophique entre Éric Aeschimann, Stéphane Legrand et Pacôme Thiellement se tiendra au bar rock La Maison Hantée, et le philosophe et pionnier du rock électronique Richard Pinhas donnera un concert à L’Embobineuse.
Le quotidien La Marseillaise accueillera dans ses locaux Françoise Gaillard qui traitera du fait divers, et c’est au Théâtre de La Criée que Pierre Musso et de Maurizio Ferraris parleront du téléphone mobile, et que Peter Szendy fera une conférence/performance sur le thème « philosophie dans le juke-box ».
PROGRAMME COMPLET : http://www.lesrencontresplacepublique.fr/

RÉSERVATIONS (conseillé)
contact@lesrencontresplacepublique.fr 04 91 90 08 55

14 octobre, 2010

Quelle éthique pour la chasse à courre ?


En France, la chasse à courre se pratique: c'est cruel et barbare d'autant que 75% des français y sont opposés. A quand une interdiction comme c'est le cas en Angleterre, en Ecosse, en Allemagne et en Belgique ?
http://www.one-voice.fr/fr/article/enquete-sur-la-chasse-courre-33-une-belle-ethique



10 octobre, 2010

Famine, affluence and morality


j'ai travaillé un texte de Peter Singer à propos de nos obligations morales: lors de la famine en 1971 au Bengale, le philosophe s'interroge sur le contenu de nos devoir moraux: que devons-nous exiger des individus ? A quel prix ? Le texte est disponible sur son site; voici un extrait:


"As I write this, in November 1971, people are dying in East Bengal from lack of food, shelter, and medical care. The suffering and death that are occurring there now are not inevitable, not unavoidable in any fatalistic sense of the term. Constant poverty, a cyclone, and a civil war have turned at least nine million people into destitute refugees; nevertheless, it is not beyond the capacity of the richer nations to give enough assistance to reduce any further suffering to very small proportions. The decisions and actions of human beings can prevent this kind of suffering. Unfortunately, human beings have not made the necessary decisions. At the individual level, people have, with very few exceptions, not responded to the situation in any significant way. Generally speaking, people have not given large sums to relief funds; they have not written to their parliamentary representatives demanding increased government assistance; they have not demonstrated in the streets, held symbolic fasts, or done anything else directed toward providing the refugees with the means to satisfy their essential needs. At the government level, no government has given the sort of massive aid that would enable the refugees to survive for more than a few days. Britain, for instance, has given rather more than most countries. It has, to date, given £14,750,000. For comparative purposes, Britain's share of the nonrecoverable development costs of the Anglo-French Concorde project is already in excess of £275,000,000, and on present estimates will reach £440,000,000. The implication is that the British government values a supersonic transport more than thirty times as highly as it values the lives of the nine million refugees. Australia is another country which, on a per capita basis, is well up in the "aid to Bengal" table. Australia's aid, however, amounts to less than one-twelfth of the cost of Sydney's new opera house. The total amount given, from all sources, now stands at about £65,000,000. The estimated cost of keeping the refugees alive for one year is £464,000,000. Most of the refugees have now been in the camps for more than six months. The World Bank has said that India needs a minimum of £300,000,000 in assistance from other countries before the end of the year. It seems obvious that assistance on this scale will not be forthcoming. India will be forced to choose between letting the refugees starve or diverting funds from her own development program, which will mean that more of her own people will starve in the future. [1]
These are the essential facts about the present situation in Bengal. So far as it concerns us here, there is nothing unique about this situation except its magnitude. The Bengal emergency is just the latest and most acute of a series of major emergencies in various parts of the world, arising both from natural and from manmade causes. There are also many parts of the world in which people die from malnutrition and lack of food independent of any special emergency. I take Bengal as my example only because it is the present concern, and because the size of the problem has ensured that it has been given adequate publicity. Neither individuals nor governments can claim to be unaware of what is happening there.

What are the moral implications of a situation like this? In what follows, I shall argue that the way people in relatively affluent countries react to a situation like that in Bengal cannot be justified; indeed, the whole way we look at moral issues - our moral conceptual scheme - needs to be altered, and with it, the way of life that has come to be taken for granted in our society."


04 octobre, 2010

Les 30 ans d'Alternatives économiques !


A découvrir sans tarder: les 30 ans du magazine Alternatives Economiques toujours bien informé et critique. Le dossier 1980 2010, ce qui a changé est très juste.
http://www.alternatives-economiques.fr/


29 septembre, 2010

Pacific 231: le petit bijou de RAPHAEL


Pacific 231, le dernier album de Raphaël est un petit bijou: futuriste, mélancolique, acide:

Je t'envoie le monde tout entier

Pour combien tu m'aimes

Devant ce monde qui s'embrase
les étrangers dans les camps
on va pas quand même sauver le monde




http://www.youtube.com/watch?v=0yHwEPtbSYM


Mais je suis tombé de la lune
et je te le dis si ce monde tourne rond
et si je trouve à l'injustice une raison
alors dis moi à quoi je suis bon

Pour toute l'eau du gange
je vois pas que ça s'arrange
comme la vie est belle
l'univers prendra soin de tout
Excuse moi
on est que des animaux
on montre les dents
Ce qui compte c'est l'espèce
à mort l'individu
et nos cellules s'assèchent
s'affolent et se tuent



25 septembre, 2010

Promotion Voltaire: L'ENA

Très bon film sur Arte le 23/09, 24/09: " l'école du pouvoir". De jeunes énarques sont confrontés à la logique du pouvoir. Leur ascension correspond à l'élection de François Metterand en 1981; très instructif; ce sont mes années lycée et je me souviens de cette période d'euphorie et de déception plus tard. La gauche pouvait prétendre réaliser les rêves des plus démunis, mettre fin à la peine de mort...Mais un idéal politique se mesure -t-il à l'aune de celui qui l'incarne ? A la réalité ? A l'honnêteté ? Il faudrait évoquer le spectre de la raison d'Etat !

http://www.youtube.com/watch?v=f_Ralai6x64

23 septembre, 2010

Centre Bentham


Un camarade vient de me communiquer l'information suivante:le centre Bentham dispose d'un site web tout neuf; on peut y lire des articles passionnants et pertinents; des recommandations pour les auteurs des articles sont mentionnées.



Le numéro 7 de la Revue d'Etudes Benthamiennes est maintenant en ligne. Depuis le 13 septembre 2010, la REB est disponible exclusivement sur le portail revues.org et peut être consultée intégralement et gratuitement à la page suivante:
http://etudes-benthamiennes.revues.org/

La Revue d’études benthamiennes (ISSN 1760-7507) est une publication biannuelle à comité de lecture, publiée sous la direction du Centre Bentham (www.centrebentham.fr) depuis 2006. Avant son accession au portail revues.org en septembre 2010, elle était librement téléchargeable sur le site du Centre Bentham. Elle publie des articles en français et en anglais.
Depuis sa création, la REB accompagne le renouveau des études sur l’utilitarisme en France. Elle est consacrée à la pensée du philosophe britannique Jeremy Bentham (1747-1830) et à la tradition philosophique qui lui est associée. Elle traite aussi bien de l’utilitarisme classique (de Bentham à Henry Sidgwick et G.E. Moore) que du courant utilitariste contemporain en économie et en philosophie.
La REB entend promouvoir et accompagner la recherche universitaire dans ces domaines et ne se réclame pas d’une lecture ni d’une interprétation particulière. Elle se veut un espace de débats et de réflexion. Internationale et pluridisciplinaire, elle est ouverte à toutes les disciplines des sciences humaines et sociales (droit, économie, études anglaises, histoire, philosophie et sociologie, notamment mais non exclusivement). La composition de son comité scientifique est le reflet de cet engagement.
Les contributions sur ces thèmes sont les bienvenues (voir les rubriques « Appels à contributions » et « Consignes aux auteurs »). Vous pourrez également retrouver en ligne tous les détails de l'appel à articles sur l'éthique utilitariste.
Si vous souhaitez être informé à chaque parution (ou continuer à l'être), merci de vous abonner sur le site à l'aide de l'onglet "La lettre d'informations de la Revue d'Etudes Benthamiennes".

22 septembre, 2010

Le rôle de la fiction

En réponse à mon billet du 30/08/10 à propos de la fiction, je présente le blog de Yannick Rumpala, Université de Nice, droit/sciences- politiques: un colloque était organisé à Cerisy en juillet-août 2009 sur la science-fiction. On peut consulter le titre de la communication entre anticipation et problématisation sur le web; à noter également, le travail du philosophe Jean-Pierre Cometti sur la fiction comme exploration du réel chez Musil.
Site de Y. Rumpala:
http://yannickrumpala.wordpress.com/2009/07/18/que-faire-de-la-science-fiction-conclusion-provisoire/
J'avais abordé dans un autre billet le rôle de la fiction juridique:


http://promphilo.blogspot.com/2008/01/ordalie-et-jugement-de-dieu.html

19 septembre, 2010

Publication prochaine: J. Heil


A signaler la publication d'un livre de J. Heil :traduction D. Berlioz et F. Loth (excellent blog en philosophie de l'esprit).



"Titre original
From an Ontological Point of View – Oxford University Press, 2003

L'œuvre
Adopter un Point de vue ontologique revient à déterminer ce qui existe et à dégager la nature des propriétés réelles de ce monde. Pour rendre compte de l’esprit, de nombreux philosophes, à la suite de Wittgenstein et de Ryle, ont mis l’accent sur le langage et la logique. Mais toutes ces approches ont en commun de délaisser la question de la réalité et d’endosser implicitement une « théorie picturale » qui consiste à identitier pour chaque prédicat une propriété réelle. Rejetant cette théorie qu'il juge trompeuse et métaphysiquement stérile ainsi que la conception d'une réalité stratifiée en niveaux qui en découle, Heil se propose de tester sa propre ontologie en traitant de trois problèmes classiques en philosophie de l'esprit : la couleur, l’intentionnalité et la conscience. "

15 septembre, 2010

Corridas en France et en Catalogne

Dans le journal Provence du 10 septembre 2010, on peut lire deux conceptions de la corrida. Je trouve que l'argumentation de J. B.J Vilmer est d'une grande clarté:

"Tandis qu'à Arles se déroule le premier paseo aux arènes, chaque camp, des "anti" ou des "pros", va se compter au cours de manifestation ce week-end. Une certaine philosophie de l'homme et de l'animal les oppose.

Quand les taureaux de combat sont lancés, ils dégagent une impression de force et de puissance exceptionnelles.

Il y a quelques semaines, le 28 juillet, les anti-corridas ont crié victoire quand le Parlement de Catalogne a voté l'interdiction de la corrida pour le 1er janvier 2012. Du coup, ceux qui qualifient ce spectacle de "barbare et cruel", ont repris du... poil de la bête et les invectives d'un camp sur l'autre, reprennent de plus belle : demain, à Nîmes ou Arles, des manifestations doivent permettre de se compter.

Outre qu'il est temps d'élever un brin le débat, ce que La Provence propose avec deux philosophes, plusieurs questions se posent, dont la première est celle de l'identité. Car c'est bien au nom d'une identité politique que la Catalogne a fait ce choix, se démarquant ainsi, d'un pouvoir central. A contrario, dans tout le sud de la France, c'est aussi une identité qui est revendiquée, autour de la culture taurine.

L'interdiction serait vécue dans de nombreuses villes, comme une atteinte à la culture, dans une société qui cherche des racines et pense les retrouver dans le monde taurin en général. L'autre question est de savoir si, en France, une telle interdiction est possible. Pour l'heure, ce débat-là que n'a pas examiné l'Assemblée nationale, n'est pas politique, contrairement encore, à la Catalogne. Et c'est bien une particularité de la corrida en France : elle est affaire passionnelle, qui réunit aussi bien Nicolas Sarkozy que le maire d'Arles (PCF).

- "Un spectacle extraordinaire et bouleversant"
Francis Wolff, professeur de philosophie à l'Ecole normale supérieure et auteur de "50 raisons de défendre la corrida"

"Ce que nous venons admirer dans la corrida, c'est un animal libre qui défend sa liberté jusqu'à la mort et un homme qui crée de la beauté avec sa propre peur de mourir. À une époque où l'on aime les animaux que sous forme de biftecks et où l'on ne nous offre qu'une image "dysneylandisée" de l'animalité, où l'on n'aime que les vertus rentables ou l'art en boîte, c'est plutôt rassurant. On peut passer à côté de cela, mais je ne comprends pas qu'on veuille en priver les autres. Seuls les végétariens devraient avoir le droit de militer contre la corrida. Je reconnais que ce ne sont pas des arguments, mais j'ai écrit un livret qui compte 50 raisons de défendre la corrida."

- "La corrida n'a aucune raison d'être"
Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, philosophe chargé de recherche à l'Ecole normale supérieure a introduit en France la notion d'"éthique animale"

"C'est une "exception" qui n'est justifiée par rien et qui n'a donc aucune raison d'être. La corrida est interdite partout en France, sauf comme le dit la loi "lorsqu'une tradition locale ininterrompue peut être invoquée." Elle est interdite partout en France pour une bonne raison, qui est qu'elle est considérée comme un "sévice grave ou un acte de cruauté." Or, cette raison ne disparaît pas comme par magie dans les endroits où la corrida est considérée comme une tradition. Ce n'est pas parce que vous avez l'habitude d'être cruel que, du coup, vous ne l'êtes plus."

12 septembre, 2010

L'autonomie en question


Je viens de recevoir deux critiques pertinentes d'un futur travail sur l'autonomie avec un étudiant en droit: il faut encore approfondir certains points afin de se montrer plus "mordants" ! L'intérêt d'écrire un article à deux voire à trois est de sortir de sa propre logique et de parvenir à un ajustement. Il est évident qu'avec la maturité, les connaissances acquises sont mises à distance.

05 septembre, 2010

Publication


Pour ceux qui me le demandent, le numéro consacré à Care et justice sociale sortira en Janvier 2011 aux presses universitaires d'aix-en-Provence. Sinon, nous ajustons nos écritures avec GR à propos d'un article sur l'éthique du soin.

31 août, 2010

Manuscrit de Blaise Pascal !


Une nouvelle incroyable -via Nouvelles philosophiques: un manuscrit de Blaise Pascal qui vient d'être retrouvé ! Déjà j'admire tant l'intelligence, la fougue de Blaise Pascal ! Mes élèves le savent bien.
Extrait
“ Un manuscrit mathématique de Blaise Pascal a été découvert récemment à la Bibliothèque nationale de France (BNF). Il a été repéré par Dominique Descotes, professeur à l'université de Clermont-Ferrand-CNRS, parmi les clichés du manuscrit des Pensées que le Centre international Blaise-Pascal est en train de numériser. Il s'agit d'une page de brouillon écrite au dos d'un fragment des Pensées qui était jusqu'alors passée totalement inaperçue.

C'est un document unique et tout à fait exceptionnel, car on ne disposait à ce jour d'aucune trace écrite des recherches mathématiques conduites par l'auteur des Pensées. Très tôt, Pascal se montra extrêmement novateur dans cette discipline et y consacra beaucoup de temps et d'énergie. À 12 ans, il commença seul l'étude de la géométrie. Quatre ans plus tard, il présentait devant l'Académie des sciences de nouvelles formules permettant de projeter sur un plan des cercles tracés dans l'espace. De cet Essai pour les coniques qui ouvrit notamment la voie au dessin industriel, il ne reste rien de sa main. De même, les originaux de ses autres ouvrages de mathématiques ont tous été détruits après impression. Seules quelques lettres envoyées à Fermat, Sluse et Huygens, trois grands mathématiciens avec lesquels Pascal entretenait une correspondance, ont été conservées. “ (…)

30 août, 2010

Mon zombie et moi !

Sortie prochaine de Mon zombie et moi. Par ailleurs, Philosophie magazine (septembre) consacre un entretien à cet auteur. Je suis assez d'accord avec cet auteur: la philosophie n'a pas à reprendre la méthodologie des sciences. Pour ma part, j'ai l'impression que les philosophes de cette catégorie ne sont pas de "vrais" scientifiques; ils se livrent à de purs jeux de l'esprit !
Pierre Cassou- Noguès

"Que et où suis-je ?

Après avoir revisité un certain nombre de positions classiques sur la nature et le statut du sujet (celle de Descartes notamment) et de réponses possibles à la question de savoir ce que je suis (une personne ? une machine ?), cette enquête développe une théorie originale fondée sur la notion de figures imaginaires.

On y trouvera une façon nouvelle de faire de la philosophie, s’appuyant sur et passant par la fiction. Cette méthode est mise en œuvre par l’analyse d’une série de figures tirées de la littérature, où sont convoqués des auteurs classiques comme Poe, Maupassant, Nerval, aussi bien que des écrivains de science-fiction comme Wells, Conan Doyle, Stapledon, Ph. K. Dick. S’y ajoutent d’originales fictions imaginées par l’auteur, qui deviennent autant de plans d’expérience philosophique : puis-je, au sens propre, perdre la tête ? être invisible ? intouchable ? habiter un tableau ? être fait de plusieurs morceaux ?

Voici, autour de la question du sujet, un parcours par la fiction d’un pan de la philosophie aussi bien qu’un voyage philosophique à travers la science-fiction. "

28 août, 2010

La démocratie délibérative !


La démocratie délibérative, ouvrage publié par de jeunes gens dynamiques, sort le 27 août 2010 (pas encore lu). Voici le résumé:

"
À quelles conditions une décision politique est-elle légitime en démocratie ? Certains philosophes contemporains affirment que seule une délibération publique et libre entre des citoyens égaux peut constituer le fondement de la légitimité politique dans nos sociétés contemporaines, complexes et pluralistes. C’est au terme d’un échange libre et argumenté de raisons et d’opinions que les citoyens peuvent se prononcer sur l’autorisation de la culture des OGM, choisir un système de retraite, trancher entre des dispositifs fiscaux, ou légaliser l’adoption homoparentale.


Mais pourquoi et comment réaliser un tel idéal de gouvernement par le débat raisonné dans des démocraties représentatives de masse ?

Développée dans les années 1980 en Europe et en Amérique, la « démocratie délibérative » s’est depuis
imposée comme l’un des paradigmes dominants de la pensée politique contemporaine. Ce recueil propose une introduction à ce courant théorique en réunissant des textes fondamentaux, presque tous inédits en français."


Leurs auteurs comptent aujourd’hui parmi les principales figures de la théorie démocratique.




•Les éditeurs:
Charles Girard est ATER en philosophie à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Alice Le Goff est maître de conférence en philosophie à l'Université Paris 5 René Descartes.



25 août, 2010

De retour dans le Sud

De retour dans le Sud; maintenant, il va falloir relire les chapitres de mon futur livre et envisager le chapitre III: quelle angoisse!

17 août, 2010

L'auvergne pour l'inspiration !


Enfin, j'ai retrouvé le soleil près des volcans d'Auvergne ! Bill l'épagneul a senti les biches... Sinon, j'ai terminé d'écrire un article que je dois envoyer à un étudiant (j'ai déjà publié trois articles avec des gens en droit; il s'agit d'ajuster les écritures), un livre en construction et il faudrait que je pense à un article pour une revue...mais la nature m'appelle !

16 août, 2010

L'ordre moral !

Ce matin, en faisant les courses à Clermont-Ferrand, j'ai rencontré une femme qui faisait la charité: j'ai donné à cette personne de la monnaie et des fruits parce qu'elle me disait qu'elle avait faim. Mais j'ai été "choquée" par le regard des clients qui avaient l'air de désapprouver mon geste ! Cessez de penser que l'autre est votre ennemi. La politique en France est parfaitement injuste actuellement !

10 août, 2010

Fusion nucléaire


Une information qui vient de me parvenir sur Facebook et qui a de quoi mettre en colère:

— Le prix Nobel de physique Georges Charpak et d'autres scientifiques invitent à "renoncer" au projet de réacteur expérimental international à fusion nucléaire Iter, qui est "hors de prix et inutilisable", dans une tribune publiée mardi dans le quotidien Libération.

"Le coût de construction d'Iter venant de passer de 5 à 15 milliards d'euros, il est question d'en faire subir les conséquences aux budgets de financements de la recherche scientifique européenne", menaçant "de nombreuses recherches autrement plus importantes", s'inquiètent-ils.

"C'est exactement la catastrophe que nous redoutions", écrivent MM. Charpak, Jacques Treiner (Université Pierre et Marie Curie, Paris) et Sébastien Balibar (Ecole normale supérieure), assurant qu'il est "grand temps de renoncer" à Iter, qui doit être construit à Cadarache (Bouches-du-Rhône).

"Si l'on continue, tous les secteurs de la recherche vont souffrir", soulignent-ils.

Contrôler la fusion nucléaire est un "rêve ancien". La "méthode consiste à chauffer un mélange d'hydrogène lourd (un plasma de deutérium et de tritium) jusqu'à 100 millions de degrés", pour que les noyaux d'atomes fusionnent, en dégageant une énergie colossale, rappellent ces scientifiques.

Mais cela implique, écrivent-ils, de "surmonter trois difficultés majeures: maintenir le plasma à l'intérieur de l'enceinte, produire du tritium en quantités industrielles et inventer des matériaux pour enfermer ce plasma".

Or, "c'est seulement à partir de 2019 qu'Iter doit commencer à étudier la première de ces difficultés", et la troisième semble "la plus redoutable". Pour ces scientifiques, on est donc "loin de la mise au point d'un prototype de centrale électrique" et de "l'avènement d'une nouvelle filière de production d'énergie".

Ils estiment donc qu'au "lieu d'investir dans Iter, la communauté internationale et surtout l'Europe feraient mieux de reconstruire" une centrale nucléaire de quatrième génération, "afin d'améliorer ce que Superphénix nous a déjà appris".

Les réacteurs nucléaires de quatrième génération, encore au stade de la recherche, pourraient transformer les déchets actuels en combustible et fournir "ainsi une énergie propre pour au moins cinq mille ans", assurent ces scientifiques."


07 août, 2010

A qui le tour ?

Voici un extrait vidéo de Vincent Lindon interrogé il y a quelques mois à propos de son dernier film:
http://www.youtube.com/watch?v=Y0DGtfWuOaM
Cette politique actuelle me donne un sentiment de honte !

05 août, 2010

L'écriture c'est comme la promenade !

L'écriture c'est comme la promenade: cela demande du souffle; au départ, on pense que l'on n'y arrivera pas et puis à force d'entraînement, l'écriture devient plus précise, plus souple. Je viens de terminer le second chapitre de mon futur livre et j'espère achever le tout fin décembre; ensuite il faut un travail de relecture pour corriger quelques imperfections !
Puis je dois écrire un article avec un étudiant en Master de droit; quel programme !

28 juillet, 2010

Hommage à la Catalogne: abolition de la Corrida pour 2012


Il serait temps pour toutes les nations civilisées d'abolir la corrida: spectacle cruel qui n'a rien à voir avec l'honneur, la bravoure. Sous prétexte des traditions, on autorise la barbarie. La Catalogne vient de franchir un grand pas ! Et ce n'est pas une question de politique mais d'humanité !
Voici un extrait du journal Libération:

"Tradition ou cruauté?
Mais le débat mercredi, avant le vote au parlement catalan, a tourné essentiellement autour du caractère «cruel» ou non des courses de taureaux et de la «liberté» de ceux qui veulent y assister, dans une région où la tauromachie fait de moins en moins recette.

«C'est une cruauté gratuite, un spectacle de torture», a lancé Francesc Pané, porte-parole de la coalition ICV-EUIA regroupant écologistes et extrême gauche, qui a voté pour la prohibition. Le président socialiste du gouvernement catalan, José Montilla, a affirmé pour sa part qu'il avait voté contre l'interdiction parce qu'il «croit en la liberté» et aurait préféré le maintien de cette tradition.

«On ne peut obliger personne à aller aux corridas, comme personne ne peut interdire d'y aller», avait affirmé avant le vote Mariano Rajoy, leader du Parti populaire (PP, droite, opposition), qui a annoncé son intention d'en appeler au tribunal constitutionnel.

De nombreux pro et antitaurins s'étaient rassemblés devant le parlement pour manifester avant le vote. Le résultat du scrutin a été applaudi par le public dans l'enceinte du parlement. "

08 juillet, 2010

Départ et projet


Départ prévu le 11 juillet en Auvergne en famille puis Ancelles dans les Hautes-Alpes. Après cette année scolaire très intense, j'espère pouvoir mener à bien des projets: la rédaction d'un livre - période de la maturité philosophique -, rédaction d'un article sur l'éthique médicale et peut-être autre chose; entre deux promenades, deux bains...

05 juillet, 2010

Laurent Terzieff: l'ombre et la lumière !




Disparition d'un grand acteur, metteur en scène: Laurent Terzieff. Ce qu'il y a d'impressionnant chez cet homme, c'est son intensité. Et le théâtre, c'est un engagement: il suffisait de le voir incarner ses personnages.