29 juin, 2007

TEST: dignité


Test à propos de la dignité

Merci de bien vouloir entourer les réponses (une seule réponse) et de justifier brièvement vos réponses pour les questions 4 à 9.
Les réponses anonymes permettront d’évaluer les conduites strictement moralisatrices, libérales ou autres.
Envoi:harang.laurence @neuf.fr

1) L’idée de “ dignité humaine” a -t-elle un sens ?
a) absolu, inconditionnel
b) relatif
c) autre

2) Quel est le contenu que vous accordez à la dignité ?
a) valeur absolue de la personne humaine
b) valeur sociale
c) aucune

3) Si l’homme est reconnu comme une personne, est-il logique de le considérer comme un sujet autonome ?
a) oui
b) non
4) Peut-on à la fois considérer autrui comme un sujet et comme une chose ? D’après vous, ces deux attributs sont-ils opposés ?

a) oui
b) non

5) Qu’est-ce qui provoque en vous une réprobation morale :
a) non respect des droits de l’homme
b) exclusion sociale
c) liberté absolue (commerce sexuel, jeux sexuels,..)
d) autre

6) Pensez-vous que l’homme a des devoirs envers lui-même ? Si oui, lesquels ?

7) Pensez-vous que l’homme a des devoirs envers autrui ? Si oui, lesquels ?

8) Pensez-vous qu’il existe une asymétrie morale entre les devoirs envers soi-même et envers autrui ? Justifiez votre réponse.

9) Pensez-vous que le critère du consentement soit déterminant pour la conduite de la vie morale ? Par exemple, nous pourrions condamner des jeux de toute nature parce qu’ils mettent en cause la dignité humaine, alors que les individus sont consentants; ou bien refuser de montrer à des enfants des images dégradantes de la sexualité (à imaginer), alors qu’ils prennent plaisir à les regarder.
Justifiez votre réponse.

10) Pour vous, causer un préjudice à une personne, c’est:
a) bafouer son humanité
b) se moquer de ses défauts
c) autre
Merci.

26 juin, 2007

crime sans victime

Un crime sans victime est un acte qui est puni ou au moins condamné; du moins sur u plan moral et social. Il est difficile d'identifier ou d'individualiser les victimes en l'absence de catégorie déterminable.
Toutefois, il est possible de distinguer des catégories:
- a) les actes ne causant des dommages qu'à soi-même - alcoolisme, toxicomanie, jeu d'argent, prostitution, polygamie
- b) les actes causant des dommages à des entités qui y consentent - sectes, pornographie, inceste
- c) les actes portant atteinte à des entités abstraites - atteinte à l'intégrité de l'Etat
En théorie, ces pratiques ne sont pas punies dans les démocraties modernes. Mais les lois sont complexes: elles interdissent certaines pratiques sans les punir. La prostitution, par exemple, n'est pas l'objet de sanction, mais le "racolage".
Ruwen Ogien s'oppose à la catégorie de "crime sans victime". Pour l'auteur, il n'existe pas de crime contre la société.Et donc, s'il n'y a pas de crime, alors il n'y a pas de victime. Mais ce rasonnement est circulaire.
Le négationnisme est aussi un crime sans victime. De même, la mise en danger de la vie d'autrui constitue une infraction.
ll conviendrait de repenser le concept de dignité.
A suivre.

25 juin, 2007

Une éthique minimale !

Le dernier livre de Ruwen Ogien est assez intéressant. Cet auteur défend l'idée d'une éthique "minimaliste". Je ne suis pas d'inspiration kantienne, mais je compte bien formuler quelques réserves à l'égard des thèses développées.
Je présente rapidement et simplement l'exposition des arguments:

L'auteur défend l'idée d'une éthique minimaliste afn d'éviter toute forme de moralisation excessive. De ce fait, il semble essentiel de distinguer les devoirs envers soi-même des devoirs envers autrui. La question essentielle revient à se demander dans quelle mesure il est justifié de reprocher à autrui quelque chose.

Il faut alors séparer les devoirs envers autrui des préjudices que l'on peut lui causer. Cette absence de non-nuisance à l'encontre d' autrui rend caduque l'idée d'une attitude paternaliste et protectrice. En conséquence,il existe bel et bien une asymétrie morale entre le rapport à soi et le rapport à autrui.
Le sens commun ne défend pas un point de vue asymétrique dans les cas de toxicomanie, de suicide. Mais il importe pour l’auteur de montrer que l’idée de devoir envers-soi-même comporte des contradictions:

- idée de devoir envers-soi-même est un engagement envers des principes impersonnels
- devoir envers des entités abstraites comme la nature ou l’espèce humaine
Mais n’est-ce pas absurde de présupposer l’idée de devoir envers soi-même ?

Dans le cas de la promesse, on peut montrer qu’il n’y a pas d’obligation envers soi-même puisqu’on peut s’affranchir de telles obligations selon Hobbes. Mais Kant fait une différence entre le moi nouménal et le moi phénoménal.

Or pour Ogien, il s’agit d’un principe impersonnel. Dans la Doctrine de la vertu, les devoirs envers soi-même sont étudiés. Mais il s’agit de respecter l’humanité en nous.ex: le mariage rend-t-il les autres formes de sexualité caduque?

Pour Kant, le désir sexuel est immoral parce qu’il nous conduit à considérer autrui comme un objet. Mais l’erreur de Kant consiste à passer d’un devoir envers soi-même comme personne au devoir envers des entités générales et abstraites. Or, d’après Ogien, les devoirs moraux sont en fait des préceptes de prudence. Par exemple on ne peut vouloir abandonner ses dons naturels d’après Kant. Or, l’élément moral du devoir envers soi-même, cest autrui. Il existe deux types de devoirs:
-devoirs parfaits qu’il faut toujours respecter
- devoirs imparfaits cad ne pas laisser ses talents à l’abandon

Mais cela ne concerne pas autrui ou le concerne indirectement dans les conséquences. Mais il est nécesaire de faire une distnction entre ce que nous faisons à nous-mêmes et ce que nous faisons aux autres. Il va de soi que le devoir moral contredit le principe de liberté.
On peut distinguer trois conceptions morales:

- déontologie: respecter personnellement certaines règles d’actions générales.
- conséquentialisme: oeuvrer à la promotion du plus grand bien possible
- éthique des vertus: plus dirigé vers soi-même. Mais c’est l’image d’un être humain idéal;l’éthique des vertus donne une portée trop large au jugement moral.

Que signifie ne pas nuire à autrui ?
A suivre

24 juin, 2007

La fiction juridique

La fiction juridique devient alors un artifice qui consiste à faire comme si un fait ou une situation existait pour parvenir à un résultat jugé socialement adapté.

Voici des exemples d'adages romains:

-"infans conceptus pro jam nato habetur quoties de commodis ejus agitur": l'enfant conçu est considéré comme né chaque fois qu'il y a avantage pour lui.

- "Pater is est quem nuptiae demonstrant." Dans le code civil, le mari de la mère est présumé être le père de l'enfant qu'elle porte.

23 juin, 2007

Nul n'est censé ignoré la loi

"Nul n'est censé ignoré la loi": cette formule a-t-elle un sens ou est-elle absurde ?

Tout citoyen français est en effet censé connaître, sur le territoire l'ensemble des lois. Mais comment cela est-il possible ? Il semble évident d'affirmer l'impossibilité d'un tel principe; d'où le rôle des fictions juridiques.

21 juin, 2007

L'état mental d'HERCULE POIROT

Le but de ce texte est de s'interroger sur l'état mental de Poirot au moment où il clôt l'enquête: sait-il que Sheppard est le meurtrier de Roger Ackroyd, ou le croit-il seulement ? Je comparerai l'opinion qu'a Poirot de son propre état mental et celle qu'aurait un observateur extérieur, par exemple un lecteur du roman. J'essaierai de discuter d'une part le fait qu'on puisse s'attribuer à soi-même un savoir et pas seulement une croyance, d'autre part le caractère problématique de l'attribution à autrui d'un savoir, en raison de la nature fluctuante du critère de vérité qui en principe, définit depuis PLATON, cet état mental: " une croyance vraie avec une raison."
suite...
Un amateur de philosophie analytique

19 juin, 2007

Les certitudes d'Hercule Poirot

Comment ne pas être stupéfait lorsqu'on termine le Meurtre de Roger Ackroyd, un des premiers romans, peut-être le plus fascinant, d'AGATHA CHRISTIE ? Ce meurtre et son élucidation par le petit détective belge, HERCULE POIROT, nous sont racontés par le médecin du village, le docteur SHEPPARD qui y vit avec sa soeur Géraldine, à côté du cottage où POIROT s'est recemment installé pour cultivé des citrouilles.
ROGER ackroyd est assassiné. POIROT va mener l'enquête, prenant pour confident le docteur SHEPPARD, et c'est le journal que celui-ci tient au fil de l'enquête que l'on est en train de lire.
Affaire à suivre ...
Un "amateur" de philosophie analytique.

17 juin, 2007

correction bac


Travail studieux de correction bac philosophie pour des copies assez intelligentes.

Le blog est donc en "congé". Encore une bonne semaine !

12 juin, 2007

L'origine des contenus mentaux

une question qui est souvent en débat sur le blog de françois LOTH
Rencontre-débat : L’origine des contenus mentaux


Le Centre d’Etudes Sociologiques de la Sorbonne (CESS) Directeur : Professeur Pierre Demeulenaere Directeur-adjoint : M. Gérald Bronner
vous propose d’assister à une Rencontre-débat sur L’origine des contenus mentaux
Rencontre le 26 Juin 2007 en Sorbonne 14h à 18h30 Amphithéâtre Guizot
Le mardi 26 juin 2007 aura lieu en Sorbonne, à partir de 14 h et à l’initiative du CESS (Centre d’Etudes Sociologiques de la Sorbonne-Université Paris IV), une rencontre / débat entre Raymond Boudon, Jean-Pierre Changeux et Vincent Descombes. Cette rencontre aura pour thème : L’origine des contenus mentaux. Elle permettra d’entendre des chercheurs à la réputation internationale sur un sujet vaste et ancien, mais éclairé d’une lumière inédite par les progrès des neurosciences.
Comme son titre l’indique, cette rencontre a pour ambition de poser la question des facteurs qui influent sur la formation ou la fixation des états mentaux (croyances, connaissance etc.).
Les questions soulevées par les progrès des travaux sur la cognition contraignent les disciplines à dialoguer entre elles. La psychologie, la neurobiologie, la philosophie de l’esprit, l’anthropologie, la sociologie... toutes sont concernées par les enjeux des interrogations portant sur la conscience, la morale, la décision, la croyance...
Sur un tel sujet, il est naturel que des programmes scientifiques, aux sensibilités parfois très différentes, s’expriment. Il n’est pas moins naturel d’observer que ces expressions ne se rencontrent pas toujours (en raison de la division intellectuelle du travail, mais aussi des effets de cloisonnement involontaires des réseaux de recherche).
Pourtant, le dialogue, les données enregistrées ici ou là, la confrontation des arguments pourrait beaucoup clarifier et faire avancer un débat majeur pour la connaissance de l’Homme et de sa pensée. C’est pourquoi nous avons pris l’initiative de cette rencontre entre trois des figures importantes de ce débat.
Cette rencontre sera inaugurée par la présentation, par chaque chercheur, pendant 30 minutes, de son point de vue sur le sujet. Ce sera l’occasion pour lui de rappeler les grandes lignes de son programme.
Suivra ensuite une discussion entre eux autour de certains des thèmes importants impliqués par ce sujet.
Information : Annie Devinant, I.S.H.A. Maison de la Recherche 28 rue Serpente, 75006 Paris Tél. : 01 53 10 58 46 E.mail : Annie.Devinant@paris4.sorbonne.fr

La causalité des idées !

Dans la sixième Méditation métaphysique, Descartes affirme:
" La nature m'enseigne aussi par ces sentiments de douleur, de faim, de soif, etc.., que je ne suis pas seulement logé dans mon corps, ainsi qu'un pilote en son navire, mais, outre cela, que je lui suis conjoint très étroitement et tellement confondu et mêlé, que je me compose comme un seul avec lui."
Comment puis-je être l'auteur de mes idées, si celles-ci peuvent-être causées par des phénomènes physiques ? Il faut admettre alors que les idées peuvent être réfléchies ou être de simples perceptions (ce que l'âme aperçoit en elle-même).
Donc, les idées sont des événements du monde au sens moderne. Mais cette causalité ne concerne pas le contenu des idées et c'est essentiel. Derechef, on peut en conclure que la passivité de l'âme atteste de l'activité causale des corps.
Mais la distinction âme /corps est-elle réelle ?

11 juin, 2007

POURQUOI TRAVAILLER ?

voici un des sujets du bac philosophie 2007 en série ES:
Que gagnons-nous à travailler ?
on sait bien depuis VOLTAIRE que le travail éloigne de nous trois maux: vice, besoin, ennui.
Je vais transmettre au président de la république !

06 juin, 2007

Communiqueur d'amour !




Après "les histoires d'amour finissent toujours mal", voici le dernier Rita Mitsouko, " Communiqueur d'amour": une réussite au plan musical.




" Il est toujours là


à ton esprit


toujours là


il te juge, il te suit


s'échapper


mais c'est à la vie à la mort


s'échapper


où alors "

05 juin, 2007

Le Panoptique


Jeremy Bentham (1748-1832) s'est opposé de son temps à la cruauté des châtiments corporels. La prison, en ce sens, ne doit pas être un lieu d'incarcération sordide et inhumain, mais doit contribuer à l'utilité sociale.


Le Panopticon représente cette volonté de surveiller les faits et gestes du prisonnier afin de contribuer à son perfectionnement !


Il est curieux, comme l'écrit si justement Christian Laval de, " réunir ce que l'on tient souvent pour distincts: le contrôle social le plus intrusif, le libre-marché et la démocratie la plus poussée".


A consulter, Surveiller et punir, M. Foucault, P18-19, plan du Panopticon de Bentham


Le Panoptique, J. Bentham, éditions Mille et une nuits, 2002

04 juin, 2007

Pitié pour les baleines !



Pour des raisons économiques, certains pays s'acharnent à massacrer des baleines !


Le Japon tue plus de 1200 cétacés par an sous des prétextes scientifiques, la Norvège 600 et l’Islande 30 "seulement". Les organisations écologistes ne cessent de dénoncer ce qu’elles considèrent comme une hypocrisie et réclament la fin de ce massacre, estimant que plusieurs espèces sont en danger d’extermination. Cependant, l’inverse risque de se produire.


Information

Agora vox


03 juin, 2007

Le mythe de la signification


Un ami, juriste de formation et passionné de philosophie, me faisait part de ses réflexions, il y a plus d' un an. Nous avons écrit un article - Droit comparé et paradoxe de l'identité - qui doit sortir chez l'éditeur Bruylant cette année .
Le passage suivant a été le début d'une discussion:




La thèse de Quine a pour effet d’ébranler l’idée d’une signification stable des énoncées comme accès par l’expérience au monde « tel qu’il est ». Le problème essentiel concerne ainsi la signification et sa définition. Cette critique de la signification, menée par le philosophe américain, tendra, naturellement, vers une analyse anthropologique de cette question philosophique. Si j’ai bien compris, pour le philosophe américain, dès l’instant que l’on quitte notre communauté linguistique la synonymie est opaque. En ce sens, ce qui est ainsi mis en cause c’est donc l’idée d’un noyau dur lié au langage. Existe ainsi selon Quine un « mythe de la signification » qui permettrait d’envisager la présence d’un noyau commun à toutes les langues et dont chacune ne serait qu’une expression locale ou périphérique. En ce sens, par exemple, comment puis-je savoir si mes objets sont les mêmes que ceux d’un indigène ? Cette indétermination peut trouver une formulation simple, elle signifie que l’on traduit de facto toujours dans sa propre langue. Cette opération de traduction ne nous permet pas ainsi réellement de sortir du familier. Le linguiste ne fait, au travers de l’action de traduction, que projeter ses hypothèses dans la langue indigène et ceci avec les catégories inhérentes à sa propre langue. La traduction est une œuvre « inhérente » (ce qui est attaché intérieurement) à notre propre langue. On ne peut ainsi juger de la vérité d’une théorie que de l’intérieur de notre propre théorie.


W.V Quine, La poursuite de la vérité, Traduit de l'anglais par M. Clavelin, Seuil 1993


Relativité de l'ontologie et autres essais, traduit par J. Largeault, Aubier 1977

02 juin, 2007

Pourquoi se soigne-t-on ?


Dans un livre remarquable, Pourquoi se soigne-t-on ?, paru en mai 2007, Gérard Reach, responsable du service d'Endocrinologie, Diabétologie et Maladies Métaboliques de l'hôpital Avicenne, entend justifier les raisons de nos actes, par une étude détaillée des mécanismes logiques de "l'observance thérapeutique", autrement dit ce qui " se passe dans la tête des gens" (P77).


La question revient donc à se demander pourquoi fait-on ou ne fait-on pas quelque chose, dans le cadre du suivi médical. Il importe alors de comprendre la finalité de la rationalité du soin. Il ne s'agit pas de réduire l'acte de soigner à une pure technique médicale, mais de comprendre ce que fait le patient. Le soin, en effet, implique l'existence d'une relation sociale entre un médecin et un patient et c'est pourquoi il est nécessaire de distinguer le sens de l'expression " X soigne Y" de " X se soigne".


Tentons d'en analyser les conséquences.

Dans la deuxième partie du livre -"un modèle intentionnaliste de l'observance thérapeutique" -, l'auteur propose une hiérarchie des états mentaux: émotions et connaissances jouent un rôle essentiel. En effet, les émotions impliquent des révisions de préférences. Jeanne, par exemple "adapte" correctement ses doses d'insuline, parce qu'elle croit que cela lui permettra d'avoir un enfant sain. Mais des facteurs non intentionnels peuvent quant à eux jouer un rôle motivationnel. Il est évident qu'il faut, au sens de Searle, tenir compte de l'Arrière-plan. Mais tous ces mécanismes ainsi décrits annulent-ils toute volition ?


Dans la nouvelle version de son livre, Gérard Reach, donne à la volonté toutes ses lettres de noblesse. Ainsi, "la volition doit être vue comme une action de base" et " la volition est l'événement par lequel l'agent se met en mesure d'agir en vue d'un résultat" (J. Proust, La nature de la volonté). La volition est donc une étape nécessaire permettant à l'individu de se mettre en mesure d'agir (P 155). Il est évident que l'expérience du plaisir donne à l'action du patient plus de consistance. Ce modèle de l'action entend insister sur le processus essentiellement dynamique de nos actions à long terme, car l'effet du temps accompagne la prise de conscience et la décision du patient tout au long de sa maladie. Dans le chapitre 6 de la deuxième partie - "Mécanismes logiques de l'irrationalité" -,l'auteur analyse en convoquant Davidson, les formes de déni de la maladie. Le patient pourra traverser des étapes douloureuses, du choc initial à la période de déni, de révolte, pour finalement accepter ou non, de vivre avec sa maladie.


Comment est-il possible alors de parvenir à une libération de soi ? Car, il ne s'agit pas pour Gérard Reach, de proposer un diagnostic médical d'expert, mais de contribuer à l'autonomie du patient.

Le dernier chapitre de la deuxième partie (ajouté à cette deuxième édition) est, à mon sens, d'une grande valeur intellectuelle et morale:


"Dans une conception psychologique de l'autonomie, l'individu autonome est capable de choisir en fonction de ses valeurs et de ses préférences qui traduisent son individualité." (P235)


Il ne s'agit donc pas de défendre le modèle paternaliste, car le médecin n'est pas le seul responsable de la décision du patient, mais de chercher les conditions d'un véritable développement autonome de la personne. A ce titre, H. Frankfurt dans Freedom of the will and the concept of a person, montre qu'être une personne, c'est être capable de formuler des désirs de second ordre.


La guérison repose donc sur un souci de soi. Sans cette éthique, aucun changement n'est à envisager. Le dernier chapitre de la troisième partie - Eros -, apparaît logique: "soigne-toi, aie le souci de soi, aime-toi."


Le dernier chapitre, s'impose naturellement. Lors de la première édition de ce livre, j'avais pensé à cette perspective. C'est ainsi qu'on parvient à une unité de soi, laissant derrière soi, les morceaux d'un moi tourmenté.


Un livre exemplaire pour les compétences philosophiques mobilisées et les lectures pertinentes des grands auteurs, Donald Davidson, Henry Frankfurt, Jon Elster, Pascal Engel, Joëlle Proust,Alfred Mele, Patrick Pharo...
Gérard Reach, Pourquoi se soigne-t-on, Enquête sur la rationalité morale de l'observance, Editions le bord de l'eau, mai 2007

01 juin, 2007

Irrationality and the philosophy of action !

Je voudrais présenter brièvement deux livres qui, à ma connaissance, n'ont pas été traduits:
Irrationality, an essay on akrasia, self-deception and self-control d'Alfred R. Mele et The philosophy of action de Carlos J. Moya. Ces textes constituent les éléments fondamentaux d'une théorie de l'action.
Mele , Irrationality:
Les théories causales de l'action ont une histoire longue et particulière. Leurs partisans ont pour nom Aristote, Thomas d'Aquin, Hobbes, Spinoza, Locke, Kant et William James. Les explications causales de l'action sont tombées un certain temps dans "une disgrâce" philosophique générale suite aux travaux de Ryle et de Wittgenstein.
L'existence d'une variété particulière d'action akratique, à savoir celle qui est opposée à une action immédiate, soulève un problème intéressant et instructif en ce qui concerne les théories causales de l'action.
Le but du chapitre 2 est de montrer que l'existence d'une classe d'actions akratiques est compatible avec une théorie causale de l'action. Sans doute convient-il de remettre en cause un modèle traditionnel de l'explication-action. Parmi les éléments à ajouter en figurent certains qui tournent autour de la maîtrise de soi.
" An action A is a strict incontinent action if it is performed intentionally and freely and, at the time at which it is performed, its agent consciously holds a judgment to the effect that there is good and sufficient reason for his not performind an A at that time." (P 7)
***
Moya, The philosophy of action, chap 6, "the intentionality of mind"
Le coeur de l'action est l'engagement. Etre agent, c'est avoir la faculté de s'impliquer dans la réalisation future de choses. Et l'expression la plus simple de cette faculté est d'avoir une intention d'agir.
Pour agir intentionnellement, dans le sens le plus pur de l'expression, il faut être capable d'intentions. Mais une intention n'est pas un état dans lequel on peut se trouver sans une contrainte.
Les intentions ne peuvent exister que dans le contexte, plus élargi d'un esprit. Ce contexte mental, avec ses contraintes inhérentes de rationalité et de cohérence, soutient nos engagements dans l'action quand nous avons une intention ou prenons une décision.
Voilà pourquoi ce contexte est aussi nécessaire pour agir intentionnellement. Le principal travers des visions atomistes de l'action est précisément d'oublier ce contexte et de penser les actions comme des éléments isolés capable de se suffire.
" To be an agent is to have the ability to commit oneself to do things in the future." (P 61)
C.J. Moya, The philosophy of action, Polity press 1990
A. R MELE, Irrationality, Oxford University Press, 1987