26 mars, 2008

Pour une éthique animale

"L'éthique animale est l'étude du statut moral des animaux, c'est-à-dire de la responsabilité des hommes à leur égard".Dans sa préface, Peter Singer insiste sur l'idée de souffrance animale: pourquoi tolère-t-on les traitements dégradants infligés à l'espèce animale ? Je vais commencer la lecture de l'ouvrage de J.B Jeangène Vilmer et j'y reviendrai.
Ethique animale, préface de Peter Singer, J.B Jeangène Vilmer, PUF, février 2008

24 mars, 2008

Atelier Bentham

Voici le prochain atelier à propos de Bentham:

ATELIERS SUR L'UTILITARISME
Atelier n°6 : "L'application juridique de la théorie de Bentham" par Laurence Harang Samedi 29 mars 11h-12h30 Université Paris 10 - Nanterre 200, Avenue de la République Nanterre Bât. L, salle 308 Gare : Nanterre Université (RER A ou train à partir de Saint-Lazare )
Programme des ateliers

21 mars, 2008

Dignité ou qualité de la vie !

Il est vrai que la médecine a pour devoir de garantir la vie et de soulager les souffrances. Mais peut-elle, au nom de cette exigence, occulter l'autonomie de la volonté du patient en phase terminale ? Le Code de la santé stipule que le médecin doit accompagner le malade et "assurer par des soins et mesures appropriés la qualité d'une vie qui prend fin". Il ne peut de ce fait provoquer la mort. Mais la dignité du patient en fin de vie est-elle vraiment respectée ? Faut-il opposer la liberté du malade à ce caractère sacré de la vie ? Et si par amour pour autrui (comme me le suggérait un médecin) ne pourrait-on pas revoir cette exigence démesurée ?
"Art. L. 1111-13. - Lorsqu'une personne, en phase avancée ou terminale d'une affection grave et incurable, quelle qu'en soit la cause, est hors d'état d'exprimer sa volonté, le médecin peut décider de limiter ou d'arrêter un traitement inutile, disproportionné ou n'ayant d'autre objet que la seule prolongation artificielle de la vie de cette personne, après avoir respecté la procédure collégiale définie par le code de déontologie médicale et consulté la personne de confiance visée à l'article L. 1111-6, la famille ou, à défaut, un de ses proches et, le cas échéant, les directives anticipées de la personne. Sa décision, motivée, est inscrite dans le dossier médical.
« Le médecin sauvegarde la dignité du mourant et assure la qualité de sa fin de vie en dispensant les soins visés à l'article L. 1110-10. »

19 mars, 2008

La couleur de nos pensées !


Imaginez la chose suivante: vos pensées seraient représentées sous formes d'images, de graphiques.Autrement dit, il serait possible d'établir une analogie entre une émotion et une représentation:


"La couleur des pensées, leur qualité volitionnelle ou émotionnelle, peut être représentée graphiquement comme suit. Imaginons un grand livre dans lequel les pensées successives d'une personne sont inscrites sous forme de phrases; le contenu de la pensée (ce à quoi renvoie la pensée) serait représenté par les mots imprimés; l'attitude émotionnelle ou volitionnelle accompagnant la pensée serait représentée par la couleur de l'encre avec laquelle les mots sont imprimés, et la simple encre noire serait employée si la pensée est dépourvue de coloration émotionnelle."


P. GEACH


F. CAYLA, "La nature des contenus émotionnels" dans La couleur des pensées,EHESS, 1995.

18 mars, 2008

Mon chien est-il libre ?

Dans le dernier numéro de Sciences humaines, Jean-françois Dortier se demande si les animaux domestiques sont libres. Le paradoxe est entier: nos chiens, nos chats ont perdu leur droit illimité à faire tout ce qu'ils veulent.
Pour ma part, cher (e) lecteur(ice), je respecte la liberté de mon chien: il court dans les bois, au bord de la mer et veut chasser les oiseaux, les renards, les daims.
Pourtant j'ai constaté à quel point il préférait sa vie auprès d'adultes que son ancienne vie sauvage.
Un exemple le prouvera: il s'était enfui cet été et avait traversé une route nationale dangereuse. J'ai pu le retrouver en me souvenant des lieux qu'il affectionnait. Et quand il m'a vu, de très loin, d'un champ de tournesol, il est venu à moi, blessé, mais heureux d'une telle retrouvaille.
"Mon chien est-il libre ?

Le libre arbitre est sans doute un mythe que les individus se racontent à eux-mêmes. Mais cela ne veut pas dire que la liberté n’existe pas. Il se pourrait même qu’elle ne soit pas le propre des humains.
L’oncle André avait un chien. Un beau berger allemand affublé du nom de Basile. Dans les années 1970, quand on habitait un pavillon de banlieue, il était d’usage de mettre le chien en laisse. Et d’attacher la laisse à la niche. De sorte que Basile a passé sa vie entière dans un espace de cinq ou six mètres carrés sans pouvoir courir, marcher, se promener (sauf en de rares dimanches après-midi). Et tout seul. Alors que les chiens – descendants des meutes de loups – adorent la compagnie. Depuis, la vie des chiens s’est humanisée. Le mien vit à la maison, il peut sortir dans le jardin quand il le veut. Tout (ou presque) lui est permis. Sauf de monter sur le canapé (ce qu’il fait quand même quand on n’est pas là : je le sais puisque l’on retrouve ses poils sur le canapé à notre retour). À part cela, Basile Junior (c’est son nom) a le droit de vaquer assez librement où bon lui semble dans la maison ou dans le jardin. Peut-on dire que mon chien est libre ? "

15 mars, 2008

Attitudes propositionnelles et actes de la volonté


Il est justifié de s'interroger sur la manière dont nous conférons un sens à l'action dans le cadre d'une théorie explicative et compréhensive. A ce titre le philosophe américain Donald Davidson refuse d'aborder la question des actes de la volonté ou de décrire des propriétés spécifiques. Je cite:


" On s'étonne peut-être que je n'ai pas abordé le soi-disant caractère privé du mental ou le problème du statut spécial de l'agent quant à la connaissance de ses attitudes propositionnelles."


C'est essentiel: les actes de la volonté n'intéressent pas Davidson car ils n'ont pas de pertinence causale. En revanche, l'investigation des raisons y contribue. Il reste que Davidson rencontre le problème du statut de l'intention et des causalités déviantes.


Une discussion très intéressante a lieu sur le Blog de Julien Dutant, Philotropes.


Lire Davidson, "La mesure du mental", Editions de l'éclat, 1994.

14 mars, 2008

Musée Dapper: animal !


A voir une belle exposition au musée Dapper à Paris (16e), Animal: des figures énigmatiques, des représentations symboliques à découvrir.

12 mars, 2008

La mesure d'une punition


Est-il possible de qualifier pénalement un crime, un délit ? Si on considère qu'un motif est "mauvais", on se trouve dans la nécessité de le qualifier de "délit". Mais il importe alors de faire une distinction entre une "offense" et un "préjudice". N'existe-t-il pas alors la tentation pour une société de considérer qu'une offense ressentie est de l'ordre d'un préjudice ? C'est alors la moralité d'une société qui est en cause. Mais peut-on fixer une limite ? Qui peut l'établir ?



"Establish a proportion between crimes and punishments, has been said by Montesquieu, Beccaria, and many others. The maxim is, without doubt, a good one; but whilst it is thus confined to general terms, it must be confessed it is more oracular than instructive. Nothing has been accomplished, till wherein this proportion consists has been explained, and the rules have been laid down by which it may be determined that a certain measure of punishment ought to be applied to a certain crime.
Punishments may be too small or too great; and there are reasons for not making them too small, as well as for not making them too great. The terms minimum and maximum may serve to mark the two extremes of this question, which require equal attention."
J. Bentham

08 mars, 2008

Utilitarisme et sacrifice de soi


Dans quelle mesure est-il raisonnable de se sacrifier ? Pour le bien d'autrui, pour le bien de la communauté ou par un sentiment impérieux du devoir ? John Stuart Mill montre que cette haute exigence morale n'a de sens que pour "le bien des autres". Je cite:

" Meanwhile, let utilitarians never cease to claim he morality of self devotion as a possession which belongs by as good a right to them, as either to the stoic or to the Transcendentalist. The utilitarian morality does recognise in human beings the power of sacrificing their own greatest good for the good of others. It only refuses to admit that the sacrifice is itself a good."


Utilitarianism, P 26

(Fontana Press)

"En attendant, les utilitaristes ne doivent cesser de revendiquer la morale du dévouement personnel comme une propriété qui leur appartient à aussi bon droit qu'au stoïcien ou au transcendantaliste. La morale utilitariste reconnaît à l'être humain le pouvoir de faire, pour le bien des autres, le plus large sacrifice de son bien propre. Elle refuse seulement d'admettre que le sacrifice soit en lui-même un bien."

L'utilitarisme, P 66

Trad franç G. Tanesse

(Champs flammarion)

07 mars, 2008

La valeur du plaisir

Un simple constat: le plaisir est un bien et la peine, un mal. Est-il possible de parvenir à une mesure du plaisir ? Réponse de Bentham:

" Pleasures then, and the avoidance of pains, are the ends that the legislator has in view; it behoves him therefore to understand their value. Pleasures and pains are the instruments he has to work with: it behoves him therefore to understand their force, which is again, in other words, their value.
II. To a person considered by himself, the value of a pleasure or pain considered by itself, will be greater or less, according to the four following circumstances:
1. Its intensity.
2. Its duration.
3. Its certainty or uncertainty.
4. Its propinquity or remoteness."


Peut-on à partir de cette analyse construire un système juridique ?

04 mars, 2008

Du principe d'utilité

Définition du principe d'utilité:


"The principle of utility is the foundation of the present work: it will be proper therefore at the outset to give an explicit and determinate account of what is meant by it. By the principle of utility is meant that principle which approves or disapproves of every action whatsoever, according to the tendency which it appears to have to augment or diminish the happiness of the party whose interest is in question: or, what is the same thing in other words, to promote or to oppose that happiness. I say of every action whatsoever; and therefore not only of every action of a private individual, but of every measure of government."

J. BENTHAM

Centre Bentham


Voici l'annonce d'une confrontation Smith et Bentham quant à la question de la sympathie:

"ATELIERS SUR L'UTILITARISME
Atelier n°5 Samedi 8 mars 2008 10h-12h30 : "La question de la sympathie chez Smith et Bentham"Séance commune avec l'atelier de lecture des oeuvres d'Adam Smith (Philosophie, Paris X / Etudes anglophones, Paris-Diderot)Vanessa Nurock (Lille 3) et Marie-Laure Leroy (Académie de Versailles) présenteront des textes de Smith et de Bentham sur la sympathie. Les exposés seront suivis d’une discussion. "

02 mars, 2008

Voir en peinture !




Dans une lettre à Gasquet, Paul Cézanne évoque la nécessité d'une traduction:




"Ce que j'essaie de vous traduire est plus mystérieux et s'enchevêtre aux racines mêmes de l'être, à la source impalpable des sensations".




La peinture serait-elle le langage de l'être ?