29 décembre, 2008

Les actes de surérogation

A consulter l'article très intéressant de Florian Cova - jeune normalien et doctorant - à propos des actes de surérogation, dans la revue Philosophoire, consacrée au devoir. La question est en effet de savoir si de tels actes sont pris en compte dans les théories traditionnelles du devoir. Il faut donc s'interroger sur le fondement de telles morales et notamment sur les intuitions morales qu'elles contiennent. A partir de là, l'auteur montre en quoi l'acte de surérogation est un acte moralement bon qui ne remplit aucun devoir.
Je compte dès le mois de janvier m'attaquer à ce type d'actions problématiques, celles qui se situent au-delà du devoir.

26 décembre, 2008

Qu'est-ce que la psychologie sociale ?

Cette discipline est au croisement de la sociologie, de la psychologie, de la philosophie expérimentale et tente de rationaliser, par des méthodes scientifiques, les conduites des acteurs sociaux; Il est donc essentiel d'analyser la manière dont les gens entrent en relation les uns avec les autres et se déterminent les uns par rapport aux autres. C'est pourquoi l'étude des normes sociales occupe une place importante dans la construction des concepts.
A partir de J. Elster, j'avais étudié le problème de la dissonance cognitive (Festinger) et des "préférences adaptatives".
Ma soeur prépare un diplôme de psychologie sociale à l'Université de Clermont-Ferrand (congé de formation); faut rentrer à la maison pour faire les devoirs !!
Psychologie sociale, Meyers, Lamarche; Chenelière/McGraw-Hill, 1992
Le laboureur et ses enfants, Les éditions de Minuit,J. Elster
Psychologie politique, Les éditions de Minuit, J. Elster

23 décembre, 2008

Simone Weil: l'engagement !


A lire et à relire Simone Weil ( 1909-1943), une philosophe authentique.



Simone Weil : itinéraire; une sélection proposée par Raphaël ROUILLE.


"Alors que 2009 s’apprête à célébrer les cent ans de la naissance de la philosophe, relire le fil de sa vie et la portée de ses textes permet d’appréhender sa personnalité aux nombreuses facettes.
Philosophe, historienne, mystique, ouvrière, militante syndicale, engagée dans la Résistance : au-delà des étiquettes, sa pensée féconde reste l’une des plus marquantes da la philosophie. Aux côtés d’Hannah Arendt ou Simonde de Beauvoir elle a donnée une place aux femmes dans le milieu très masculin de la philosophie avant de mourir, beaucoup trop jeune, à l’âge de 34 ans.

Oeuvres choisies Weil, Lussy, Florence de Editions Gallimard Quarto (1288 p.)
Philosophe, historienne et mystique, Simone Weil (1909-1943) a traversé les années noires du siècle. Les 53 textes, articles, correspondances et livres retenus dans ce volume se veulent un parcours significatif de l'itinéraire intellectuel et spirituel de l'écrivain.
La Pesanteur et la grâce , Editions Pocket Agora (209 p.)
Conçu comme une succession de réflexions sur des thèmes variés, mais dont la cohérence est frappante, ce livre constitue une initiation à l'oeuvre de S. Weil.
Oeuvres complètes,Volume 4-1, Ecrits de Marseille : 1940-1942 : philosophie, science, religion, questions politiques et sociales Weil, SimoneDevaux, AndréLussy, Florence deChenavier, Robert Editions Gallimard (608 p.- 8 pl.)
De 1940 à 1942, S. Weil quitte Paris pour Marseille dans l'espoir de pouvoir regagner Londres. Elle consacre son séjour à des activités de Résistance et à la rédaction d'essais et d'articles dans les domaines de la philosophie, des sciences, de la religion, du droit pénal et de la politique. Ce recueil les rassemble de manière chronologique.
L'Enracinement : prélude à une déclaration des devoirs envers l'être humain Weil, Simone Editions Gallimard Folio essais (382 p.)Paru le 01/01/19906.80 euros
"Chaque être humain a besoin d'avoir de multiples racines. Il a besoin de recevoir la presque totalité de sa vie morale, intellectuelle, spirituelle, par l'intermédiaire des milieux dont il fait naturellement partie."

L'insoumise Adler, Laure Editions Actes Sud (271 p.)
Biographie de Simone Weil, philosophe, ouvrière, militante et résistante. De la guerre d'Espagne à l'usine, de l'exil à l'engagement au service de la France libre, un itinéraire ardent et insoumis. L'auteure a choisi de raconter cette destinée à rebours en commençant par la mort de la philosophe en 1943 à Londres. Contient une vingtaine de photographies en partie inédites.
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Réflexions sur les causes de la liberté et de l'oppression sociale, Editions Gallimard Folio essais (150 p.)Paru le 03/02/19986.80 euros
Ce texte a toujours été considéré par Simone Weil comme son oeuvre principale. En 1940, au moment où elle comptait quitter la France, elle écrivit encore à un ami pour lui signaler qu'elle y attachait une valeur particulière."




22 décembre, 2008

précision: attaque

Je réponds à Mikolka (Nicolas Pain): ce n'est pas avec plaisir que j'attaque une écurie en philo politique à la Sorbonne. Simplement, quand on défend des idéaux socialistes et que l'on combat des inégalités sociales, il faut être à la hauteur de ses exigences, sinon on se trouve dans une attitude de mauvaise foi.
J'ai rencontré l'adversité, et j'ai réussi à la combattre ! Quelle femme cette Laurence !

L'hiver: le paradis blanc


L'hiver, c'est la saison de la méditation. Pour vos cartes de Noël, une toile de Pekka Halonen, peintre finlandais. J'avais contemplé ses toiles fin août à Helsinki .

www.ateneum.fi/default.asp?docId=15476

20 décembre, 2008

The phantom of the opera


Oublions donc les hypocrites de gauche et tentons de conserver notre ligne de conduite.


Les vacances de Noël ! Le 24, le réveillon se déroulera chez moi: 3 nièces, soeur, frère, parents... pour jouer aux enfants. Je compte leur lire cette histoire étrange:


"The long-ago mysteries of the great opera house in Paris have never been explained. Why did so many terrible tragedies happen there ? Why did everyone flee from it in fear ? Why was it left to rot, unused and empty for so many years ?

I, alone, know the answer."

Gaston Leroux, The phantom of the opera

19 décembre, 2008

merci et l'alibi du socialisme !

J'ai été très touchée de recevoir une réponse d'une revue canadienne et d'une revue pédagogique; je compte travailler à partir d'un livre sur les morales du devoir.
J'avoue avoir rencontré des gens malhonnêtes sur mon parcours. A-t-on le droit de défendre des idéaux socialistes et de continuer à mentir en philo politique à la Sorbonne ? Il est temps que la Sorbonne redevienne propre; il y a de jeunes talents en philosophie pourtant.
J'espère un jour réaliser un grand rêve: acheter un château et créer un centre culturel international !

15 décembre, 2008

Laissons du temps aux revues !

Je dois sans cesse me battre pour trouver des revues en accord avec mes articles proposés. J'ai accepté la proposition d'une revue qui ne pourra évaluer mon article qu'en 2009 pour une publication (peut-être) en 2010. Mais j'approuve la proposition car il s'agit du Canada et ce n'est pas si mal. D'ici là, je vais essayer d'écrire un article mais c'est dur avec les projets passionnants menés au lycée avec des collègues d'autres disciplines.
Je cherche toutefois des revues spécialisées en Ethique appliquée en France et ce n'est pas facile.

14 décembre, 2008

Le métier de traducteur

A l'époque de la revue Sens-Dessous, j'avais été reçue par Pierre-Emmanuel Dauzat à Paris pour un entretien. C'est vraiment un traducteur impressionnant et un grand travailleur. Dans l'article du journal Le Monde, P-E Dauzat explique en quoi consiste le travail de traduction; une immersion dans les mots.

"
Pierre-Emmanuel Dauzat
« Tout n'est pas avouable dans une vie de traducteur »

"Des livres, rien que des livres. Alignés sur les étagères. Empilés au sol. Entassés sur le moindre coin de table. Toutes les pièces en regorgent. A peine la place de circuler. C'est ici, dans cet appartement bourgeois du 16e arrondissement de Paris, que Pierre-Emmanuel Dauzat a installé son bureau. Ici qu'il travaille face à son ordinateur, douze à quatorze heures par jour, à lire, traduire et préfacer les livres des autres et à écrire les siens. Le soir, il n'a qu'à traverser la rue pour rentrer chez lui. « Ma vie sociale est réduite au minimum », reconnaît-il.
A bientôt 50 ans, Pierre-Emmanuel Dauzat est l'un des traducteurs français les plus demandés. « Je vis dans ce luxe incroyable, pour un traducteur, de pouvoir refuser plus de propositions que je n'en accepte, avoue-t-il. Je m'arrange seulement pour avoir toujours une dizaine de livres en cours, ce qui m'assure en moyenne deux ans de travail devant moi . » Depuis trente ans, le rythme ne varie guère : entre vingt et quarante pages par jour, soit environ trois cents livres au total, dont près d'un tiers traduits sous pseudonymes (« Tout n'est pas avouable dans une vie de traducteur »), sans compter des milliers d'articles. Le tout dans une quinzaine de langues : l'anglais, l'allemand et l'italien (« les trois langues dont je vis »), mais aussi l'espagnol, le russe, le suédois, le serbo-croate, le latin et le grec (ancien et moderne). Sans oublier l'hébreu biblique, le yiddish, l'ourdou et l'indonésien...
Polyglotte ? Pierre-Emmanuel Dauzat balaie le qualificatif d'un revers de main. Il ne parle aucune des langues qu'il traduit. « Même en anglais, je suis incapable de dire deux mots, assure-t-il. A part le latin et le grec, je n'ai jamais appris aucune langue étrangère. La plupart de mes contrats, je les ai signés sans connaître le moins du monde la langue que j'allais traduire. Il suffit qu'un éditeur me convainque de l'intérêt d'un livre pour que j'accepte de relever le défi. Vous ne pouvez pas imaginer dans quel état de tension je suis quand je me mets à travailler sur un texte auquel je ne comprends rien... »
Sa méthode est toujours la même : allergique aux grammaires, il préfère s' « immerger » dans des dictionnaires et des livres en édition bilingue. Généralement, il ne lit pas à l'avance l'ouvrage qu'il doit traduire : « C'est indispensable pour garder une forme de spontanéité dans la traduction. » Seul principe, il commence par traduire la fin : « J'ai une telle angoisse de la mort que je préfère me débarrasser de la fin dès le début », explique-t-il.
Ce « besoin vital de [s'] exiler dans la langue des autres », il dit l'éprouver depuis toujours. A 8 ans, ce fils d'ancien militaire reconverti dans l'enseignement du français, petit-neveu du grand linguiste Albert Dauzat et descendant de Théophile Gautier, se met à recopier la grammaire hiéroglyphique de Champollion. « Cela m'a fait découvrir l'arabe, le grec et le démotique », se souvient-il, émerveillé. Il passera le reste de son enfance et de son adolescence à recopier des livres. « Le jour où je me suis mis à ajouter des notes de bas de page, c'est devenu une véritable passion. » Cette passion ne le quittera plus. A la veille de ses 16 ans, bac en poche, le jeune homme quitte Nîmes, s'installe à Paris et s'inscrit à Sciences Po où, pour tuer l'ennui, il passe son temps à recopier des manuels d'économie politique. Quatre ans plus tard, après un passage éclair au secrétariat général du gouvernement, sans argent, il devient objecteur de conscience et se persuade qu'il est « incapable de faire quoi que ce soit sinon de recopier des livres ». C'est alors qu'il fait deux rencontres décisives : Louis Evrard, chez Gallimard, qui lui propose de parachever la traduction des 3 000 pages de l' Histoire de l'analyse économique, de Schumpeter ; et Roland Jaccard, qui lui confie la traduction de L'Esprit viennois, de William M. Johnston, aux Presses universitaires de France. « Deux hommes d'une culture et d'une gentillesse exceptionnelles. Ils ont changé ma vie », dit-il.
Esprit encyclopédique et curieux de tout, Pierre-Emmanuel Dauzat a pour principe, chaque fois qu'il achète un livre, d'acheter également un volume d'un auteur qu'il ne connaît pas. Ce qui ne l'empêche pas de concéder quelques « obsessions » : Aron, Caillois, Cioran, ses « boussoles », Steiner, devenu un ami, la littérature féminine (« Je refuse parfois de traduire des hommes, mais jamais des femmes », avoue ce « passionné » d'Ingeborg Bachmann, Edna O'Brien et Sylvia Plath), l'histoire de l'art, l'Antiquité tardive, le suicide (« C'est souvent à cause d'un grand texte sur le suicide que je me suis plongé dans une nouvelle langue »), la psychanalyse (« La correspondance entre Freud et Jones est l'un de mes plus extraordinaires souvenirs de traducteur »), et enfin l'histoire du XXe siècle.
Dans ce domaine, qui l'occupe aujourd'hui de plus en plus, Dauzat a traduit quelques études fondamentales, comme la biographie d'Hitler par Ian Kershaw (Flammarion, 2 vol., 1999-2000), l'histoire du goulag, d'Anne Applebaum (rééd. « Folio », 2008), La Révolution russe, d'Orlando Figes (Denoël, 2007), ou encore Après-guerre, de Tony Judt (Armand Colin, 2007). Dernier grand chantier en date : le second volet de L'Allemagne nazie et les Juifs, de Saul Friedländer (Seuil, en librairie le 28 février). « Certainement l'un des livres qui m'a le plus bouleversé », dit-il en évoquant l'engagement qui fut longtemps le sien au sein de l'Association pour la mémoire des camps de Dora, Ellrich et Kommandos, où l'oncle de sa femme est mort en déportation.
Profondément « troublé » par la place grandissante accordée aujourd'hui à la parole des bourreaux, auteur d'un récent brûlot contre Les Bienveillantes, de Jonathan Littell (1), Pierre-Emmanuel Dauzat vit aujourd'hui dans l'obsession de redonner une voix à « ceux dont on a voulu nier la vie », comme Hans et Sophie Scholl, ces deux jeunes résistants allemands assassinés en 1943, dont il est en train de traduire les lettres et les carnets. Son grand projet ? Outre une histoire des contresens de traduction, dont il a déjà écrit plus de mille pages, il souhaiterait publier les « masses inimaginables » de témoignages yiddish encore inédits en français. « Traduire du yiddish est devenu mon plus grand bonheur, explique-t-il. C'est une langue qui réunit toutes les langues européennes à la fois, une langue à géométrie variable, qui change de shtetl en shtetl et n'est jamais là où on l'attend. » Il s'en étonne lui-même : « Depuis que j'ai découvert le yiddish, je n'éprouve presque plus le besoin de découvrir de nouvelles langues. »
Thomas Wieder
février 2008

13 décembre, 2008

Edward aux mains d'argent


Mes élèves viennent de me faire découvrir un film envoûtant: Edward aux mains d'argent (1991) .Johnny Depp est la création d'un savant; mais ce jeune homme timide et fragile ne possède pas de mains mais des lames ! Il sait réaliser de belles choses mais il peut blesser... Qui pourra comprendre cette étrange créature ? Un beau conte de Noël.



http://www.dailymotion.com/video/x28s50_extrait-edward-aux-mains-dargent_shortfilms

10 décembre, 2008

Philosophie des Mathématiques

Sur France-Culture, Science et conscience, le jeudi 11 décembre à 14H, l'émission portera sur la philosophie des mathématiques: quelle peut être l'utilité d'une philosophie des mathématiques ? Il me vient à l'esprit un article du jeune logicien, mathématicien, philosophe, économiste F. Ramsey (1903-1930):
"Tentons de décrire une théorie simplement comme un langage utilisé pour traiter des faits qui font l'objet d'explication théorique. Cela n'implique aucune prise de position de notre part sur la question philosophique de savoir si une théorie n'est qu'un langage."
Après l'explication mathématique, voici les dernière lignes du texte:
"Prenez par exemple la question: "y-a-t-il une planète qui a la taille et la forme d'une théière ?" Cette question a du sens tant que nous ne savons pas qu'aucune expérience ne pourrait en décider. Mais du moment que nous savons cela, la question perd son sens - à moins que l'ajout de nouveaux axiomes lui redonne sens, comme par exemple un axiome portant sur les orbites possibles des planètes."
Les théories (1929)
Magie de l'axiomatique ?!

"Jean-Michel Salanskis Philosophie des mathématiquesVrin - Novembre 2008
Pourquoi une philosophie des mathématiques ? Parce que la philosophie provient de la mathématique, et ne peut éviter de se retourner sur celle-ci pour penser leur limite commune (celle de la chose par rapport à l'objet).Quelle est la tâche de la philosophie des mathématiques ? Elle doit répondre aux cinq questions traditionnelles qui la structurent : celle de la démarcation entre philosophie et mathématiques, celle du statut de l'objet mathématique, celle du rapport entre mathématiques et logique, celle de l'historicité de la mathématique, celle enfin de la géographicité de la mathématique (de sa division en branches).Dans ce livre, on présente des réponses à ces questions. L'inspiration majeure est phénoménologique : on conjugue l'adoption d'un cadre husserlien avec des aperçus de provenance heideggerienne. De plus, l'ouvrage se conclut par une prise de position relativement à deux débats impossibles à minimiser : celui qui porte sur la contribution de la mathématique à la physique - d'une « efficacité déraisonnable » - et celui qui porte sur le trouble récemment jeté sur la chose mathématique et sa philosophie par les sciences cognitives."

07 décembre, 2008

Mensonge à soi-même, résistance, déni

Sartre ne reconnaît pas l'existence d'un psychisme inconscient car ce serait refuser de faire de la censure un acte conscient. Pourtant, un mensonge à soi-même conscient est en soi absurde. Reste donc l'hypothèse sartrienne d'une mauvaise foi. Mais l'homme serait-il condamné à jouer toute sa vie ? J'ai beaucoup travaillé sur la "self-deception" et la "duperie de soi" à partir de Davidson. Le problème pour moi est de savoir si la mauvaise foi est volontaire ou si les résistances du sujet justifient un acte de duperie.
En comprenant un comportement, nous l'interprétons et lui donnons un sens:
"Si nous l'expliquons l'irrationalité trop bien, nous en faisons une forme déguisée d'irrationalité; alors que si nous attribuons l'incohérence avec trop de désinvolture, nous ne faisons que compromettre notre capacité à diagnostiquer l'irrationalité en retirant l'arrière-plan de rationalité requis pour justifier un diagnostic quelconque."
Donald Davidson, Paradoxes de l'irrationalité

06 décembre, 2008

Tant qu'il y aura des hommes



Dans From here to eternity - Tant qu'il y aura des hommes - Montgomery Clift interprète le rôle d'un soldat qui refuse d'obéir à des ordres stupides. On a souvent dit de lui, que dans ce film Prewitt donne un peu d'humanité à l'armée des USA. Ce soldat rebelle n'hésitera pas à rejoindre ses camarades lors de l'attaque de Pearl Harbour en 1941, par patriotisme.
La séquence proposée est émouvante: Prewitt, premier clairon, rend hommage à son ami Maggio (F. Sinatra).

http://www.youtube.com/watch?v=9fxH-2LnRkc

05 décembre, 2008

Freud, passions secrètes !


Cette semaine, mes élèves ont découvert Freud, passions secrètes de John Huston en 1961. Je trouve ce film particulièrement remarquable. Il faut dire: je suis une fan depuis toujours de Montgomery Clift, un homme d'une rare complexité, broyé par Hollywood. je suis très certaine qu'il y en nous une division de l'esprit: en cela , nos actes doivent être interprétés pour être intelligibles. Sans doute, le travail sur soi-même éviterait bien des confusions mentales. Et enfin, je suis persuadée que Sartre le moraliste n'a pas compris la théorie de Freud.

Pour la petite histoire:


"À Vienne, en 1885, les recherches de Freud sur l'inconscient ébranlent toute la médecine...John Huston réalise la première grande biographie du père de la psychanalyse, avec un Montgomery Clift magistral.
Vienne, 1885. Le docteur Freud, 29 ans, neurologue à l'hôpital général de Vienne, se permet de contredire le professeur Meynert. Leur désaccord au sujet de l'hystérie, dont Meynert prétend qu'elle n'existe pas, pousse Freud à suivre à Paris les cours du Dr Charcot. Ce dernier, en utilisant l'hypnose, prouve que les causes de l'hystérie sont à rechercher dans le psychisme. Rentré à Vienne, Freud retrouve son rival Meynert, qui le ridiculise. Mais l'éminent docteur Breuer l'encourage et l'invite à soigner une jeune névrosée...
Sartre, Huston et Freud"Depuis Let there be light en 1945 (documentaire sur les soldats choqués psychologiquement pendant la guerre), Huston rêvait de rendre un hommage à Freud en donnant au grand public l'occasion de saisir l'apport scientifique du père de la psychanalyse. Le cinéaste, qui voulait que son film 'respirât le soufre', fit appel à Jean-Paul Sartre, lequel lui présenta un script traitant largement des fausses pistes suivies par Freud jusqu'à ce qu'il découvre le complexe d'OEdipe. Huston apprécia ce côté du script, mais demanda une version plus courte à l'écrivain. Ce dernier s'exécuta et lui présenta un texte... encore plus long. Huston, ne parvenant pas à dialoguer avec Sartre, engagea alors le scénariste de Let there be light, Charles Kaufman, qui fit ce que Huston voulait éviter : un film dans la tradition biographique des productions Warner. Puis Huston et son producteur Wolfgang Reinhardt s'attelèrent eux-mêmes à la tâche. (...) La mise en scène de John Huston est pertinente et envoûtante de bout en bout. Cinéaste de l'action et grand meneur d'hommes, Huston s'adonne avec tout autant de talent à la réflexion et à l'exploration intellectuelle. Sa réalisation est en tout point centrée sur le concept de recherche d'une vérité scientifique et philosophique (...). Quant à l'interprétation de Montgomery Clift, elle est tout simplement magistrale, d'une sobriété à toute épreuve, entièrement et uniquement fondée sur son regard passionné, enthousiaste, effrayé, plein de doute, convaincu et se voulant convaincant, fort bien mis en relief par de légères contre-plongées et un judicieux et discret éclairage latéral. Quand on sait combien désaxé et malade l'acteur était à cette date, on en est d'autant plus admiratif."

02 décembre, 2008

Centre BENTHAM

Le Centre Bentham a le plaisir de vous inviter à ses Ateliers sur l'utilitarisme:Intervention de Claire Wrobel (Université de Paris Ouest Nanterre La Défense)« Gothique et panoptique ».

La présentation sera suivie d’une discussion.Samedi 13 décembre 2008, 11h-12h30.Université Paris Ouest Nanterre La Défense, Bât. L salle 308, 200Avenue de la RépubliqueNanterreGare : Nanterre Université (RER A ou train à partir de Saint-Lazare).

Cela devrait être bien; c'est une chouette équipe. Trop de travail pour y assister !

01 décembre, 2008

L'ambiguïté du langage


A propos de l’ambiguïté, P. Mathias affirme:


« Quoi que je fasse, l’effectivité m’accapare, et là où je croyais pouvoir penser et réaliser des projets, là où je croyais exercer pleinement ma liberté, je me heurte à l’incontournable opacité des autres et du donné. »


Il me semble que l’ambiguïté repose sur l’équivocité du sens tant au plan linguistique qu’au plan existentiel. Je ne vais pas résoudre la question linguistique; il est évident pour moi que le travail des logiciens au XXe siècle consiste à éliminer toute forme d’équivocité des expressions.
Mettre fin à l’incohérence des actes exige un engagement de la part du sujet qui entend donner un sens à son existence. Refuser cette perspective, c’est rester dans la confusion, dans l’irrésolution.