23 janvier, 2008

Comment connaissons-nous (1) ?


Notre connaissance est sans doute relative à un moment donné dans un cadre spatio-temporel déterminé. C'est la nature de la connaissance qui doit être explorée afin d'examiner les difficultés d'une question aussi vaste.


Bertrand Russell (1872-1970), dans le chapitre X du livre Problèmes de philosophie (1912), Notre connaissance des universaux ,distingue trois catégories de savoir:



- la connaissance par expérience directe: ainsi nous avons l'expérience de la blancheur, du rouge, du noir par "les qualités exemplifiées par les sense-data". Par une sorte d'habitude, nous parvenons à une connaissance directe de l'universel, c'est-à-dire aux qualités sensibles.



- la connaissance des relations: nous percevons une propriété commune des sense-data, et donc une relation de similitude dans les relations spatiales et temporelles. En précisant notre perception des choses, nous pouvons de ce fait identifier des relations de ressemblance.



- la connaissance des classes: les éléments particuliers d'une classe appartiennent à une autre classe. Mais la question est bien de savoir quels sont les objets dont nous avons une connaissance directe.

Comment comprenons-nous les mots "homme" et "mortel": nous n'avons pas besoin de connaître la signification du genre humain! Faut-il alors des "instances particulières" pour identifier la proposition "homme mortel" ? Sur quoi repose donc la connaissance des choses ? Connaissance par expérience directe ou par description ?

Le problème de la connaissance rencontre le problème de la vérité de la connaissance.



Bertrand Russell, Problèmes de philosophie, Chap X, Payot 1989,Trad, franç F. Rivenc

21 janvier, 2008

Jack London


Sur le site Fabula, on peut consulter le résumé d'une étude sur Jack London par Jennifer Lesieur. Cet écrivain-journaliste a vécu parmi les clochards à Londres. Le récit de cette vie est à découvrir dans Le peuple de l'abîme (1902).



"Mort à quarante ans, brisé par la gloire et les excès, consumé par sa propre énergie, Jack London (1876-1916) aura vécu cent vies : ouvrier, pilleur d’huîtres, chasseur de phoques, chercheur d’or, militant socialiste, correspondant de guerre, agriculteur… Autant de métiers, autant de best-sellers. Une famille instable, une enfance de labeur, de pauvreté et d’errance : la vie de Jack London débute comme une nouvelle de Jack London. La suite ressemble à l’un de ses romans : voyages autour du monde, engagement politique, lumières et contradictions humanistes… Curieusement, la vie de l’écrivain américain le plus lu dans le monde, qui va nourrir et irriguer l’ensemble d’une oeuvre prodigieusement fertile, n’avait jamais été racontée en français. Quelques études critiques, des préfaces, mais aucune biographie. L’oeuvre sans la vie. Jennifer Lesieur s’est penchée sur le cas London. Elle a retracé, mille par mille, la route de l’auteur de Martin Eden, foulé ses terres, croisé ses fantômes et retrouvé au passage un manuscrit inédit, Carnet du trimard, publié en 2007 chez Tallandier. Découvrez l’histoire de Jack London, l’écrivain du rêve américain."




20 janvier, 2008

L'utopie de l'essayisme


Pourquoi Ulrich, le personnage de l'homme sans qualités de Musil s'intéresse-t-il à l'essai ? Tout simplement parce qu'il est sensible aux aspects que peut comporter une chose:

"...Un peu comme un essai, dans la succession de ses paragraphes, considère de nombreux aspects d'un objet sans vouloir le saisir dans son ensemble (car un objet saisi dans son ensemble en perd d'un coup son étendue et se change en concept)..."

De même pour Wittgenstein, une démarche généraliste n'est pas adéquate pour justifier nos concepts en psychologie:

"Les concepts de la psychologie sont des concepts du quotidien. Et non des concepts créés par la science à ses propres fins, tels ceux de la physique ou de la chimie."
A cela s'ajoute, la double apparence du lapin et du canard:

"Dois-je dire:" un lapin peut avoir la même apparence qu'un canard ?"
Problème: comment savons-nous qu'un mot est juste ? L'avons-nous appris ?

MUSIL; L'homme sans qualités, éditions du seuil, 1956 (P316)

WITTGENSTEIN, Remarques sur la philosophie de la psychologie, éditions TER 1989 (P 26-27)

19 janvier, 2008

Festival court-métrage à Clermont-Ferrand


A ne pas manquer, le festival du court-métrage à Clermont-ferrand, du 1er février au 9 février ; j'adore !


"Pour célébrer son 30ème anniversaire le Festival vous propose en plus des compétitions International, National et Labo, des séances Panorama et Autres programmes :
une séance d’ouverture exceptionnelle consacrée au cinéma en relief
un hommage au public de Clermont-Ferrand (2 millions de spectateurs en 30 ans !)
avec 3 programmes de Prix du public
un double DVD de quelques Prix du public
un colloque sur le court métrage"

17 janvier, 2008

Joyeux anniversaire Promenades philosophiques !


Mon blog a un an: bravo ! Vous pouvez faire parvenir le champagne virtuel à mon adresse électronique.

15 janvier, 2008

Indétermination des concepts et ressemblances de famille

Sans doute, faut-il reconnaître une indétermination des concepts de notre langage; telle est l'intuition de Wittgenstein. Il est très éclairant à ce titre de comparer le langage à un organisme vivant assez compliqué . Mais si les organismes vivants sont bien distincts les uns des autres, il doit bien exister "une ressemblance de famille" entre eux:

"Un réseau compliqué de ressemblances qui se recoupent et se croisent, ressemblances d'ensemble et ressemblances de détail." (Les Recherches philosophiques).

Il faut donc bien admettre l'idée qu'il n'y a pas de langage universel, car toute expression est relative à un jeu de langage. Ainsi, nous savons bien que telle activité résulte d'un jeu avec ses règles, mais nous ne pouvons pas déterminer exactement la nature de telles règles.

La complexité de la pensée de Wittgenstein tient sans doute à l'idée que notre langage comprend une structure logique (G. G Granger évoque "l'espace logique des choses") sans pour autant se réduire à un formalisme logique. Il faut donc à chaque fois, tenir compte des cas particuliers pour constituer des ressemblances de famille.

La méthode de variation d'un objet dans ses aspects semble donc appropriée. Nous pourrions ainsi par une expérience de pensée saisir la manière dont nous faisons usage des mots de notre langage.La prise en compte des aspects d'une chose au sens de Musil est assez proche de l'intuition Wittgensteinienne.

A voir...

13 janvier, 2008

Identité, sens, référence


Le problème à la fois logique et grammatical est de savoir ce qui constitue une équivalence voire une classe d'équivalence entre les objets.A ce titre, Wittgenstein se montre critique vis-à-vis de la logique traditionnelle, parce qu'il a comme souci principal de décrire un objet dans ses multiples aspects:

"De quoi est-il besoin pour faire la description qu'un livre -disons- est à une place déterminée ? De la description interne de ce livre, c'est-à-dire de son concept et de la description de sa position, celle-ci pouvant se faire par l'indication des coordonnées de trois points." Les Remarques philosophiques (Par 98).
En revanche, Frege dans un article célèbre - Sens et dénotation - fait une distinction entre l'objet dont on parle et le sens visé, autrement dit entre la dénotation et le sens.

Partons d'un énoncé d'identité de la forme a=a et demandons-nous ce qu'implique une telle relation. Ce type d'énoncé, d'après l'auteur apporte des informations, des connaissances. En effet, on peut apprendre que l'étoile du soir est l'étoile du matin. Nous pouvons tirer deux conséquences de cette analyse: d'une part, il est absurde de réduire les énoncés d'identité à des énoncés de la forme "a=a" et d'autre part, il est faux de réduire la référence ou la dénotation à la question du sens. Si "a=b", l'identité fonde l'équivalence des sens (et non l'équivalence des signes) et la substituabilité des signes. Pour l'étoile du soir et pour l'étoile du matin, il existe une même dénotation pour un sens distinct. Je cite:

"Un nom propre (mot, signe, combinaison de signes, expression) exprime son sens, dénote ou désigne sa dénotation. Avec le signe, on exprime le sens du nom propre et on désigne la dénotation."

Pour Wittgenstein, en revanche, il s'agit de considérer les mots par leurs fonctions, leurs usages. Ainsi en est-il d'une boîte à outils où les objets présentent des ressemblances de famille.

Dans un prochain billet, nous nous intéresserons à la théorie des aspects chez Wittgenstein et chez Musil.

Frege, Ecrits logiques et philosophiques, "Sens et dénotation",le seuil, 1971

Wittgenstein, Les Remarques philosophiques,Gallimard, 1964
Le cahier bleu et le cahier brun,Gallimard, 1965

Schulte, Lire Wittgenstein, éditions de l'éclat, 1992

Granger, Invitation à la lecture de Wittgenstein, Alinéa, 1990

12 janvier, 2008

Ressemblances de famille et propriétés


Il serait trompeur de penser, d'après Wittgenstein, que nous pouvons désigner l'essence d'une chose en désignant sa propriété commune, car ce serait revenir à un platonisme des idées. Je cite un extrait des Remarques philosophiques:

" Russell et Frege considérent le concept quasi comme la propriété d'une chose. Mais ce n'est pas du tout naturel de voir dans les mots Homme, Traité, Cercle les propriétés d'un substrat.
Si une table est peinte en brun, il est facile de s'imaginer le bois comme porteur de la propriété "brun", et on peut se représenter ce qui est permanent lorsque change la couleur."... (96).


Autrement dit, Wittgenstein ne semble pas d'accord avec la distinction frégéenne Objet/concept. Mon épagneul alors n'a pas la propriété commune des "épagneuls" mais possède simplement des "ressemblances de famille". Qu'apporte cette notion dans l'usage de notre langage ?
Sur le blog de François Loth, Métaphysique, ontologie, esprit, une très bonne exposition du problème.

11 janvier, 2008

Ordalie et jugement de Dieu


A l'époque carolingienne, faute de pouvoir établir autrement les faits ou même le droit, le recours à l'ordalie se généralise: à travers une épreuve physique s'exprime le jugement de Dieu. Par exemple, une grande quantité d'aliments doit être ingurgitée sans qu'il en résulte d'indisposition (ordalie du pain et du fromage), ou bien l'ordaliste, dont les membres sont liés, est immergé dans l'eau préalablement bénie. Si l'eau le rejette, c'est qu'il a tort ("le méchant flotte"), s'il coule, il a raison (ordalie de l'eau froide)....

Evidemment, l'ordalie au sens strict n'existe plus. Néanmoins, on pourra constater le maintien dans le nouveau code de procédure, "le serment judiciaire", de certains éléments (article 317): "la partie qui défère le jugement énonce les faits par lesquels elle le défère". Le faux serment expose son auteur à des sanctions pénales.
Le régime probatoire repose sur l'existence de présomption: en se basant sur ce qui se produit dans l'ordre normal des choses, on présuppose que le fait à prouver a eu lieu si la preuve contraire n'en est pas rapportée.

09 janvier, 2008

Débâcle ou avenir de la philosophie !


Sur le site de l'APPEP, on peut prendre connaissance de la situation que rencontre la philosophie au sein de l'université française (information, Philosophie en France)

"La crise de l’université et la philosophie

« Le chercheur de la nature ne se rend pas clairement compte que le fondement persistant de son travail, lequel est pourtant subjectif, consiste dans le monde-ambiant de la vie, que celui-ci est constamment présupposé comme le sol, le champ de travail, sur lequel seul ces questions, ses méthodes de pensée ont un sens. » (E.Husserl)

Les universités françaises connaissent des dysfonctionnements ainsi que des mauvaises conditions d'enseignement et de travail dont les faibles taux de réussite en 1ère année sont l'expression. La presse se fait l’écho de leurs mauvais classements sur le plan international et parle volontiers de la crise qui affecte l’enseignement supérieur. Le terme de crise est largement galvaudé, utilisé à tout propos, il perd son sens d’instant critique ou la temporalité bascule. Ce qui est en jeu dans l’université n’est pas de l’ordre de la simple actualité immédiate, mais concerne le sens même de la modernité : l’orientation de la rationalité vers la maîtrise et la gestion des choses et des hommes.

Les débats récents sur la loi relative aux libertés et aux responsabilités des universités, dite loi « Pécresse » ont porté à la fois sur le pouvoir accru des présidents, sur le recrutement des enseignants, et surtout sur les financements privés dont on craint qu’ils orientent la recherche, mobilisent des capitaux en faveur des filières bénéfiques à l’entreprise, délaissant donc celles qui ne seront pas "rentables" comme les lettres, l’histoire, l’archéologie, l’anthropologie, ou la philosophie, Pour comprendre les enjeux de cette affaire, il vaudrait mieux éviter de postuler un conflit caricatural opposant les modernes et dynamiques partisans de la réforme aux opposants archaïques, empêtrés dans l’immobilisme. Pour éviter le chômage de bien des diplômés, faut-il adapter les enseignements aux besoins du "monde du travail" ?

L’enseignement supérieur français repose sur un double système : en schématisant à l’extrême, les grandes écoles d’ingénieurs ou de « management » (le terme de « commerce » étant devenu obsolète !) transmettent des savoirs professionnels en vue de l’acquisition de compétences propres à des postes de travail, quant à l’université, organisée en disciplines, elle répond à une mission de formation générale dispensant savoirs et savoir-faire nécessaires à la compréhension du monde et de la société . L’université est conçue comme un domaine non strictement utilitariste dans lequel la recherche ainsi que l’enseignement jouissent d’une véritable autonomie par rapport aux pouvoirs politiques et économiques. Elle ne peut pas être exclusivement le lieu de l’apprentissage de savoir-faire immédiatement mobilisables ; l’acquisition d’un savoir, d’une culture générale, d’un esprit critique doit être au coeur de sa vocation. Mais si l’université n’est pas un centre de formation professionnelle, elle ne saurait totalement se détourner du devenir des étudiants.

Une formation professionnelle n’est pas seulement constituée de savoirs et de techniques censés répondre au mieux aux besoins spécifiques des entreprises. Les outils de décryptage des discours, l’esprit critique, les capacités d’analyse sont aussi des moyens dispensés par la formation universitaire et indispensables à l’éducation du citoyen responsable. Les études de lettres ou de sciences humaines ne sont pas sans débouchés professionnels et certaines entreprises disent souhaiter des cadres possédant une bonne « culture générale ». Mais peut-on réduire les lettres, l’histoire ou la philosophie à des techniques de communication nécessaires à des directeurs de ressources humaines ?

Dans ce contexte quelle peut être la place de la philosophie dans l’université ? La recherche philosophique ne saurait se cantonner au domaine de sa propre histoire, mais doit pouvoir analyser les enjeux posés par les sciences, la médecine ou le droit. Dans un rapport déjà ancien, mais toujours d’actualité, Dominique Lecourt écrivait à propos des étudiants en sciences : « [ils] peuvent avoir le sentiment d’un profond hiatus entre la science qu’ils apprennent et la société où ils seront appelés à mettre en œuvre les compétences qu’ils auront acquises au terme d’études extrêmement lourdes. En tout cas l’enseignement des sciences tel qu’il est aujourd’hui conçu ne leur apporte pas les instruments intellectuels nécessaires à faire face aux questions qui ne manqueront pas de leur être posées. » Un enseignement de philosophie des sciences dans le cursus scientifique ne serait pas un luxe spéculatif, mais une nécessité pour la formation. Cette perspective réflexive devrait être également envisagée pour les études de médecine ou de droit. La philosophie doit être cette discipline qui rend manifeste l’idée selon laquelle « la force libératrice de la réflexion ne peut être remplacée par un déploiement de savoir techniquement utilisable. »

Mais les étudiants en philosophie ne peuvent-ils avoir comme horizon le seul débouché des concours du CAPES et de l’agrégation – surtout si les pouvoirs publics persistent dans la réduction dramatique des postes ? Quel peut être le devenir des doctorants en philosophie si le recrutement universitaire se tarit ?

Dans le souci de participer à ce débat fondamental, l’APPEP organise, à la Sorbonne, le samedi 26 janvier 2008, un colloque sur L’avenir de la philosophie dans l’Enseignement supérieur. Nous y invitons les collègues et tous ceux que cet avenir préoccupe.



Edouard Aujaleu

Président de l’APPEP"

08 janvier, 2008

De l'origine de la poésie


Et Nietzsche, dans le Gai savoir affirme:

"C'est justement la volonté de se délivrer de l'utile qui a élevé l'homme au-dessus de lui-même, qui lui a inspiré l'art et la moralité."

Le Gai savoir, Par 84, Folio essais

Utile à quoi ?

Il existe une difficulté dans l'usage que l'on peut faire du mot "utilité": "utile" pour l'individu ou pour son espèce ? Ranger des livres selon un certain ordre dans une bibliothèque peut s'avérer être utile.
Mais revendiquer une politique "utilitariste", n'est-ce pas céder à la tentation de l'efficacité, de la performance ? Jérémie Bentham confond-t-il "l'utilité" et le "bonheur" ? Il est intéressant de montrer, comme le souligne justement J.P Cléro,le rapport de la valeur à l'utilité. Le recours à la notion d'utilité ne constitue-t-il pas un outil critique des morales déontologiques ? Mais à l'inverse, oeuvrer pour l'utilité, c'est déjà en faire une valeur d'un certain type.

J. P Cléro, Bentham, philosophie de l'utilité, Ellipses 2006.

06 janvier, 2008

Le manège de Stanislas !


A écouter, le manège et d'autres récits: ce jeune artiste a une voix incroyable. Et en plus, il se promène dans les genres musicaux.

Querelle eucharistique et querelle trinitaire !


Le mystère de la transsubstantiation demeure: comment peut-on expliquer que le pain et le vin soient dans le corps et le sang du Christ ? Une substance est-elle à l'abri des accidents ?
Si je dis "le pain est le corps du Christ", alors le pain n'y est plus. Bérenger de Tours (10-11e siècle) accepte l'eucharistie mais reconnaît en elle une certaine confusion. Existe-t-il un rapport entre ce que nos sens perçoivent et notre foi ? Il semble impossible de juger de "l'invisible" par le "visible".

Hume se montrera impitoyable à l'égard de la transsubstantiation. Sa critique sur les miracles s'inspirera de John Tillotson,"Discours contre la transsubstantiation" . Je cite:


"Notre évidence en faveur de la vérité de la religion chrétienne est alors moindre que l'évidence favorable à la vérité de nos sens.."


Hume, Enquête sur l'entendement humain, "Les miracles" (chap X),GF, 1983.

05 janvier, 2008

Marie et Joseph


Le couple Marie et Joseph n'est donc pas un "couple" au sens ordinaire du terme: " il ne saurait y avoir de concupiscence, donc la finalité procréatrice envahit tout. Mais justement, Joseph n'est pas père au sens de la chair." (P 142).

Et au XXe siècle, il est possible d'engendrer artificiellement sans sexualité.
Mais faire de la Vierge Marie une "mère porteuse" me semble contestable: les finalités biologiques me semblent distinctes des finalités spirituelles (il faudrait argumenter). En revanche, l'intérêt du livre de P.E Dauzat est de poser la question du lien de filiation, de parenté.
Que transmet-on au juste ?

04 janvier, 2008

Sainte famille: drôle de famille !


Imaginez que la Mère soit une vraie Mère et devenue Mère devienne "fille d'elle-même" et donc se retrouve orpheline à la recherche de Pères ! C'est mieux que l'Oedipe freudien !
Les conséquences sont terribles:

" L'Eglise est sa propre Mère, et son fils qui est en même temps son père, est aussi son époux. On retrouve ici la figure incestueuse au fondement de la tradition judéo-chrétienne..." (P39).
D'où l'éternel problème de l'unité de la personne: être deux en une seule chair...
Dieu a engendré le monde et Eve est à la fois fille d'Adam autant que sa femme. Mais alors faut-il parler d'un hermaphrodisme originel ou d'un inceste ? Quelle horreur!
Problème: faut-il dissocier engendrement et sexualité dans cette Sainte famille ?

Les sexes du Christ; P. E DAUZAT,Denoël octobre 2007.

03 janvier, 2008

Principes de législation

A méditer; une réflexion de J. BENTHAM:

"Ainsi, dans l'économie politique, un gouvernement tout occupé de commerce et de richesse, ne voit plus la société que comme un atelier, n'envisage plus les hommes que comme des machines productives, et s'embarrasse peu de les tourmenter, pourvu qu'il les enrichisse [...] Il reste indifférent sur une foule de maux qu'il pourrait guérir. Tout ce qu'il veut, c'est qu'on produise beaucoup d'instruments de jouissance, tandis qu'il met sans cesse de nouveaux obstacles aux moyens de jouir."
Jérémie Bentham; Principes de législation

Etudes Bentham

01 janvier, 2008

ET 2008 !


Je vous souhaite le meilleur dans votre vie ! Quant à moi, je m'en tiendrai à ces quelques principes:

- remettre à leur place les bobos libertariens machistes, les égalitaristes hypocrites comme en 2007

- écrire des articles intelligents

- défendre les valeurs humanistes




- instruire l'humanité !

- exiger l'impossible, le courage, la stabilité