18 octobre, 2017

Aussi libre que moi !

Du boulot en perspective pendant les vacances ! Je pars 4 jours dans les Hautes-Alpes ce dimanche 22 octobre militer, distribuer des tracts et sensibiliser le public à la cause animale et à l'environnement...Rv dimanche soir chez ma camarade Marie-Laure pas loin de Sisteron puis départ pour Gap le lendemain puis Briançon; des militant(e) L214 vont nous rejoindre pour cette manifestation statique.
Ensuite, il faudra répondre aux objections de l'éditrice pour notre livre collectif et la maquette est déjà prête ( reçu hier); c'est TB. Et pour le travail des élèves, c'est pas mal du tout: 12 h sur une œuvre de Platon et les résultats sont là - des analyses excellentes !
 J'ai de plus en plus besoin de m'évader et 4 jours de montagne c'est de l'énergie à prendre pour l'hiver. A Noël, j'ai bien envie de partir loin de la famille dans une contrée sauvage ! Et j'espère obtenir mon poste dans les Hautes-Alpes pour des projets d'édition. Bref, faut que ça bouge ! Aussi libre que moi !

https://www.l214.com/agenda-evenement-animaux

https://www.youtube.com/watch?v=XUSX21x7rqI

17 octobre, 2017

C'est comme tu veux !

"Dialogue invisible et silencieux de l'âme avec elle -même": c'est comme tu veux !
Encore Calogero
https://www.youtube.com/watch?v=3xCTAoC4w_Y&list=RD3xCTAoC4w_Y

16 octobre, 2017

De la force en soi

"Depuis quelques jours, Lou sentait le désarroi d'Antonin: il semblait nerveux, abattu... Il aurait fallu... mais comment faire. Il lui demandait implicitement d'agir, Lui qui ne pouvait que l'aimer passionnément et Elle qui ne cessait de l'admirer. Le monde entier pouvait être à leur pied; rien ne pouvait surmonter leurs deux solitudes. Et Elle semblait attendre un signe et Lui semblait accablé."

https://www.youtube.com/watch?v=-HBVorgDq_8&list=RD3xCTAoC4w_Y&index=2

15 octobre, 2017

Sciences cognitives et cerveau !

J'ai participé cette semaine à un stage sur les sciences cognitives et l'apprentissage: nous savons très peu de choses sur le cerveau mais je suis persuadée que la connaissance de certaines mécanismes peut nous aider à mieux comprendre les relations entre l'apprentissage, la mémorisation et l'attention. Je vais réaliser des exercices avec les élèves et avec  d'autres collègues à titre expérimental cette année. Pour ma part, je sais que ma mémoire épisodique est excellente mais celle qui concerne l'espace très mauvaise. On voit donc que nos faiblesses en math (dans l'espace) peuvent être expliquées; il reste que l'on ne peut pas tout expliquer; pourquoi nous aimons le chat et avons peur des crocodiles ( rencontré au Cambodge il y a quelques années) !


11 octobre, 2017

Le smartphone un outil intelligent !

Il est évident que le smartphone n'est pas un simple téléphone; c'est une boîte à outil qui permet de concevoir d'autres applications. Rien à voir avec mon Primo Doro qui ne sert qu'à téléphoner ! C'est comme si, à l'ère des technologies puissantes, il manquait des fonctions ! Faudra que le Père Noêl m'en apporte un !


 

08 octobre, 2017

Belles journées à Langres

Ces trois journées de réflexion furent riches et vivifiantes (à partir de 9h): nous nous sommes installés au camping de la Liez au bord du lac: j'ai noué des liens d'amitié avec l'Académie de Toulouse et de Grenoble. Le matin, certains d'entre nous allaient faire un footing juste avant de nous rendre aux séminaires ! Et puis au petit-déjeuner discussion rapide avec les collègues de l'Est de la France 
 J'ai dû dès mon retour en train samedi me disputer avec des collègues du Nord qui critiquaient une intervenante sur la question du droit de l'environnement: il a fallu expliquer à ces personnes en quoi consistait le problème et ses limites (aucune notion de droit, de la protection de l'environnement, de la philo américaine, de la question animale)...De quoi mettre fin à une grande arrogance. Au fond, les gens sont agressifs quand ils veulent rester dans un domaine connu ! J'ai quand même proposé à mes collègues de s'inscrire sur notre liste de discussion. Au contraire, certains d'entre nous s'intéressent à des questions très diverses et souhaitent approfondir ce qu'ils ne connaissent pas !
 Et grand moment d'émotion, nous avons rencontré Michel Malherbe, (grand spécialiste de Hume mon philosophe préféré) qui a aussi écrit un livre sur la maladie de son épouse; et j'ai senti une telle émotion quand j'ai évoqué ce livre avec lui (sa femme est décédée l'année dernière). J'ai promis à Michel Malherbe (75 ans) de faire une recension de son petit ouvrage sur les passions chez Hume. Il était vraiment très agréable de voir mes camarades discuter avec lui et dévaliser la librairie dans des domaines différents - Stéphane, Antoine, Victoria, Antony. Des passionnés de philosophie, des sciences, nous les sommes ! 
 Ces journées philosophiques sont très importantes pour la ville de Langres; son économie et sa vitalité; et les bénévoles (souvent à la retraite) font un travail remarquable notamment en  assurant les navettes ! J'ai ramené une très belle affiche pour l'introduire dans une de mes salles de cours. L'organisatrice m'a dit que la personne avait reçu un prix pour son travail; et cela ne m'étonne pas !

04 octobre, 2017

Journées philosophiques de Langres

Départ en début d'après-midi pour 3 journées de philosophie sur le thème la "Nature" à Langres avec des personnes de toute la France ! Des débats passionnés, de quoi dépasser les conversations "scolaires " avec mes collègues de lycée à Toulon.
Et au retour, il faut que je m'occupe de faire la liste des lycées des Hautes-Alpes pour l'année prochaine; une autre vie m'attend. Mais pour la première fois, je ne sais pas ce qui va se passer durant les prochains mois !

30 septembre, 2017

Nietzsche, le cri et le silence !

Je viens de prendre connaissance aujourd'hui de deux critiques de la pensée de Nietzsche. Le philosophe allemand est bien-sûr un penseur de la contradiction. Un grand historien de la philosophie à Aix-en-Provence disait que parfois, il se reniait...Il n'en demeure pas moins que Nietzsche prend acte des limites en son temps de l'utilitarisme, du darwinisme, du christianisme avec une telle profondeur. J'ai retenu de lui l'idée de "l'énergie", des "forces pulsionnelles", de "l'éternel retour" de la "souffrance". Mais certains textes sont comme des cris - parce que son "époque" ne peut le comprendre ("M'a-t-on compris?"). Certes, toute épreuve suppose un dépassement à condition de le pouvoir et de le vouloir. L'amour du destin?


Deux ans: 30 septembre Litchi !

Voici l'anniversaire de Litchi, la labrador-terrier; vive et calme à la fois
30 septembre 2015 à Trets
 Je ne sais pas encore si je vais la mener à Gap et Briançon le 23 et 24 octobre pour une sensibilisation à la cause animale L214. J'ai une "nounou" maintenant 4 h par semaine.

 Sur la photo, en voiture cet été avec Héloïse, une de mes nièces !

25 septembre, 2017

Les aléas de la communication

Il arrive parfois que nous ne parvenions pas à exprimer ce que nous "voulons-dire". Est-ce le résultat d'une opacité inhérente à la référence ou bien parce que nos intentions ne sont pas reconnues, identifiées ? Un malentendu entre deux personnes pourrait se définir par l'exemple suivant: Y voudrait que X répare son sèche-cheveux mais voudrait lui faire comprendre sans qu'elle (X) ait besoin de le lui demander. X n'est pas attentif à cette demande implicite. En rentrant du travail, X voit sur la table le sèche-cheveux complètement démonté (en petits morceaux); là, il comprend qu'il doit le réparer !
Les malentendus peuvent être de cette nature - dans la non-reconnaissance des intentions. Une personne souhaiterait qu'on reconnaisse qu'elle a été offensée. On en déduirait que son inaction est une forme de vengeance: là, il s'agit d'une erreur d'interprétation. Ce n'est pas parce que j'ai été blessée que je désire me venger - pas de rapport nécessaire entre l'offense et le désir de se venger - mais je "signifie" que je ne pourrai plus agir dans un rapport de confiance.
 Si cette intention est saisie, alors elle devrait aboutir à une action.  En revanche, il ne faut sans doute pas présupposer qu'une personne puisse faire usage de son libre-arbitre si quelque chose - suite à un traumatisme (article précédent "L'inhibition")-  la bloque. Il en est de même des animaux traumatisés - des chiens de chasse ou des lévriers espagnols qui ont subi de mauvais traitements. Il faudra une longue patience pour qu'ils retrouvent des "routines."
 Pour l'homme, "le discours sur la machine" de Pascal pourrait apporter une réponse: si j'ai perdu la foi, la confiance, je peux faire - mécaniquement - comme ceux qui ont la foi. En quelque sorte, il s'agit de "se mettre à l'épreuve" ou de "mettre à l'épreuve" ceux qui ne sont pas sensibles à des intentions.

24 septembre, 2017

Les lois de la communication !

Je viens de terminer le corrigé de ma première dissertation sur le langage et la communication. En parcourant Jakobson, je me suis demandée d'où venait l'ambiguïté du langage. Le philosophes logiciens auraient tendance à en chercher la source dans le problème de la référence; plus précisément, il est question "d'opacité", "d'indétermination de la traduction" (Quine) alors que l'ambiguïté dérive de la dimension "poétique" du langage pour d'autres. Mallarmé est souvent cité comme celui qui fait du "mystère", de "l'énigme" la "clé" de la poésie...Mais c'est surtout qu'elle doit s'éloigner de toute considération utilitaire afin de parvenir à un sens pur...Complexe; je me laisse la semaine pour relire le poète qui est mort d'une crise d'angoisse...
 Une autre fonction du langage est de faire réagir - une sorte de performatif à la Austin. J'ai un très bon exemple aujourd'hui: j'ai une de mes meilleures amies qui est partie sur l'île de la Réunion et avec laquelle je ne communiquais presque plus suite à des circonstances assez dramatiques depuis deux ans. Elle vient de m'envoyer la photo d'un chien adopté par sa famille - un chien qui était voué à mourir sans soin. Et bien-sûr, sur le canapé avec les enfants de la famille, elle s'est souvenue de mon épagneul qui effectivement ne laissait pas la place aux amies ! Donc là, il s'agit d'une des catégories de Jakobson  et j'ai répondu !
 Bref, je ne pense pas avoir épuisé toute la richesse de la communication (humaine et animale); mais renouer, maintenir un lien, c'est faire réagir.
 En décidant de demander ma mutation dans les Hautes-Alpes, je réagis à une situation et en ayant l'intention fin octobre de partir avec deux amies militantes à Manosque, Gap, Briançon, diffuser des tracts de L214 et rencontrer des éleveurs; j'occupe l'espace social pour dialoguer en dépit des difficultés...
 Mysti,  île de la Réunion

22 septembre, 2017

Une nouvelle vie avec ma twingo blue !

Il fallait bien revoir son parcours; d'abord par un bien matériel - une très belle occasion, une Twingo Blue pour remplacer mon ancienne voiture de plus de 10 ans ce mercredi:
Ensuite, j'essaie de motiver les militantes pour la course "Cannes-Nice" le 5 novembre, mais c'est difficile à part Samia... Cela dit, je vais reprendre l'entraînement du mercredi matin avant les cours au bord de la mer et le Faron le dimanche: il faut bien montrer aux "carnivores" que nous avons des jambes pour courir et un cœur pour souffrir !
 Et, enfin, j'ai peut-être trouvé une jeune fille "autiste" qui souhaiterait promener ma chienne 4 h par semaine pendant mes heures de cours; mais Litchi a deux personnalités - le calme de la labrador et la vivacité du terrier ! Mais ce serait bien qu'elle puisse communiquer !
 Tout est une question de dosage - dans la nature, les mâles doivent se battre pour conquérir une femelle et en amour, une femme choisit celui dont elle sent qu'il est le seul à savoir communiquer, à exprimer sa tristesse, sa colère et à comprendre ce qui a pu la blesser ...De l'empathie encore et toujours.
 Et pour finir, le 5 et 6 octobre à Langres, stage de philosophie sur le thème de la "Nature": j'arrive en début de soirée le mercredi soir jusqu'à samedi avec la délégation de Toulouse direction le camping, puis ce sera Lyon, Grenoble, Paris pour des journées très chargées. !

21 septembre, 2017

L'inhibition

Il semble assez complexe de définir le champ de l'inhibition: dans le domaine de la chimie, un inhibiteur est un composé dont l'action est d'inhiber une réaction chimique. 
Mais l'inhibition constitue une fonction importante du cerveau: elle permet de traiter des informations et de sélectionner. Ainsi, selon Berthoz, la décision implique un choix sélectif: certaines actions sont éliminées du fait de leur inadéquation avec le but proposé. Ainsi, si par mon expérience passée, je constate une erreur dans mon comportement; je peux réorienter mon action.
 Le film "Mon oncle d'Amérique" illustre parfaitement les thèses de Laborit sur les comportements primitifs que nous adoptons en tant que "vivants": l'action, la fuite, le combat, l'inhibition. Notre action comme celle d'un animal peut être inhibée, stoppée si elle a occasionné un traumatisme. Mais elle peut provoquer un sentiment d'angoisse. En ce sens, la fuite peut être considérée comme un comportement adéquat afin de mettre fin à toute forme d'angoisse. Par exemple, si nous ne supportons plus des lieux, des personnes qui ont été à l'origine de traumatisme, la fuite semble rationnelle. Sans doute, serait-il intéressant de s'interroger sur l'origine de tels blocages.

17 septembre, 2017

Synthèse de travail

La question végane suscite des réflexions chez les professeurs de philosophie: ainsi sur notre liste de travail (800 personnes sur l'enseignement de  la philosophie sur FB) 20 profs se sont interrogés sur la question de la souffrance animale, du droit, de la "criminalisation des carnivores". J'ai fait l'effort aujourd'hui de synthétiser 66 messages; 3h de travail mais cela me permet de comprendre les perplexités, les incompréhensions des personnes; donc de creuser les arguments. En gras, j'ai noté mes remarques:



"Véganisme, carnisme et criminalisation des carnivores
Utilité et loi de la nature
On commence la discussion par la question de savoir s’il existe un droit de tuer les animaux et si cela est utile et rationnel. Spinoza oppose à ce titre la pitié à la « saine « raison ». Défendre les droits des animaux, ce serait aller contre ce qui est utile.
Mais à part dire que Spinoza est dépassé aujourd’hui, on ne se demande pas pourquoi Spinoza ne peut concevoir « un droit » des animaux (opposition « raison » et « sentiments » ? opposition « utile » et « juste »)
On tente toutefois de donner un sens à ce qui est « utile » : ce sont des conséquences à prendre en compte notamment sur l’environnement. C’est pourquoi, le régime végétarien préserverait la planète.  Et donc, suivant cette logique, la raison pourrait nous convaincre de devenir « vegan » si cela était utile pour l’humanité.
Historiquement c’est faux ; on assiste à une évolution du terme « végétarien » à « végétalien » puis à « véganisme ». Mais on ne montre pas le rapport entre le véganisme et l’exploitation animale : la souffrance animale est un problème moral ; l’exploitation est aussi un problème moral et politique.
Définition du véganisme : « Le véganisme est la doctrine selon laquelle les humains doivent vivre sans exploiter les animaux » (« Vegan society », 1951)
Sans souffrance animale, l’éthique ne serait qu’une éthique environnementale (JBJ Vilmer).
La question est de savoir si l’on peut justifier cette souffrance animale par des faits scientifiques ou si elle est de l’ordre de l’évidence.
« Si un être souffre, il ne peut y avoir de justification morale pour refuser de tenir compte de cette souffrance. » (P Singer).
Il est très difficile alors pour les intervenants (3) d’expliquer en quoi la souffrance animale est un problème moral car les partisans de la suprématie humaine vont évoquer la question de la « nécessité », de la différence de « nature » entre l’homme et l’animal. Ainsi, il sera dit que « la vie est une souffrance », que dans la nature certains animaux mangent d’autres animaux (prédateurs et proies) ; bref, on assiste à un exposé assez caricatural des thèses de Nietzsche – en fait, il s’agit d’un Calliclès déguisé. 
L’interrogation sur « la nécessité » est éclairante : elle permet de savoir de quoi l’on parle et ce n’est pas évident. D’abord, les défenseurs de la suprématie humaine font valoir l’idée d’une évolution biologique, d’une nécessité de manger de la viande ; d’ailleurs nous avons besoin de protéines animales ! De là s’ensuit une discussion sur les bienfaits et les inconvénients d’une alimentation végétalienne. Il est vrai qu’au XXIème, il est prouvé qu’une telle alimentation non seulement n’est pas dangereuse pour la santé mais qu’elle est plutôt saine à condition de se supplémenter en B12 et en fer (surtout quand on est enceinte). Mais il reste le plaisir de la viande…Toutefois, on parvient à un consensus : chacun est prêt à réduire sa consommation de viande mais ne supporte pas le « moralisme », « la criminalisation des carnivores. » !
Dans son dernier livre « L’humanité carnivore », Florence Burgat montre ce qui se cache derrière cette nécessité de manger de la viande – « parce que c’est bon », « parce que c’est vital » : des considérations diététiques économiques, culturelles (à découvrir absolument)… Mais il s’agit d’une violence inouïe On se rend bien compte à quel point les justifications sont assez indigentes : dans la nature, les animaux se mangent entre eux ; pourquoi faudrait-il remettre en cause cet ordre naturel ? Certains vont même jusqu’à dire qu’il n’y a pas de réciprocité entre l’animal humain et non humain ; de ce fait, les animaux ne pourront pas avoir de droits. Il est facile de montrer que le droit n’entend pas reproduire la violence de la nature, les rapports de domination… La question est de savoir comment concevoir notre rapport à l’animal sous un angle juridique et moral. Le philosophe et juriste Regan fait une différence entre « un patient » et un « sujet » moral.
Pour ma part, je vais une différence quant aux réactions morales (influence Hume) entre :
a)      Un fauve qui dévore une antilope : je trouve le spectacle « cruel » ; mais je ne pense pas que les animaux soient « méchants »
b)     Des animaux qui sont découpés encore vivants, qui hurlent dans un abattoir : je trouve le spectacle cruel, inhumain, insoutenable mais je suis en « colère » ! C’est de la barbarie !
   
La criminalisation des carnivores
Il est affirmé qu’il « est normal de criminaliser des comportements qui impliquent un système injustifié d’exploitation douloureuse d’êtres sentients. » De ce fait, on assiste à des protestations de part et d’autre. Certains doutent de l’efficacité des « images choc » déployées pour susciter une prise de conscience de la douleur infligée aux animaux d’élevage. Ne vaudrait-il pas mieux diminuer sa consommation de viande plutôt que de culpabiliser les braves gens ? Des attaques personnelles font leur apparition : le véganisme devient une occupation de « bobos » qui n’ont que faire de l’exploitation des hommes (et en plus certains ne connaissent et n’aiment pas les chèvres !!!). Il est vraiment très difficile de s’y retrouver ; mais chose remarquable ; à force d’arguments développés par 3 défenseurs de la cause animale, la personne en colère contre « les bobos du véganisme » s’explique. De là des discussions sur la morale, sur ce qui est bien ou mal. Et puis, une personne dans un long monologue montre que l’homme a toujours le choix d’agir et qu’il est possible de maîtriser ses pulsions !
Brigitte Gothière de L214 affirmait récemment qu’il ne s’agit pas de culpabiliser les gens travaillant dans les abattoirs – quand on sait qu’ils prennent des antidépresseurs, qu’ils sont exploités – mais sans pour autant les « déresponsabiliser. » A mon sens, il s’agit d’attaquer un système de production où prime le rendement sans tenir compte du bien-être des animaux et de la santé des humains. Or, les images sont très puissantes - plus efficaces que n’importe quel argument philosophique – pour montrer la réalité telle qu’elle est et qu’on voudrait bien occulter. Est-ce une forme de manipulation perverse ? C’est aussi un droit à l’information ; et chacun y va de sa propre vérité ; les lobbies alimentaires par exemple. Cela dit, les responsables des associations de défense des animaux connaissent les limites de toute dénonciation. Et ils souhaitent uniquement un débat de société et sont heureux que les philosophes (pas tous, loin de là) s’emparent de ce problème moral. On peut consulter le dernier livre de JB Del Amo – « L214, une voix pour les animaux. »
Et la question politique ?
Cette question a été soulevée par plusieurs personnes ; elle concerne le « vivre-ensemble » et le partage des ressources, du territoire avec les animaux non - humains ; mais elle traverse des questions comme le refus de l’exploitation et de la domination (humaine et animale) ; le devenir de la planète. Ainsi, on peut se demander si l’hédonisme utilitariste de Bentham (recherche du plaisir et fuite de la douleur) peut constituer un projet politique – le bonheur du plus grand nombre. La perspective du libéralisme – « ne pas nuire à autrui » a été évoquée. Mais l’utilitarisme ne répond pas à la question « d’ être sujet-d’une-vie. » (Tom Regan) 
 A mon sens, le véganisme constitue une véritable révolution des modes de vie, de consommation mais – certains amis véganes et non véganes ont pu me faire remarquer – que ce mouvement ne peut résoudre tous les problèmes de la planète – notamment l’instabilité des Etats à l’origine des guerres, des famines et de la misère ! 
Et l’empathie, l’argumentation
Certains considèrent l’empathie, l’amour des animaux comme quelque chose d’inutile pour défendre les intérêts des animaux et la justice ; ils se disent « insensibles » !
Certains militants radicaux dans la cause animale réagissent comme vous. D’ailleurs Peter Singer reconnaît qu’il « n’aime » pas les animaux et se préoccupe uniquement de la justice. Bref, il faut argumenter et non déployer une logique émotionnelle.
Pour ma part – je suis huméenne - ; je ne vois pas de problème à faire appel à l’empathie et à l’argumentation.  Par contre, je suis choquée par ceux qui font de la raison la marque de la supériorité humaine. C’est pourquoi, l’existence d’une souffrance animale ne semble pas être de l’ordre de l’évidence pour les « ultras rationalistes. »
« C’est elle (la pitié) qui nous porte sans réflexion au secours de ceux que nous voyons souffrir. »
« C’est, en un mot, dans ce sentiment naturel, plutôt que dans des arguments subtils, qu’il faut chercher la cause de la répugnance que tout homme éprouverait à mal faire, même indépendamment des maximes de l’éducation. »
« On peut impunément égorger mon semblable sous sa fenêtre ; il n’a qu’à mettre ses mains sur ses oreilles et s’argumenter un peu pour empêcher la nature qui se révolte en lui de l’identifier avec celui qu’on assassine. »
ROUSSEAU
Un droit antispéciste ?
Une personne a prétendu qu’un droit pour les animaux serait anti-spéciste.  J’avoue avoir des difficultés à comprendre toute l’argumentation.
Je tiens à dire que Regan (« Les droits des animaux ») ne fait pas de différence entre le droit des animaux humains et non humains.  Ensuite, le dernier livre audacieux de Donalson et Kymlicka – « Zoopolis » fait référence à des droits différenciés ou des droits relationnels. Autrement dit, pour ces deux philosophes du droit, il ne suffit pas de défendre les droits des animaux – vie, liberté, intégrité. Il reste que pour le moment, on peut constater une multitude de normes juridiques sans pour autant que le bien-être des animaux soit respecté ; les plus absurdes étant « le patrimoine culturel » (foie gras en France) et « la tradition locale ininterrompue » (la corrida en France)."





15 septembre, 2017

Pensées sur l'interprétation de la nature

"Jeune Homme, prends et lis. Si tu veux aller jusqu'à la fin de cet ouvrage, tu ne seras pas incapable d'en entendre un meilleur. Comme je me suis moins proposé  de t'instruire que de t'exercer; il m'importe peu que tu adoptes mes idées, ou que tu les rejettes, pourvu qu'elles emploient toute ton attention."
                                               Pensées sur l'interprétation de la nature, DIDEROT




13 septembre, 2017

Brigitte Gothière L214 !

Brigitte Gothière, ancienne prof de physique et co-fondatrice de L214, une tête bien faite qui a donné une telle énergie à la cause animale!
Une intervention sur la revue "FarOuest"

https://www.facebook.com/RevueFarOuest/videos/1946996105588576/


France-Culture: " le monde "végan"!

Aujourd'hui c'est la sortie du livre de Renan Larue (USA) et Valéry Giroux (Canada) "le véganisme" en "Que sais-je ?". Renan Larue était l'invité avec J Porcher d'une émission sur France-Culture. J'espère que le grand public sera sensible à la question de la domestication des espèces et de la question de la prédation. 
Cet été, pendant que j'écrivais mon livre en montagne, Samia de l'AVF au téléphone défendait l'idée de la nécessité d'une extinction de l'espèce (position de Francione) ce à quoi je m'oppose sans avoir de solutions définitives.
Et je viens de commencer la lecture de "L214, une voix pour les animaux" de JB Del Amo qui retrace l'itinéraire des 2 co-fondateurs Brigitte Gothière (ancienne prof de physique) et de Sébastien Arsac (étude de maths et instituteur).

https://www.franceculture.fr/emissions/du-grain-moudre/les-vegans-menacent-ils-le-monde-animal

Un résumé de l'intervention sur FB pour les militant-e-s:
Très bon débat sur France-Culture qui vient de se terminer entre Renan Larue et Jocelyne Porcher. Je pense sans me tromper que Renan Laure a pu apporter à la vision d'un monde végane quelque chose de juste et de lucide; J Porcher est plus confuse. Des questions qui devraient faire débat:
  1. - la question de la domestication des animaux: si on se refuse à les domestiquer, faut-il aller vers une extinction de l'espèce ? C'est la position stricte de Gary Francione et évidemment la question est de savoir s'il n'est pas possible de donner des droits aux animaux - position défendue par Donalson et Kymlicka. Avec raison, Renan Larue montre que la réponse n'est pas évidente...Mais on pourrait constituer un débat de société. Autre question:
    - la question de la prédation: faut-il intervenir dans le monde de la nature et des vivants? Sans admettre pour autant qu'il y a une loi de la nature et ce d'autant plus que l'homme ne cesse de la transgresser. Là J Porcher a été très très mauvaise. Les questions sont abordées par Horta, et j'ai vu que cela engendrait des questions au sein du mouvement végane
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