22 novembre, 2009

La main de Thierry Henry

Je me demande bien pourquoi on fait de "la main" d'Henry un tel sujet à polémique ! D'abord, il y a bien longtemps que l'éthique dans le domaine du football est discutable. Ensuite, on peut comprendre la réaction d'un joueur qui vient de permettre la victoire de son équipe. Et enfin, il aurait fallu un grand sens de l'honneur et de la justice pour aller se "dénoncer" auprès de l'arbitre. Ce n'est pas pour cette raison qu'on peut qualifier un joueur de "tricheur"...pour un simple réflexe. Mais ce qui est intéressant, ce sont les réactions morales des gens.
Pour moi, le geste du joueur français n'est certes pas louable mais non l'objet d'un blâme; il n'y a pas l'intention consciente de nuire.
Bon on aborde la question de l'éthique avec Thierry Long, mon collègue de Nice ,avec les étudiants-infirmiers le 9 décembre.

19 novembre, 2009

Un problème de décision !

Sur Facebook, mon collègue de philosophie Cédric Eysette expose un problème expérimental de logique à partir d'un blog de langue anglaise. Voici:

Jack is looking at Anne, but Anne is looking at George. Jack is married, but George is not. Is a married person looking at an unmarried person?

A) Yes.

B) No.

C) Cannot be determined.

Je traduis:
Jack regarde Anne mais Anne regarde George. Jack est marié, mais Georges ne l'est pas. Est-ce qu'il y a une personne mariée qui regarde une personne non mariée ?"

Dans la grande majorité des cas (80%), les gens répondent C (on ne peut pas savoir). Comment expliquer ce type d'erreur ? Les individus ne prennent pas le temps d'examiner des possibilités.
Le raisonnement disjonctif pose des problèmes de compréhension pour l'intelligence humaine. Un exemple: Shafir et Tversky ont commenté une illustration de Wason:
4 cartes comprennent chacune une lettre de côté et un nombre entier sur le côté. Le sujet ne voit qu'un des côtés de chaque carte. Dans l'exemple, les cartes retournées sont le E, le D, le 4, le 7. L'individu doit appliquer la règle suivante: "s'il y a une voyelle d'un côté de la carte, alors il ya un nombre pair de l'autre". Or les individus ne parviennent pas à identifier la règle et se trompent de cartes. La règle à identifier est:
"ni le fait qu'il y ait une voyelle de l'autre côté du 4, ni le fait qu'il y ait une consonne ne peuvent contribuer à la falsification de la règle." A suivre.
Voir "Wason" sur Wiki
http://fr.wikipedia.org/wiki/T%C3%A2che_de_s%C3%A9lection_de_Wason
This is from this month’s Scientific American — article unfortunately costs money. It’s about “dysrationalia,” which is what happens when people with nominally high IQ’s end up thinking irrationally. A phenomenon I’m sure we’ve all encountered, especially in certain corners of the blogosphere.

And the answer is the first option. But over 80 percent of people choose the third option. Here’s the solution: the puzzle doesn’t say whether Anne is married or not, but she either is or she isn’t. If Anne is married, she’s looking at George, so the answer is “yes”; if she’s unmarried, Jack is looking at her, so the answer is still “yes.” The underlying reason why smart people get the wrong answer is (according to the article) that they simply don’t take the time to go carefully through all of the possibilities, instead taking the easiest inference. The patience required to go through all the possibilities doesn’t correlate very well with intelligence.




18 novembre, 2009

Les chiens au Canada

Les chiens au Canada ont besoin de vous ! Il est possible de faire des dons.

"Our team saved suffering sled dogs from likely death.

Help us rescue animals in situations like this, and work for stronger anti-cruelty laws


Imagine being left in a forest, chained to a tree, without regular access to proper food, clean water or adequate shelter. Imagine growing more and more desperate as the days and weeks go by, your cries unanswered.

For approximately 100 neglected sled dogs in Québec, this was reality until their owner surrendered them, and Humane Society International and the SPCA Laurentide-Labelle arrived to rescue them. Please consider a donation to help us stop this kind of suffering.

As we walked onto the property, my heart broke. The huskies had been chained to plywood structures over barren stretches of frozen mud. Hungry and dehydrated, they were unable to move more than the two-meter radius their chains permitted.

I am always amazed by the power of dogs to forgive. It was as if they realized we were there to help them, and slowly the miserable, emaciated huskies began to wag their tails as we approached. The dogs began to bark in excitement, but one remained quiet, waiting as his friends were rescued. I went to him and, as I grew closer, I realized he was blind because of cataracts—another casualty of the neglect these dogs endured. Carefully, we walked him to freedom, and the promise of a better life.

We arrived just in time. Winter is coming, and many of these dogs may not have survived without our intervention. With extreme cold temperatures approaching, these dogs—including a number of puppies—could have faced a horrific death.

Thankfully, our rescue operation was a complete success. One by one, we led or carried the dogs into our Emergency Services vehicle, and transported them to our emergency shelter an hour away—space generously donated by a local businessperson. There, dedicated volunteers from United Animal Nations will provide round-the-clock care, while SPCA LL veterinarians will treat and vaccinate the dogs. Once healthy, these deserving dogs will be adopted out to loving homes in Canada and the United States.


While these lucky dogs are now safe in their warm, temporary enclosures, so many more less fortunate animals across Canada still face neglect and abuse. With your help, we can ensure sled dogs and other animals do not have to face this kind of misery again.

Please give what you can to help us continue to fight cruelty by rescuing animals and advocating for stronger laws.

Together, we can make animal suffering a thing of the past.

Sincerely,

Rebecca Aldworth
Director
Humane Society International/Canada

15 novembre, 2009

Inertie clinique

A Paris, j'ai assisté à quelques conférences du colloque "Sciences et décision". Mais j'ai découvert en quoi consiste l'inertie clinique. Grâce aux explications de Gérard Reach, j'ai pu comprendre que le médecin ne fait pas toujours ce qu'il devrait faire; bref une vraie révolution in my mind !

07 novembre, 2009

Ce n'est qu'un animal !


A lire "Ce n'est qu'un animal après tout", Cahiers antispécistes, de David Furrer: la réflexion porte sur l'éthique animale.


Voici un extrait:

"La maman du premier humain au premier humain :
« Ce n'est pas bien de manger ton papa ! »
Le premier humain :
« Mais ce n'est qu'un animal après tout ! »

Cet essai va aborder la question d'éthique normative de savoir où doit s'arrêter notre considération morale. On peut en effet se demander si nous n'avons pas des obligations morales en dehors de celles que nous avons à l'égard des représentants de l'espèce humaine que nous côtoyons. Est-il possible d'envisager des obligations à l'égard des animaux ou des générations futures ? C'est une question qui fait débat dans la philosophie morale depuis l'antiquité – pour les animaux du moins – mais qui a connu un regain d'intérêt depuis une quarantaine d'années, principalement dans la philosophie anglo-saxonne, et qui a parfois été appelée problème du périmètre. Nous allons nous intéresser plus particulièrement au statut moral des animaux : quelle considération morale leur doit-on ? Doivent-ils être inclus dans le périmètre ou rester au-delà ? "

04 novembre, 2009

La philosophie est un sport de combat !

Je reprends bien évidemment cette expression de Pierre Bourdieu. Je n'aime pas le milieu philosophique que je trouve fermé et clanique. Sans doute réside -t-il de l'arbitraire dans cette affirmation, mais tant pis.
Reprenons mon parcours philosophique (je suis obligée de changer les noms pour ne pas porter atteinte aux individus).

- octobre 2003: je démissionne d'une association de philosophie, stalinienne dans son fonctionnement (je suis pourtant membre responsable à Marseille); ils défendent un certain type de philosophie IUFM. Je découvre l'idéologie dominante, la haine des uns et des autres.
- septembre 2005: mon premier article "au nom du principe de précaution" est refusé par une revue de la Sorbonne; je constate que l'argument de cette revue est mauvais et que son rédacteur en chef n'écrit pas de bons articles; je me rebelle et publie mon article dans une autre revue;
- novembre 2006: mes écrits sont censurés dans une liste de philo à propos "des crimes sans victime" de Ruwen Ogien; je me rebelle contre les libertariens et réussit à écrire un article à ce sujet ("la reconnaissance de la dignité"); mes amis ont été choqués de ces prétendus libéraux.
- juin 2009: je me fais insulter par une personne pédante de Genève, très manipulatrice et perverse; écrasée par le travail, je parviens néanmoins à publier un article dans la revue "Philosophoire" (d'autres attendent), sans piston, sans soutien universitaire.

Je m'explique:

La France est un pays où subsistent de profondes hiérarchies: les universitaires mal reconnus par l'Etat (les Universités françaises ont un caractère pitoyable) ont besoin de serviteurs; les jeunes philosophes "servent" (non des causes) mais des individus dans le but d'avoir des postes.
En revanche, Les hauts-fonctionnaires de l'Etat ont le prestige social; ils disposent de moyens considérables (énarque,mon frère a été sous-préfet, juge de fond, financier... il est "d'accord" avec moi sur le principe lors de nos longues discussions...). Bref, dans la lutte pour la reconnaissance, il y a ceux qui ont le prestige symbolique (les universitaires) et ceux qui ont le prestige social (administrateurs, hauts-fonctionnaires, hommes politiques); cela ressemble à l'analyse de Bourdieu...

Quand on aime la philosophie, on ne s'y retrouve pas: la comédie est de rigueur. Mais quand on a trouvé sa voie, il faut persévérer. Heureusement, il y a Bourdieu et Lévi-Strauss : la philosophie est une bonne chose sauf quand on en fait une parure.

Philosophes, réveillez-vous !

Hommage Claude Lévi-Strauss


Le collège de France rend hommage à Claude Lévi-Strauss; à lire l'entretien de son fils spirituel Philippe Descola.

http://www.college-de-france.fr/media/college/UPL12800_lettre_LStrauss.pdf

03 novembre, 2009

Disparition de Claude Lévi-Strauss


Claude Lévi-Strauss, un grand de ce monde, est décédé. L'année dernière, il avait fêté son centenaire.


A lire dans le magazine "Sciences humaines":
Edito : Pour une archéologie de l'esprit humain
Nicolas Journet et Jasmina Sopova
« Le don quichottisme, me semble-t-il, c’est, pour l’essentiel, un désir obsédant de retrouver le passé derrière le présent. Si d’aventure un original se souciait un jour de comprendre quel fut mon personnage, je lui offre cette clé ». Ainsi parlait Claude Lévi-Strauss à Didier Eribon en 1988. Il avait alors quatre-vingts ans, et cette année 2008 est celle de son centième anniversaire que l’on se prépare à célébrer. Au cours de ce siècle C. Lévi-Strauss a accompli ce que peu de scientifiques réalisent : une carrière d’ethnologue des Amériques, une renommée d’écrivain et un rôle de déclencheur d’une révolution intellectuelle nommée « structuralisme ».

02 novembre, 2009

Un philosophe en sociologie



Est-ce une gageure que de déserter la philosophie pour la sociologie ou bien faire oeuvre de politique ?


"Un philosophe en sociologie"
Marie-Anne Lescourret



Parution : octobre 2009
Edition : PUF
Collection "Débats philosophiques"

"La renommée nationale et internationale de Pierre Bourdieu lui est venue de la sociologie, une sociologie un peu particulière, dite « des élites », ou plus communément, « de la domination », au fil de laquelle il ne se fit pas faute de fustiger les représentants de celle qu’il appelait « la discipline du couronnement », la philosophie.
C’était là pourtant son terroir d’origine, sa formation première, et la seule dans laquelle il possédât un diplôme (l’agrégation). Mais il ne voyait dans ses anciens « collègues » que des lectors figés dans une position scolastique qui les éloignait des urgences du monde et du « sens pratique ».
Pourtant, c’est à l’aide de la philosophie (dite « analytique ») qu’il critique la philosophie (sartrienne, heideggerienne), et vise à l’éduquer, qu’il forge les concepts majeurs de sa sociologie, comme l’habitus, la violence symbolique. Et l’enjeu de ses recherches est encore un enjeu philosophique, qui le rapproche de ceux qui ont voulu transformer le monde, au lieu de se borner à le penser."
Source: Blog, nouvelles philosophiques, Didier Moulinier

01 novembre, 2009

Et dans 150 ans !


Et dans 150 ans, on s'en souviendra pas

De ta première ride, de nos mauvais choix,

De la vie qui nous baise, de tous ces marchands d'âmes,

Du type qui vote les lois là bas au gouvernement,

De ce monde qui pousse, de ce monde qui crie,

Du temps qui avance, de la mélancolie,

La chaleur des baisers et cette pluie qui coule,

Et de l'amour blessé et de tout ce qu'on nous roule,

Alors souris.

RAPHAEL
http://www.youtube.com/watch?v=z3gAPnZjsqQ

30 octobre, 2009

Cité philosophie 2009


Un très beau programme cette année du 12 au 29 novembre 2009 à Lille: le savoir comme je l'apprécie ! Et en plus, on peut boire de la bière et manger des frites à Lille !


"Citéphilo est un événement annuel organisé par l'association Philolille. Cette année, du 12 au 29 novembre 2009, retrouvez plus de 90 conférences, avec en ville invitée, Berlin."
www.citephilo.org

29 octobre, 2009

Pourquoi ne suis-je pas normative ?

La dernière fois, en sortant de cours, je m'entretiens avec mon cher collègue des sciences médicales et lui parle de ma perplexité face au test de Milgram: pourquoi en majorité les gens se soumettent-ils à l'autorité même quand ces derniers savent qu'elle est abusive ? Et lui de me répondre:"Parce que nous sommes normatifs !"
J'avoue m'être intéressée à ces questions assez tôt; mon DEA portait sur la question des normes sociales (source d'inspiration: Jon Elster). Mon personnage en tant que tel n'est pas "normatif". Je m'explique: j'ai remarqué en dix ans d'expérience que les gens ont tendance à suivre les normes d'un groupe même quand elles sont injustes.

La patience des concepts

J'avais signalé en avril la parution d'un livre Kant sans le kantisme, articles réunis de Gérard Lebrun, historien de la philosophie à Aix-en-Provence. Il est évident que la disparition, en décembre 1999, de ce grand philosophe a laissé ses disciples tristes. A lire sur le site de La vie des idées, le résumé d'Antoine Grandjean. Je cite un extrait (je suis tout à fait d'accord avec cette manière de concevoir les choses):

"Comme bien des enquêteurs, Lebrun est donc un sceptique que sa passion pour le problématique empêchera de devenir jamais blasé. Son talent rend la lecture de ses récits passionnants. Et tant mieux si quelques « touchantes légendes universitaires » n’en sortent pas indemnes".

28 octobre, 2009

Programme JS MILL



Attention, un beau programme est prévu en novembre: colloque John Stuart Mill le 19 novembre (quant à moi, je serai en train de déménager !!).

Le Centre Bentham vous informe de la manifestation suivante qui se déroulera dans le cadre de la
8ème journée mondiale de la philosophie :

Cent Cinquantenaire de
De la liberté de John Stuart Mill
(1859-2009)

Jeudi 19 Novembre 2009
Maison de l’UNESCO, Salle IX, 125 avenue de Suffren, 75007 Paris
Métro : Ségur ou Cambronne

Programme :

9.30 / Ouverture, Pierre Sané, Sous-directeur général pour les Sciences sociales et humaines à
l’UNESCO.

9.40 / Allocution inaugurale, Monique Canto-Sperber, Directrice, Ecole normale supérieure (Ulm).

10.00 / Catherine Audard, London School of Economics and Political Science (Royaume Uni):
« Solidarité et liberté individuelle: John Stuart Mill et l'invention d'un ‘‘nouveau’’ libéralisme
solidaire ».

10.40 / Pause

11.00 / Irina Myurberg, Senior Research Fellow, Institute of Philosophy, Russian Academy of
Sciences (Russie):
« ‘‘?ne very simple principle’’: Mill’s On Liberty as a Part of Truth Procedure for Liberalism
(case study) ».

11.40 / Serge Audier, Université Paris IV - Paris Sorbonne (France) :
« Mill et Tocqueville : deux voies du libéralisme ?

12.20 / Répondant : Anne Fagot-Largeault (Collège de France).

12.30 / Pause Déjeuner

14.00 / Soumaya Mestiri, Université de Tunis (Tunisie):
« Mill et la question du droit des femmes : le cas d'un libéralisme atypique ».

14.40 / Nadia Urbinati, Columbia University (Etats-Unis):
« Dissenting Democracy: John Stuart Mill on the Political Virtue of the Moderns ».

15.20 / Répondant : Jean-Pierre Cléro (Université de Rouen).

26 octobre, 2009

Les travailleuses du Care

Il est agréable de recevoir le numéro de la revue Philosophoire (La Politique): j'ai écrit ce numéro en mémoire de ma grand-mère, aide-soignante à Rouen; de l'humanité et surtout le souci des autres.
Les photos sont splendides...

Les écrits politiques, George Orwell



Il faut absolument lire Les écrits politiques, textes inédits et réunis; Agone, Banc d'essais, septembre 2009;

Ecrits politiques (1928-1949)
G. Orwell
Banc d’essais, septembre 2009
Traduit de l’anglais par Bernard Hoepffner
Préface de Jean-Jacques Rosat


Dans un texte destiné au journal Tribune, George Orwell en 1943 analyse les rapports du socialisme et du bonheur :
« Le véritable objectif du socialisme est la fraternité humaine. C’est ce que tout le monde pense plus ou moins, bien que ce ne soit pas souvent dit, ou en tout cas pas suffisamment fort. Si les hommes s’épuisent dans des luttes politiques déchirantes, se font tuer dans des guerres civiles ou torturer dans les prisons secrètes de la Gestapo, ce n’est pas afin de mettre en place un paradis avec chauffage central, air conditionné et éclairage a giorno mais parce qu’ils veulent un monde dans lequel les hommes s’aiment les uns les autres au lieu de s’escroquer et de se tuer les uns les autres. »(Les socialistes peuvent-ils être heureux ? ; 1943). Le fondement du socialisme est l’humanisme d’après Orwell.
C’est avec force que l’auteur de 1984 et de La ferme des animaux défend les valeurs du socialisme contre toutes les utopies du XIXème siècle et toutes les formes de totalitarisme du XXème siècle.

Saluons la parution des quarante-quatre textes inédits et réunis dans l’essai Ecrits politiques traduit par Bernard Hoepffner en septembre 2009. On y découvre d’abord un Orwell opposé à toute impérialisme notamment celui de l’empire britannique sur la Birmanie. Il faut se souvenir que le jeune Eric Blair a été officier en Birmanie en 1922. Mais très tôt, il s’est détourné d’une carrière prometteuse par dégoût de l’exploitation humaine. Il choisit donc de devenir l’écrivain George Orwell.Il dénonce le racisme colonial et compare même ce système d’exploitation au racisme nazi :
« Mais le racisme est quelque chose de tout à fait différent. Ce n’est pas l’invention de nations conquises mais de nations conquérantes. C’est une manière de pousser l’exploitation au-delà des limites normalement possibles en prétendant que les exploités ne sont pas des êtres humains. »
Effectivement au cours de l’histoire humaine, la logique impérialiste a toujours justifié le rapport de domination des blancs sur les noirs par exemple et l’empire britannique ne constitue qu’un cas de figure parmi d’autres :
« En Birmanie, j’ai entendu des théories raciales qui étaient moins brutales que les théories de Hitler à propos des juifs,mais certainement pas moinsimbéciles. » (Notes en chemin, mars 1940).
Le racisme et l’impérialisme ne sont donc que les formes larvées d’une logique de l’exploitation humaine. Il faut ainsi les combattre et dès 1939 se pose la question de savoir s’il faut considérer les démocraties libérales, bourgeoises comme des formes dégénérées de fascisme. Orwell est conduit dans le journal de gauche The Left News en 1941 à préciser sa position : il est évident qu’on ne peut pas dénigrer la démocratie. Et il est aussi absurde de faire du nazisme « un déguisement du capitalisme monopolistique ». Il apparaît alors chez Orwell ce que l’on appelle « un patriotisme révolutionnaire » :
« Si je devais choisir entre l’Angleterre de Chamberlain et le genre de régime que Hitler voudrait nous imposer, je choisirais l’Angleterre de Chamberlain sans hésiter un instant. Mais cette alternative n’existe pas dans la réalité. Pour le dire crûment, le choix est entre le socialisme et la défaite. Nous devons aller de l’avant ou périr. » (Fascisme et démocratie, février 1941).
Mais que l’on ne s’y trompe pas : George Orwell milite pour un socialisme tel qu’il n’a jamais existé en Angleterre ; la guerre contre Hitler, c’est aussi la possibilité d’une réalisation du socialisme à l’anglaise. Pour cela, notre journaliste n’hésite pas à passer par la violence si la force de l’idéal l’exige :
« Lorsque le véritable mouvement socialiste anglais apparaîtra…il sera à la fois révolutionnaire et démocratique. Il aura pour but les transformations les plus fondamentales et acceptera d’utiliser la violence si besoin est. » (Fascisme et démocratie).
Même si l’histoire va à l’encontre des espoirs d’Orwell, il faut sans doute rendre hommage à l’engagement de l’écrivain anglais pendant la guerre civile en Espagne. Les écrits politiques retracent le parcours du militant auprès du POUM - parti ouvrier antistalinien - à Barcelone. Là Orwell passe près de la mort et constate comment les communistes ont liquidé ce mouvement :
« Lorsque le POUM –l’opposition de gauche (les prétendus trotskistes) qui émanait du communisme espagnol – a été interdit les 16-17 juin, le fait lui-même n’a surpris personne. » (Témoin oculaire à Barcelone, the socialist forum). L’écrivain anglais est contraint de s’enfuir pour échapper à la répression communiste. Il n’aura de cesse alors de défendre l’honneur de ses camarades du POUM torturés et emprisonnés.
Le mérite de George Orwell réside dans son engagement et dans ses choix lucides. Il faut retenir de lui un homme conscient de l’exploitation humaine et des forces du totalitarisme. Contre tout pessimisme, l’auteur de La ferme des animaux refuse l’alternative de la dictature ou du capitalisme. Citons Orwell :
« La morale, selon moi, est que les révolutions n’engendrent une amélioration radicale que si les masses sont vigilantes et savent comment virer leurs chefs dès que ceux-ci ont fait leur boulot. » (Sur la signification de La Ferme des animaux(5 décembre 1946). "

18 octobre, 2009

Afghanistan


Ce Week-end, j'ai regardé une centaine de photos d'Afghanistan; mon neveu est reporter dans l'armée et est resté trois mois en mission. Je me pose une question: la démocratie est-elle possible ?

17 octobre, 2009

SLAM: essai


Je propose un essai Slam... Bon, il y a du travail ! Une idée très simple s'exprime ici: autrefois, la philo analytique s'apprenait à la fac. Or, aujourd'hui ce sont les minets de Normal Sup qui s'en emparent avec le vieux matériel dialectique. Or, c'est cela que j'ai contesté dans les années 2001. Je dois essayer de convaincre une personne dans un mois de cet état de fait.


Je viens d’un village de Provence
C’est là où tout commence
Ici tout le monde parle et à table ça discute dur
On t’aime si t’as du courage, si t’as un cœur pur

Refrain

A la fac j’ai découvert la philo analytique
La philo analytique c’est pas fait pour les moustiques
Qui piquent
viens pas avec ton agreg, ta dissert et ton plan dialectique
la philo analytique c’est une révolution
pas pour les minets, qui cherchent à faire sensation

dans ma famille les hommes ont le sens du devoir
dans ma famille les femmes veulent la révolution
pas d’idée toute faite, pas d’idéologies à faire valoir
juste de la folie et le goût de l’action

Refrain
A la fac j’ai découvert la philo analytique
La philo analytique c’est pas fait pour les moustiques
Qui piquent
viens pas avec ton agreg, ta dissert et ton plan dialectique
la philo analytique c’est une révolution
pas pour les minets, qui cherchent à faire sensation