28 novembre, 2008

Lévi-Strauss: bon anniversaire !



Le grand anthropologue Claude Lévi-strauss a cent ans aujourd'hui ! Je retiens de lui l'image d'un homme tolérant et intelligent.
Avec une section technologique, j'étudie la question de l'identité animiste avec son disciple, Philippe Descola, nos amis les Achuar.

"Comment caractériser l'oeuvre de Lévi-Strauss?Cette oeuvre comporte deux aspects. Tout d'abord, il y a le structuralisme, qui propose une méthode nouvelle d'analyse, conçue pour interpréter les faits culturels. La méthode structurale est un outil extrêmement technique, réservé plutôt aux spécialistes. Cette méthode est extrêmement intéressante, mais ce n'est qu'une partie de l'immense édifice conceptuel échafaudé par Lévi-Strauss. Dans mon livre, j'ai fait le pari d'élucider les idées de Lévi-Strauss non seulement comme celles de l'inventeur d'une méthode anthropologique, mais surtout comme celles d'un penseur qui propose, en deçà d'un système théorique, une vision du monde. Réfractant la plupart des drames devenus tristement emblématiques du siècle passé, la pensée de Lévi-Strauss est irriguée par la réflexion sur le problème des imperfections du monde humain, telles que les tragédies du XXe siècle nous ont permis de les contempler. Lévi-Strauss cherche à établir un diagnostic de ces maux, afin de pouvoir proposer des remèdes nécessaires pour épargner à l'humanité les périls extrêmes qui continuent à nous menacer. Il parle des problèmes du présent et du futur proche: la croissance de la population, la globalisation, l'uniformisation culturelle, les ravages infligés à notre milieu naturel, la disparition des espèces vivantes, le racisme...Son oeuvre reste donc d'une grande actualité pour analyser le monde contemporain?L'une des vocations de l'anthropologie, telle que Lévi-Strauss la définit, est de comprendre pourquoi les cultures humaines sont différentes les unes des autres, et comment nous pouvons apprendre à vivre avec ces différences, en les acceptant. Les exemples contemporains ne manquent pas: les fondamentalismes, l'intolérance religieuse, les conflits politiques; l'ensemble se manifestant souvent au travers de menus faits de société, comme le problème du voile islamique en France. Notre société ne parvient pas à faire sereinement face à ce type de phénomènes. Elle éprouve toujours la difficulté à conceptualiser la différence culturelle, en y voyant de manière spontanée tantôt un scandale, tantôt un problème insurmontable qui ne peut conduire qu'à des conflits. Notre pensée a du mal à domestiquer les manifestations troublantes de l'altérité. A cet égard, le savoir anthropologique peut offrir quelques ressources à tout un chacun, et aux responsables politiques en particulier.Lévi-Strauss est donc aussi un penseur politique?Parfaitement. La question de l'existence des races humaines, indissociable du problème du racisme, est à la fois un problème éthique et politique. Les expériences douloureuses du XXe siècle, en particulier celle du nazisme, nous ont permis de mesurer l'importance insigne de ce problème et d'entrevoir les conséquences catastrophiques que peut produire une vision mal fondée de la diversité des êtres humains. Race et histoire, publié en 1952, répondait à une commande de l'Unesco. Dans la première décennie de l'après-guerre, l'Occident a été forcé de procéder à un examen de conscience. L'Unesco, considérant que les tragédies du nazisme et de la Shoah étaient rendues possibles par des représentations erronées de la diversité biologique et culturelle des humains, voulait faire le point sur les connaissances scientifiques se rapportant à cette question, afin de pouvoir organiser ensuite une campagne d'éducation à l'échelle planétaire. On a commencé par consulter des chercheurs, principalement des sociologues et des anthropologues, dont Claude Lévi-Strauss.Quel était alors le point de vue de Lévi-Strauss?L'Unesco a initialement essayé de délégitimer le racisme, dans sa version biologisante, en affirmant que les différences biologiques entre les humains sont minimes et, en tout cas, secondaires par rapport aux similitudes fondamentales qui rapprochent tous les hommes. Lévi-Strauss a objecté que cette affirmation ne règle pas le problème du racisme sous toutes ses formes. Eliminé sur le terrain biologique, le racisme peut renaître sur le terrain de la culture, où la conviction persiste que les cultures ne sont pas égales. Dans Race et histoire, Lévi-Strauss, a affirmé avec force l'égalité des cultures et s'est employé à démontrer que ce qui fait la richesse des cultures, ce qui leur permet de progresser, c'est avant tout la collaboration qu'elles sont capables d'établir entre elles.
Pour Wiktor Stoczkowski, Lévi-Strauss a contribué à jeter les bases institutionnelles de l'anthropologie française'. Cette approche de l'altérité a pu susciter des commentaires et analyses parfois surprenantes. Sa défense de la diversité culturelle a même pu être interprétée comme réactionnaire...Après la Seconde Guerre mondiale, dans un contexte qui favorisait le désir de dépasser les divisions et différences entre les peuples -réputées porteuses de conflits- l'idée est devenue répandue selon laquelle la principale condition de la paix était d'établir un système d'échange et de coopération internationale qui produirait, à terme, une sorte de culture mondiale: on parlait déjà à l'époque de mondialisation. Cette culture uniformisée était censée être une panacée capable de résoudre tous les problèmes de l'humanité. Lévi-Strauss est alors l'un des premiers à dire: "Attention, ne détruisons pas la diversité des cultures, elle fait la richesse de l'expérience humaine. Il faut que les cultures, tout en collaborant, veillent à préserver leurs particularités, car celles-ci constituent notre patrimoine inaliénable". Cette mise en garde avait été subtilement suggérée dans Race et histoire, en 1952; elle a été rendue brutalement explicite en 1971, dans Race et culture.Ce message, considéré avec le recul comme visionnaire, n'a-t-il pas souffert à l'époque d'une grande incompréhension?Le malentendu a été total. Au début des années 1970, l'idéologie du progrès linéaire dominait encore: les sociétés changent, la mondialisation permet le progrès et, grâce à ce progrès, nous nous acheminons tous vers un état d'abondance, de bien-être et de paix. Lévi-Strauss montre alors le revers de la médaille. Ces idées provoquent une réaction encore plus violente au début des années 1980, lorsque Race et culture, après avoir fait scandale à l'Unesco en 1971, est rééditée en 1983, dans Le regard éloigné. C'est le moment où les Français découvrent l'extrême-droite: le Front national, la "Nouvelle droite" et ses cénacles intellectuels qui proposent une doctrine justifiant le rejet de l'Autre non plus par des arguments biologiques, mais à partir de l'idée selon laquelle la présence des étrangers dans l'Hexagone serait une menace, pour autant qu'elle expose la culture française au risque d'un métissage identifié à un appauvrissement. Si la culture des Dogons ou des Jivaros mérite d'être préservée de l'abâtardissement, pourquoi ne pas accorder la même protection à la culture des Français? L'Autre n'est plus nécessairement inférieur, sa culture mérite probablement qu'on la respecte, mais l'Autre ferait mieux de la cultiver chez lui, car sa présence chez nous compromet l'intégrité et la survie de deux cultures: et la sienne et la nôtre. Il n'a donc jamais été proche de la droite extrême, du Club de l'Horloge en particulier, comme certains ont pu le dire?Lévi-Strauss n'a jamais adhéré à la doctrine de l'extrême-droite; bien au contraire, il l'a toujours jugée aberrante et nuisible. Toutefois, il soulignait en même temps les conséquences néfastes de la doctrine opposée, qui prônait le métissage culturel à tout va. Pour lui, c'étaient deux aberrations qui se valaient. A ma connaissance, il n'a jamais été proche du Club de l'Horloge. En 1971, invité par l'Unesco à inaugurer l'Année internationale de lutte contre le racisme, Lévi-Strauss a fait scandale en insistant sur la nécessité de ne pas se dissoudre la diversité culturelle dans un dialogue excessif, dans un métissage omniprésent, couramment préconisé à l'époque. Aujourd'hui, la même Organisation invite les gouvernements nationaux à protéger le patrimoine culturel des minorités et des indigènes, à sauvegarder les savoirs traditionnels, à préserver la diversité des cultures. Plusieurs conventions allant dans ce sens ont été adoptées par l'Unesco dans la première décennie du XXIe siècle. A cet égard, l'opinion publique et les organisations internationales ont fini par rejoindre Lévi-Strauss, avec une trentaine d'années de retard.Etait-il un visionnaire ou un simple précurseur?Est-on visionnaire parce qu'on a défendu précocement une idée qui est devenue ensuite une idée reçue? Il serait cavalier de réduire la pensée de Lévi-Strauss à quelques thèses qui nous plaisent aujourd'hui et qui seront peut-être oubliées demain. Sa pensée est plus complexe et plus intéressante que ces quelques idées dont il était indéniablement l'un des précurseurs. Sa pensée est plus profonde et recèle d'autres ressources qui restent toujours à découvrir ou à redécouvrir. "Lévi-Strauss a institutionnalisé l'anthropologie"Peut-on parler d'école structuraliste?D'un côté, il y a eu une mode du structuralisme, passagère, superficielle et mondaine, qui a perduré tout au long des années 1960-1970. De l'autre côté, il y a eu une école structuraliste en anthropologie. Lévi-Strauss a contribué à jeter les bases institutionnelles de l'anthropologie française. Il a suscité beaucoup de vocations et a formé un grand nombre d'anthropologues, à la fois français et étrangers. Conçu dans le domaine de l'anthropologie, le structuralisme a fini par exercer une influence très au-delà du champ de recherche qui l'a vu naître, en sociologie, en histoire, en archéologie, dans les études littéraires, en sémiotique, en musicologie, et j'en passe. Il a influencé ou inspiré un certain nombre d'artistes: poètes, romanciers, compositeurs, peintres.Quel est l'héritage de Lévi-Strauss?Lévi-Strauss a posé un certain nombre de questions, dont la plupart restent toujours d'actualité: nous continuons à essayer d'y apporter des réponses, tout en affinant ou nuançant ces questions. Ses disciples, même s'ils ne revendiquent pas toujours l'étiquette de structuralisme, se situent dans le sillage tracé par Lévi-Strauss. Mais ils ne se contentent pas de suivre à la lettre la méthode du maître: ils la transforment, l'enrichissent, la mettent à l'épreuve sur des terrains nouveaux. Après une période de domination du structuralisme, dans les années 1960-1970, l'anthropologie s'est diversifiée. Aujourd'hui, les écoles sont multiples, tout autant que les terrains. Certains travaillent toujours sur les cultures dites traditionnelles, d'autres s'intéressent à la haute Culture occidentale, par exemple les sciences, la médecine, les techniques, l'économie. A l'époque de Lévi-Strauss, les anthropologues s'intéressaient plutôt à l'altérité, à tout ce qui était profondément différent de la haute culture occidentale ou à ce qui, à l'intérieur de notre culture, leur paraissait archaïque. Après avoir été une science des cultures en voie de disparition, l'anthropologie est en train de devenir aujourd'hui une science des cultures en voie d'apparition."


*Wiktor Stoczkowski est chercheur au laboratoire d'Anthropologie sociale (EHESS/CNRS), au Collège de France.W. Stoczkowski, "L'antiracisme doit-il rompre avec la science?", Recherche, n° 401, 2006Anthropologies rédemptrices. Le monde selon Lévi-Strauss, de Wiktor Stoczkowski, est publié aux éditions Hermann.Les oeuvres choisies de Claude Lévi-Strauss sont disponibles aux Editions Gallimard dans la collection de la Pléiade.

27 novembre, 2008

Mystère du bien

" Le bien est mystérieux à cause de la fragilité humaine, à cause de l'immensité de la distance qui est en jeu. Si les anges existaient, peut-être seraient-ils capables de définir le prédicat "bien", mais cette définition nous serait incompréhensible".
La souveraineté du bien, Iris Murdoch
Murdoch montre avec beaucoup de talent qu'il existe en chaque être humain des obstacles au bien agir. Faut-il imputer la faute à la division du moi ? Il semblerait qu'il existe des moitiés de moi incompatibles les unes avec les autres. Le moi peut se faire des illusions sur lui-même aveuglé par son égoïsme.
Joseph ne voit-il pas la lumière de Marie ?

26 novembre, 2008

Réussite de la journée Bentham

Ce fut une très belle journée pour les élèves. Malik Bozzo- Rey avait préparé son texte à propos de l'utilitarisme de Jeremy Bentham. Les échanges furent fructueux; enfin des philosophes qui ne parlent pas pour ne rien dire !
Mais Malik, c'est un peu Barak Obama; il est toujours avec son I-phone: répond à un correspondant allemand, prépare sa conférence à Londres, reçoit un coup de téléphone de sa femme, me parle d'un colloque avec JP Cléro (très sympa, spécialiste de Hume, des fictions), déguste un gâteau au chocolat et rentre sur son scooter à 50 km de Paris à 23H !
Très grande journée pour les élèves.

23 novembre, 2008

Le rêve d'un drôle d'homme

Dans Le journal d'un écrivain, le rêve d'un homme ridicule,Dostoïevsky évoque la révélation d'un individu qui prêt au suicide, renonce à cela, parce qu'une petite fille le sauve de son indifférence.Il semble qu'il prenne conscience d'un monde merveilleux, soustrait à la souffrance; un monde en quelque sorte qui transcenderait sa conscience malade. J'ai essayé par des moyens détournés de comprendre Moore; je finirai bien par cerner ses intuitions !

"Depuis longtemps j'avais cessé de voir les constellations
auxquelles mes yeux étaient habitués. Je savais qu'il y
avait des étoiles dont la lumière mettait des siècles à
atteindre la terre. Peut-être traversions-nous les espaces
où se meuvent ces astres inconnus. J'étais dans l'angoisse
d'une attente indéterminée. – Subitement un sentiment
familier et combien agréable entra en moi ;c'était la
joie de revoir notre soleil. Pourtant je compris vite que
ce soleil ne pouvait être notre soleil, celui qui a donné naissance
à notre Terre. Nous étions à des distances incommensurables
de notre système planétaire, mais je fus
heureux de voir à quel point notre soleil ressemblait à
notre soleil. La lumière vitale, celle qui m'avait donné
l'existence, me ressuscita. Je sentis en moi une vie aussi forte que
celle qui m'avait animé avant la tombe . Mais
c'est un soleil pareil au nôtre: il doit y avoir une terre:
Où est-elle?
Mon compagnon me désigna une petite étoile qui brillait
au loin d'une lueur d'émeraude. Nous volions droit
vers elle."
P. Evdokimov, Dostoïevsky et le problème du mal; Desclée de Brouwer, 1978

Moore: l'énigme !


Halais a sans doute raison: il y a une énigme dans la compréhension des Principia Ethica de Moore: il faut faire l'hypothèse que le monde magnifique est meilleur que le monde horrible et ce en dehors de tout contexte. Mais l'admiration et le dégoût sont pourtant des réactions morales.

Je me suis souvenue de la réflexion très pertinente de la philosophe irlandaise Iris Murdoch - The sovereignty of good. Je cite:


"Moore croyait que le bien était une réalité suprasensible, qu'il était une qualité mystérieuse, non représentable et indéfinissable, qu'il était objet de connaissance et que (implicitement) être capable de le voir était, en un certain sens, le posséder. Moore pensait le bien par analogie avec la beauté; et il était malgré lui "naturaliste" dans la mesure où il le tenait pour un constituant réel du monde. On sait sur quels points, et avec quelle sévérité, il fut rectifié par ses successeurs.."


Le "malgré lui" est essentiel. Cela devrait me permettre de spécifier le type de "réalisme moral" défendu par Moore.


I. Murdoch, La souveraineté du bien, trad 1994, éditions de l'éclat.

21 novembre, 2008

L'effet papillon !


A conseiller, le dernier album de BENABAR, Infréquentable, sans doute ce que l'on fait de mieux dans la variété française pour moi:
http://www.youtube.com/watch?v=bAs8gN0j2Z8

19 novembre, 2008

Gagnants, perdants


"Tous ces beaux jeux inventés pour passer devant les premiers/Pour que chacun soit écrasé s'il refuse encore de plier/Les dégâts, les excès, ils vont vous les faire payer"... Ainsi commence, chanté d'une voix intense et éraflée, le premier couplet de Gagnants/Perdants, premier titre enregistré par le groupe Noir Désir depuis la libération en octobre 2007 de son chanteur..." Journal Le monde du 13/11/2008.


Le groupe Noir Désir vient de rendre public sur son site deux nouveaux morceaux - Gagnants, perdants, et Le temps des cerises.D'une voix cassée, on entend Bertrand Cantat:


" Nous, on veut pas être des gagnants


mais on n'acceptera pas d'être des perdants".

18 novembre, 2008

Journée Bentham


Malik Bozzo-Rey, spécialiste et traducteur de Bentham, présentera au lycée Bonaparte à Toulon, les fondements de la philosophie utilitariste de ce philosophe et juriste anglais le 25 novembre 2008. Il y sera question notamment de la critique des droits de l'homme.
Bentham Jeremy: Introduction aux principes de morale et de législation, Vrin (à paraître).

17 novembre, 2008

annonce conférence

Julien Dutant (Université de Genève) intervient le mardi 18 novembre à Vouillé pour la fête de la science: les sciences nous apportent-elles des connaissances ?

http://journeesphilovouille.over-blog.com/article-24211474.html

16 novembre, 2008

De quelle identité s'agit-il?


Pourquoi le "bien" ne pourrait être défini comme la couleur "jaune" par exemple ? Car la question est de savoir comment le bien peut être caractérisé. Je cite MOORE:


" If j am asked what is good ? my answer is that good is good, and that is the end of the matter."

si en effet, il existe une identité conceptuelle entre le bien et ses caractéristiques, alors on a affaire à une pure tautologie.


"... To readers who are familiar with philosophic terminology, j can express their importance by saying that they amount to this: that propositions about the good are all of them synthetic and never analytic; and that is plainly no trivial matter." (P58, The subject-matter of ethics).


En revanche, l'idée de bien pourrait recevoir un contenu empirique, comme "la satisfaction du plus grand nombre" ou "le plaisir" selon une acceptation utilitariste. Mais il n'est pas possible d'après MOORE de conclure à une identité entre le "bien" et le "plaisir". On ne peut parvenir à trouver une équivalence de sens entre le bien et ses propriétés. Donc toutes les tentatives des théories utilitaristes, évolutionnistes sont vouées à l'échec.


Il existe donc bien des vérités objectives en morale mais on ne peut dériver les jugements des faits naturels. Toutefois, ne faut-il pas faire une différence entre deux types de questionnement: a) "ce qu'est le bien" et b)"ce que signifie le bien" ? Il est possible de s'accorder sur la signification d'un terme sans pour autant en définir l'essence; il ne s'agit pas d'une réduction .

12 novembre, 2008

G.E moore: le caractère objectif d'une valeur




Pour Moore, la valeur "good" est indéfinissable et ne peut se réduire à des propriétés naturelles. C'est en ce sens que l'on peut qualifier Moore de "réaliste" en morale. Mais il semble nécessaire d'éviter deux écueils pour la compréhension des phénomènes moraux:


- a) la valeur est dépendante de nos états de conscience


- b) la valeur est indifférente à tout jugement


Pour sortir de cette impasse, E. Halais dans son article sur MOORE, analyse l'expérience proposée par le philosophe anglais. Imaginons que nous vivions dans un monde d'une rare beauté ou au contraire d'une grande laideur:

"Let us imagine one world exceedingly beautiful; Imagine it as beautiful as you can; put into it whatever on this earth you most admire - moutains, rivers, the sea; trees, and sunsets, stars and moons. And then imagine the ugliest world you can possibly conceive. Imagine it simply one heap of filth, containing everything that it most disgusting to us, for whatever reason, and he whole, as far as may be, without one redeeming feature".

Principia Ethica, P 135
Même en l'absence d'une contemplation, le "monde magnifique" peut être considéré comme bon en soi. Est-ce une position cohérente ?




11 novembre, 2008

Lévi-strauss: qu'est-ce qu'une société humaine ?

Une très intéressante vidéo de Claude Lévi-Strauss, le maître de l'anthropologie structurale. J'avoue être admirative de son parcours de chercheur. Des études de philosophie sans doute abandonnées à cause d'un sentiment de facilité. La vraie vie commence avec l'expérience !

10 novembre, 2008

Les problèmes d'éthique médicale

Dans le cadre de l'ECJS, mes élèves ont commencé à explorer certains problèmes d'éthique médicale:
innovations biotechnologiques et progrès:
- en quel sens peut-on parler d'un pari sur la vie ?
- en quel sens peut-on parler d'une solidarité humaine, d'une fraternité humaine par l'expression "don d'organes" ?
-" comment concilier le respect du mort et de son entourage familial et la possibilité de sauver une vie par le biais de la transplantation ?"
le fantasme des greffes
- devenir un Frankenstein par la greffe des organes ou des tissus
- devenir un sous-homme doté d'un gène de singe ou un surhomme doté d'un super-gène
le statut du corps humain
En principe, le corps doit être traité comme une personne; il est "corps-sujet". Il faut penser l'homme comme un "être de chair et de sang". La loi Caillavet garantit le respect du corps humain dans son intégrité, son inviolabilité, son indisponibilité. La loi Huriet reforce la législation de 1976, notamment à propos des personnes se prêtant à l'expérimentation biomédicale:
Article 16-1 " Le corps humain est inviolable. Le corps humain, ses éléments et ses produits ne peuvent faire l'objet d'un droit patrimonial."
Article 16-3 " Il ne peut être porté atteinte à l'intégrité du corps humain qu'en cas de nécessité thérapeutique pour la personne".
La question est de savoir si le droit civil fait du corps un sujet ou un objet.

07 novembre, 2008

Halte au massacre du Calderon !

Il faut réagir à ce massacre perpétré contre le CALDERON, dauphin intelligent, sur les îles de Feroe. Le Danemark ne se montre pas digne du tout !

http://www.ardenneweb.eu/reportages/2008/massacre_de_calderon_un_dauphin_des_iles_de_feroe_au_danemark

Ecrire à:

Ambassade du Danemark,

77 Avenue Marceau

75 116 PARIS

05 novembre, 2008

B. OBAMA: un nouvel espoir !


Pour célébrer l'événement un extrait d'une chanson du boss:

Everybody's got a hungry heart

Bruce Springsteen

04 novembre, 2008

Tribune consacrée à Marie-Claude Lorne

Une Tribune a été consacrée à Marie-claude Lorne, jeune philosophe, spécialiste de philosophie de la biologie, qui s'est donnée la mort le 22 septembre 2008, suite à une décision injuste de l'Université de Bretagne.

02 novembre, 2008

Vacances à Clermont-Ferrand


Je suis en vacances à Clermont-Ferrand chez ma soeur, son mari, les enfants. Une petite minette Tess a été adoptée.