29 février, 2008

Paul Klee au jardin des merveilles !

A signaler une exposition à Bern du 17 mai 2008 au 31 août 2008 - PAUL KLEE AU JARDIN DES MERVEILLES.
Dans un prochain billet, je parlerai du rapport de l'art et de la science à partir d'un texte de Hume.

http://www.paulkleezentrum.ch/ww/fr/pub/web_root/pro/wechselausstellungen/in_paul_klees_zaubergarten.cfm


"Paul Klee au jardin des merveilles" La représentation des jardins et des parcs, le thème de la croissance et de la morphologie des plantes occupent une place importante dans l’œuvre de Paul Klee. L‘étude de la nature – le « dialogue avec la nature », pour reprendre ses propres mots – était un principe pour Klee; selon lui, l’artiste en tant qu’« être humain est lui-même nature et morceau de nature dans l’espace de la nature ». L‘exposition « Paul Klee au jardin des merveilles » fait découvrir les mille et une facettes de la recherche artistique de Klee dans l’univers des plantes et des jardins et ses diverses approches tantôt objectives sur le plan analytique, tantôt subjectives par leur radicalisme. On y voit clairement l’importance de la proximité immédiate de la nature: les environs de Berne, que le jeune artiste découvrit comme espace de retraite et de découverte hallucinatoire de la nature; les jardins et les parcs proches de ses divers ateliers: le Jardin Anglais à Munich, le Parc sur l’Ilm à Weimar, le parc de Wörlitz près de Dessau; les jardins de St. Germain et Hammamet, qu’il découvrit en 1914 lors de son voyage en Tunisie avec Macke et Moilliet.
L‘exposition thématise la recherche de Klee en matière de structure et de morphologie des plantes, des processus de croissance et de transformation dans la nature. Au cours de ses voyages, Klee cueillait des plantes qu’il conservait soigneusement dans des cadres et écrins spécialement conçus à cet effet ou qu’il regroupait dans un herbier. La confrontation analytique avec la nature se retrouve dans les dessins que le jeune Klee réalisait déjà dans ses cahiers de botanique, dans les feuilles d’automne et autres trouvailles recueillies dans la nature, dans ses notes et croquis des cours du Bauhaus – mais aussi dans de nombreuses œuvres artistiques.Dans la pensée et l’œuvre artistique de Klee, une importance particulière est attribuée à l’arbre qui figure le type idéal de la croissance dans l’univers botanique et est la métaphore de la genèse de l’œuvre d’art. Par des exemples choisis, l‘exposition montre de manière concrète la diversité, tant du contenu que de la représentation, de ce thème dans l’œuvre de Klee.
Le « dialogue » avec la nature était pour Klee la condition sine qua non à la création d’une flore imaginaire, existant en quelque sorte en parallèle avec la nature. Ses jardins sont le produit de l’imagination artistique, féeriques et baignés de rêve, insolites par leur exotisme, voire menaçants parfois. Ils dépassent de loin la simple imagination d‘une idylle florale contemplative. L’immense diversité de ses inventions sur toile et des titres donnés à ses tableaux donne naissance à une collection de curiosités botaniques. Il n’est pas rare que les plantes arborent des traits anthropomorphes, véritables êtres vivants dotés de physionomies et de sentiments. Les jardins de Klee deviennent alors des scènes et décors pour les acteurs d’un « théâtre botanique ». La richesse de ce monde de plantes imaginaires devient accessible dans l’exposition où les œuvres sont montrées par groupes avec des jardins qui marient le minéral, les fruits et les fleurs, des jardins orientaux, tropicaux ou mythologiques, ou encore des jardins d’agrément et de merveilles."

Création et activité artistique !


Ne faut-il pas voir dans la création une aurore, un commencement? Le poète, nous dit Bachelard, parle au "seuil de l'être". Mais l'artiste ne crée pas la matière; il la met en forme, en faisant coïncider l'extériorité du réel et l'intériorité subjective par laquelle nous le percevons et ressentons. A ce titre, on pourrait parler de création à propos de l'activité artistique.


L'art rend visible une réalité qu'on ne voit pas. Il s'agirait de poser un autre regard sur la réalité. Créer, c'est donc se situer entre le visible et l'invisible.


Réflexion: n'est-ce pas "idéaliser" ou "styliser" le visible au sens de Klee ?

27 février, 2008

Utilité du Blog ?


Sur le blog de Julien dutant - Philotropes -, Florian Cova pose la question de l'utilité d'un blog. Je retiens l'idée d'un besoin de communication, mais il reste virtuel. A mon sens, il permet de se demander pourquoi nous éprouvons le désir de communiquer des contenus privés. Mais il est adressé à un public, et ne peut viser essentiellement à exprimer des pensées privées. Comme le langage, il est destiné à être lu, entendu. C'est une sorte de journal de bord.


Je trouve pour ma part très intéressant d'étudier la manière dont les étudiants en philosophie communiquent et se distinguent les uns des autres - de Paris VIII aux grandes écoles.


Le danger consisterait à penser que le Blog peut remplacer une communication authentique avec des êtres de chair et de sang; comme toute drogue, on doit pouvoir s'en passer !

25 février, 2008

De l'énergie à revendre !


Très grand Week-end à Paris: j'ai retrouvé le grand Gérard Reach. C'est toujours avec beaucoup d'intelligence que Gérard aborde les problèmes liés à l'éthique médicale: la question du paternalisme; pas évident du tout.

Le lendemain, j'ai découvert M, une personne pleine de vivacité comme moi (!), honnête et pleine de projets. J'ai donc deux idées d'articles; va falloir se mettre au travail après les copies, les courses...Nous changerons l'esprit défaillant universitaire !

21 février, 2008

Week-end à Paris !




C'est toujours avec beaucoup de bonheur que je parcours les villages de Paris. Joie certaine !

Henry Miller et Big Sur !



J'ai lu aussi pendant l'adolescence un autre écrivain américain Henry Miller, mort dans les années 80. Il y a évidemment les tropiques à consulter mais j'aime particulièrement Big sur et les oranges de Jérôme Bosch. En Californie, de jeunes écrivains viennent le voir pendant qu'Henry peint! Il donne un conseil pertinent aux âmes en mal d'inspiration:


" si vous avez peur de la page blanche, demandez à votre machine de vous expliquer" (à peu près, si mes souvenirs sont bons).

20 février, 2008

A memorable patient !

Voici un extrait d'un article de Gérard Reach, diabétologue et spécialiste de philosophie analytique (la suite pus tard):

"Consultations with Mrs L are difficult. She comes without her diabete logbook, or forgets to have the requested Hbatc assay. Above all, she comes either alone or accompaied by someone who, like herself, speaks nothing but chinese. All I can do, in order to understand her repeatedly hightHbatc levels, is to look and try to understand the documeented insulin doses and the blood glucose concentrations..."

The chinese room argument and patient education

GERARD REACH, Hôpital Avicenne

18 février, 2008

Construire un feu !


Excellente nouvelle de Jack London: Construire un feu. L'auteur modifie son texte initial. Il faut comprendre cette grande leçon: il est dangereux de s'aventurer dans les régions arides ! L'homme n'est pas maître du monde ! Leçon d'humilité ? A lire absolument.

12 février, 2008

Martin Eden: socialisme ou individualisme ?


Jack London, mon auteur d'adolescence, a vécu en son être même de profondes contradictions. Mais socialiste, il le reste. Dans Martin Eden, il fait dire à son personnage:

" Je crois que la course est gagnée par le plus rapide, la bataille par le plus fort. Telle est la leçon que j'ai apprise de la biologie ou, du moins, que je pense avoir apprise. Je le répète, je suis un individualiste et le socialisme n'a pas de pire ennemi que l'individualisme."

Le socialisme n'est-il pas le rêve avorté de donner au "peuple d'en bas" davantage ?

09 février, 2008

Sincérité et mauvaise foi


Posons-nous une question fondamentale: pourquoi l'homme dans ses tentatives d'authenticité ne parvient-il pas à se montrer sincère ? Tout simplement, répond Sartre dans L'être et le néant, parce que "la sincérité totale est un effort constant pour se désolidariser de soi." En conséquence, la sincérité et la mauvaise foi présentent les mêmes buts. Curieux ! Vouloir se montrer sincère implique donc une falsification.
Faut-il alors, comme le suggère Smith, un spectateur impartial qui nous tienne à distance de nous-même ? Mais il faudrait alors se demander si l'exigence de coïncider avec soi-même ne constitue pas déjà une exigence éthique.

A voir...

C. Larmore, Les pratiques du moi, PUF, 2004

J.-P Sartre, L'être et le néant, P101-102, Gallimard, 1943

08 février, 2008

Des nouvelles de Jack London !


Lettre à Anna Strunsky, 21 décembre 1899:


"Prenez-moi tel que je suis ! Un hôte étourdi, un oiseau de passage qui bat des ailes autour de vous durant quelques instants de votre existence, un oiseau brutal, habitué au grand air, aux larges espaces, qui déteste la douceur d'une existence renfermée."

05 février, 2008

L'invention humaine: Hume

Un colloque se prépare à Grenoble sur Hume. Pourquoi j'aime ce philosophe écossais ? Parce que c'est un esprit farouchement libre, parce qu'il ne se consacre pas uniquement à la philosophie, parce qu'il ne peut compter sur ses amis, parce qu'il rit beaucoup de la nature humaine mais sans complexe de supériorité.

L’INVENTION PHILOSOPHIQUE HUMIENNE
THE INVENTION OF PHILOSOPHY : HUME
COLLOQUE ORGANISÉ PAR LE GROUPE DE RECHERCHES “ PHILOSOPHIE,
LANGAGES ET COGNITION ” EA 3699, GRENOBLE
A SYMPOSIUM ORGANISED BY THE RESEARCH GROUP “ PHILOSOHY, LANGUAGES
AND COGNITION ”
GRENOBLE, 13 ET 14 MARS 2008
GRENOBLE 2008, 13 AND 14 MARCH
Colloque mis en oeuvre par / Symposium managed by :
Ph. Saltel, MCF HC-HDR, Grenoble
Philippe.Saltel@upmf-grenoble.fr
Le colloque de Grenoble, centré sur la question aussi décontextualisée que possible du
langage de la philosophie, sera l’occasion de déterminer ce que Hume a apporté à la pratique
de la philosophie après lui : ainsi, les questions du vocabulaire philosophique, de la manière
de l’organiser, de la relation entre philosophie et littérature, philosophie et “ common life ”,
philosophie et sciences humaines ou sociales, sont susceptibles d’être liées à celles que Hume
a posées à la “ tradition ” philosophique ; nous devons faire le point des problèmes qu’il
aura formulés le premier et des pratiques nouvelles qu’il propose à la communauté des
philosophes. En liant ces deux interrogations : “ comment Hume fait-il ? ” et “ comment
Hume nous interroge-t-il ? ”, nous pourrions contribuer à mieux comprendre la place et
l’avenir de la philosophie dans un monde nouveau, le nôtre, qu’il a été incontestablement
l’un des premiers à comprendre.

03 février, 2008

Comment connaissons-nous (2) ?



Le problème de Russell est de savoir comment il est possible de connaître des objets physiques dont nous n'avons pas une expérience directe. C'est là qu'intervient la connaissance par description. Par description, les propriétés attribuées (X a la propriété N) sont distinctes des propriétés sensibles dont je fais l'expérience:




"Nous sommes alors quand nous essayons de passer de la sensation à la physique, occupés à attribuer des prédicats hypothétiques à des sujets hypothétiques."




Il est donc vrai que la connaissance par description constitue un corps d'hypothèses:




"Vous avez chaud. Cela peut signifier: il y a une chaleur en rapport avec mon percept de votre corps, du même ordre que, quand j'ai chaud, ma propre chaleur est en rapport avec ma perception de mon corps."




Comment faire en sorte de connaître ce qui transcende mon expérience ? Peut-on poser l'existence d'un clivage entre expérience privée et expression linguistique ?




Les descriptions définies constituent des symboles incomplets (n'ont pas de signification isolément). Il est possible de parvenir à l'analyse des constituants: " il existe un et un seul objet tel que." L a variable est liée par un quantificateur existentiel "x tel que".







B. Russell; Signification et vérité, Trad franç P. Devaux, Flammarion, 1969;