28 octobre, 2007

Vacances à Barcelone !


Demain, départ pour Barcelone: le port, les musées, la foule, tout cela séduit l'imagination !

Retour Vendredi.

27 octobre, 2007

Le mont Faron à Toulon !

Ce n'est pas courant, je fais de la publicité pour un site - http://www.media7.ingemedia.net/ , réalisé par mon neveu (21 ans), détenteur d'une licence TAIS (Techniques et activités de l'image et du son).

25 octobre, 2007

Apprentissage par la bande-dessinée


Dans l'académie d'Amiens, une expérience à partir de la bande-dessinée, devient le support d'une réflexion philosophique: comment est-il possible d'amener les élèves à réfléchir à l'expérience et à la raison ? Hergé a la réponse...



2. Théorie et expérience.

Pour inviter les élèves à distinguer l’expérience sensible de l’expérience épistémique, je me sers parfois des cases suivantes tirées de l’étoile mystérieuse d’Hergé. Le but est de faire comprendre aux élèves que l’expérience « passive » et pré-critique ne nous apprend rien. On peut se servir, pour approfondir l’idée, des textes suivants :- Kant, La Critique de la Raison Pure :
« Il faut donc que la raison se présente à la nature tenant, d’une main, ses principes qui seuls peuvent donner aux phénomènes concordant entre eux l’autorité de lois, et de l’autre, l’expérimentation qu’elle a imaginé d’après ces principes, pour être instruite par elle il est vrai, mais non pas comme un écolier qui se laisse dire tout ce qu’il plaît au maître , mais, au contraire, comme un juge en fonctions qui force les témoins à répondre aux questions qu’il leur pose. »-Thom, la Philosophie des sciences aujourd’hui « La méthode expérimentale: un mythe des épistémologues (et des savants ?) » :
« L’expérimentation à elle seule est incapable de découvrir la (ou les) causes d’un phénomène. Dans tous les cas, il faut prolonger le réel par l’imaginaire, et éprouver ensuite ce halo d’imaginaire qui complète le réel. Ce saut dans l’imaginaire est fondamentalement une opération« mentale », […] et aucun appareil ne peut y suppléer. Claude Bernard, fort lucidement, avait bien vu cet aspect, et dans son schéma: Observation-Idée-Expérimentation, le processus psychologique créant l’idée est laissé dans une totale obscurité, mais il insiste sur sa nécessité (contre Bacon qui prétendait que l’expérience répétée pouvait fournir — par induction — l’idée de la loi). Autrement dit, l’expérimentation, pour être scientifiquement significative, ne dispense pas de penser. [...]Il est sans doute exact que certains des plus brillants résultats expérimentaux de notre siècle ont été l’effet d’erreurs, d’actes manqués, voire de simples hasards, comme la contamination accidentelle de colonies bactériennes par le Penidilium notatum. Mais on serait bien en peine de justifier socialement le maintien du formidable appareil expérimental qui caractérise notre époque par le bricolage ou l’erreur féconde, et en tout cas ces arguments seraient difficilement compatibles avec l’expression « méthode expérimentale ». […] Concluons: l’expérience est guidée soit par un besoin technologique immédiat (par exemple: tester les propriétés de tel ou tel matériau sous telle ou telle condition) ou par une hypothèse, fruit d’une expérience mentale […] qui la précède et dont on veut éprouver l’adéquation au réel. C’est dire que toute expérience est réponse à une question, et si la question est stupide, il y a peu de chances que la réponse le soit moins. »

23 octobre, 2007

Why be moral ?


Le sceptique semble mettre en danger nos justifications morales. En effet, le sceptique est celui qui remet en cause la valeur de nos évaluations morales. Il ne s'agit donc pas pas de conclure à l'impossibilité d'une morale, mais plutôt de la capacité à fonder rationnellement nos préférences morales.

J'ai remarqué, dit un certain Hume, que les philosophes ont tendance à passer de l'ordre de "l'être" à l'ordre du "devoir". Il n'est donc pas possible de distinguer une simple préférence d'une justification. Non, pas exactement. Le sceptique nous demande de définir ce qu'est une preuve. Il n'est donc pas étonnant que le scepticisme méthodologique de Hume prenne l'apparence d'une enquête (inquiry).


Mais que demande au juste le sceptique ? La question des preuves est-elle une question intelligible ?


A voir...


Vincent Descombes, Le raisonnement de l'ours, "philosopher en matière pratique"
Hume, Enquête sur l'entendement humain
Enquête sur les principes de la morale

20 octobre, 2007

Présentation Blog d'un historien


Je tiens à présenter un blog d'un historien, celui d'Hugo Billard: les questions relatives à l'histoire sont abordées avec beaucoup d'intelligence et de pédagogie:
SITE WEB: le jardin des retours (http://www.lewebpedagogique.com/histoire/)

Voici son dernier article à propos de Lucien Febvre:

"Le très utile Comité de Vigilance face aux Usages de l’Histoire (CVUH) dont j’ai pu citer, ici ou là, quelques membres, reprend, dans une tribune refusée par Libération, une citation de l’historien Lucien Febvre.
En 1919 Febvre a été nommé, avec Marc Bloch, à la très récemment française université de Strasbourg.
Contre ceux qui croyaient que ces nouveaux professeurs allaient jouer un rôle dans le refrancisation de l’Alsace-Moselle il répondit ceci:
« Une histoire qui sert est une histoire serve. Professeur de l’université française de Strasbourg, nous ne sommes point des missionnaires débottés d’un Evangile national officiel, si beau, si grand, si bien intentionné qu’il puisse paraître. La vérité nous ne l’amenons pas dans nos bagages. Nous la cherchons, nous la chercherons jusqu’à notre dernier jour. Nous dresserons à la recherche après nous, avec la même inquiétude sacrée, ceux qui viendront se mettre à notre école »
Toute actualité de cette citation n’est pas du tout fortuite mais complètement volontaire.
Comme le publient par ailleurs les auteurs, “L’abus de décontextualisations risque bien de se transformer aujourd’hui en une politique et un mode de gouvernement.” Faire lire Guy Môquet sans le contexte un jour fixe est, je le maintiens, une absurdité.
Pour moi, la vérité historique est exigeante, sa recherche une permanence, son instrumentalisation une faute."

18 octobre, 2007

Kurt Gödel


A signaler, une émission sur le grand logicien Kurt Gödel, en Postcast, le 11 octobre 2007, sur France -Culture.

Qu'est-ce que le calcul ? Existe-t-il une réalité des objets supra-sensibles mathématiques ? Connaissance de la réalité mathématique ? Faut-il rajouter des axiomes ?!


Pierre Cassou-Nogues Les démons de Kurt Gödel, logique et folieSeuil - 2007
"Kurt Gödel (1906-1978) fut sans doute l'un des plus grands logiciens de l'histoire. Son théorème d'incomplétude, publié en 1931, est peut-être la proposition mathématique la plus significative du XXe siècle. Il a bouleversé les fondements des mathématiques et fait l'objet de commentaires philosophiques sans fin comme d'exploitations abusives sans nombre. Gödel ne publiera que peu pendant la cinquantaine d'années qui suivront. Mais il laissera des milliers de pages de notes philosophiques inédites.On connaissait déjà les excentricités de la vie de Gödel, qui, craignant d'être empoisonné, mourra quasiment d'inanition. Ses notes, décryptées et étudiées ici pour la première fois en français, révèlent une pensée encore plus surprenante. Elles montrent que Gödel croyait aux anges comme au diable - parmi bien d'autres étrangetés. Il tente au cours des années de constituer ces idées bizarres en système logiquement cohérent, dont l'analyse éclaire d'un jour nouveau ses découvertes mathématiques. Cette apparente «folie» d'un esprit génial pose de redoutables questions sur la nature même de la pensée logique. L'auteur de cet essai les aborde sans hésiter à y impliquer sa propre subjectivité, sous forme de courtes fictions fantasmées. Un livre aussi inquiétant que stimulant."

16 octobre, 2007

Une bonne délibération ?


Depuis Aristote, l'homme délibère lorsque l'issue est indéterminée; autrement dit sur le possible. Il semble donc justifié d'ajuster les moyens à la fin. Mais le problème, pour l'homme raisonnable, est de ne pas choisir n'importe quel type de vie. Il est en effet parfaitement cohérent de trouver quelque chose de "désirable" sans pour autant passer à l'acte. Si le théorique était à l'image du pratique, il n'y aurait plus de problème à comprendre les mécanismes du raisonnement pratique.


Ainsi, il peut être "bon" de faire quelque chose sans que cela soit "rationnel" de le faire. Certes, mais cela ne nous avance pas beaucoup.

Nous en revenons à la question initiale: qu'est-ce que faire un choix ? Nos désirs sont-ils indépendants de nos croyances ?

14 octobre, 2007

L'aube le soir ou la nuit


" Il n'y a pas de lieux dans la tragédie. Et il n'y a pas d'heures non plus. C'est l'aube, le soir ou la nuit."

De quoi s'agit-il ? Le temps est fait pour être surmonté; actif, l'homme fuit l'ennui. Agité, il recherche la sérénité mais en vain: le sentiment de vide le guette. Est-il heureux, l'homme volontaire et rusé? Mais peut-on imaginer Ulysse heureux ? Voici une phrase de Borges:


"On dit qu'Ulysse, assouvi de prodiges,

Pleura d'amour en voyant son Ithaque

Verte et modeste; et l'art est cette Ithaque

De verte éternité, non de prodiges."


Le pouvoir ne serait-il réservé qu'à des enfants ?


A consulter, le dernier livre de Yasmina Reza.

12 octobre, 2007

La lettre de Guy Môquet



Pierre Schill, professeur d’histoire-géographie à Montpellier, Membre du comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire (CVUH), dans le journal Libération du 11 septembre 2007, s'oppose à l'idée de lire la dernière lettre de Guy Môquet car elle n'évoque selon lui "ni l'engagement du résistant ni le contexte historique".


La polémique a-t-elle une raison d'être ?

Par son caractère personnel, cette lettre peut-elle servir d'exemple à de jeunes lycéens ?

N'est-ce pas occulter l'engagement de Guy Môquet ?

N'est-il pas possible d'évoquer le courage et le dévouement d'un jeune homme, sans tomber dans la polémique "amour de la Patrie" et "engagement politique" ?

A vous de voir...

"Le 18 mars 2007 au Zénith de Paris, le candidat Sarkozy déclarait : « Je veux dire que cette lettre de Guy Môquet, elle devrait être lue à tous les lycéens de France, non comme la lettre d’un jeune communiste, mais comme celle d’un jeune Français faisant à la France et à la liberté l’offrande de sa vie, comme celle d’un fils qui regarde en face sa propre mort.» Xavier Darcos vient d’annoncer que la lettre sera lue le 22 octobre dans tous les lycées de France.
La lecture se fera au matin du 22 octobre, au moment où le Président commémorera lui-même la mort de Guy Môquet : la lecture pourra se faire en classe ou en groupe, sans qu’aucune indication de durée ne soit apportée. Elle pourra être faite par un ancien résistant, mais aussi par «toute personnalité dont l’engagement, le rayonnement ou la notoriété pourraient sensibiliser les élèves». Au pire, la lecture sera réalisée par un enseignant qui aura cours par hasard à ce moment-là. Et un haut cadre du ministère de l’Education nationale de penser que «cette lecture ne devait pas être réservée aux professeurs d’histoire-géographie», une manière d’avouer que ce n’est pas l’analyse critique et la mise en perspective qui importent ici, mais plutôt le pathos et une forme de «communion» avec le Président.
Les images seront belles au journal de 20 heures : les larmes du Président, puis celles que ne manqueront pas de filmer les caméras sur les visages des lycéens partout en France. Il s’agira grâce à cette «lettre poignante» de mettre en scène une mort édifiante pour notre jeunesse, de parler «sacrifice», «offrande», «amour», mais non de revenir sur les raisons de cette mort en disant que Guy Môquet et ses vingt-six camarades ont d’abord été désignés aux Allemands comme «communistes». Un «gros mot» que la circulaire ministérielle évite soigneusement : reprenant la présentation de la lettre proposée dans l’ouvrage de Guy Krivopissko (la Vie à en mourir. Lettres de fusillés 1941-1944), elle «l’allège» de presque toutes les indications signalant l’engagement politique du jeune Guy, de son père et des autres otages de Châteaubriant.
Le message présidentiel est clair : «J’accorde à l’amour de la patrie plus de valeur qu’au patriotisme de parti.» Les lycéens ne sauront donc pas que cette formule n’a guère de sens, car, si le patriotisme fournit un cadre moral de référence, il ne signifie pas une ligne de conduite unique : les collaborateurs ou les pétainistes l’étaient aussi par «amour de la patrie». Et ce qui explique le «patriotisme» de Guy Môquet, c’est bien son parcours antérieur à la défaite, et donc son engagement communiste, qui conduit à son «entrée en résistance».
Si Nicolas Sarkozy semble voir une incompatibilité de nature entre amour de la patrie et engagement politique, Marc Bloch, dans l’Etrange Défaite, témoignait : «Je n’ai jamais cru qu’aimer sa patrie empêchât d’aimer ses enfants ; je n’aperçois point davantage que l’internationalisme de l’esprit ou de la classe soit irréconciliable avec le culte de la patrie […].. C’est un pauvre cœur que celui auquel on interdit de renfermer plus d’une tendresse.»
Le patriotisme fut en effet le creuset où tous les engagements ont pu se fondre, des personnalités très dissemblables se rejoindre et ainsi l’unité de la Résistance s’affirmer, sans que pour cela il fut nécessaire de nier une autre « tendresse », chrétienne… ou communiste .Une négation du choix politique du jeune Guy qui apparaît jusque dans l’intitulé de la cérémonie gouvernementale, «commémoration du souvenir de Guy Môquet et de ses vingt-six compagnons fusillés», alors que le condamné écrivait dans son dernier billet à Odette Leclan : «Je vais mourir avec mes vingt-six camarades.» Pourquoi remplacer le «camarade» des communistes par le «compagnon» des gaullistes ?
La lecture de ces lettres à caractère privé n’est légitime que si l’on ne passe pas sous silence le sens de la vie et de la mort : « Pour les résistants, la mort, mêlée à l’espérance, est une attente qui […] renvoie en permanence à la conscience de leur choix.» (Pierre Laborie, notice «Mort», page 957, dans le Dictionnaire historique de la Résistance.)
Refuser de lire Guy Môquet dans le cadre imposé par les contingences politiques du Président et continuer d’analyser des lettres de résistants dans le cadre du programme d’histoire ou du concours national de la Résistance et de la déportation, c’est suivre Condorcet : «Je préfère leur histoire plutôt que leur éloge ; car on ne doit aux morts que ce qui est utile aux vivants : la vérité et la justice.»
C’est bien ce que nous devons à Guy Môquet, à la Résistance et à nos élèves. "

10 octobre, 2007

Le centenaire de l'Evolution créatrice

Voilà un philosophe qui montre que la connaissance objective ne peut achever la compréhension de la vie car elle est mouvante et imprévisible. A ne ne pas oublier, la célèbre distinction du possible et du réel.
Voici un article du journal l'Humanité du 9 octobre 2007:
"Le centenaire de l’Évolution créatrice
La commémoration de cet ouvrage majeur de Bergson est l’occasion de reposer la question du rapport entre sciences et philosophie.
Le centenaire de la parution de l’Évolution créatrice d’Henri Bergson (1859-1941) a donné lieu cette année 2007 à plusieurs initiatives nationales. Une journée d’étude se tient à l’université Lille-III-Charles-Gaulle le 30 octobre, à la suite d’une impressionnante série de commémorations du centenaire d’un ouvrage et non pas de la naissance ou de la mort de l’auteur. Du colloque parisien de la Fondation Singer-Polignac le 15 mars dernier sur « Conscience, vie et action », en passant par celle de l’Institut de France le 21 septembre sur l’Évolution créatrice, cent ans après : points de vue épistémologiques et métaphysiques, un ensemble de manifestations réunissant des scientifiques et des philosophes ont eu lieu en France et dans divers pays du monde : Japon, Corée, Brésil, Allemagne. L’année anniversaire 2007 s’achèvera les 23 et 24 novembre par le congrès de la toute nouvelle Société des amis de Bergson au Collège de France et à l’École normale supérieure.
Avec le lancement par les Presses universitaires de France de la première édition critique de ce refondateur de la philosophie « spiritualiste », l’opération se prolongera en trois temps : 2007, 2009 et 2011, et concernera, outre l’ensemble des livres publiés par Henri Bergson, des conférences et des articles indispensables à l’intelligence d’une oeuvre tortueuse, des extraits de la correspondance et différents cours, notamment parmi les leçons inédites du Collège de France. La première livraison se composera de trois titres très importants : l’Évolution créatrice (parue en novembre 1907), l’Essai sur les données immédiates de la conscience (1898) et le Rire (1900). L’Évolution créatrice est sans doute l’ouvrage le plus caractéristique de la démarche bergsonienne vis-à-vis des sciences de son époque. La notion de vie s’y trouve revivifiée compte tenu des sources scientifiques auxquelles le philosophe a puisé, et on peut la comprendre, un siècle après sa parution, comme devant être toujours revisitée en fonction de la pointe avancée des connaissances en biologie en ce début de troisième millénaire.
Henri Bergson écrit en effet dans l’Évolution créatrice : « L’intelligence est caractérisée par une incompréhension naturelle de la vie. » Le philosophe marxiste Georges Politzer, dans le tome I de ses Écrits, estimait que « son thème de la vie (…) n’est pas du ressort de la biologie, mais de l’économie et de la sociologie » (1). L’enseignement qu’on peut tirer rétrospectivement de cet ouvrage bergsonien est que, s’il visait, sur le fond, un dépassement de « l’ancienne opposition du matérialisme et de l’idéalisme », en fait et en théorie, son auteur a transféré la notion de création à l’idéalisme et réduit le matérialisme de Marx (dont, comme la plupart de ses collègues à cette époque, il ignore tout) à ses seuls ancêtres matérialistes mécanistes.
En réalité, pour établir correctement le rapport entre science et philosophie, il importe avant tout de sortir de la logique binaire aristotélicienne (identité, négation et tiers exclus) et d’adopter une logique ternaire qui distingue la relation entre l’être pensé et sa représentation, d’une part, et, d’autre part, la relation entre l’image et certaines constantes culturelles accessibles par la seule intuition."
(1) Georges Politzer, Écrits, tome I, page 278. Éditions sociales, 1969.
Arnaud Spire

09 octobre, 2007

L'autorité de la morale ?

Qu'est-ce qui peut m'autoriser à "prêcher" la morale ? Il faudrait sans doute que je justifie d'une capacité à résoudre le sens de la vie. L'éthique des vertus d'Aristote semble répondre à la question d'un "bien agir"; la morale kantienne entend répondre à la question du devoir et la morale humienne entend s'interroger sur les conditions d'une objectivité morale.
Mais la morale est-elle une connaissance ? Ne me reste-t-il que le recours à l'autorité ? Pour éviter de tels écueils, les philosophes minimalistes ont défendu un certain type de morale qui consiste à éviter de faire du tort à autrui. Mais à juste titre, Vincent Descombes montre que ce type d'exigence minimaliste ne peut répondre au besoin ou à la demande d'autrui.
En quelque sorte -je vais plus loin que le propos de Descombes -, ce qui compte, c'est de ne pas causer de préjudice à autrui, d'être moralement neutre... Mais faut-il choisir entre l'autorité de la morale ou bien se réfugier dans l'attitude tiède et neutre des minimalistes ?

07 octobre, 2007

Ils l'ont fait !

Titre commun à Var-matin et L'équipe: les bleus sont énormes; ils l'ont fait !

En changeant la couleur de leur maillot, les Blacks ont perdu leur nature!

Info: il paraît que le rugby est interdit en Ukraine pour des raisons idéologiques.

05 octobre, 2007

Peut-on fonder la morale ?

Je viens juste de commencer le dernier livre de Vincent Descombes -Le raisonnnement de l'ours et autres essais de philosophie pratique.
Dans le chapitre "Que peut-on demander à la philosophie morale ?", l'auteur s'interroge sur l'idée d'une fondation de la morale .
A suivre et analyse du raisonnement pratique.

02 octobre, 2007

Rectification: le mythe du rugby

Il paraît que j'ai fait une erreur: le rugby ne dérive pas d'une modification des règles du football. Cela dit, je me demande souvent pourquoi le rugby n'est pas aussi populaire que le foot. Mais si ce sport devient professionnel, alors il connaîtra peut-être le même destin que le football; non?
Merci d'avoir signalisé cette erreur.
Article "Sciences humaines"; octobre 2007.
"Le bon rugby et le mauvais football
Nicolas Journet
Viril mais correct » : cela se dit du rugby, opposé à un football plus populaire, mais corrompu, violent et porté à la tricherie. Comment en est-on arrivé là ?Le rugby a sa légende, elle figure dans tous les traités : en 1823, le jeune William Web Ellis, ci-devant élève à la coûteuse public school de la cité britannique de Rugby, est un joueur acharné de football. Le football, à l’époque, désigne toutes sortes de jeux de balle aux cadres peu fixés. Un jour, Ellis ramasse le ballon à la main et le porte en courant derrière les lignes adverses. Le geste étant jugé intéressant, il entre dans les règles variables que, par convention, avant chaque match, les capitaines de college fixent. Thomas Arnold, le directeur de l’école, croit aux vertus de ce sport : il l’encourage. En 1845, un premier code est rédigé : il est propre à l’école, et c’est l’origine du Rugby football. Vingt ans plus tard, on distingue le Rugby football du football association, qui deviendra bientôt le soccer, c’est-à-dire ce que, dans le monde non anglophone, on appelle aujourd’hui le football. Le toucher à la main y est interdit.Les destins de ces deux jeux vont se séparer. Dans les années 1870, les collégiens, devenus des gentlemen, montent des équipes dans leurs clubs privés, et jouent donc au football « dans la tradition de Rugby » : avec rudesse, violence même, mais avec fair-play. Le rugby aurait donc la particularité d’avoir conservé l’élégance et l’esprit de ses origines, même lorsque, comme en France, il s’est enraciné dans des terroirs bien éloignés de la culture british.Telle est la jolie histoire. Mais la mariée est un peu trop belle. Selon Bernard Allain, sociologue du sport, le geste de William Ellis est un mythe inventé de toutes pièces en 1893 et perpétué par les instances du rugby (1). Dans quel but ? À l’origine, faire barrage contre la prolétarisation des sports de balle. Les historiens savent en effet que le rugby, tout comme le soccer, est un héritier du folk football pratiqué dans les villages de l’Angleterre.Un jeu plutôt brutal, mal vu par les religieux et dépourvu de règles. Voilà donc pour la vérité. Mais, en consacrant le geste d’Ellis, les gentlemen tentaient de s’assurer la paternité du jeu de ballon ovale. Et cette paternité commençait à être en danger : en se répandant dans le nord du pays, dans le Yorkshire notamment, le rugby attira une population d’ouvriers et de mineurs. Allaient-ils se retrouver mêlés aux gentlemen ?
Une longue résistance à la démocratisation
Le soccer, quant à lui, donnait un vilain exemple : dès 1885, la rémunération des joueurs fut admise, et la route du foot professionnel ouverte aux pauvres. Ils ne tardèrent pas à évincer les gentlemen, qui n’envisageaient évidemment pas d’être les employés de leur club. Or le même appétit de professionnalisation existait à l’intérieur du rugby : en 1895, c’est la crise. Les clubs des régions industrielles anglaises font sécession, créent la Northern Union et autorisent le défraiement des joueurs. Plus tard, sous le nom de Rugby League, ils inventeront un nouveau jeu, le rugby à XIII, un sport professionnel qui a connu de belles réussites depuis dans l’hémisphère Sud.L’histoire de la diffusion plutôt sélective du rugby au xxe siècle pourrait donc se ramener à celle d’une résistance : tandis que tous les autres sports de balle, pour se démocratiser, acceptaient de devenir un « boulot », le rugby s’accroche bec et ongles à son image de sport amateur. Derrière cette attitude, on peut voir deux réalités différentes. Ce peut être la conviction, souvent affichée par les aficionados, que ce sport est par essence unique, solidaire, désintéressé, vierge de toutes les corruptions et tricheries des autres jeux. L’autre image, c’est celle d’un sport élitiste, cherchant à tout prix à se préserver du contact du peuple et se montrant à l’occasion xénophobe, et en tout cas peu enclin à accueillir le premier venu.Mais cette histoire a une fin. En 1995, le Bureau international du rugby lève l’interdiction du salariat. Est-ce la fin de l’exception rugby ? Dans l’opinion, le rugby reste encore un sport d’amateurs, et dans la bouche de ses partisans, l’antithèse vertueuse du football corrompu, malhonnête, individualiste, raciste et criminogène. Comme l’écrit Julien Auboussier, auteur d’une étude sur le sujet, « football et rugby sont les deux sports le plus souvent associés au sein des pages de L’Équipe. Régulièrement comparés, ils sont presque toujours opposés » (2).
NOTES
(1) Bernard Allain, « La professionnalisation du rugby à XV », in Olivier Chovaux, Rugby, un monde à part, Presses universitaires d’Artois, 2005.(2) Julien Auboussier, « L’opposition rugby/football comme stéréotype dans les discours de L’Équipe », manuscrit, juin 2007.
Sébastien DardonEthnologue, CNRS, il a publié Une brève histoire du rugby, L’Œil neuf, 2007 et Rugby d’ici, une manière d’être au monde, Autrement, 1999. Nicolas Journet -->

Gödel: de la logique à la folie !


Souvenir de mes années d'études à Aix-en-Provence en logique: le fameux Gödel. J'ai souvent pensé - sans doute un préjugé tenace - que l'hyper-rationalisme pouvait conduire à la folie !

A lire le dernier livre de Pierre Cassou-Noguès - Les démons de Gödel.



"Kurt Gödel (1906-1978) fut sans doute l'un des plus grands logiciens de l'histoire. Son théorème d'incomplétude, publié en 1931, est peut-être la proposition mathématique la plus significative du XXe siècle. Il a bouleversé les fondements des mathématiques et fait l'objet de commentaires philosophiques sans fin comme d'exploitations abusives sans nombre. Gödel ne publiera que peu pendant la cinquantaine d'années qui suivront. Mais il laissera des milliers de pages de notes philosophiques inédites. On connaissait déjà les excentricités de la vie de Gödel, qui, craignant d'être empoisonné, mourra quasiment d'inanition. Ses notes, décryptées et étudiées ici pour la première fois en français, révèlent une pensée encore plus surprenante. Elles montrent que Gödel croyait aux anges comme au diable - parmi bien d'autres étrangetés. Il tente au cours des années de constituer ces idées bizarres en système logiquement cohérent, dont l'analyse éclaire d'un jour nouveau ses découvertes mathématiques. Cette apparente " folie " d'un esprit génial pose de redoutables questions sur la nature même de la pensée logique. L'auteur de cet essai les aborde sans hésiter à y impliquer sa propre subjectivité, sous formes de courtes fictions fantasmées. Un livre aussi inquiétant que stimulant."