25 avril, 2009

Vacances dans le Sud-ouest


Bill l'épagneul est content: il prend quelques jours de vacances dans le sud-ouest, à Capvern. Ma maîtresse adore ce département. On va courir, marcher et en plus j'ai une ceinture de sécurité comme ça je ne bouge pas en voiture !

22 avril, 2009

Consentement et consommation

J'aimerais bien travailler sur la notion de "consentement". En effet, la question est de pouvoir fixer des limites à ce concept: suffit-il de donner son approbation pour "consentir" ? Ne peut-on pas affirmer l'existence de consentements forcés...ce qui semble paradoxal.


Un bref résumé des analyses de Michela Marzano:


« Libération sexuelle, consentement et consommation »

Etre libre devrait consister à « être soi-même ». Ainsi, il serait possible de disposer de son corps et de sa sexualité.. L’activité sexuelle serait comparable à n’importe quelle activité comme « boire un verre d’eau ».
Mais pourquoi a-t-on besoin du consentement ? La question est de savoir de quelle liberté dispose l’individu.

Def du consentement:
« La légitimité de l’activité sexuelle trouve son fondement dans la capacité à consentir; celle-ci devient désormais la clé du dispositif juridique »; Daniel Borrillo. On pourrait donc dire que la liberté sexuelle repose sur un accord libre et volontaire des individus. Mais le problème est de savoir à quoi l’on consent.

Def dico:
« Accepter qu’une chose se fasse et ne pas l’empêcher; approuver et souscrire; autoriser et permettre. »
On se trouve en quelque sorte obligé de répondre à une sollicitation. On pourrait donc soit exprimer son propre désir, soit accepter une proposition d’autrui. En conséquence, il ne faut pas nier la part de conditionnement qui intervient dans le consentement.
Le conditionnement est-il un problème ?

20 avril, 2009

L'éthique appliquée

Lors de mon travail de recherche, je m'étais intéressée à la philosophie morale, philosophie pratique d'Aristote. La question qui me passionne est de savoir comment nous parvenons à raisonner et à prendre des décisions. Il ne s'agit pas dans ce domaine pratique de déduire nos décisions morales de prémisses théoriques; mais plutôt de déterminer la nature des problèmes moraux.
De là mon intérêt pour l'éthique appliquée depuis quelques années. A juste titre, M. Marzano montre que cette discipline est née aux Etats-unis dans les années 60.Ce ne sont plus seulement les questions de validité, de justification des arguments qui occupent le devant de la scène (Par exemple dans le domaine de la méta-éthique on peut citer G. E Moore), mais les problèmes liés au développement du savoir et des techniques. L'auteur propose la division suivante:
- éthique médicale
- éthique de l'environnement
- éthique animale
- éthique de la sexualité
- éthique des affaires

Il devient dès lors judicieux de confronter les principes éthiques avec les contextes spécifiques.

Michela Marzano, L'éthique appliquée, Que sais-je ? 2008

15 avril, 2009

HAIKU


Le haiku est un poème court japonais qui entend saisir le fugitif, l'invisible. Imaginons que le monde vu par une libellule soit plus réel que le nôtre. Je cite:

"Les montagnes au loin_

reflet dans les prunelles

d'une libellule."

Rendre compte du tout, comme dans un souffle, comme dans un geste d'art martial, beauté et bonté à la fois.


" Une esthétique qui est toujours une éthique -une éthique de l'amour ultime."


Anthologie du poème court japonais, C. Atlan et Z. Bianu, Gallimard, 2002

12 avril, 2009

Philosong !


C'est dans l'air du temps: Thierry Aymes, professeur de philosophie dans le Sud de la France concilie apprentissage de la philosophie et musique. Ainsi, les élèves s'approprient le savoir philosophique en rythme. Justement, je voudrais rendre plus accessible le contenu des textes philosophiques par le SLAM. Je réfléchis en ce moment avec une collègue de français; un vieux rêve... il va falloir que je reprenne ma guitare et mon harmonica.

Pour le plaisir suivez le lien de T. Aymes:


08 avril, 2009

Colloque international Wittgenstein

Wittgenstein (1889-1951) examine dans le Tractatus logico-philosophicus cette chose étrange qu'est le langage. La forme de ce traité est déroutante. Des propositions sont examinées... Et pourtant:

1 Le monde est tout ce qui arrive
2 Ce qui arrive, le fait, est l'existence d'états de choses
3 Le tableau logique des faits constitue la pensée
4 La pensée est une proposition ayant un sens
5 La proposition est une fonction de vérité des propositions élémentaires
6 La forme générale de la fonction de vérité est (forme générale de la proposition)
7 Ce dont on ne peut parler, il faut le taire

Colloque international organisé par le PHIER et l'IUF à Clermont-Ferrand le 8 et 9 juin 2009
" Le Tractatus en contexte"


"Le Tractatus Logico-Philosophicus (1921), écrit par L. Wittgenstein, est certainement l’ouvrage de la tradition, dite « analytique », qui a suscité le plus d’interprétations divergentes. La littérature secondaire sur le sujet est immense, et n’a abouti à aucun consensus sur le sens qu’il convient d’attribuer même aux propositions les plus basiques de l’auteur. En schématisant à l’extrême, on pouvait, jusqu’à récemment, dégager deux types de lecture : 1) les interprétations « orthodoxes » qui, dans le sillage de P. M. S. Hacker (Insight and Illusion, 1972), voient le Tractatus comme un ouvrage de philosophie « classique », défendant des thèses sur la constitution ultime du monde, sur la nature de la logique, sur la théorie russellienne des types, etc… ; 2) les interprétations « thérapeutiques » qui, dans le sillage de C. Diamond (Wittgenstein : the Realistic Spirit, 1990), prennent au sérieux l’idée que les propositions philosophiques sont des non-sens et rejettent donc l’idée que Wittgenstein, dans son premier ouvrage, développent des thèses. Bien entendu, beaucoup de commentateurs ne se reconnaissent pas dans cette dichotomie, ou occupent des positions intermédiaires. Mais le fait même que la fracture qui semble traverser les interprétations porte, non pas sur des points de détail, mais sur la question de savoir quel statut ont les énoncés du livre montre l’ampleur des désaccords existants.
Cette situation est à bien des égards insatisfaisante et on pourrait légitimement être tenté d’y voir une faiblesse du Tractatus lui-même. Si les efforts de plusieurs générations de « scholars » ont échoué à établir une doxa, c’est sans doute, en effet, parce que le livre n’est qu’un premier ouvrage, confus, d’un penseur qui se cherche encore – et qu’il ne mérite pas l’attention qu’on lui porte. Il ne serait sans doute pas inintéressant d’étudier en sociologue plus qu’en philosophe, cette tradition du commentaire du Tractatus, qui s’est autoalimentée depuis le début des années soixante, jusqu’à devenir un genre autonome. On peut dès lors légitimement se demander pourquoi organiser un nème colloque sur un sujet déjà trop discuté.
La dernière décennie a cependant vu un renouvellement complet des études russelliennes. Les travaux de G. Landini (Russell’s Hidden Substitutional Theory, 1998), à partir de l’étude des manuscrits de la période précédant les Principia Mathematica (1910-1913) , ont modifié très profondément l’image que l’on se faisait de Russell, et notamment de sa théorie des types. La modification de l’image de la philosophie de Russell, induite par les travaux de Landini, n’est pas sans effet sur notre lecture du Tractatus. Parallèlement, de nouveaux travaux sur F. P. Ramsey (voir notamment les études de N. E. Sahlin et M. Marion) et R. Carnap (voir les travaux de M. Friedman et de A. W. Carus), tous les deux fortement influencés par Wittgenstein, ont vu le jour ces dernières années. Enfin, divers auteurs, comme K. Wehmeier (2004) ou G. Landini (2007) ont développé, en logicien, certaines idées simplement esquissées par Wittgenstein dans le Tractatus, notamment la théorie de l’identité et de la « variable exclusive ». Bref, notre image de l’environnement dans lequel travaillait Wittgenstein à l’époque du Tractatus, celle de ses relations avec d’autres philosophes dans les années vingt, celle également des quelques idées logiques ébauchées dans son œuvre ont, très récemment, beaucoup évolué.
L’objectif de ce colloque est de réunir les principaux acteurs de ces changements, pour tenter de mesurer les modifications qu’ils entraînent sur l’interprétation du Tractatus. Cette nécessité à la fois de tirer les conséquences des avancées récentes et de tester leur pertinence sur le Tractatus a été ressentie par les commentateurs eux-mêmes. G. Landini (Iowa University) a écrit en 2007 un livre sur les relations entre Russell et Wittgenstein. M. Potter (Cambridge) va publier, début 2009, un ouvrage sur l’histoire de la rédaction du Tractatus. M. Marion (UQAM, Montréal) a, d’autre part, fait paraître en 2004 une introduction au Tractatus mettant l’accent sur l’importance de Russell et analysant les rapports de Russell et Ramsey. Mais aucun colloque n’a jusqu’à présent pris pour objet d’étude la transformation induite sur l’interprétation du Tractatus par les avancées récentes dans la connaissance de son contexte.
Le pari du colloque est donc celui de la démythification : pour comprendre le Tractatus, il faut peut-être accepter de voir l’ouvrage, non pas comme une œuvre absolument singulière et géniale – météorite tombée d’on ne sait où – mais comme un document qui, bien exploité, peut nous apprendre beaucoup sur le genre de problèmes que Frege, Russell, Ramsey, Carnap, Whitehead, avec Wittgenstein, se posaient. "

03 avril, 2009

colloque Darwin


Il me semble nécessaire d'enseigner la théorie de Darwin en classe. Beaucoup de manifestations sont prévues cette année. Ne manquez pas le colloque Darwin à Paris; hélas je ne pourrai y assister car j'ai trop de copies à corriger. Ah cette vie d'hominidés !


A l'occasion du 150e anniversaire de la publication de L'Origine des espèces et le 200e anniversaire de la naissance de Charles Darwin, des doctorants de l'ENS, du CIES sorbonne et du CIES Jussieu organisent le 4 avril une journée de diffusion et de débat sur l'importance de l'oeuvre du naturaliste anglais en biologie et en sciences humaines. L'action des doctorants consistera en la présentation orale de posters organisés en séances thématiques et deux séances de présentations d'articles. Nous compterons aussi avec la présence de deux conférenciers d'exception.
Voir le
programme.

01 avril, 2009

Atelier: utilitarisme

Un atelier consacré à la pensée de Bentham:"Emancipation et biopolitique"


Intervention de Patrice Vibert (Université de Rouen)"Emancipation et biopolitique : les paradoxes de l'utilitarisme"

La présentation sera suivie d’une discussion.Samedi 4 avril 2009, 11h-12h30Université Paris Ouest Nanterre La Défense200, Avenue de la République, Nanterre Bât L, Salle 308, Gare : Nanterre Université (RER A ou train à partir de Saint-Lazare).Pour tout renseignement, contacter : contact@centrebentham.fr

L'ambition réformatrice est inhérente à l'utilitarisme depuis les travaux de Bentham. Mais les textes de cette tradition introduisent deux lignées qui semblent se contredire. Une première lignée symbolisée par le panoptique fait de l'utilitarisme le fondement théorique de la biopolitique, qui serait, selon Foucault, la figure moderne du pouvoir. Au contraire, une seconde lignée fait de l'utilitarisme une théorie libérale ou même émancipatrice. Elle est présente dans les textes de Bentham sur l'homosexualité, de Mill sur l'assujetissement des femmes, et de Peter Singer sur l'anti-spécisme. L'énumération de ces trois auteurs indique un élargissement progressif de la sphère de l'égalité des droits. Cependant, ce paradoxe peut être lui-même relativisé pour deux raisons : 1- les arguments de Bentham contre le rejet de l'homosexualité s'insèrent dans une gestion démographique qui inscrivent cette libération dans un projet biopolitique; 2- de plus, dans L'histoire de la sexualité, Foucault problématise cette libération sexuelle qui s'affirme dans la modernité en montrant que la sexualité elle-même est une production du pouvoir. Foucault se révèle donc l'analyste des deux lignées engendrées par l'utilitarisme et permet de déceler leur convergence. Cette lecture foucaldienne fait l'impasse sur deux autres principes d'interprétation:Ne plus lire la lignée émancipatrice à partir de la lignée biopolitique mais lire la lignée biopolitique à partir de la lignée émancipatrice.Prendre véritablement en compte le double fondement de la perspective utilitariste: le calcul des plaisirs et des peines et la théorie des fictions. Cette prise en compte révèle une curieuse proximité entre l'utilitarisme et les études de genre et les études queer issues des travaux de Foucault. Il sera alors possible d'interroger le statut de la notion de norme dans l'utilitarisme.