30 décembre, 2009

Albert Camus, solitaire et solidaire


Voilà un beau livre Albert Camus Solitaire et solidaire offert par mon neveu: un homme libre et généreux: je vois déjà des analogies avec George Orwell du côté anglais !

22 décembre, 2009

Contre la consommation excessive de viande !

Dans un contexte de crise, je me demande toujours pourquoi les gens pensent être heureux en consommant du foie gras ! N'oublions pas l'origine de ce mode barbare de production ! Mais plus encore, le fait de consommer en énorme quantité de la viande encourage les inégalités puisque les animaux sont de gros producteurs d'énergie ! Les paroles de l'utilitariste Peter Singer, défenseur de la cause animale, ne sont donc pas vaines: aujourd'hui, certains économistes montrent la nécessité de changer notre mode de consommation afin de réduire les disparités sociales.

Les vacances de Noël !!

Elles sont là; et ma maison est prête à accueillir demain une partie de la famille.Puis ce sera le réveillon le 31 à Gréoux.
Sinon, j'ai à préparer un entretien sur la morale sportive pour une revue et un cours sur l'éthique animale en janvier.
Bonnes vacances

17 décembre, 2009

De George Orwell à Martha Nussbaum !


A lire absolument le magazine littéraire de décembre avec les meilleurs spécialistes de George Orwell. On peut découvrir une analyse intéressante de Martha Nussbaum à propos de 1984: ce qui intéresse Orwell, c'est le coeur de l'homme.

16 décembre, 2009

Histoire et formation scientifique

Voici le propos de Patrick Ducray, prof de philo à Barcelone à propos des terminales scientiques. J'aimerais -si possible - des précisions (voir son commentaire sur le précédent message).
Je cite P. Ducray (blog, philotropes):


"En m'appuyant sur mon expérience, je ratifie cette idée. On transmet aux lycéens scientifiques des connaissances scientifiques mais on ne forme pas des esprits scientifiques. Je me souviens avoir lu il y a quelques années un article d'Henri Broch qui défendait, preuves à l'appui, qu' autant les lycéens scientifiques que les étudiants de Licence dans les disciplines scientifiques, croyaient dans l'astrologie par exemple et dans des phénomènes paranormaux autant qu'une population de gens du même âge dépourvus de connaissance scientifique. C'est au départ très décevant de réaliser cela mais je le vérifie souvent. Paradoxalement dans les classes de S, c'est l'enseignement de la philo qui peut contribuer au développement de qualités comme la rigueur conceptuelle, le respect des faits etc. Même dans ces classes, ça ne va pas de soi pour prendre l'exemple d'un être imaginaire de mentionner le fantôme. Certains accusent de préjugés celui qui croit que les fantômes n'existent pas. Comme si la prise de conscience par eux d'une historicité des sciences les conduisait majoritairement à identifier une vérité scientifique à rien de plus qu'une croyance collective (quand j'ai commencé ma carrière, les lycéens scientifiques étaient scientistes, aujourd'hui pas mal sont "postmodernes" et c'est au prof de philo de défendre quelquefois la valeur des vérités scientifiques - car spontanément ils soutiennent l'argument de l'induction pessimiste.)"

13 décembre, 2009

Que cache la disparition de l'histoire ?

Sur le blog de Philotropes (Dutant et amis), il est question de la disparition de l'histoire. Mais l'analyse me semble assez maladroite. Alors que cache la disparition de l'histoire en TS?

Le bac S (ou C) constitue depuis les années 70 la voie d'excellence en partie pour des raisons économiques. Or, à notre époque, on constate qu'il manque des scientifiques notamment dans la poursuite d'études supérieures. Mais la société a besoin de scientifiques. Par la suppression de l'histoire en TS, on espère que les élèves consacreront plus de temps aux matières scientifiques.
Mais c'est un mauvais calcul, car ce n'est pas ainsi qu'on redonnera goût à la science. L'année dernière, nous avons mené une enquête avec mon collègue de math auprès de 200 élèves de S: 40 % "avouent" ne pas avoir de goût particulier pour la science, notamment les maths, mais s'orientent ainsi par choix utilitaire (la filière S offrant plus de débouchés). Toutefois, les lacunes en science existent, et c'est au prof de philo de les combler en un an (comme le fait remarquer Patrick Ducray, prof de philo à Barcelone), alors qu'il suffirait d'intégrer une approche historique des questions scientifiques pour que les élèves puissent bénéficier d'une culture digne de ce nom ! Car au final, ce sont les "meilleurs" élèves de S qui intégreront les filières d'excellence - les grandes écoles restant une spécificité française.

Hélas, cela participe à la "destruction" de la série littéraire: pour des raisons strictement utilitaires, la société et les décideurs ont tendance à dévaloriser cette série. Et c'est avec colère qu'une ancienne élève de TL qui a obtenu plus de 17 au bac fait un constat amer de ses années à travailler pour obtenir si peu de reconnaissance.

La question n'est pas de distinguer "la culture littéraire" de "la culture scientifique", mais comment faire cohabiter la vision moderne, utilitariste du monde avec la culture scientifique et littéraire.

07 décembre, 2009

George Orwell comme personne !

Il faut saluer le travail des éditions Agone: un immense chantier sur l'oeuvre de G. Orwell se poursuit. Le directeur des éditions Agone, Jean-Jacques Rosat, commente sa découverte de cet auteur majeur.
Quant à moi, j'aime comme chez Jack London, cette liberté de pensée de l'écrivain, journaliste anglais. Mais c'est vrai que G. Orwell n'est pas entièrement compris en France, à cause justement de cette indépendance d'esprit. Et puis surtout certains intellectuels ne s'imaginent pas qu'on puisse être "socialiste", "patriote", "révolutionnaire". J'ai bien envie cette année de lire quelques extraits de l'oeuvre d'Orwell à mes élèves sur la période de la guerre froide.
Alors n'hésitez pas à consulter les ouvrages de la collection AGONE.
Voici l'entretien avec Jean-Jacques Rosat, disponible sur le site des éditions AGONE.

"Après avoir cheminé aux côtés du chroniqueur des années 30 et de l'auteur de 1984, qui mieux que lui pouvait nous parler d'Orwell ? Jean-Jacques Rosat est agrégé de philosophie. Il a été professeur en lycée (1979-1999). Depuis 1999, il est attaché à la chaire de philosophie du langage et de la connaissance au Collège de France où il exerce des fonctions de maître de conférences. Depuis 2000, il est directeur de la collection Banc d'essais aux éditions Agone (Marseille) où il a publié La politique selon Orwell (John Newsinger, 2006), A ma guise (2008) et Ecrits politiques (2009). Il a répondu aux questions d'Envrak au cours d'un entretien téléphonique.

Les textes de George Orwell sont peu édités en français. Pourquoi ?

Aujourd'hui, on peut dire que la quasi intégralité de son œuvre est accessible en français. Ça n'a pas été le cas pendant longtemps et ça a été très lent, mais aujourd'hui on a pratiquement tout. Sur la réception d'Orwell en France, il y a un contraste. D'un côté, Orwell est une espèce d'icône, on lui rend hommage régulièrement. En même temps, les grands éditeurs se sont complètement désintéressés d'Orwell, ce sont les petits éditeurs qui ont fait le travail. En Angleterre et aux Etats-Unis, Orwell est reconnu comme un penseur politique important. Il est étudié en classe en tant que maître de la prose anglaise du XXe siècle.

Comment expliquez-vous ça ?

Il y a trois types de raisons. D'abord des raisons politiques. Orwell est un homme de la gauche radicale, un socialiste révolutionnaire antistalinien, non communiste et non marxiste. Ça, en France, ça n'a pratiquement pas de place sur l'échiquier politique. Jusque dans les années 70 en France, si on était un homme de gauche radicale c'est qu'on était marxiste. Après est apparu le thème de l'antitotalitarisme, mais ceux qui ont développé ce thème sont devenus des adversaires de tout socialisme ou de toute conception égalitaire de la société : Bernard-Henry Lévy, Alain Finkielkraut... La vraie famille politique d'Orwell en France a très peu de représentants.

Deuxième raison, Orwell n'est pas non plus un théoricien. Or en France, un penseur doit avoir une théorie. Il y a enfin un mépris littéraire. En France il y a un culte de la littérature pure, alors qu'Orwell disait qu'il voulait « faire de l'écriture politique un art ». C'est mal vu. Kundera l'accuse d'avoir trahi la littérature, d'avoir fait de la propagande avec 1984.


Si je m'en réfère à ma propre expérience, j'ai étudié La ferme des animaux et 1984 au lycée, ça m'avait paru intéressant mais j'en étais resté à la surface. Et j'ai découvert le reste de son œuvre cet été. A 18 ans, je n'avais pas la maturité suffisante pour comprendre ça.

Savez-vous comment j'ai découvert Orwell ? J'ai commencé à le lire à 35 ans. C'est un élève qui me l'a fait découvrir, en cours de philo. J'avais l'idée que c'était un truc dans le genre Le meilleur des mondes, ça ne m'intéressait pas. J'ai découvert que c'était un très grand roman politique et philosophique sur la vérité, le langage, la mémoire, le pouvoir. Très vite, j'ai fait lire 1984 à mes élèves, j'ai fait des cours en m'en servant.

En quoi les écrits d'Orwell sont si modernes ? Que nous disent-ils sur notre époque ?

La préoccupation d'Orwell, c'est l'homme ordinaire, vous et moi, tout un chacun. Pour juger, nous nous appuyons sur nos expériences, notre environnement quotidien. Orwell avait compris qu'il y a des forces dans le monde moderne qui détruisent l'homme ordinaire, qui le coupent de sa propre expérience et qui font en sorte qu'on ne juge plus à partir de ce qu'on voit et de ce qu'on entend, mais en étant pris par la déformation permanente de la langue. On en a des exemples tous les jours. C'est toujours notre problème d'aujourd'hui.

Ce qui intéresse Orwell, ce ne sont pas les camps de concentration, la torture, c'est la façon par laquelle on cherche à remodeler les esprits. Ça existe aussi dans des systèmes qui ne sont pas totalitaires. Regardez la manière dont Bush a voulu justifier la guerre contre l'Irak avec les armes de destruction massive qui n'existaient pas, c'est un procédé typiquement « orwellien ».

Récemment, il y a eu cette histoire avec Sarkozy qui racontait avoir été à Berlin le 9 novembre 1989 en dépit de toute vraisemblance...

Que des gens aient commencé à trafiquer leurs blogs ou leurs interviews pour coller avec la version du Président, c'est typiquement un procédé de falsification comme le décrit Orwell. C'est un signe du mépris absolu de la réalité et des faits. Je pense que sur le fond, c'est grave. Même s'agissant d'un « événement » aussi ridiculement mince. Le fait qu'on essaie de le faire, et que ça soit près de réussir, c'est très important.

Pourriez-vous définir la notion de common decency, si importante dans l'œuvre d'Orwell ?

La moins mauvaise traduction, c'est la décence commune. C'est le sentiment qu'il y a des choses qui se font et d'autres qui ne se font pas. C'est presque instinctif, spontané. On peut avoir cette réaction quelle que soit notre morale ou notre religion : c'est un sentiment d'injustice insupportable, ça ne devrait pas exister. Le meilleur exemple de décence commune, c'est ce qui se fait aujourd'hui avec les enfants de sans-papiers quand les flics viennent les chercher à la sortie de l'école. Des gens qui ne sont pas des militants, qui n'ont jamais milité, trouvent ça insupportable : ce n'est pas possible, on ne peut pas laisser faire ça. Et ils agissent, parfois au-delà des limites de la légalité.
Orwell a toujours défendu l'idée que sans le socle de la décence commune, il n'y a pas de société socialiste ou même tout simplement humaine possible. On a besoin d'un socle de valeurs de base sur lequel s'appuyer pour vivre ensemble. Cette idée a une force politique. Ceux qui allaient se faire tuer sur des barricades, ce n'était pas pour la collectivisation des moyens de production, mais pour une société plus décente et plus fraternelle. Si on oublie ce socle, les réformes les mieux pensées n'aboutiront à rien.

Parlez-nous de l'organisation des éditions Agone. Comment se répartissent les responsabilités? En quoi cette organisation est originale dans le milieu de l'édition ?

Agone est une association. On ne fait pas de profit, on ne reçoit pas de prêt bancaire. On est donc totalement indépendants. Le fonds appartient collectivement aux salariés, ainsi que les locaux. Dans le monde de l'édition, cette indépendance est très rare. Les décisions sont prises collectivement. Il y a des salariés et des collaborateurs extérieurs comme moi. Ainsi le directeur de la collection Mémoires sociales est par ailleurs postier.. Sur place, il y a un mode de fonctionnement communautaire qui gomme les hiérarchies. Ça ne veut pas dire que tout le monde fait tout, chacun a ses compétences. Chacun peut rester lui-même et il y a un grand respect des individus.

Avec Lyberagone, vous mettez en accès libre des textes et des livres sur Internet...

Notre but, ce n'est pas d'accumuler de l'argent ou de devenir un empire éditorial. Notre but est de faire connaître, de faire circuler, d'éditer des textes qui nous paraissent importants. On ne pourrait pas mettre toute notre production en ligne, bien sûr. Mais pour beaucoup d'ouvrages, il n'y a pas de concurrence entre l'édition papier et l'édition électronique. On ne lit pas de la même façon sur un écran et dans un livre : vous découvrez en ligne un extrait qui vous intéresse, est-ce que vous allez tout lire en ligne, ou essayer d'acheter le livre ? Avec les nouvelles technologies, il y a une part d'incertitude, on ne sait pas quels seront les usages dans dix ou vingt ans. Si on réfléchit bien à ce qu'on fait, il peut y avoir complémentarité entre les deux supports. Et comme on ne cherche pas à faire du profit, ça nous met à l'aise."

Verlad

05 décembre, 2009

DIEU en personne


J'ai découvert à partir de l'avis des documentalistes de mon lycée une BD remarquable: "Dieu en personne". C'est très original et assez subtil. A découvrir:


"Dans une file d’attente, un petit bonhomme attend patiemment son tour. Au moment de décliner son identité, il se présente sous le nom de "Dieu". Il n’a pas de domicile, pas de papiers, ni de numéro de sécurité sociale.
L’irruption de cette énigme métaphysique "en personne" déclenche un phénomène médiatique majeur car la confirmation de certains prodiges ne laisse plus de place au doute. Dieu s’est incarné parmi les hommes, mais le moment de stupeur passé, c’est un procès géant qui va bientôt s’organiser contre ce "Coupable Universel"."

29 novembre, 2009

Marc Jeannerod et le cerveau

A signaler la parution d'un livre de Jeannerod; sûrement passionnant !


"Le Cerveau volontaire
La volonté est au cœur de la réalité humaine, elle est la manifestation de notre être intérieur. Comment le cerveau assure-t-il sa mise en œuvre ? Paradoxalement, il semblerait que son activité se développe à l’insu de l’auteur et anticipe l’apparition de l’expérience consciente. La conscience d’être l’auteur d’une action ne serait-elle donc qu’une illusion ?"

25 novembre, 2009

La condamnation morale !

Une formule profonde:" Que celui qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle."
Voilà pourquoi, je déteste les jugements moraux hâtifs, les jugements de groupe ! Et pourtant, je suis une non-croyante !

22 novembre, 2009

La main de Thierry Henry

Je me demande bien pourquoi on fait de "la main" d'Henry un tel sujet à polémique ! D'abord, il y a bien longtemps que l'éthique dans le domaine du football est discutable. Ensuite, on peut comprendre la réaction d'un joueur qui vient de permettre la victoire de son équipe. Et enfin, il aurait fallu un grand sens de l'honneur et de la justice pour aller se "dénoncer" auprès de l'arbitre. Ce n'est pas pour cette raison qu'on peut qualifier un joueur de "tricheur"...pour un simple réflexe. Mais ce qui est intéressant, ce sont les réactions morales des gens.
Pour moi, le geste du joueur français n'est certes pas louable mais non l'objet d'un blâme; il n'y a pas l'intention consciente de nuire.
Bon on aborde la question de l'éthique avec Thierry Long, mon collègue de Nice ,avec les étudiants-infirmiers le 9 décembre.

18 novembre, 2009

Les chiens au Canada

Les chiens au Canada ont besoin de vous ! Il est possible de faire des dons.

"Our team saved suffering sled dogs from likely death.

Help us rescue animals in situations like this, and work for stronger anti-cruelty laws


Imagine being left in a forest, chained to a tree, without regular access to proper food, clean water or adequate shelter. Imagine growing more and more desperate as the days and weeks go by, your cries unanswered.

For approximately 100 neglected sled dogs in Québec, this was reality until their owner surrendered them, and Humane Society International and the SPCA Laurentide-Labelle arrived to rescue them. Please consider a donation to help us stop this kind of suffering.

As we walked onto the property, my heart broke. The huskies had been chained to plywood structures over barren stretches of frozen mud. Hungry and dehydrated, they were unable to move more than the two-meter radius their chains permitted.

I am always amazed by the power of dogs to forgive. It was as if they realized we were there to help them, and slowly the miserable, emaciated huskies began to wag their tails as we approached. The dogs began to bark in excitement, but one remained quiet, waiting as his friends were rescued. I went to him and, as I grew closer, I realized he was blind because of cataracts—another casualty of the neglect these dogs endured. Carefully, we walked him to freedom, and the promise of a better life.

We arrived just in time. Winter is coming, and many of these dogs may not have survived without our intervention. With extreme cold temperatures approaching, these dogs—including a number of puppies—could have faced a horrific death.

Thankfully, our rescue operation was a complete success. One by one, we led or carried the dogs into our Emergency Services vehicle, and transported them to our emergency shelter an hour away—space generously donated by a local businessperson. There, dedicated volunteers from United Animal Nations will provide round-the-clock care, while SPCA LL veterinarians will treat and vaccinate the dogs. Once healthy, these deserving dogs will be adopted out to loving homes in Canada and the United States.


While these lucky dogs are now safe in their warm, temporary enclosures, so many more less fortunate animals across Canada still face neglect and abuse. With your help, we can ensure sled dogs and other animals do not have to face this kind of misery again.

Please give what you can to help us continue to fight cruelty by rescuing animals and advocating for stronger laws.

Together, we can make animal suffering a thing of the past.

Sincerely,

Rebecca Aldworth
Director
Humane Society International/Canada

15 novembre, 2009

Inertie clinique

A Paris, j'ai assisté à quelques conférences du colloque "Sciences et décision". Mais j'ai découvert en quoi consiste l'inertie clinique. Grâce aux explications de Gérard Reach, j'ai pu comprendre que le médecin ne fait pas toujours ce qu'il devrait faire; bref une vraie révolution in my mind !

07 novembre, 2009

Ce n'est qu'un animal !


A lire "Ce n'est qu'un animal après tout", Cahiers antispécistes, de David Furrer: la réflexion porte sur l'éthique animale.


Voici un extrait:

"La maman du premier humain au premier humain :
« Ce n'est pas bien de manger ton papa ! »
Le premier humain :
« Mais ce n'est qu'un animal après tout ! »

Cet essai va aborder la question d'éthique normative de savoir où doit s'arrêter notre considération morale. On peut en effet se demander si nous n'avons pas des obligations morales en dehors de celles que nous avons à l'égard des représentants de l'espèce humaine que nous côtoyons. Est-il possible d'envisager des obligations à l'égard des animaux ou des générations futures ? C'est une question qui fait débat dans la philosophie morale depuis l'antiquité – pour les animaux du moins – mais qui a connu un regain d'intérêt depuis une quarantaine d'années, principalement dans la philosophie anglo-saxonne, et qui a parfois été appelée problème du périmètre. Nous allons nous intéresser plus particulièrement au statut moral des animaux : quelle considération morale leur doit-on ? Doivent-ils être inclus dans le périmètre ou rester au-delà ? "

04 novembre, 2009

La philosophie est un sport de combat !

Je reprends bien évidemment cette expression de Pierre Bourdieu. Je n'aime pas le milieu philosophique que je trouve fermé et clanique. Sans doute réside -t-il de l'arbitraire dans cette affirmation, mais tant pis.
Reprenons mon parcours philosophique (je suis obligée de changer les noms pour ne pas porter atteinte aux individus).

- octobre 2003: je démissionne d'une association de philosophie, stalinienne dans son fonctionnement (je suis pourtant membre responsable à Marseille); ils défendent un certain type de philosophie IUFM. Je découvre l'idéologie dominante, la haine des uns et des autres.
- septembre 2005: mon premier article "au nom du principe de précaution" est refusé par une revue de la Sorbonne; je constate que l'argument de cette revue est mauvais et que son rédacteur en chef n'écrit pas de bons articles; je me rebelle et publie mon article dans une autre revue;
- novembre 2006: mes écrits sont censurés dans une liste de philo à propos "des crimes sans victime" de Ruwen Ogien; je me rebelle contre les libertariens et réussit à écrire un article à ce sujet ("la reconnaissance de la dignité"); mes amis ont été choqués de ces prétendus libéraux.
- juin 2009: je me fais insulter par une personne pédante de Genève, très manipulatrice et perverse; écrasée par le travail, je parviens néanmoins à publier un article dans la revue "Philosophoire" (d'autres attendent), sans piston, sans soutien universitaire.

Je m'explique:

La France est un pays où subsistent de profondes hiérarchies: les universitaires mal reconnus par l'Etat (les Universités françaises ont un caractère pitoyable) ont besoin de serviteurs; les jeunes philosophes "servent" (non des causes) mais des individus dans le but d'avoir des postes.
En revanche, Les hauts-fonctionnaires de l'Etat ont le prestige social; ils disposent de moyens considérables (énarque,mon frère a été sous-préfet, juge de fond, financier... il est "d'accord" avec moi sur le principe lors de nos longues discussions...). Bref, dans la lutte pour la reconnaissance, il y a ceux qui ont le prestige symbolique (les universitaires) et ceux qui ont le prestige social (administrateurs, hauts-fonctionnaires, hommes politiques); cela ressemble à l'analyse de Bourdieu...

Quand on aime la philosophie, on ne s'y retrouve pas: la comédie est de rigueur. Mais quand on a trouvé sa voie, il faut persévérer. Heureusement, il y a Bourdieu et Lévi-Strauss : la philosophie est une bonne chose sauf quand on en fait une parure.

Philosophes, réveillez-vous !

Hommage Claude Lévi-Strauss


Le collège de France rend hommage à Claude Lévi-Strauss; à lire l'entretien de son fils spirituel Philippe Descola.

http://www.college-de-france.fr/media/college/UPL12800_lettre_LStrauss.pdf

03 novembre, 2009

Disparition de Claude Lévi-Strauss


Claude Lévi-Strauss, un grand de ce monde, est décédé. L'année dernière, il avait fêté son centenaire.


A lire dans le magazine "Sciences humaines":
Edito : Pour une archéologie de l'esprit humain
Nicolas Journet et Jasmina Sopova
« Le don quichottisme, me semble-t-il, c’est, pour l’essentiel, un désir obsédant de retrouver le passé derrière le présent. Si d’aventure un original se souciait un jour de comprendre quel fut mon personnage, je lui offre cette clé ». Ainsi parlait Claude Lévi-Strauss à Didier Eribon en 1988. Il avait alors quatre-vingts ans, et cette année 2008 est celle de son centième anniversaire que l’on se prépare à célébrer. Au cours de ce siècle C. Lévi-Strauss a accompli ce que peu de scientifiques réalisent : une carrière d’ethnologue des Amériques, une renommée d’écrivain et un rôle de déclencheur d’une révolution intellectuelle nommée « structuralisme ».

02 novembre, 2009

Un philosophe en sociologie



Est-ce une gageure que de déserter la philosophie pour la sociologie ou bien faire oeuvre de politique ?


"Un philosophe en sociologie"
Marie-Anne Lescourret



Parution : octobre 2009
Edition : PUF
Collection "Débats philosophiques"

"La renommée nationale et internationale de Pierre Bourdieu lui est venue de la sociologie, une sociologie un peu particulière, dite « des élites », ou plus communément, « de la domination », au fil de laquelle il ne se fit pas faute de fustiger les représentants de celle qu’il appelait « la discipline du couronnement », la philosophie.
C’était là pourtant son terroir d’origine, sa formation première, et la seule dans laquelle il possédât un diplôme (l’agrégation). Mais il ne voyait dans ses anciens « collègues » que des lectors figés dans une position scolastique qui les éloignait des urgences du monde et du « sens pratique ».
Pourtant, c’est à l’aide de la philosophie (dite « analytique ») qu’il critique la philosophie (sartrienne, heideggerienne), et vise à l’éduquer, qu’il forge les concepts majeurs de sa sociologie, comme l’habitus, la violence symbolique. Et l’enjeu de ses recherches est encore un enjeu philosophique, qui le rapproche de ceux qui ont voulu transformer le monde, au lieu de se borner à le penser."
Source: Blog, nouvelles philosophiques, Didier Moulinier

01 novembre, 2009

Et dans 150 ans !


Et dans 150 ans, on s'en souviendra pas

De ta première ride, de nos mauvais choix,

De la vie qui nous baise, de tous ces marchands d'âmes,

Du type qui vote les lois là bas au gouvernement,

De ce monde qui pousse, de ce monde qui crie,

Du temps qui avance, de la mélancolie,

La chaleur des baisers et cette pluie qui coule,

Et de l'amour blessé et de tout ce qu'on nous roule,

Alors souris.

RAPHAEL
http://www.youtube.com/watch?v=z3gAPnZjsqQ

30 octobre, 2009

Cité philosophie 2009


Un très beau programme cette année du 12 au 29 novembre 2009 à Lille: le savoir comme je l'apprécie ! Et en plus, on peut boire de la bière et manger des frites à Lille !


"Citéphilo est un événement annuel organisé par l'association Philolille. Cette année, du 12 au 29 novembre 2009, retrouvez plus de 90 conférences, avec en ville invitée, Berlin."
www.citephilo.org

29 octobre, 2009

Pourquoi ne suis-je pas normative ?

La dernière fois, en sortant de cours, je m'entretiens avec mon cher collègue des sciences médicales et lui parle de ma perplexité face au test de Milgram: pourquoi en majorité les gens se soumettent-ils à l'autorité même quand ces derniers savent qu'elle est abusive ? Et lui de me répondre:"Parce que nous sommes normatifs !"
J'avoue m'être intéressée à ces questions assez tôt; mon DEA portait sur la question des normes sociales (source d'inspiration: Jon Elster). Mon personnage en tant que tel n'est pas "normatif". Je m'explique: j'ai remarqué en dix ans d'expérience que les gens ont tendance à suivre les normes d'un groupe même quand elles sont injustes.

La patience des concepts

J'avais signalé en avril la parution d'un livre Kant sans le kantisme, articles réunis de Gérard Lebrun, historien de la philosophie à Aix-en-Provence. Il est évident que la disparition, en décembre 1999, de ce grand philosophe a laissé ses disciples tristes. A lire sur le site de La vie des idées, le résumé d'Antoine Grandjean. Je cite un extrait (je suis tout à fait d'accord avec cette manière de concevoir les choses):

"Comme bien des enquêteurs, Lebrun est donc un sceptique que sa passion pour le problématique empêchera de devenir jamais blasé. Son talent rend la lecture de ses récits passionnants. Et tant mieux si quelques « touchantes légendes universitaires » n’en sortent pas indemnes".

28 octobre, 2009

Programme JS MILL



Attention, un beau programme est prévu en novembre: colloque John Stuart Mill le 19 novembre (quant à moi, je serai en train de déménager !!).

Le Centre Bentham vous informe de la manifestation suivante qui se déroulera dans le cadre de la
8ème journée mondiale de la philosophie :

Cent Cinquantenaire de
De la liberté de John Stuart Mill
(1859-2009)

Jeudi 19 Novembre 2009
Maison de l’UNESCO, Salle IX, 125 avenue de Suffren, 75007 Paris
Métro : Ségur ou Cambronne

Programme :

9.30 / Ouverture, Pierre Sané, Sous-directeur général pour les Sciences sociales et humaines à
l’UNESCO.

9.40 / Allocution inaugurale, Monique Canto-Sperber, Directrice, Ecole normale supérieure (Ulm).

10.00 / Catherine Audard, London School of Economics and Political Science (Royaume Uni):
« Solidarité et liberté individuelle: John Stuart Mill et l'invention d'un ‘‘nouveau’’ libéralisme
solidaire ».

10.40 / Pause

11.00 / Irina Myurberg, Senior Research Fellow, Institute of Philosophy, Russian Academy of
Sciences (Russie):
« ‘‘?ne very simple principle’’: Mill’s On Liberty as a Part of Truth Procedure for Liberalism
(case study) ».

11.40 / Serge Audier, Université Paris IV - Paris Sorbonne (France) :
« Mill et Tocqueville : deux voies du libéralisme ?

12.20 / Répondant : Anne Fagot-Largeault (Collège de France).

12.30 / Pause Déjeuner

14.00 / Soumaya Mestiri, Université de Tunis (Tunisie):
« Mill et la question du droit des femmes : le cas d'un libéralisme atypique ».

14.40 / Nadia Urbinati, Columbia University (Etats-Unis):
« Dissenting Democracy: John Stuart Mill on the Political Virtue of the Moderns ».

15.20 / Répondant : Jean-Pierre Cléro (Université de Rouen).

26 octobre, 2009

Les travailleuses du Care

Il est agréable de recevoir le numéro de la revue Philosophoire (La Politique): j'ai écrit ce numéro en mémoire de ma grand-mère, aide-soignante à Rouen; de l'humanité et surtout le souci des autres.
Les photos sont splendides...

Les écrits politiques, George Orwell



Il faut absolument lire Les écrits politiques, textes inédits et réunis; Agone, Banc d'essais, septembre 2009;

Ecrits politiques (1928-1949)
G. Orwell
Banc d’essais, septembre 2009
Traduit de l’anglais par Bernard Hoepffner
Préface de Jean-Jacques Rosat


Dans un texte destiné au journal Tribune, George Orwell en 1943 analyse les rapports du socialisme et du bonheur :
« Le véritable objectif du socialisme est la fraternité humaine. C’est ce que tout le monde pense plus ou moins, bien que ce ne soit pas souvent dit, ou en tout cas pas suffisamment fort. Si les hommes s’épuisent dans des luttes politiques déchirantes, se font tuer dans des guerres civiles ou torturer dans les prisons secrètes de la Gestapo, ce n’est pas afin de mettre en place un paradis avec chauffage central, air conditionné et éclairage a giorno mais parce qu’ils veulent un monde dans lequel les hommes s’aiment les uns les autres au lieu de s’escroquer et de se tuer les uns les autres. »(Les socialistes peuvent-ils être heureux ? ; 1943). Le fondement du socialisme est l’humanisme d’après Orwell.
C’est avec force que l’auteur de 1984 et de La ferme des animaux défend les valeurs du socialisme contre toutes les utopies du XIXème siècle et toutes les formes de totalitarisme du XXème siècle.

Saluons la parution des quarante-quatre textes inédits et réunis dans l’essai Ecrits politiques traduit par Bernard Hoepffner en septembre 2009. On y découvre d’abord un Orwell opposé à toute impérialisme notamment celui de l’empire britannique sur la Birmanie. Il faut se souvenir que le jeune Eric Blair a été officier en Birmanie en 1922. Mais très tôt, il s’est détourné d’une carrière prometteuse par dégoût de l’exploitation humaine. Il choisit donc de devenir l’écrivain George Orwell.Il dénonce le racisme colonial et compare même ce système d’exploitation au racisme nazi :
« Mais le racisme est quelque chose de tout à fait différent. Ce n’est pas l’invention de nations conquises mais de nations conquérantes. C’est une manière de pousser l’exploitation au-delà des limites normalement possibles en prétendant que les exploités ne sont pas des êtres humains. »
Effectivement au cours de l’histoire humaine, la logique impérialiste a toujours justifié le rapport de domination des blancs sur les noirs par exemple et l’empire britannique ne constitue qu’un cas de figure parmi d’autres :
« En Birmanie, j’ai entendu des théories raciales qui étaient moins brutales que les théories de Hitler à propos des juifs,mais certainement pas moinsimbéciles. » (Notes en chemin, mars 1940).
Le racisme et l’impérialisme ne sont donc que les formes larvées d’une logique de l’exploitation humaine. Il faut ainsi les combattre et dès 1939 se pose la question de savoir s’il faut considérer les démocraties libérales, bourgeoises comme des formes dégénérées de fascisme. Orwell est conduit dans le journal de gauche The Left News en 1941 à préciser sa position : il est évident qu’on ne peut pas dénigrer la démocratie. Et il est aussi absurde de faire du nazisme « un déguisement du capitalisme monopolistique ». Il apparaît alors chez Orwell ce que l’on appelle « un patriotisme révolutionnaire » :
« Si je devais choisir entre l’Angleterre de Chamberlain et le genre de régime que Hitler voudrait nous imposer, je choisirais l’Angleterre de Chamberlain sans hésiter un instant. Mais cette alternative n’existe pas dans la réalité. Pour le dire crûment, le choix est entre le socialisme et la défaite. Nous devons aller de l’avant ou périr. » (Fascisme et démocratie, février 1941).
Mais que l’on ne s’y trompe pas : George Orwell milite pour un socialisme tel qu’il n’a jamais existé en Angleterre ; la guerre contre Hitler, c’est aussi la possibilité d’une réalisation du socialisme à l’anglaise. Pour cela, notre journaliste n’hésite pas à passer par la violence si la force de l’idéal l’exige :
« Lorsque le véritable mouvement socialiste anglais apparaîtra…il sera à la fois révolutionnaire et démocratique. Il aura pour but les transformations les plus fondamentales et acceptera d’utiliser la violence si besoin est. » (Fascisme et démocratie).
Même si l’histoire va à l’encontre des espoirs d’Orwell, il faut sans doute rendre hommage à l’engagement de l’écrivain anglais pendant la guerre civile en Espagne. Les écrits politiques retracent le parcours du militant auprès du POUM - parti ouvrier antistalinien - à Barcelone. Là Orwell passe près de la mort et constate comment les communistes ont liquidé ce mouvement :
« Lorsque le POUM –l’opposition de gauche (les prétendus trotskistes) qui émanait du communisme espagnol – a été interdit les 16-17 juin, le fait lui-même n’a surpris personne. » (Témoin oculaire à Barcelone, the socialist forum). L’écrivain anglais est contraint de s’enfuir pour échapper à la répression communiste. Il n’aura de cesse alors de défendre l’honneur de ses camarades du POUM torturés et emprisonnés.
Le mérite de George Orwell réside dans son engagement et dans ses choix lucides. Il faut retenir de lui un homme conscient de l’exploitation humaine et des forces du totalitarisme. Contre tout pessimisme, l’auteur de La ferme des animaux refuse l’alternative de la dictature ou du capitalisme. Citons Orwell :
« La morale, selon moi, est que les révolutions n’engendrent une amélioration radicale que si les masses sont vigilantes et savent comment virer leurs chefs dès que ceux-ci ont fait leur boulot. » (Sur la signification de La Ferme des animaux(5 décembre 1946). "

18 octobre, 2009

Afghanistan


Ce Week-end, j'ai regardé une centaine de photos d'Afghanistan; mon neveu est reporter dans l'armée et est resté trois mois en mission. Je me pose une question: la démocratie est-elle possible ?

17 octobre, 2009

SLAM: essai


Je propose un essai Slam... Bon, il y a du travail ! Une idée très simple s'exprime ici: autrefois, la philo analytique s'apprenait à la fac. Or, aujourd'hui ce sont les minets de Normal Sup qui s'en emparent avec le vieux matériel dialectique. Or, c'est cela que j'ai contesté dans les années 2001. Je dois essayer de convaincre une personne dans un mois de cet état de fait.


Je viens d’un village de Provence
C’est là où tout commence
Ici tout le monde parle et à table ça discute dur
On t’aime si t’as du courage, si t’as un cœur pur

Refrain

A la fac j’ai découvert la philo analytique
La philo analytique c’est pas fait pour les moustiques
Qui piquent
viens pas avec ton agreg, ta dissert et ton plan dialectique
la philo analytique c’est une révolution
pas pour les minets, qui cherchent à faire sensation

dans ma famille les hommes ont le sens du devoir
dans ma famille les femmes veulent la révolution
pas d’idée toute faite, pas d’idéologies à faire valoir
juste de la folie et le goût de l’action

Refrain
A la fac j’ai découvert la philo analytique
La philo analytique c’est pas fait pour les moustiques
Qui piquent
viens pas avec ton agreg, ta dissert et ton plan dialectique
la philo analytique c’est une révolution
pas pour les minets, qui cherchent à faire sensation


16 octobre, 2009

des projets !


Je cours, je cours: mercredi à Toulouse pour mon inscription en psychologie, puis dans un mois à Paris et sans doute la réalisation d'un grand rêve: écrire ce que Wittgenstein n'a pas voulu écrire! Tout de même !

Ballades du beau hasard !


En accord avec ma collègue de lettres, nous avons travaillé le thème du bonheur par une approche littéraire et philosophique; et maintenant, il faut mettre le tout en musique. Alors laissez-vous guider par Paul Fort:


"Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y-vite.

Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite. Il va filer"


Quelques élèves sont souvent convaincus que les méchants peuvent être heureux; et à l'appui, ils me citent les méchants de James Bond ou de la guerre des étoiles. En tout cas, cette "évidence" me laisse toujours perplexe: "prendre du plaisir" à faire souffrir autrui me semble relever d'une pathologie. Pour le moment, il est trop tôt pour exposer les thèses de Socrate, Aristote.

14 octobre, 2009

Formation infirmiers: la réforme est en marche !


Je me permets de répondre à une personne qui a laissé un message à propos de la préparation IFSI: une réforme est engagée et nous essayons à partir de notre propre cursus - secteur médical, secteur social, philosophie - de contribuer à la formation des infirmiers. Cela exige du travail de ma part mais je suis convaincue que cela peut NOUS enrichir mutuellement (des intervenants sont prévus dans le domaine du sport, de la bioéthique...). Quant à la philosophie, elle a un sens pratique pour moi; elle me permet de mieux cerner les problèmes.
" La réforme des études d’infirmier est en marche
Avril 2009

Sources : www.infirmiers.com

Le Président de la République a demandé le 13 mars 2009 au Ministre de la Santé d’engager la concertation sur le volet statutaire de la réforme de la profession d’infirmier liée à la reconnaissance de la formation dans le cursus LMD.
Le Président a rappelé que la France comptait 450 000 infirmiers soit une densité de 7,7 pour 1000 habitants, moindre qu’en Allemagne ou au Royaume Uni.
La reconnaissance au niveau licence permettra d’augmenter les rémunérations, les nouveaux infirmiers seront en catégorie A, les anciens diplômés devraient suivre.

Une réunion de synthèse des groupes de travail sur l’intégration des formations paramédicales dans le dispositif LMD devrait se tenir au Ministère mardi 5 mai.
Les ISI devraient se regrouper au niveau de la région, de l’inter-région ou de l’Académie dans un groupement de coopération sanitaire (GCS) pour passer convention avec les Universités.
L’objectif est de mettre en place le dispositif de coopération dès la rentrée 2009 avec le nouveau référentiel de formation de la profession.

Selon Monique Formanier, formatrice à l’association de recherche en soins infirmiers, les changements portent sur :
- la discipline infirmière
- l’adéquation entre la formation théorique et les terrains de stage
- la finalité de la formation.
Selon elle, parler d’enseignement universitaire, c’est reconnaître que les soins infirmiers sont une science fondée sur une discipline spécifique. L’enseignement des soins devra se faire à partir de données probantes toutes basées sur des recherches.
Dans la pédagogie de la compétence, l’enseignement se fait sur un mode inductif alors que l’enseignement théorique est déductif. L’infirmier est d’autant plus à l’aise pour adapter les soins à un patient particulier qu’il en maîtrise parfaitement la base standardisée.
Le nouveau programme est centré sur les compétences, met l’accent sur les savoirs fondamentaux et les savoirs procéduraux.
Les étudiants doivent comprendre à la sortie de l’IFSI qu’ils devront continuer à se former. Le rôle des enseignants devra évoluer avec une dimension pédagogique réelle.
Les programmes dataient de 1992, les nouveaux programmes vont tenir compte
- de la mise en adéquation des compétences infirmiers avec la demande de soins de la population
- de la nécessité de présenter les diplômes sous forme de référentiels d’activités, de compétences et de formation
Dix compétences avec des critères d’évaluation et leurs indicateurs ont été retenus dans le référentiel.
Le référentiel de formation vise à :
- répondre aux besoins de santé
- professionnaliser le parcours des étudiants
- développer l’autonomisation, la responsabilisation et la réflexibilité de l’étudiant
- développer une éthique professionnelle
La durée de la formation est de trois ans (six semestres de vingt semaines, 4200 heures sur la base de 35h semaine). La formation théorique sera de 2 100 heures, celle clinique également.
Le travail personnel est estimé à environ 300 heures par année.
Le diplôme sanctionne un niveau validé par 180 crédits ECTS (120 pour les enseignements en IFSI).
Un système de compensation entre certaines unités est possible sous réserve d’avoir une note d’au moins 9/20.
Pour passer en seconde année, il faut avoir validé deux semestres ou 48 crédits sur 60. "

Journée mondiale de la philosophie: John Stuart Mill


Un grand moment s'annonce: la célébration d'un grand livre et d'un grand auteur.
J'ai une grande admiration pour cet auteur.
(Bon, je ne retrouve pas l'ouvrage en anglais; il est dans un carton...en vue de mon futur déménagement !)


Journée mondiale de la philosophie - Congrès international sur John Stuart Mill
"Il y a cent cinquante ans la publication De la liberté de John Stuart Mill, ouvrage capital de la philosophie politique, sociale et morale, a vu le jour. Un congrès international sera organisé autour de cet ouvrage, au Siège de l’UNESCO à Paris, le 19 novembre 2009.
A travers son ouvrage, John Stuart Mill, philosophe et économiste britannique du XIXe siècle, entendait défendre et promouvoir « un principe très simple, fondé à régler absolument les rapports de la société et de l’individu », et qui « veut que les hommes ne soient autorisés, individuellement ou collectivement, à entraver la liberté d’action de quiconque que pour assurer leur propre protection ».
Le congrès mettra en avant l’actualité et la force de ce principe dans ses dimensions philosophiques, morales, sociales, politiques et religieuses, en interrogeant à la fois les fondements, les conséquences mais aussi les limites de cette problématique.
Des orateurs venant d’horizons différents se réuniront pour exposer leurs compréhensions de ce « principe très simple » mais capital dont ils diront comment il peut encore guider nos sociétés d’aujourd’hui."
L’événement est co-organisé avec la Chaire de philosophie des sciences biologiques et médicales du Collège de France et l’Université de Paris VII.

Les travaux se dérouleront seulement en français.

L’entrée se fera au 125 Avenue de Suffren 75007 Paris.

11 octobre, 2009

Philosophoire: publication !



Le dernier numéro de Philosophoire paraît le 17 octobre;
je suis vraiment contente d'être publiée et surtout heureuse de ma dédicace.

La Politique-paraît le 17 oct.



Le n°32 est disponible en avant-première au Salon de la Revue les 17 et 18 oct. Espace des Blancs-Manteaux, Paris 4ème arr.

Photo: Vincent Citot (couverture de la revue)


Editorial : pourra-t-on jamais en finir avec la politique ?
Claude OBADIA

LA POLITIQUE

Entretien avec Vincent PEILLON
Claude OBADIA

Entretien avec Lucien SEVE
Laurent PROST

L’obscurantisme démocratique. Prolégomènes à une déconstruction
du discours intimidant
Laurent FEDI
Les femmes en démocratie, la politique contre les mœurs ?
Frédéric DUPIN

D’un « cercle-carré » : la « démo-cratie »
Benoît SCHNECKENBURGER

Les échanges dans les Principes de la philosophie du droit de Hegel
Claude OBADIA

Notes sur la Russie et l’âme russe
Alexis PHILONENKO

Emmanuel Levinas : une intuition du social
Pierre HAYAT

Care et politique : la voix des femmes
Laurence HARANG


LES LIVRES PASSENT EN REVUE

La démocratie en errance ?
Benoît SCHNECKENBURGER

Jacques Rancière et la politique, de Christian Ruby
Stanislas D’ORNANO

Au lieu de soi, de Jean-Luc Marion
Alain SAUDAN


Parutions récentes / Livres reçus


HORS-THEME

Descartes et la morale de la certitude
Frédéric DUPIN

Est-ce en forgeant qu’on devient forgeron ? Dialogue entre
Alain et Freinet
Baptiste JACOMINO

09 octobre, 2009

R POSNER: a failure of capitalism



A lire sur le site de La vie des idées , l'analyse de R Posner à propos de la crise économique par Mathieu Perona.

M. Perona est un ancien élève d'une rare intelligence et d'une grande humilité. En Terminale, il voulait être chercheur et brillait dans toutes les disciplines. Et plus tard, en classe préparatoire, il a réussi à passer son 2ème dan d'aïkido et à apprendre le japonais!! Mais il ne se comporte pas en brillant élève: il est tout simplement d'une grande humanité.

Il faut traduire:

Souvent, je m'ennuie atrocément à l'intérieur des cercles philosophiques pour la bonne raison que les individus ne cessent de vouloir briller (abus de la rhétorique, pédantisme,orgueil démesuré). Voilà pourquoi je m'enrichis dans les autres domaines et je fais ainsi de la philosophie...


"Si l’on n’est pas obligé de partager les conceptions conservatrices de Richard Posner, son dernier livre offre une analyse fine et accessible de la crise financière et des réponses de l’État américain. Il montre comment la catastrophe n’est pas le fruit d’un aveuglement coupable mais le résultat de décisions individuelles rationnelles, dont les conséquences sur l’ensemble du système financier n’ont pas été intégrées au moment où elles furent prises."
M. Perona, La vie des idées

07 octobre, 2009

Préparation IFSI

J'ai commencé mon premier cours pour la préparation au concours d'infirmier: beaucoup de pression. Mais j'aime bien travailler avec un public diversifié -du demandeur d'emploi, au salarié en passant par l'étudiant. On se rend compte que les études de philosophie ne servent pas simplement à être entre gens de bonne compagnie mais plutôt à s'investir dans des questions pratiques: la dignité, le soin, la maladie... Cela dit, il faut préparer chaque mois trois textes et un dossier de presse en relation avec le sujet proposé. Et la prochaine fois, je compte bien m'appuyer sur un spécialiste en médecine, puis un universitaire et une féministe: du travail en perspective en plus des cours et de l'ECJS !!

04 octobre, 2009

Annonce colloque

Le colloque Sciences et décision se tiendra à Paris. Hélas, je ne peux venir montrer ma contribution.
Voir le très beau programme sur le site de SPS.
IIIe Congrès de la Société de philosophie des sciences (SPS )
Paris, 12, 13 et 14 novembre 2009

Thème principal du congrès de 2009 : « Sciences et décision»
Quels sont les liens entre les sciences et la décision ? Tout d’abord, quels choix se présentent aux chercheurs et aux responsables des programmes scientifiques ? Sur quoi leurs décisions se fondent-elles ou devraient-elles se fonder ? En outre, comment prendre de « bonnes » décisions à l’aide de connaissances scientifiques dans des situations d’incertitude ? Quand et selon quelles modalités est-il possible de décider « scientifiquement » ? Enfin, que sont les sciences de la décision et sur quoi se fondent-elles ?
Ces questions peuvent, comme on le voit, se distribuer selon trois grands axes :

1) Les décisions prises dans les sciences. Pensons, en particulier, aux décisions relatives à l’adoption d’une théorie scientifique plutôt qu’une autre, d’une interprétation plutôt qu’une autre comme par exemple dans la mécanique quantique, ou encore d’un programme de recherche plutôt qu’un autre.

2) Les décisions aidées par les sciences, dans des domaines pour lesquels la décision est une composante à part entière du domaine scientifique (sciences médicales par exemple), mais aussi dans des situations où l’on fait appel à l’expertise scientifique.

30 septembre, 2009

Pour l'éthique !

Quel bonheur: en janvier ou en février, nous allons recevoir Samia Hurst (Genève) dans mon lycée pour notre préparation au concours d'infirmiers. De plus en plus, j'apprécie les personnes qui ont une autre pratique que la philosophie car cela évite l'enfermement et le repli sur soi.
En décembre, ce sera un psychologue qui va aborder la question de l'éducation par le sport; j'avais rencontré ce collègue de Nice lors d'un colloque à Paris en mai avec le jeune Florian Cova.
Et enfin, Gérard Reach devrait sortir un GRAND LIVRE!

La fable des porcs-épics

J'ai toujours bien aimé la fable des porcs-épics. Schopenhauer en donne une illustration parfaite: imaginons donc ces fameux animaux en groupe puis se séparant pour ne pas souffrir de la blessure de leurs congénères. Mais alors c'est le froid qui les contraint à trouver la bonne distance.

Et si tout lien social pouvait se définir à partir des seuls principes de l'attraction/ répulsion ? Pourrions-nous encore concevoir un progrès de l'humanité ?

Mais c'est peut-être pire semble poursuivre l'auteur: si les hommes se rapprochent les uns des autres, c'est tout simplement pour fuir "la monotonie de leur vide intérieur". L'ennui serait alors une sorte d'instinct social. Certes; pour vivre ensemble, il reste la "politesse" et les "belles manières": faut-il en faire la première vertu ou un simple artifice ?

J'ai donné ce texte à trois STG ( accompagné de questions): il est riche et peut permettre à des élèves de faire un rapprochement avec un court extrait d'un texte étudié de Kant. Ensuite, je peux les" amener" à réfléchir à la sociabilité, la politesse, le lien social, l'ennui, la souffrance. Nous avons l'intention de travailler avec une collègue sur l'expression!

Bon maintenant, il me reste à corriger deux classes avec un texte d'Epicure et un texte de Kant.


A. Schopenhauer; Aphorismes sur la sagesse dans la vie

25 septembre, 2009

Pour que vive une jument !

Peut-être ignorez-vous le sort qui est réservé aux chevaux de course: la plupart du temps ils sont abattus sans autre forme de procès; alors les associations luttent pour la survie de cette vieille jument.
http://www.actuanimaux.com/enevere.php

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Colloque Unesco



Le 19 novembre 2009, une journée est consacrée à l'entreprise: "penser l'entreprise de demain: quelle liberté, quelle éthique" ?"

Peut-on croire aux charmes et aux vertus de l'entreprise ? La question se pose !
Voir les analyses intéressantes de Damien (blog "La chouette").

24 septembre, 2009

Qu'est-ce qu'une expérience visuelle ?


A signaler sur le site de l'académie de Nantes, une réflexion à propos de la métaphore de l'image: il s'agit de confronter la perspective de Saint Augustin à celle de Wittgenstein. Il n'est pas certain que la compréhension exige la perception d'une image mentale. Le philosophe autrichien dénonce cette confusion et préfère l'idée de "boîte à outil": je peux me servir d'un outil dans une tâche précise sans connaître entièrement les fonctionnalités de la boîte. Demander à une personne d'aller chercher une "fleur rouge" n'implique pas la présence d'une image mentale en son esprit.

Mais alors qu'est-ce que voir, comprendre ? Si je vois Bogart dans le film "le grand sommeil", quel est le type d'expérience que je fais ?


20 septembre, 2009

Congrès: le vivant en ville!



Un congrès à Lyon le 2, 3, 4 octobre 2009 concerne "le vivant en ville": une manière de penser nos relations avec les animaux, les végétaux, bref la vie. Une occasion de se montrer humain.

16 septembre, 2009

La voix des femmes: publication


Je suis contente: depuis lundi, je sais que mon article "Care et politique": la voix des femmes" a été accepté par la revue Philosophoire ! J'ai pas mal transpiré pour écrire cet article à la mi-juillet ! Le numéro sort au mois d'octobre et est consacré à la politique.

09 septembre, 2009

Problèmes de philosophie


Pour commencer cette année de philosophie avec Les Terminales, j'ai choisi de lire un texte de Bertand Russell, "Problèmes de philosophie": il s'agit de s'interroger sur nos certitudes et de parvenir à une justification de nos convictions, de nos perceptions...Le risque en philosophie est de se réfugier soit dans le dogmatisme, soit de sombrer dans le scepticisme. Pour moi, des auteurs comme Hume et Wittgenstein ont lutté contre une certaine forme de scepticisme "généralisé"; sans doute faut-il bien admettre quelque chose de vain dans toute recherche philosophique (à suivre):


Exist-t-il au monde une connaissance si certaine qu'aucun homme raisonnable ne puisse la mettre en doute ? Cette question, qui peut paraître facile à première vue, est en réalité l'une des plus difficiles qu'on puisse formuler" (chap 1, "Apparence et réalité"); 1912

B. Russell, Problèmes de philosophie, trad franç F. Rivenc, Payot 1989

06 septembre, 2009

Philosong au service des plus démunis



J'avais déjà évoqué en juin 2009 le travail mené en philosophie par Thierry Aymès à Nîmes: il s'agit de rendre plus accessible la philosophie par des techniques musicales. Le CD "Philosong" est une réussite: les élèves apprennent sans s'en apercevoir! Mon propos n'est pas de rendre compte de l'opposition entre les partisans de la démocratisation et les partisans d'une République idéale; il s'agit de mettre en pratique un savoir et c'est cela qui m'intéresse dans le travail de ce professeur.
Nous allons essayer de créer avec une collègue un atelier d'expression dans ce but (d'autant plus que j'ai une bonne formation en Art Dramatique). Il est évident que le sens d'une discipline apparaît plus clairement lorqu'on la met en pratique; sinon, il ne reste que les discours.

A noter; "Philosong" se met au service des plus démunis; le Secours Populaire permet à des enfants de partir en vacances l'été.


04 septembre, 2009

Libérer les animaux ?

Il me semble que le progrès moral de l'humanité se manifestera lorsque nous traiterons les animaux d'une autre manière. Ce sont bien évidemment les éthiques de la compassion qui sont sensibles à ce débat: a-t-on le droit d'infliger des souffrances aux animaux ? Les animaux n'éprouvent-ils pas en tant qu'êtres sentants les mêmes douleurs que nous ?
Le dernier numéro de Critique est consacré à la possibilité d'une libération des animaux (après les femmes !!).
A lire les contributions de F. Burgat, P. Singer... (no 747-748)

02 septembre, 2009

Débat bioéthique


A suivre sur la radio suisse - "les temps qui courent" - le 26 août: le débat animé par Ruwen Ogien porte sur la question de la dignité à propos des mères-porteuses, de l'euthanasie... De quoi alimenter les discussions...

28 août, 2009

Speaking my mind

J'ai écouté une conférence très intéressante hier à propos de la capacité à "parler à son esprit". Il est en effet pertinent de se demander comment nous parvenons à formuler des assertions qui nous prémunisent de "l'erreur" et nous donnent en quelque sorte une "sûreté". J'ai trouvé récemment cela chez deux auteurs français mais je dois absolument rechercher les intuitions.
Peut-être pourrais-je appliquer cela à ma conception des excuses: je trouve en effet absurde de s'excuser dans la mesure où l'on sait ce que l'on fait "au moment de"; est-ce à dire qu'il y a de l'infaillibilité dans cette attitude ? Cela mérite réflexion.
En attendant, je vais préparer un power-point sur les rapports corps/esprit (Terminale).

26 août, 2009

Lecture des lois de la bioéthique

Lecture de la révision des lois de bioéthique de 2004 (en 2009). J'ai réalisé un petit power-point d'introduction pour les futurs étudiants. Des questions très controversées seront examinées cette année dans le cadre de la prépa:

- législation des mères porteuses
- l'anonymat du don...
- la fin de vie

L'intérêt de la bioéthique réside dans la construction des débats; les problèmes concernent des domaines variés et les réponses ne sont pas données. Pour autant, cela n'invite pas à la neutralité mais permet d'éviter tout dogmatisme ou toute certitude infondée.

Pour la suite, j'attends les orages..et la pluie !

21 août, 2009

La science telle qu'elle aurait pu être faite !


Un colloque très intéressant s'annonce: il s'agit d'un débat entre les "réalistes" purs et durs et les "relativistes" dans le domaine de la science. Il me semble important d'aborder cette question afin d'éviter toute simplification du réalisme naïf. Toutefois, je sais qu'il faut prendre du large par rapport à ses propres convictions.


Réflexions sur les aspects contingents/inévitables des pratiques scientifiques


31 août- 5 sept 2009


16 août, 2009

Ecouter, entendre et comprendre

Comme Nietzsche, j'entends l'harmonie du monde dans ses moindres détails. Je redescends de ma montagne: quel choc !

Journal Le Monde du 13/08/09 ou pourquoi l'ouïe est-elle essentielle à la compréhension ? Est-ce à dire que la perception auditive passe avant toute compréhension, toute conceptualisation ? Faire croire que l'on comprend sans excercer sa sensibilité: quelle erreur !
Il fait chaud !!

30 juillet, 2009

Départ en Haute-savoie !


Samedi, je pars en vacances en Haute-savoie au col du Feu pour 15 jours: j'ai terminé mon deuxième article et suis au bord de l'épuisement. Bientôt, les courses avec le chien, les promenades au bord des lacs avec la famille, les spectacles pour enfants...

24 juillet, 2009

Malgré tout !




Fabuleux concert de Bénabar hier soir, bête de scène généreux, sur l'île du Gaou, un lieu de rêve dans le Var: hier soir, "l'infréquentable" a joué "malgré tout";"je voudrais qu'on se souvienne de nous ..."; mais que laissons-nous sur terre ?


Va falloir se remettre au travail. Je viens de terminer d'écrire un article; je le laisse mijoter trois jours, je corrige les défauts et puis je l'envoie. Mais il faudrait en écrire un autre; ce serait bien avant le départ vers les lacs dans huit jours !

22 juillet, 2009

A propos d'expérience

En travaillant cette semaine les textes de Nussbaum, Sen, je suis tombée sur James:
" Le pouvoir de deviner ce qu'on n'a pas vu à partir du visible, de suivre les implications des choses, de juger l'ensemble par son motif, l'état où vous ressentez si complètement la vie en général que vous êtes en bonne voie pour en connaître les moindres recoins - on peut presque dire que cet agrégat de dons constitue l'expérience."
La création littéraire

16 juillet, 2009

Le débat bioéthique avec Ruwen Ogien

A consulter dans le journal du Monde du 17 juillet : "la vie, la mort, l'état: le débat bioéthique"; le dernier ouvrage de Ruwen Ogien, défenseur d'une éthique minimaliste.

12 juillet, 2009

La question de l'éthique animale


Demain sur France-Culture, dans l'émission "Continent Sciences" (14h-15h), la question de l'éthique animale est posée.

A suivre.


"Les animaux ont-ils des droits ? Avons-nous des devoirs envers eux ? Dans quelle mesure peut-on les tuer pour se nourrir, se divertir, faire de la recherche, enseigner, faire la guerre ? En quoi l’élevage industriel est-il problématique ? Pourquoi le foie gras est-il interdit dans certains États ? Quels sont les enjeux éthiques des animaux transgéniques ? Faut-il abolir la corrida, la chasse aux phoques, l’utilisation d’animaux sauvages dans les cirques ? Quelles sont les motivations du terrorisme animalier ? Voici de nombreuses questions de parfaite actualité .L’éthique animale est l’étude du statut moral des animaux, c’est-à-dire de la responsabilité des hommes à leur égard. Si ces questions sont très courantes dans l’univers anglo-saxon, elles ne le sont pas dans la littérature française. D’où l’intérêt de les poser de manière frontale dans notre quotidien. "

11 juillet, 2009

Vacances et projets !

Elles sont là: les vacances. Deux grands moments: le concert de BENABAR le 23 juillet sur l'île du Gaou puis départ le 1 août en Haute-Savoie près de Thonon les Bains.
J'ai reçu un mot sympa des organisateurs de la SPS 2009: le colloque porte sur "sciences et décision" à Paris. Je pourrai présenter, sous forme de poster, les enjeux du principe de précaution.
Puis je compte préparer une licence de psychologie à Toulouse pour m'orienter vers la psychologie clinique (par enseignement à distance). Et enfin, je compte écrire 1 ou 2 articles pour une revue fin août.

07 juillet, 2009

Disparition du philosophe David Pears


Disparition du philosophe David Pears le 6 juillet 2009.


Article du journal Le Monde:


"Le philosophe David Pears, né le 8 août 1921 et mort le 1er juillet, était l'un des représentants majeurs de l'école d'Oxford, qui a tenté de rapprocher, après la seconde guerre mondiale, les analyses logiques et celles du langage quotidien.
Venu à la philosophie apparemment par hasard, à la suite d'un accident et d'un séjour à l'hôpital qui lui avaient permis de lire le Tractatus logico-philosophicus de Ludwig Wittgenstein (1889-1951), il était devenu l'un des meilleurs exégètes de ce philosophe, auquel il a consacré plusieurs ouvrages, notamment les deux volumes de La Fausse Prison. Etude sur le développement de la pensée de Wittgenstein (Oxford University Press) et, en 2006, Paradoxe et platitude dans la philosophie de Wittgenstein.
Ancien élève de Westminster School, David Pears a enseigné toute sa vie à Christ Church (Oxford), tout en étant professeur invité en Californie. Il a consacré de nombreuses publications à des problèmes logiques et scientifiques, à Hume, à Russell et à des questions de philosophie de l'esprit.
Connu pour son sens de la pédagogie et sa liberté de ton, il était également amateur d'art et photographe de papillons et passe pour avoir été un compagnon chaleureux pour ses collègues comme pour ses étudiants."
Roger-Pol Droit

30 juin, 2009

Entretien avec Joel Janiaud

J'avais déjà évoqué ce grand ouvrage de Joël Janiaud, Au- delà du devoir, l'acte surérogatoire qui a reçu le prix "Bruyère". Aussi, je vous recommande vivement sa lecture; un modèle d'argumentation.
Voici un entretien réalisé avec cet auteur:
1 Pourriez-vous justifier votre intérêt pour l'héroïsme moral ?

L'héroïsme moral, comme la sainteté morale, me semble intéressant à plusieurs titres. D'abord, il correspond à des comportements humains souvent spectaculaires ou remarquables : par exemple, une personne sacrifie sa vie pour en sauver d'autres, peut-être inconnues d'elles. On est là en présence de faits saillants, d'actions qui ne font pas l'ordinaire de la vie morale, mais qui mettent en lumière des valeurs, des engagements qui ne sont pas étrangers à la vie ordinaire. Comme quoi le domaine de la morale n'est pas nécessairement une zone grise ou il n'y a rien à raconter ou observer d'intéressant ! Il y a dans les comportements d'héroïsme ou de sainteté quelque chose d'impressionnant, qui peut devenir provocant pour la pensée et pour l'action.
Mais une fois que l'on a dit cela, il faut aller au-delà de l'aspect fascinant ou spectaculaire de l'héroïsme moral. Parce que les actes en question possèdent une dimension sociale qui me semble intéressante : souvent l'héroïsme est montré en exemple, le héros est statufié comme peut l'être aussi le saint moral. Ici le regard philosophique me semble pertinent, pour ne pas en rester à une pure fascination, pour prendre de la distance par rapport à ces comportements et à la manière dont nous les qualifions. Cette distance peut aller jusqu'à la méfiance : le culte du héros est bien implanté dans de nombreuses cultures, mais il n'est pas sûr qu'il bénéficie toujours à la clairvoyance morale et à la réflexion éthique. Ranger certains comportements dans l'héroïsme moral, cela peut être une manière de les figer, de les mettre à distance, d'une manière un peu facile.
Cela nous conduit au terrain de la théorie éthique. Il y a dans notre vision de tels actes quelque chose de paradoxal, qui a retenu mon attention : comment pouvons-nous à la fois les considérer comme moralement louables et comme étant situés au-delà du devoir, c'est-à-dire, en langage technique, surérogatoires ? Il y a un phénomène troublant : beaucoup de personnes que l'on qualifie de moralement héroïques disent qu'elles « n'ont fait que leur devoir ». C'est par exemple le cas de Jeanne Brousse, citée dans le livre, qui a sauvé pendant la seconde guerre mondiale de nombreux juifs en leur donnant des faux papiers ou un logement, en courant par là même de grands risques. Si de telles actions relèvent du champ de la morale, et si elles témoignent de valeurs humaines importantes, pourquoi ne seraient-elles pas exigibles ? Peut-on limiter le champ du devoir moral ? Quand on va consulter les travaux des philosophes sur la question, on s'aperçoit qu'il n'y a pas d'unanimité : il s'agit d'un vrai débat, qui se poursuit actuellement, notamment dans la philosophie anglo-américaine. Il m'a semblé que ces débats autour de la surérogation ouvraient une fenêtre intéressante sur la philosophie morale en général. Il s'agit d'avoir une réflexion critique sur le statut du devoir, sur la place des normes en morale.


2 Le champ de la moralité vous semble-t-il complexe à définir ?


Ce dont je me suis occupé le plus directement en réfléchissant à la surérogation, c'est de la cartographie que l'on fait du champ de la morale. De quelles catégories avons-nous besoin ? Nous sommes habitués aux catégories de l'obligatoire ou de l'interdit, qui sont les plus normatives et les plus saillantes, mais il y a aussi, potentiellement, la catégorie des actes surérogatoires. Ces derniers posent la question d'une limite « supérieure » de l'obligation. C'est une zone un peu floue, peut-être, de la morale. Il y en a d'autres que j'évoque dans le livre, comme les actes « infravétatoires », qui ne sont pas recommandables mais en deçà de l'interdit. Dans les actes moralement permissibles, on trouve ainsi différentes possibilités. On peut aussi réfléchir aux actions moralement indifférentes, qui sortiraient du champ de la morale – parce que si on déplace les limites de l'obligation, si on dit que toute bonne action n'est pas obligatoire, cela peut avoir des conséquences non seulement sur l'idée de surérogation, mais également sur la zone des actions situées en deçà de l'obligatoire ou hors de la morale. Ainsi, le fait que je passe mes journées devant la télévision plutôt que de travailler à développer mes capacités ou à aider autrui est-il immoral ou indifférent à la morale ? Jusqu'où vont mes devoirs envers autrui ? Ai-je des devoirs envers moi-même ? Ce dernier type de question renvoie au débat sur l'étendue du champ moral, dont traite par exemple Ruwen Ogien dans ses travaux sur les éthiques maximales et minimales.
Ce qui me semble important, c'est que nous ayons une réflexion sur les notions morales que nous utilisons. Le but n'est pas de fabriquer une casuistique complexe ou de savoir combien exactement il y aurait de catégories différentes en éthique. J'ai plutôt tendance à repérer des paradoxes dans notre usage des notions de morale, paradoxes qui ne se résolvent pas aisément mais qui sont stimulants pour la réflexion. En tout cas il est bon de garder à l'esprit ces deux pistes de réflexion : la complexité du champ moral et la question des limites mêmes de la morale.


3 "L'acte surérogatoire semble forcer l'admiration, mais il comporte ses ambiguïtés et sa part d'ombre" (p. 15): Est-ce votre intuition de départ ?


Oui. L'acte surérogatoire est par définition investi d'une valeur positive : il s'agit d'un acte moralement louable, généralement porteur de valeurs altruistes et manifestant une capacité, chez la personne, de maîtriser ses peurs ou ses pulsions.
Mais derrière cette image un peu lisse se cachent en effet des zones d'ombre. Parler d'actes héroïques, au-delà du devoir, n'est-ce pas s'excuser à peu de frais de ses propres inactions ? Dans le livre, j'évoque le cas historique de Kurt Waldheim, ancien président autrichien, dont le passé dans l'armée allemande, pendant la guerre, avait fait l'objet de polémiques. Il s'excusait de ce passé en disant que certes, il n'avait pas du tout résisté, mais que ceux qui avaient résisté étaient des héros. Il ne s'agit pas de porter un jugement sur Waldheim, mais de se demander si ces notions de surérogation ou d'héroïsme moral ne sont pas parfois trop confortables, si elles ne peuvent pas servir d'alibi à la passivité.
Il y a d'autres zones d'ombre. Il y aurait notamment les connotations troubles du sacrifice. Les actes surérogatoires comportent souvent cette dimension du sacrifice de soi : renoncer à ses intérêts personnels, ou les mettre en danger de manière extrême. Or cette tendance au sacrifice de soi peut être manipulée de l'extérieur, à des fins politiques par exemple – on peut penser aux actes de terrorisme fanatique, qui sont considérés par certains, dans certains contextes politiques et culturels, comme des actes d'héroïsme ou de sainteté. L'exaltation du sacrifice est dangereuse. J'ai étudié cette zone trouble, sous un angle plus existentiel, dans un autre ouvrage intitulé Singularité et responsabilité.



4 "La fragilité du devoir moral": pourriez-vous préciser ?


Je défends l'idée qu'il existe par principe un au-delà du devoir, à condition que l'on évite d'en faire un alibi à l'inaction, entre autres. J'estime que la morale ou l'éthique ne peuvent se résumer à des discours normatifs, à un ensemble d'exigences ou de commandements. Il s'agit donc d'affirmer, au contraire d'une morale kantienne, que la notion de devoir n'est pas la seule clé de notre vie éthique.
En ce sens je remarque que l'idée de devoir moral est à la fois forte et fragile. Forte, parce qu'elle peut faire contrepoids à nos pulsions ou à notre passivité. Forte, aussi, comme l'affirme Kant, parce qu'elle comporte une dimension rationnelle qui échappe aux méandres de notre sensibilité. Mais elle a quand même une sorte de fragilité : elle est assez austère, et ne constitue souvent pas un mobile d'action très attrayant (Kant n'y verrait pas un problème, au contraire) ; notre culture contemporaine met en question l'image d'une morale traditionnelle, d'une morale qui se résumerait au devoir. On préfère l'idée d'une éthique des valeurs ou des vertus, d'une sagesse centrée sur la personne sensible et non sur des normes trop impersonnelles. C'est en ce sens que Gilles Lipovetsky, par exemple, a pu parler d'un « crépuscule du devoir ». Ce mouvement culturel me semble important, même s'il engendre aussi la réaction inverse – la nostalgie d'une morale du devoir.
En tout cas, même si le mot « devoir » est peu à la mode, l'idée d'exigence éthique ou morale reste d'actualité, par exemple lorsqu'on parle de moraliser la vie politique ou économique ou lorsqu'on parle de nos responsabilités à l'égard de l'environnement. C'est là d'ailleurs que l'on retrouve des aspects pratiques des questions de surérogation : face à l'ampleur des problèmes de la planète, ai-je une obligation sans limite de contribuer à leur résolution, jusqu'à renoncer à mon confort et même à mes intérêts personnels ? Jusqu'où vont mes devoirs de citoyen du monde, de consommateur ? Je me suis intéressé à ces questions dans le livre.
Joël Janiaud: Au-delà du devoir, PUR, 2007.

29 juin, 2009

Création de ma page personnelle

Je viens de créer ma propre page personnelle; comme cela j'ai la possibilité de discuter certains de mes articles et de faire des projets; j'écris l'été et l'hiver je lis et corrige beaucoup de copies d'élèves!

http://sites.google.com/site/pagepersonnellelharang/

25 juin, 2009

Inégalités et solidarité: entretien avec Louis Maurin

A lire un entretien sur les inégalités en France: Louis Maurin, journaliste à Alternatives économiques, propose une analyse du système français. Il est intéressant de comparer à cet égard la politique d'éducation menée par la Suède pour réduire les inégalités scolaires.

Voici un extrait publié dans le magazine Télérama:

"Quelles sont finalement les inégalités qui vous semblent les plus saillantes en France ?

Plus que les écarts de revenus, je suis inquiet de voir les univers culturels se séparer, et pas seulement géographiquement. Nous sommes confrontés à un conservatisme social, classique à droite, mais aussi présent dans des milieux de gauche, qui voit converger les intérêts des catégories économiquement et culturellement favorisées. Le consensus gauche-droite sur la baisse des impôts a longtemps existé, tout comme celui qui empêche de réformer l'école. Au fond, les inégalités scolaires reposent sur une légitimité bien plus forte que les inégalités liées à l'argent. Elles semblent consacrer « l'intelligence » ou le travail personnel, alors que c'est bien plus complexe. Et elles sont plus difficiles à combattre dans un pays obsédé par les notes et le diplôme. Du coup, la « bourgeoisie intellectuelle », assise sur son diplôme, est aujourd'hui moins gênée par la caissière qu'hier le capitaliste avec sa fortune par le prolétaire."